Enseignement : les programmes par oui ou par non

electionsSpécial élections ! Le but du jeu – initié cette semaine par les journaux Le Soir et La Libre Belgique – est simple : chaque parti se doit de répondre par oui ou non à 11 questions touchant l’enseignement obligatoire et supérieur. Objectif : éviter de se laisser noyer par la littérature préélectorale et faire mieux apparaître les éventuelles différences entre partis. Cependant, parce que la réalité de notre enseignement est complexe, certaines réponses pourront être nuancées d’une courte phrase. Vous pouvez maintenant trouver une réponse claire et sans langue de bois aux questions qui vous préoccupent. Bonne lecture.1

Le questionnaire aux partis politiques

  1. Pensez-vous que l’enseignement bilingue serait une bonne chose à Bruxelles?
  2. Faut-il supprimer le redoublement dans l’enseignement obligatoire?
  3. Êtes-vous favorable à l’introduction d’un cours d’histoire des religions ou de philosophie dans le programme obligatoire du secondaire à la place du cours de religion ou de morale laïque.
  4. Êtes-vous favorable à l’instauration d’un tronc commun jusqu’à 16 ans dans l’enseignement secondaire?
  5. Concernant les inscriptions dans le secondaire, faut-il revenir à la situation prévalant avant les décrets Inscriptions/mixité?
  6. Êtes-vous favorable à l’instauration d’une épreuve externe obligatoire, de type baccalauréat, en fin de secondaire?
  7. La formation des enseignants doit-elle se faire (dans tous les cas) en cinq ans?
  8. Les études supérieures de type long doivent-elles intégrer les universités?
  9. Faut-il regrouper l’enseignement officiel en un seul réseau, dont le pouvoir organisateur ne serait plus la Communauté française?
  10. Ne faudrait-il pas rendre le cours de néerlandais obligatoire comme seconde langue dans les programmes?
  11. Êtes-vous favorable à l’idée de placer des distributeurs de préservatifs à l’école secondaire, à prix réduits?

Le PS

logops1. OUI. Le PS est pour un renforcement de l’apprentissage des langues à Bruxelles.

2. NON. Mais il faut tout faire pour l’éviter en proposant des alternatives crédibles aux enseignants.

3. NON. Le PS défend avant tout la mise en place d’un cours de citoyenneté commun à tous les élèves, complémentaire aux cours de religion ou de morale laïque.

4. NON. Nous défendons un enseignement réellement commun jusque 14 ans.

5. NON. Ce serait pire. Nous souhaitons repartir d’une page blanche de manière concertée afin de favoriser l’accès de tous à toutes les écoles.

6. OUI. Si ce n’est pas restrictif au niveau des choix d’études ultérieurs. Il doit permettre à tous de s’orienter en connaissance de cause et de renforcer le pilotage des écoles.

7. OUI. A terme et accompagnée d’une revalorisation salariale. Ce ne sera pas juste un allongement mais une amélioration de la qualité en renforçant le rapport entre savoirs et pratique en classe.

8. OUI. Mais cela ne doit pas être automatique. Certaines spécificités doivent être respectées.

9. OUI, pour une coupole des pouvoirs organisateurs de l’enseignement officiel qui s’inscrit mieux encore dans une logique de bassins scolaires en inter-réseaux. Oui pour que le ministre de l’enseignement obligatoire ne soit plus le responsable du PO.

10. NON. Dans certaines régions de Wallonie, l’allemand est plus indiqué par exemple.

11. OUI, dans un endroit accessible discrètement.

Le MR

mr21. OUI.

2. NON, tant qu’aucun autre mécanisme plus efficace (remédiation?) ne vient en remplacement.

3. OUI, dans le 3e degré de l’enseignement secondaire.

4. NON. Ce serait dévaloriser l’enseignement technique et professionnel.

5. OUI, en l’accompagnant.

6. OUI. C’est une mesure objective des acquis des élèves.

7. NON. Il faut d’abord revoir la formation de base.

8. OUI. Dans le respect de chacun des partenaires.

9. OUI. Et donner plus d’autonomie aux écoles.

10. NON. Mais connaître deux des 3 langues nationales est un minimum.

11. OUI.

Le CDH

cdh1. OUI, nous souhaitons qu’il y ait en tout cas deux écoles bilingues par commune.

