Spécial élections ! A la Communauté française, ils sont ceux qui ont fait de l’enseignement leur spécialité. Avec le ministre Christian Dupont, ils forment le quatuor incontournable de ces élections. L’un d’eux pourrait, au lendemain du 7 juin, décrocher le portefeuille de l’enseignement. Petit tour d’horizon de ces parlementaires parfois discrets mais que le journal Le Soir a distingués la semaine dernière lors de la distribution des bulletins de fin de législature. Enseignons.be vous les présente et vous livre son analyse. Une façon pour nos lecteurs de retrouver, à l’aide des liens proposés, les étapes importantes de la législature écoulée. Bonne lecture.
Christian Dupont (PS)
Le ministre a reçu son bulletin de la part des journalistes du Soir. La note est quelque peu inférieure à celle qu’il s’attribuait en avril dernier : 68%.1 Les journalistes ont retenu que Christian Dupont a succédé à Marie Arena en pleine législature et qu’il a donc souffert d’avoir dû prendre le train en marche. Sa grande force? Sa vision. Issu du sérail, le ministre connait ses dossiers sur le bout des doigts (il avait été chef de groupe PS sous la précédente législature, en charge de l’enseignement), et cela, tous ses interlocuteurs le reconnaissent. Il a son idée de l’enseignement idéal en Communauté française : la qualité pour tous, l’égalité de tous face à l’école, une panoplie d’outils de pilotage et d’évaluation, la formation, pour les enseignants, à la remédiation immédiate, un enseignement qualifiant de haut niveau qui mène à l’emploi… Mais il doit se conformer à la ligne tracée avant lui par Marie Arena et son « Contrat pour l’école« .
L’autre point fort de Christian Dupont, c’est sa capacité de dialogue : l’homme consulte, arpente le terrain et rencontre les enseignants, les directeurs, les syndicats… Sa popularité est sans commune mesure avec celle de l’actuelle ministre fédérale des pensions, en partie grâce à ça.
A retenir : l’encadrement différencié, peut-être la seule mesure que l’on peut inscrire à son actif, les autres ayant été initiées avant son arrivée. Il a été salué par l’opposition récemment.
A oublier : le fiasco du décret mixité. Deux années de perdues pour le mettre au point, en gérer l’application puis réparer les dégâts collatéraux des inscriptions multiples. Des parents furieux, des directeurs inquiets et un MR propulsé en tête dans les sondages à Bruxelles. On ne peut pas faire plus belle balle dans le pied! L’objectif était pourtant partagé par tous les partis… mais la méthode a coincé. Depuis, le CDH a tenté de calmer le jeu. Mais le mal est fait.
Yves Reinkin (Ecolo)
Ce député wallon élu dans l’arrondissement de Verviers s’est distingué sous cette législature par ses questions pertinentes en Commission de l’enseignement et une assiduité peu banale au Parlement de la Communauté française où il a rarement été noté « absent ». Issu lui aussi du monde de l’enseignement, ce licencié en sciences religieuses nous avait reçu il y a quelques semaines pour nous présenter le programme écologiste en matière d’enseignement. L’occasion pour lui de revenir sur les priorités de son parti en matière d’enseignement : le financement différencié, la mise en place du tutorat/mentorat et la revalorisation de l’enseignement qualifiant. Yves Reinkin nous avait semblé bien maîtriser son sujet, envisageant de nombreuses pistes et alternatives tirées de son expérience d’enseignant et de ses rencontres avec les acteurs de terrain.
Point fort : son excellente connaissance des dossiers et une grande capacité d’écoute.
Point faible : sans doute encore un peu léger face aux cadors Bertieaux et Dupont.
Françoise Bertieaux (MR)
Elle aura symbolisé l’opposition à Christian Dupont à elle toute seule. C’est dire comme la Bruxelloise, pugnace et batailleuse, serait une ministre de l’enseignement crédible. Elle peut cependant dire merci aux décrets Arena et Dupont qui lui ont donné une visibilité inespérée. Décrets qu’elle veut absolument – ne lui en parlez pas sinon elle mord – voir enterrés après les élections du 7 juin. Pour autant que son parti puisse avoir la main. Si le MR est, dans les sondages, le premier parti bruxellois et au coude à coude avec le PS en Wallonie, le spectre de l’olivier doit la hanter. Ses priorités? Les centres de rescolarisation et resocialisation – ne jamais dire « écoles des caïds » en sa présence – plus d’autonomie pour les établissements scolaires, le renforcement des savoirs de base et la lutte contre la violence scolaire. Quand il est lancé, le train Bertieaux ne peut plus s’arrêter… Elle parlerait d’enseignement durant des heures. Mais comme elle le fait plutôt bien, et avec conviction, pourquoi s’en priver?
Point fort : une énergie remarquable, un bilan de parlementaire consistant et une vision intéressante de ce que doit être l’enseignement de demain.
Point faible : pourrait apparaitre comme « l’anti-Dupont » avec le risque de se poser comme la pasionaria d’un parti de droite qui, il faut bien le dire, prend bien souvent le contre-pied des propositions de son éternel rival socialiste. Avec le risque d’effrayer un électorat (parents, enseignants…) qui, s’il n’adhère pas aux méthodes actuelles du PS, reste majoritairement fidèle aux valeurs portées par la gauche.
Julie de Groote (CDH)
La présidente de la Commission enseignement cultive la discretion aussi bien que son jardin (si, si). Elle est pourtant épinglée par Le Soir comme une parlementaire compétente et bosseuse… Preuve, s’il en fallait, que l’on peut travailler efficacement sans avoir le communiqué de presse facile. Condamnée à gérer des dossiers complexes – voire même explosifs – cette ancienne échevine de la commune d’Ixelles a pourtant réussi à faire l’unanimité autour de sa personne. Elle est l’auteure du décret qui remplace le décret qui avait… Les places supplémentaires que les écoles de Bruxelles ont été autorisées à ouvrir? C’est elle. La CIRI (la commission interréseaux des inscriptions)? Toujours elle. D’un optimisme à toute épreuve, elle espère bien remettre un peu d’ordre dans tout ça avant le 15 février prochain. Par ailleurs, elle est fière du bilan de cette législature, balayant d’un revers de la main les critiques venant de partis qui, jadis, s’étaient davantage « préoccupés du poids des cartables » (sic). Même si sa présidente a dit et répété qu’elle souhaitait gérer, au sein de la prochaine coalition, le portefeuille de l’enseignement, les chances de voir cette jeune députée occuper le fauteuil de ministre sont minces au regard des sondages qui donnent le CDH en 4e position, tant à Bruxelles qu’en Wallonie. L’enseignement est un ministère-clé qu’aucun parti n’a l’intention de snober… et les négociations s’annoncent rudes.
Point fort : un programme en beton armé et une expérience idéale forgée en pleine tempête.
Point faible : très (trop?) discrète. Elle aurait gagné à communiquer davantage…
- Source : Enseignons.be [↩]
Bertieaux ? Son père n’a-t-il pas déjà eu ce portefeuille ?
Ne serait-ce pas plutôt BERTOUILLE?
En effet, Chantale Bertouille, fille d’André Bertouille, ministre de l’Education dans les années 80.
Allez on change pour voir ce que cela donnera… En tout cas, je vais faire le pas. Ah oui rien à voir mais je ne sais pas ou poster la question, comment fait-on pour ne plus recevoir le magazine PROF?