La théorie de l’évolution des espèces ne convainc plus que 3 étudiants sur 4. Une étude menée en 2005 par Laurence Perbal, docteur en philosophie des sciences de l’ULB, auprès de 1163 élèves de l’enseignement secondaire, supérieur et universitaire afin de connaître leur opinion vis-à-vis des concepts d’évolution, nous apprend que près de 24% d’entre-eux considèrent que l’Homme a été créé par Dieu. Chez les jeunes de « confession musulmane« , ils sont 82,8% à le penser. Pour ces derniers, les animaux ont été créés par Dieu peu après la formation de la Terre et l’Homme n’a pas d’ancêtre commun avec le chimpanzé. Toutefois, la proportion de jeunes adhérants aux théories créationnistes semble, toutes confessions confondues, diminuer à mesure que l’on monte dans le niveau d’instruction.
Les catholiques ne sont pas en reste, même si, chez les jeunes croyants, le compromis entre foi et science semble nettement plus évident. Ils sont tout de même 20% à considérer que la théorie de l’Evolution n’est « pas du tout convaincante ». Le recul vis-à-vis des textes bibliques semble plus aisé qu’une remise en cause du Coran, le livre sacré de l’Islam, considéré comme la parole de Dieu dictée directement au prophète Mahomet.
Sans surprise, c’est à Bruxelles, ville qui accueille une forte population de confession musulmane ainsi que de nombreuses églises protestantes de type évangéliste et très prosélytes, que l’on observe le mieux un recul de la connaissance scientifique et une recrudescence de ce type de croyance.
Le débat qui oppose Darwinistes aux créationnistes semble plus actuel que jamais. D’autant que parmi ces jeunes, il y aura des enseignants dont certains seront incapables d’enseigner les sciences dans un esprit de pluralisme et de tolérance.
Peut-être serait-il utile de commander une vaste étude au sein des universités et des Hautes Écoles qui forment les futurs professeurs afin de savoir, exactement, quelle est la proportion de jeunes qui rejettent la théorie de Darwin sur l’origine des espèces. Et ensuite s’assurer que, sur le terrain, les élèves reçoivent bien un enseignement où le religieux n’entre pas en conflit avec les vérités scientifiques.1
- La Libre – 1.08.09 [↩]
« Chez les jeunes de « confession musulmane« , ils sont 82,8% à le penser. »
Cela fait plaisir de voir que près de 20 % comprennent tout de même que l’évolution ne remet pas en question leur croyance en Dieu.
Mais, nouvelle preuve de l’échec de l’enseignement secondaire. L’objectif est tout de même de former des « citoyens responsables ». Je ne sais pas pour les 75% restant, mais il est clair que pour 25%, c’est raté et bien raté!
Pourquoi oublie-t-on toujours les cours d’histoire quand il s’agit de la théorie de l’évolution.
J’ai déjà peur de voir septembre arriver et mon enquête 1 « L’Homme un être qui évolue »…. avec mes 1ères. Chaque année c’est de plus en plus dur à enseigner voire d’en parler.
C’est partout que nous sommes confrontés à des « différences culturelles »
J’ai eu le cas en intro du cours d’économie. la question « quand l’économie est-elle apparue ».
Et donc, quand l’Homme est-il apparu?
Difficile quand on considère que l’Homme a été créé il y a 6.000 ans.
Difficile aussi de parler économie quand le prêt est interdit…
« il y aura des enseignants dont certains seront incapables d’enseigner les sciences dans un esprit de pluralisme et de tolérance. »
Ils n’ont, à mon sens, rien à faire dans l’enseignement. Nous ne sommes pas dans une théocratie mais dans un Etat de droit.
Confrontée pendant près de 16 ans à des élèves de toutes origines et religions (islam, témoins de Jéhovah, judaïsme, cathos purs et durs, protestants,…) lorsque je parlais d’évolution de l’Homme, en intro, je faisais clairement la différence entre Sciences et religion ou croyance.
« Dans l’état actuel des connaissances en Sciences on considère que…., ce qui concerne votre religion ou croyance est d’ordre privé et doit le rester ».
Cela n’a jamais posé de problèmes.
Ma « méthode » avait le mérite de faire prendre conscience que les autres ne pensent pas nécessairement comme moi, que l’ouverture d’esprit, que nous sommes censés enseigner est primordiale. et que d’autres points de vue sont à tolérer.
A partir du moment où l’on dit clairement les choses, sans sectarisme, les élèves apprennent à faire la part des choses.
Cela dit, je suis d’accord avec franufle, des sectaires et des intolérants, il y en a partout, même chez nous.
Hello Catherine…. je sais…je t’ai connue à l’époque à l’ARJ. Cela fonctionnait encore jusqu’il y a peu. Mais aujourd’hui, même « Dans l’état actuel des connaissances en Sciences on considère que…., ce qui concerne votre religion ou croyance est d’ordre privé et doit le rester » ne fonctionne plus. Mais bon…ce n’est pas pcq ça ne fonctionne pas qu’il faut baisser les bras.
Mais beaucoup de choses ont changé depuis ton départ…. et pas toujours en bien.