Les directeurs "moins bien payés" en colère

salaireIls n’acceptent pas que des instituteurs qu’ils « dirigent » puissent gagner plus qu’eux. Ils étaient six directeurs d’écoles fondamentales catholiques, jeudi dernier, venus des quatre coins de la Communauté française pour remettre au ministre Dupont 448 copies d’une lettre signées chacune par un directeurs d’école. Dans ce courrier, ces directeurs – qui représentent les 2/3 des écoles libres fondamentales – font part de leur mécontentement par rapport à un point de l’accord sectoriel 2009-2010. Ce dernier concerne la valorisation barémique accordée, au fondamental, aux détenteurs d’un master.

Selon eux, cet accord est « inacceptable » en regard de leur fonction. « Dans quel autre milieu professionnel la rémunération d’un responsable est-elle inférieure à celle de ceux qu’il dirige? »1 interrogent-ils. C’est que la différence de traitement entre un directeur et un enseignant « masterisé » pourrait atteindre 5500 euros par an. Selon eux, si cette « aberration » (sic) a été possible, c’est dû à l’absence des Pouvoirs organisateurs à la table des négociations sectorielles où seuls les syndicats et gouvernement sont représentés. On se souviendra que ce dossier avait provoqué tensions et crispations au sein de la majorité PS-CDH à la veille des élections.

Le ministre étant absent, c’est un de ses conseillers qui a accueilli les directeurs mécontents. Il a assuré que cette mesure n’était pas dirigée « contre » les directeurs mais bien « pour » tout le personnel. Si les directeurs pouvaient obtenir un master, ils en bénéficieraient également. Ce à quoi Jean-Pierre Merveille, président du Collège des directeurs de l’enseignement fondamental catholique répond :

D’abord, l’alignement n’est réalisé qu’à 3/10e jusqu’ici et la suite n’est pas budgétée, alors que la revalorisation des instituteurs coûte beaucoup plus cher et est réalisée en une seule fois. Ensuite, il faut savoir que la charge de travail d’un directeur ne lui permet pas de suivre une formation universitaire. Les instituteurs travaillent beaucoup mais leur charge de travail est objectivement différente. Il est plus aisé, pour un enseignant, de suivre une formation. Et même si un directeur obtient un master, la tension salariale avec un enseignant ne se situerait, en fin de carrière, qu’entre 2 et 8%, alors qu’en Flandre, on est entre 30 et 40%.

Une bête histoire de gros sous finalement…

On voit bien qu’à long terme, tout le monde aura une formation universitaire, mais ici, on ne respecte pas l’ordre des priorités dans la valorisation barémique.

Peu importe le diplôme finalement. Le message est passé. On verra ce que le prochain gouvernement décidera.

  1. Source : La Libre – 4.06.09 []

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10 réponses à Les directeurs "moins bien payés" en colère

  1. Sarah Thiry dit :

    Une telle attitude n’est elle pas une preuve de faiblesse?
    Je n’en reviens pas : une vraie attitude de la défense du « moi je, moi, moi, moi ». Au lieu de penser à long terme : l’apport d’une telle formation au sein d’une équipe, l’apport d’une telle formation pour l’enseignement de nos enfants et enfin une revalorisation du métier d’enseignant…
    Cela me désole. De telles attitudes, de telles idées arrêtées et un tel manque de perspectives à long terme ne donnent pas envie de rester dans l’enseignement

  2. Xavier dit :

    Marrant, dans le privé, il arrive souvent que des employés gagnent plus que les directeurs (les vendeurs souvent)
    Mais les directeurs ne s’en vexent pas: il y a un apport positif de la part de leur personnel :-)

  3. Joëlle dit :

    Les directeurs auraient-ils un problème d’égo? Bien triste réaction et peu encourageant pour les enseignants qui ont investi du temps et de l’argent dans leur formation dans le but d’en faire profiter tous les acteurs du monde scolaire. Cela ne leur suffit pas de vouloir gagner plus, ils souhaitent que les autres ne gagnent pas plus… Réaction quelque peu mesquine.

  4. bigmoustique dit :

    Bonjour, même si je suis d’accord avec vos commentaires dans l’ensemble. N’oubliez pas que quoi qu’ils arrivent la direction à des responsabilités civiles, financières et de management qu’aucun autre secteur n’a en rapport avec le salaire que nous avons. Je gagne 250 euros de plus. Je suis du coup surtaxé car je ne peux plus prétendre au même frais réel. Mais ce n’est rien, j’aime ce que je fais, j’aime mon école, j’ai un chouette équipe et surtout j’aime mon métier. Qui disait « Diviser pour mieux régner »? Et dire que l’on est parti pour un tour après le 7 juin… Pfffff vraiment. Allez je vous laisse, j’ai 29 rapports d’évaluation à réaliser, un dossier CEB à compléter, des comptes à mettre à jour pour ensuite préparer mes deux réunions avec mon personnel de service et mes monitrices de demain. Bref bonne soirée… Moi ce qui m’énerve, c’est de voir qu’un enseignant qui sort de l’unif à 22 ans aura une meilleure rémunération qu’une institutrice qui a 10 ans de carrière. Ce qui m’énerve, c’est de savoir que je n’ai toujours pas de puéricultrice ni de logopède intégrée à l’école. Ne vous trompez pas de cible…

