Selon de récents sondages, la première priorité des francophones est l’enseignement. 79% de ceux-ci estiment cependant ne pas être satisfaits de l’action du Gouvernement de la Communauté française, ce qui dénote avec les 91% d’objectifs atteints dont parle Christian Dupont. Pour faire le point sur les différents sujets (mixité sociale, nombre d’élèves par classe, fusion des réseaux, revalorisation du métier enseignant) qui ont occupé la législature, Olivier Maroy et Sacha Daout ont invité, lors de leur rendez-vous dominical sur la RTBF :
- Christian Dupont (CD), PS, ministre de l’Enseignement obligatoire – Communauté française
- Marie-Dominique Simonet (MDS), CDH, ministre de l’Enseignement supérieur -Communauté française
- Françoise Bertieaux (FB), MR, chef de groupe au parlement de la Communauté française
- Marcel Cheron (MC), Ecolo, chef de groupe au Parlement de la Communauté française
- Etienne Michel (EM), directeur général du SeGEC (enseignement catholique)
- Hakim Hedia (HH), Président de la FAPEO (enseignement officiel)
- Gautier Holvoet (GH), professeur au collège Notre-Dame de Kain
- Véronique Gennaux (VG), professeur à l’Athénée Royal de Nivelles
- Claire Roekens (CR), professeur de sciences sociales en Région bruxelloise
Plus de moyens et moins de réseaux d’enseignement ?
Est-ce une question de sous ou d’utilisation de cet argent ? Peut-on se permettre d’avoir dans ce pays autant de réseaux ?
- EM : Il faut se doter de plans d’actions pluri-annuels. Reconnaitre aux pouvoirs organisateurs une autonomie d’organisation. L’essentiel est du côté de l’organisation. Pour les réseaux, la plupart des grandes formations politiques proposent une grande coupole pour l’ensemble de l’enseignement officiel.
- VG : Un seul réseau d’enseignement et les mêmes programmes pour tout le monde ! Il y a une séparation des pouvoirs depuis le 18ème siècle. Les cours de religion n’ont donc rien à faire dans l’enseignement, qui doit séparer croyance et savoir. L’état n’a pas à payer des professeurs pour faire du prosélytisme. C’est là qu’est le gaspillage de moyens.
- MC : Sur la législature qui vient de s’écouler, il y a eu 10% d’investissement en plus. Ce n’est pas une question de moyens mais d’orientation des moyens. L’attente des citoyens est très forte mais très exigeante par rapport à l’enseignement. La question d’une meilleure collaboration entre les réseaux est ce qu’a voulu le décret Missions, on y arrive et c’est positif.
- CD : Les réseaux, c’est la constitution qui les reconnait. Mon parti est pour une coupole de l’enseignement officiel. Refinancement (plus d’un demi milliard). Dans notre enseignement, il y a une série de choses qui ne vont pas (une série d’efforts sont dispersés). Il y a près de 800 à 900 Pouvoirs organisateurs.
C’est une question de collaboration entre réseaux aussi entre niveaux (supérieur > secondaire; secondaire > primaire). Il faut fédérer les efforts que font les enseignants dans les différents réseaux et dans les différents niveaux. - FB : L’ingérance du politique s’est fait sentir très fort dans l’enseignement officiel. La Communauté française est juge et parti et devrait être régulateur uniquement et non plus organisateur et régulateur à la fois.
Trop d’élèves par classe ?
Où en est-on dans les promesses du politique (20 élèves par classe) ?
- VG : Il y a des directives qui sont inapplicables (pédagogie différenciée) quand on a 29 élèves.
- FB : Le Ministre parle dans ce qui se passe dans le secondaire et pas dans le primaire. Certaines directions reçoivent des morceaux de profs. Le système est extrêmement compliqué et ne permet pas de faire de la remédiation immédiate.
- MC : Le Gouvernement s’est surtout intéressé à la première et deuxième primaire. Ce sont des mesures positives, par contre il y a encore du travail dans le secondaire. Le travail est insuffisant dans le 2e et 3e degré secondaire. Il faudra également compter sur l’autonomie pédagogique et sur celle du chef d’établissement. Aujourd’hui, les chefs d’établissement sont des « super employés fonctionnaires administratifs ». Ils doivent devenir des chefs d’équipe pédagogique qui font de la coordination.
Never change a losing team (On ne change pas une équipe qui perd)
Décret inscription
- EM : Il faut faire confiance aux acteurs locaux, on pourrait également créer une commission zonale des inscriptions.
- CD : Le tirage au sort est complètement contre-productif. Je tiens à la mixité sociale parce qu’en concentrant tous les élèves de faible niveau, on fabrique de l’échec scolaire. Pour la prochaine législature, nous devrons mieux encadrer les écoles qui concentrent les élèves les plus en difficulté, mais aussi continuer le travail des bassins scolaires et la revalorisation du qualifiant.
