Quarante écoles échangent leurs professeurs

Elles sont vingt écoles francophones de Bruxelles et autant de néerlandophones à avoir échangé leurs professeurs de langues dans le cadre d’un projet-pilote, baptisé « Native Speakers ». Ce programme a débuté au cours de l’année scolaire 2007-2008 et avait concerné 9 écoles primaires de la capitale. Un an plus tard, elles sont quarante à échanger leurs professeurs de français et néerlandais.

Le ministre Vanhengel (Open VLD) regrette cependant l’absence d’écoles secondaires. Toutes les établissement participant cette année au projet relèvent de l’enseignement primaire.

Actuellement limité à la seule Région bruxelloise pour des raisons de facilité géographique et linguistique, Bruxelles étant bilingue, « Native Speakers » avait été défendu à l’époque (février 2008) par l’ex-ministre de l’enseignement Marie Arena et son homologue flamand Frank Vandenbroucke. Tous voyaient dans cet échange d’enseignants entre les communautés une manière efficace d’apprendre la langue et la culture de l’autre.1

  1. Source : Le Soir – 9.04.09 []

Commentaires

  1. Xavier dit :

    Superbe initiative en effet. Pourquoi les écoles secondaires n’ont-elles pas participé?

    Des profs qui ont vécu l’expérience? Suis intéressé de voir ce que cela a donné.

  2. claude dit :

    En tant que francophone (bilingue) habitant en Flandre, j’aimerais pouvoir faire de même. Pourquoi rien qu’à Bruxelles?

  3. Yann dit :

    Bonjour,

    Ce serait bien d’élargir ce projet à la Belgique entière et de réfléchir au contenu des examens que l’on doit nous faire passer si on veut travailler dans une autre communauté. Ces examens ne sont pas difficiles, ils sont infaisables ! Il faut avoir une mémoire gigantesque en très peu de temps !

    Exemple 1 : un francophone désirant enseigner sa propre langue dans une école secondaire en Flandre doit passer un examen officiel de néerlandais. Quel est le contenu de cet examen ?

    -Schriftelijk gedeelte :

    Duur : max. 2 u.;

    Vereiste min. (Totaal : 60 p. op 100) : 20 p. op 40.

    Een schriftelijke synthese van een tekst (3 à 4 getypte bladzijden met dubbele interlinies), die gedurende een half uur ter beschikking wordt gesteld van de kandidaat. Die tekst behandelt een actueel onderwerp van algemeen belang.De kandidaat voegt er zijn persoonlijke commentaar aan toe (minstens even lang als de synthese-oefening).

    Mondeling gedeelte :

    Duur : min. 20 min.;

    Conversatieproef : een conversatie in verband met aspecten of problemen uit de werkkring van de kandidaat.

    …Entre parenthèses, pendant l’examen oral, il y a 5 à 6 personnes qui sont présentes pendant l’évaluation, rien que pour « évaluer » le niveau de néerlandais (ce comité ne connaît pas la crise !)

    Exemple 2 : un francophone qui veut enseigner sa langue (et rien que sa langue) dans une école primaire doit passer l’examen « grondige kennis » (comme s’il voulait être instituteur à part entière). Quel est le contenu de cet examen ?

    Schriftelijk gedeelte :

    Duur : max. 3u.;

    1. Een schriftelijke synthese van een beluisterde tekst over een actueel probleem van algemeen belang.

    Luistertijd minimum 30 minuten – één auditie – notities nemen niet geoorloofd.

    commentaire : essayer de le faire dans votre langue maternelle pour voir si vous en êtes bien capable ! moi, non !

    2. Een persoonlijke commentaar van de kandidaat (minstens even lang als de synthese-oefening).

    Mondeling gedeelte :

    Duur : min. 20 min.;

    1. Conversatieproef die de mogelijkheid biedt de taalbeheersing te beoordelen waarvoor een uitsluitingscijfer kan worden toegekend. Een conversatie in verband met aspecten of problemen uit de werkkring van de kandidaat.

    2. Didactische proef :

    Duur : min. één leseenheid van 25 min.

    Het lesonderwerp moet zo gekozen zijn dat de les de commissie in staat stelt de grondige taalkennis van de kandidaat te beoordelen.

    … Entre parenthèses : quand on donne son cours, il y a 6 personnes en plus dans la classe qui viennent évaluer le niveau de néerlandais

    On peut trouver les infos : http://www.ond.vlaanderen.be/edulex/database/document/document.asp?docid=12388

    Moralité : les examens sont plus qu’infaisables ! Et si jamais vous vous amusiez à faire passer ce genre d’examen à vos élèves, vous auriez de sacrés problèmes avec l’administration.

    Cela fait trois fois que je passe l’examen, trois fois que je le rate… Conclusion : je peux quitter l’école où je travaillais !