  5. Sarah Thiry dit :

    Tout a fait vrai Xavier!Et d’accord avec toi Joëlle.
    Marrant aussi que les directeurs se sentent toujours obligés de faire une liste de leurs tâches… Mais, heureusement qu’il y en a qui aiment leur boulot et qui le font bien « Bigmoustique »!
    Se tromper de cible? Absolument pas! Il est grand temps d’apprendre à faire la part des choses.
    La valorisation de compétences c’est une chose, celle de l’expérience en est une autre. Tout deux sont à faire valoir!
    Horreur! Gagner plus à 22 qu’à 32? Depuis quand est-ce un tabou? Tous les jours nous croisons des gens qui gagnent moins bien ou mieux leur vie que nous. Pourtant cela ne pose pas de problème ; cela dépend d’un tas de facteurs socialement tolérés (niveau d’étude, niveau de responsabilité, niveau d’ancienneté, niveau de prestation, niveau de performance et j’en passe).
    Ne vous en faites pas! Nous les enseignons, nous savons que vous avez énormément de boulot!
    Sur ce je vais préparer les ateliers de remédiation, corriger les dossiers de révisions, préparer le réunion de demain, finaliser notre projet de l’an prochain, prendre contact avec les animateurs pour notre formation de l’an prochain, commencer à faire mon planning de l’année prochaine, boucler l’année …
    Bon boulot à TOUS!

  6. Génicot dit :

    L’unique préoccupation, le pognon, comment voulez vous être crédible ?

  7. Frédéric dit :

    Le problème est le même à tous les niveaux de l’enseignement.
    Dans le secondaire, je ne vois pas pourquoi un universitaire doit gagner plus qu’un régent alors que le régent fait plus d’heures et a une charge de travail plus conséquente.
    C’est la valorisation du diplôme ! Bien entendu… mais une différence de quelques centaines d’euros par mois est-elle véritablement justifiable sur toute une carrière ?

  8. bigmoustique dit :

    @ Sarah: Tout à fait d’accord. Ils existent donc des enseignants encore motivés et des directions motivées. Je ne discute pas de mon salaire. Je savais pourquoi et pour combien je signais. Pas de souci. J’aimerais juste que ceux qui nous demandent de faire des concertations, qui nous obligent à mettre en place des conseils de participation apprennent à en faire de même. Pour le reste, je sais que presque tout le monde travaille à fond et de façon passionnée. Comme vous l’écrivez: « niveau d’étude, niveau de responsabilité, niveau d’ancienneté, niveau de prestation, niveau de performance et j’en passe). » Ici, on ne valorise que le niveau d’étude. Et les profs motivés, les profs qui se démènent pour leur école, qui lancent des projets… Sont-ils valorisés financièrement? Non!!! Ma cible, c’est la CF et personne d’autre.Quant aux gens qui gagnent plus ou moins que nous, jusqu’à preuve du contraire, ils ne sont pas tous dans la même commission paritaire que nous. Chaque secteur a ses barèmes et ils doivent être discuté avec l’ENSEMBLE des acteurs. Dans le privé, nombreux ingénieurs sont engagés, pour commencer, sur des barèmes de graduat car trop chère pour l’entreprise. Ils ne montent que par la suite… . En tout cas, ils ne pourront pas dire qu’ils ne sont pas payés pour les études, les surveillances de midi, les récréations, les concertations supplémentaires… Imaginez le risque d’abus de la part de direction revancharde. Ils risquent, bien malgré eux, de se retrouver dans de bien mauvaise position comme prof. En tout cas, moi, ils sont les bienvenus, si ils sont compétents. Ce qui est l’essentiel finalement. Avoir des compétences… :-) (joke) Courage pour la fin d’année bien chargée

  9. anaïsnin dit :

    Je lis avec attention les interventions ci-dessus. Personnellement je ne vois pas pourquoi un directeur ne pourrait pas faire une soirée + un samedi de cours pour obtenir son master à la FOPA (UCL) s’il le souhaite ! Je suis allée à leur réunion d’info il y a une semaine et il y avait plusieurs directeurs du primaire. Alors oui, ça ajoute du boulot à une semaine déjà bien chargée (ce n’est pas moi qui dirai le contraire) mais il faut savoir ce qu’on veut et il faut arrêter de dire qu’il est IMPOSSIBLE pour un directeur d’obtenir le master ! Alors oui, pendant 3 ans il n’aura plus de vie, mais les profs qui font ce cursus, c’est pareil !!!

    A Frédéric : ayant donné cours dans le DI et dans le DS, je me permets de souligner que le travail de préparation dans le DS – si on veut donner un cours vraiment bien fait – est autre que dans le DI ! Et que dans beaucoup d’écoles (la mienne !) tous les licenciés donnent 22 périodes … comme les régents !

  10. eggen dit :

    si le directeur est jeune,il est normal qu il gagne moins qu une enseignante proche de la pension!