2. NON, mais lutter contre l’échec scolaire grâce à un service de remédiation immédiate pour chaque élève.

3. NON. Ce cours doit évidemment être dans le programme général, mais pas remplacer le cours de religion ou morale.

4. NON, mais bien jusqu’à 14 ans et l’enseignement qualifiant après 14 ans doit être revalorisé.

5. NON. C’est objectivement impossible, mais repartir pour l’avenir d’une page blanche avec l’ensemble des acteurs.

6. OUI. Graduellement et sous la forme d’une évaluation certificative.

7. OUI. A terme.

8. OUI. Soit par fusion, soit dans un premier temps par des diplômes conjoints.

9. OUI, à un enseignement officiel primaire communal et à un enseignement secondaire officiel organisé par un PO désormais indépendant de la Communauté française.

10. OUI, si on considère que les élèves doivent avoir deux deuxièmes langues.

11. NON.

Ecolo

ecolo1. OUI.

2. NON. Pas de mesure linéaire d’interdiction, un soutien aux enseignants et aux élèves pour diminuer l’échec.

3. OUI. Les cours actuels devraient évoluer peu à peu vers des cours de philosophie et d’histoire des religions.

4. OUI, à terme et si la variété des cours (généraux, technique,…) permet une réelle orientation.

5. NON, mais à condition de construire un dispositif concerté pour rendre les inscriptions ouvertes et équitables.

6. NON. Donnons d’abord aux enseignants les moyens d’assurer le suivi des évaluations externes existantes.

7. OUI. Après évaluation budgétaire et à condition d’augmenter fortement les allers-retours entre formation et profession.

8. OUI. Moyennant balises pour assurer l’accès de chacun et préserver la spécificité du supérieur hors université.

9. OUI, pour retirer à la Communauté française son rôle de pouvoir organisateur, mais selon modalités à définir.

10. NON. Il faut commencer l’apprentissage dès la première primaire, mais sans modifier la liberté de choix des parents.

11. OUI.

  1. Sources : Le Soir – 2,3,4 et 5.06.09 et La Libre – 4.06.09 []

A lire également




Vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Connect with Facebook

*

  1. Olivier dit :

    Ayant lu les différents oui/non cette semaine à l’école, il me semble qu’un président de parti a répondu « joker » à une question.

  2. Xavier dit :

    Comprends pas très bien, les partis au pouvoir PS et CDH ont fait le contraire de ce qu’ils disent!

    Je viens par exemple d’aller voir la réforme du premier degré.

    On lutte en effet très bien contre le taux de redoublement: l’élève qui met 4 ans pour effectuer son premier degré (1C, 1S, 2C, 2S) n’aura en effet jamais été en échec et ce ne sera jamais un redoublement.

    Si c’est cela que l’on appelle résoudre un problème…

    http://www.enseignement.be/index.php?page=25664&navi=2412

  3. JonathanF dit :

    @ Olivier : Absolument. Il s’agissait d’Elio Di Rupo. Il a répondu « Jocker » aux questions 3 et 9. Tout en précisant ceci :

    3 : Il est constitutionnellement impossible de toucher aux cours de religion et morale.
    9 : La qualité d’abord, les structures ensuite.

    Mais, et c’est une nuance importante, le président était interrogé et répondait en son nom propre.

    Les « OUI » et « NON » que vous lisez ici sont issus des programmes de ces partis et engagent davantage que les opinions des présidents.

  4. franufle dit :

    Personnellement, je suis dans une école où les élèves vivent très mal cette réforme du premier degré différencié. En effet, ils auront moins l’occasion de s’initier à des cours de pratique professionnelle tels que « mécanique », « menuiserie », « construction » et d’autres. Suivant le choix de l’ école, ces cours seraient limités de 9 à 2 périodes ! On les force à « subir » des cours généraux en masse plus un cours de langue alors qu’ils ne se destinent pas à des études de type « général ». Je trouve cela pitoyable : on augmente la durée du tronc commun pour modifier les statistiques, plus d’élèves en échec mais un enseignement différencié pour arriver finalement au même résultat, la 3e P. C’est un écran de fumée et surtout une perte de temps dans la formation professionnelle d’un jeune qui pourrait commencer plus tôt un cursus qualifiant.
    C’est une forme également de nivellement par le bas car ces élèves, mélangés aux autres vont obliger les professeurs à diminuer le niveau des compétences en 2e C . Quelle politique ambitieuse !

  5. Vanoutrive Johan dit :

    @franufle qui dit « C’est une forme également de nivellement par le bas car ces élèves, mélangés aux autres vont obliger les professeurs à diminuer le niveau des compétences en 2e C . Quelle politique ambitieuse ! »

    Ma question est celle-ci: Dans quel système scolaire existant et actuel voyez-vous que le tronc commun amène les professeurs à diminuer leur niveau de compétences? Quelles études de terrain montrent ceci? Affirmez-vous ceci par votre « expérience »; par ce que vous pensez (les deux sont subjectifs) ou par ce qui est démontré? (donc objectif)?

    Vanoutrive Johan