- MDS : Le système n’est pas idéal. Il Page blanche.. Il faut reconstruire un système de l’encadrement différencié et reconcerter.
- MC : Il faut un décret avant décembre 2009 et un changement de méthode radical en rassemblant l’ensemble des acteurs (pas que les parents, pas que les pouvoirs organisateurs) et arriver à un consensus social.
- FB : Repartir d’une abrogration des décrets successifs. Il faut entamer un processus pour renégocier avec les parents, les directions, les enseignants, les pouvoirs organisateurs, Il y a toujours un grand nombre d’enfants qui n’ont pas l’école de leur choix.
- CD : Le problème est quasi réglé. Il reste 200 élèves sans école dans la bulle des inscriptions.
On a pris des mesures draconniennes pour des écoles où les directeurs ne jouent pas le jeu.
Hakim Hedia, Président de la Fapeo
En conclusion, la législature suivante, avec un consensus assez large parmi les partis politiques, pourra êtrecelle de l’encadrement différencié, d’une page blanche pour le décret inscription et d’une grande coupole rassemblant l’enseignement officiel (en tous cas la fin de la Communauté française comme gestionnaire du réseau officiel).
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Je suis frappé par l’absence de mesures de rupture, aucun plan ambitieux pour remonter le niveau d’une enseignement au plus bas dans les tests OCDE. On sent encore en Belgique le terrible poids des idéologies qui empêche de briser des tabous.
1) Oui, les réseaux créent une concurrence idiote au détriment des moyens financiers globaux qui sont saupoudrés.
2) Oui, l’enseignement de technique de qualification et l’enseignement professionnel sont des filières de relégation.
3) Oui, l’enseignant est une laissé pour compte, un gagne-petit, un fainéant et son prestige social doit équivaloir celui des intouchables en Inde.
Solutions :
1) Un seul réseau.
2) Un vrai partenariat avec l’entreprise : une formation en alternance avec quelques heures de cours généraux.
3) Une augmentation salariale conséquente liée à une formation initiale universitaire en cinq ans.
Franufle, soyez logique. Qui voudra suivre 5 années universitaires pour se retrouver à donner « quelques heures de cours généraux » ?
Les universitaires ne se battent pas pour venir enseigner dans le professionnel. Ce serait encore pire.
Je ne vois pas bien ce que le président de la FAPEO faisait sur le plateau. Est-ce un pouvoir supplémentaire ? Et pourquoi pas des représentants d’autres AP ?
Pour créer un réseau unique, il faudrait ne prendre que le meilleur de chacun. Et là, on n’a pas fini de discuter !!
La plupart des pays européens forment leurs enseignants en cinq années, la Belgique fait figure d’exception !
Si la formation est plus longue, il est logique que la rémunération soit accrue. En 5P et 6P, ce sont la plupart du temps des universitaires qui assurent les cours généraux.
« En 5P et 6P, ce sont la plupart du temps des universitaires qui assurent les cours généraux. »
Oui et chez nous, ce n’est pas une réussite !
Le problème reste le manque de prise de conscience de pas mal de décideurs ! Notre chef d’établissement, par exemple, ne comprend pas pourquoi nous réclamons un ordinateur avec imprimante et internet dans notre salle des profs (nous n’en avons pas un seul à notre disposition), il ne comprend pas pourquoi nous souhaiterions passer aux bulletins informatisés etc. Et ne parlons même pas d’un projecteur pour utiliser des power point, il ne doit même pas savoir ce que c’est. Pas mal de décideurs ne vivent pas « avec leur temps » et ça fout tout en l’air !
Je rêve… mais il faudrait réagir avant qu’il ne soit trop tard… Cela devient URGENT !
Voilà le minimum le plus urgent :
1° Un réel projet pour les élèves ET les enseignants (repenser l’enseignement ce qui a été fait au Québec), une réelle réforme et NON pas une « réformette » supplémentaire de chaque nouveau ministre…
2° Une formation de base plus poussée (moins d’options bidons), rationalisation, optimisation et exigences de réelles compétences, des élèves ET des profs ! Ce qui permettrait entre autre d’avoir maximum 20 élèves par classe…
3° Une augmentation réelle des enseignants (qui n’abandonneront plus leur élèves pour devenir policier = plus rémunérateur, c’est une situation réelle) pour faire revenir des personnes formées et compétentes dans la profession. Pourquoi notre société paient plus les policiers que nos professeurs ?
4° Payer les outils de travail des profs : L’ordinateur est devenu l’outil de travail indispensable d’un professeur. Pourquoi doit-il encore se l’acheter lui-même ? Demande-t-on à l’ouvrier de s’acheter sa truelle et sa brouette ?
5° Motiver les enseignants masculin à entamer cette profession. La profession d’enseignant est devenue, à cause de l’estime porté par nos ministres, une profession uniquement féminine où les « temps plein » représentent l’exception. Les motivations sont les congés scolaires et le côté pratique… plus la formation des jeunes.