  4. Anne-So dit :

    Belle initiative en effet même si dans le secondaire on ne peut plus parler de réel « échange » ! Ou alors je n’ai rien compris !

    Un professeur de français du secondaire n’est pas un enseignant néerlandophone ! Là-bas le cours de français est donné par un enseignant néerlandophone (le prof maîtrise donc les deux langues). Il vient chez nous et enseigne le néerlandais … alors qu’il est formé pour enseigner le français. Nos profs de français partis dans les établissements néerlandophones (précisons qu’un diplôme de romanes ou de régent non-complété par un diplôme de français langue étrangère n’apporte pas du tout les capacités à enseigner le français en tant que langue seconde !!!) ne sont donc pas remplacés.

    Cela ne me semble pas clair ! Est-ce que ce sont les professeurs de néerlandais des écoles francophones qui partent donner cours de français à des ados néerlandophones? Si oui, ce serait un peu un non-sens au niveau secondaire je trouve !

  5. Xavier dit :

    @Anne-So

    Vous avez raison, en partie.

    Pour ma part, prof de sciences ecos, je me verrais bien donner quelques heures de SE en français à des néerlandophones et qu’un collègue donne le cours en néerlandais chez nous.

    Je suis persuadé que la langue s’apprend aussi par l’immersion. Une fois les quelques règles apprises, il faut les assimiler. Et la seule manière est d’entendre la langue et de la parler.

  6. anaïsnin dit :

    Oui j’en suis consciente, parler est important. Mais croire que n’importe quel francophone peut inculquer de la grammaire de manière efficace est selon moi un leurre. Je suis prof de français langue maternelle depuis plusieurs années. Je travaille avec des ados néerlandophones l’été dans des camps de vacances et croyez-moi leur enseigner le français correctement exige de la part du prof une pédagogie très particulière à laquelle il faut avoir été formé. J’ai d’ailleurs suivi des formations spécifiques car j’ai vite compris qu’en tant que romaniste je n’avais pas du tout les outils adéquats pour faire ça bien !

    « Une fois les quelques règles apprises », beaucoup de gens semblent oublier à quel point le français est une langue compliquée !!! Il ne s’agit pas de quelques règles à assimiler selon moi !

  7. Yann dit :

    @ Xavier

    Cela pourra se faire plus facilement le jour où l’on ne devra plus passer d’examens officiels. Si vous voulez enseigner votre matière, vous devrez passer l’examen « grondige kennis ». A savoir :

    -écrit : une personne lit un texte d’un journal type De Morgen pendant 30 minutes. Une seule fois. Vous n’avez pas le droit de prendre de notes pendant que la personne lit le texte. Puis, on vous demande de faire un résumé de ce que vous avez entendu (donc compris) pendant ces 30 minutes et un commentaire personnel à propos du contenu du texte.

    -oral : vous serez invité à parler de vous, de votre travail face à 6 personnes (oui, 6 !) qui vont vous bombarder de questions et qui vont chercher les « petites bêtes ». L’un joue au méchant, l’autre joue au gentil…

    -leçon : vous devrez donner un cours de sciences ecos en néerlandais pendant 20 minutes, dans une ville flamande. Vous vous retrouverez donc dans une classe face aux élèves, au prof de la classe et ces 6 (oui, 6 !) « inspecteurs ».

    C’est frustrant car vous avez le droit à 3 « essais » (et après, vous pourrez tenter un « 4ème » essai mais vous ne serez plus payé pour les heures que vous faites dans l’école flamande).

    Je trouve dommage qu’il y ait tant de blocages et que les ministères ne soient pas « souples ».

    Je travaille dans une école primaire en Flandre et j’enseigne le français et uniquement le français. Démarche positive pour le directeur, l’école, les élèves, les parents, les inspecteurs, etc. Mais ! Je n’ai pas réussi les examens officiels de néerlandais… cela fait trois fois que je les passe, trois fois que je les rate. Moralité : je vais pouvoir quitter l’école primaire.

    Et qui va me remplacer ? Une institutrice qui ne se sent pas très à l’aise en français (comme toutes les collègues – elles étaient très contentes que je sois là ainsi elles ne devaient pas enseigner le français).

    Mais voilà, pour enseigner le français, il faut savoir très bien parler … le néerlandais. Les parents, les élèves, les inspecteurs, le directeur ont toujours été très contents du travail que j’ai fait. Et mon néerlandais ne posait pas problème (je me débrouille, j’ai un niveau B1).

    L’examen officiel est une « loi » : pour changer la loi, il faut de l’argent du temps et de l’envie ! En plus, on ne dit pas pourquoi on n’a pas réussi (même si on le demande !). C’est comme si les examens étaient… arbitraires, à la tête du client. J’exagère peut-être…

  8. M'sieur dit :

    J’échange une vieille directrice contre n’importe quoi … si intéressé , prévoir des langes, des ciseaux de gaucher et de la colle en tube.