« Vivre avec l’école » est une enquête de la RTBF menée par courrier électronique auprès de son public entre le 24 et le 31 août. Au total, c’est 3195 réponses qui ont été récoltées et qui dressent un état des lieux des relations entre l’école et les citoyens-parents. En quelques questions, les journalistes du service public piquent là où ça fait mal…
La qualité de l’enseignement
Première gifle : ils ne sont que 53,7% des sondés à juger positivement la qualité de l’enseignement francophone. Pire encore, 1,7% le juge de « très bonne qualité » et 6,3% le considère en revanche « très mauvais. » L’enquête révèle toutefois que si les parents se montrent critiques par rapport à l’enseignement en général, ils sont beaucoup plus indulgents avec l’école dans laquelle est scolarisé leur enfant. 77% des sondés sont satisfaits de leur choix. Ils jugeraient donc plus sévèrement ce qu’ils ne connaissent pas… tout en se félicitant d’avoir trouvé, eux, la perle rare.
Lorsque les parents doivent choisir une école, leurs critères de choix sont, dans l’ordre, la qualité du projet pédagogique (26,30%), la proximité géographique (22,4%) et la réputation de discipline (19,3%). L’interculturalité affichée de l’école n’est un critère de choix que pour 8% des parents, mais a contrario ils ne sont pas plus de 8,2% à rechercher pour leurs enfants une école correspondant à leur classe sociale.
75% des parents se disent en faveur de la mixité sociale. Sans doute la majorité d’entre-eux rejette-t-elle les modalités actuelles pour y parvenir.
Pas touche au redoublement !
Les parents-internautes se disent favorables à une rationalisation des réseaux d’enseignement (73,1%) mais ils restent divisés quant aux méthodes d’y parvenir. Certains penchent vers la fusion des réseaux libre et officiel (38,4%), d’autres verraient plutôt d’abord la fusion au sein des seuls réseaux officiels (37,4%). De toute évidence, la crainte de déclencher une nouvelle « guerre scolaire » n’a plus lieu d’être. Mais si les parents accepteraient volontiers l’idée d’un réseau unique dans l’optique de faire des économies, ils sont en revanche farouchement opposés à la suppression du redoublement, et cela en dépit de toutes les alertes lancées à propos du taux d’échec et du retard scolaire en communauté française (une étude de l’OCDE de 2003 pointait la Belgique francophone à l’avant-dernière place du classement européen).
60% des répondants jugent positivement la qualité du travail fourni par les enseignants de leurs enfant. Mais 25% estiment toutefois la qualité du travail trop variable d’un enseignant à l’autre pour porter un jugement. Et lorsque qu’on leur demande s’ils ont le sentiment d’être considérés comme des partenaires dans le processus éducatif de leur enfant, la majorité répond par la négative. Ils sont même 5,40% des parents à estimer que l’école les perçoit comme des adversaires, et 14,4% comme des clients. Pour 14,8% encore, c’est le sentiment de ne pas exister qui prédomine. Deuxième gifle.
Le message est clair. Si les parents ne condamnent pas les enseignants, ils sont en revanche beaucoup plus amers par rapport à l’institution. Et S’il n’y a pas lieu de parler de crise de confiance, il est temps que le nouvel exécutif francophone se penche sérieusement sur le cas de nos écoles. Il y a urgence !1
- RTBF-7.09.09 [↩]
« il est temps que le nouvel exécutif francophone se penche sérieusement sur le cas de nos écoles. Il y a urgence ! »
Je suis confiant, cela ne fait que 20 ans qu’il y a urgence
A force de se pencher, on tombe… et c’est ce qui risque d’arriver pour Mme Simonet, si elle attaque les enseignants dès la rentrée !
Mais non ! L’urgence ce sont les économies. Qui se soucie vraiment de la qualité ????
On doit être le seul secteur où il FAUT faire mieux avec beaucoup moins !
A quand une enquête auprès des professeurs, M et Mme RTBF? Nous aussi nous avons beaucoup à dire -et à nous plaindre- au sujet des parents qui ont depuis belle lurette renoncé à leur rôle primordial dans l’éducation de leurs enfants; au sujet des établissement qui veulent préserver leurs quotas d’élèves, au sujet des « décideurs » qui ne veulent pas décider de s’en aller car ils sont définitivement incapables; et au sujet des élèves, car là, il y a aussi beaucoup à dire -et à se plaindre-