6° Exiger qu’un professeur soit formé pour sa discipline… comment être motivant quand on n’est pas motivé ? Quels sont encore les professeurs du secondaires réellement formés pour le cours qu’ils donnent ? Par exemple, un prof de chimie donne math ou un prof de français donne géographie, etc… c’est aussi une situation réelle…
7° « Remotiver » les profs âgés. La profession est devenue tellement valorisante que les enseignants qui atteignent 55 ans fuient l’école…
P.S. Un seul réseau, oui, mais l’officiel « coûte » deux fois plus cher au contribuable… va-t-on réaligner le coût sur celui de l’officiel ?
Lucky, je partage votre avis. Excepté le point 5 !
S’il n’y a pas plus d’hommes dans les cours généraux (en pratique professionnelle, c’est différent) c’est en raison du salaire !
Et c’est un fameux préjugé que de penser que toutes les femmes sont motivées par les congés et la vie de famille
Ce qu’il faudrait surtout, c’est tenir compte de l’avis des profs !! Personne ne nous consulte jamais sur rien. On nous inflige des décrets, des réformes, des programmes,… sans jamais écouter ce dont on a besoin, ce qu’il faudrait à nos élèves, ce qui serait UTILE et NECESSAIRE !
Je n’ai pas besoin de la revue Prof. Mais pour le même prix, j’aimerais qu’on m’offre des livres à faire lire à mes élèves désargentés !!
Et ce n’est qu’un infime exemple !
Le fond du problème,c’est que nous(les enseignants)nous retrouvons dans la position d’un arbitre
qui ne dispose plus de son sifflet et de ses cartes pour diriger le match.
Chacun sait que « la crainte est le début de la sagesse » et,comme il y a de moins en moins lieu de craindre quoi que ce soit(sanctions,examens de passage,redoublement…),il ne faut pas s’étonner de voir la sagesse de nos élèves s’estomper.
Aujourd’hui,ce sont les bons élèves(les « intellos ») qui sont montrés du doigt et que nous nous efforçons de protéger. »Mettre le bordel en classe » est devenu le passage obligé pour se faire admettre par la communauté des élèves.Quiconque ose avoir ses cours en ordre,poser des questions aux professeurs,faire ses travaux en temps et en heure,écrire en bon français ses sms ou sa prose sur msn…se fait irrémédiablement jeter du groupe.Situation aberrante,n’est-ce pas?
Et pendant ce temps,nos programmes changent sans arrêt,on exige que nous décortiquions tout en termes de compétences,on nous fait remplir des tonnes de documents inutiles…,bref on nous demande de couper les cheveux en huit dans le sens de la longueur alors qu’au contraire il faudrait revenir à l’essentiel de notre mission(instruire et éduquer)et nous donner les moyens simples et efficaces de la mener à bien.
Elia a dit « Lucky, je partage votre avis. Excepté le point 5 !
S’il n’y a pas plus d’hommes dans les cours généraux (en pratique professionnelle, c’est différent) c’est en raison du salaire »
Trouve-moi un couple où l’enseignant est l’homme…
Faisons des statistiques sur l’emploi à temps plein des femmes dans l’enseignement…
Quelle est la profession des maris d’enseignantes ?
Je ne juge pas, je constate.
Celui qui l’ignore se voile la face…
PS Info d’hier : les chauffeurs de bus sont partis en grève parce qu’ils considèrent leurs salaires comme largement insuffisant (de 1400 à 1500 euros pour commencer plus avantages)… Un instit (trois ans d’étude supérieure avec beaucoup de travail à la maison) commence à moins de 1400 sans aucun avantage et en connaissant ce qu’il gagnera en fin de carrière grâce aux biennales…
Chez moi, le « gros » salaire, c’est moi !
La femme de mon collègue D est infirmière, celle de mon collègue R est directrice de marketing et celle de mon collègue P est photographe.
Sur 16 femmes, profs de cours généraux chez nous, 12 ont un temps plein.
Sommes-nous des exceptions ? J’ai du mal à le croire.
Dans mon école, sur 28 femmes, 23 ont un temps plein.
Parmi mes collègues masculins (8), 7 sont l’enseignant de la famille et 2 travaillent à mi-temps.
Nous ne sommes pas des exceptions !
Mon mari est délégué commercial et gagne moins que moi aussi.
Sur 17 femmes, 12 ont un temps plein. Et 3 un mi temps en DPPR.
Aucun conjoint n’est médecin, avocat, chef d’entreprise, commerçant ou que sais-je…
Il faudrait revoir vos informations Lucky !
Désolé mais vos exemples ne confirment ni n’infirment ce que je dis…
J’aimerais juste avoir des statistiques, je ne détiens pas « l’information » mais j’aimerais des infos fiables (pas un petit échantillon qui ne prouve RIEN)