La réponses des syndicats à Simonet

gggLes mesures d’économies proposées hier par la nouvelle ministre de l’Enseignement Marie-Dominique Simonet irritent les syndicats et inquiètent les enseignants. Jeudi soir, Prosper Boulangé (CSC) n’hésitait pas à brandir la menace de mouvements spontanés dans les écoles face à ce qu’il considère comme de la provocation. Il est vrai que les propositions de la ministre sont à mille lieues des revendications déposées par les syndicats sur la table des partis politiques avant la formation du nouveau gouvernement. Les représentants des enseignants souhaitaient au contraire  que l’on supprime les plages horaires et que l’on paie enfin les heures supplémentaires que de nombreux professeurs – mais on en parle moins – sont obligés de prester en plus de leur plage horaire minimale.1

Les enseignants, ces fainéants…

Par ailleurs, si les syndicats s’étaient fait à l’idée qu’après les années bénies des Saints Boniface et Polycarpe (l’enseignement avait été alors refinancé en 2001), ils allaient devoir manger leur pain noir et s’assoir sur leurs rêves de réforme de l’enseignement, ils ont aujourd’hui l’impression d’être cocu deux fois. Certes, tout le monde devra faire un effort pour aider la Communauté française à atteindre l’équilibre à l’horizon 2015. Mais pourquoi s’acharner sur une institution dont on disait encore il y a 3 mois, au soir des élections, qu’elle serait la priorité du nouveau gouvernement? Pourquoi présenter les enseignants comme des fainéants qui ne presteraient que 20h/semaine, occultant le travail quotidien qu’ils réalisent une fois rentrés chez eux? Les enseignants pensaient sincèrement avoir été entendus et le programme de la coalition tripartite (PS-Ecolo-CDH) avait fait naître de nombreux espoirs : mise en place du tutorat, revalorisation du métier d’enseignant via, notamment, un allongement des études, soutien aux initiatives de terrain, etc.

Aujourd’hui, ils sont à bout ! Et le monde politique n’en a toujours pas pris conscience. Vous avez dit affolant?

La réponse du berger à la bergère ne s’est pas fait attendre. En fin d’après-midi, les syndicats, réunis en front commun, ont lancé un appel, à toutes leurs délégations, tous réseaux et tous niveaux confondus, à effectuer un arrêt de travail d’information et de mobilisation dans les écoles, ce jeudi 17 septembre.Objectif : informer tous les profs des propositions de la ministre et prendre du même coup l’avis de la base sur la suite qu’il convient de donner à cette « affaire ».

Ce sont des propositions qui sont pour nous inacceptables. Donc, il fallait très vite que l’on fasse savoir à la ministre que ses propositions ne passaient pas la rampe.2

Le MR est consterné

La chef du groupe MR au Parlement de la Communauté française, Françoise Bertieaux, s’est dit consternée. Elle reproche au nouveau gouvernement « d’avoir pourri le débat dès la rentrée alors qu’il fallait entamer cette législature sous le signe de l’apaisement. » 3

  1. Le Soir – 11.09.09 []
  2. Pascal Chardome – CGSP-Enseignement – RTBF – 11.09.09 []
  3. RTBF – JT 11.09.09 []

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13 réponses à La réponses des syndicats à Simonet

  1. Prof dit :

    Il me semble un peu tôt pour réagir face à cet effet d’annonce inconsistant : le budget n’est pas encore déterminé, comme R. Demotte l’a tout de même rappelé, et c’est accorder du crédit à une ministre qui s’annonce très insignifiante… Entre les moyens de ses ambitions et ses ambitions très moyennes, Notre Cheftaine à tous a déjà ses idées fixes…

  2. BELLIERE François dit :

    Au sujet des critiques régulières relatives aux innombrables congés des enseignents,
    je pense qu’il y a lieu de se souvenir, de rafraîchir les jeunes mémoires et d’informer les ignorants que les enseignents NE SONT PAS rémunérés pour les mois de juillet et d’août. Le traitement de 10 mois est simplement réparti sur 12 mois.
    cordiales salutations

  3. Echocynique dit :

    Vous avez raison.

    Mais les syndicats doivent montrer dès le début à la ministre qui est le vrai pouvoir.

    Ce que je trouve extraordinaire, c’est que l’on n’a jamais entendu les syndicats quand la qualité de l’enseignement a été détruite pas les derniers décrets.

    J’oubliais, le miniss était PS

  4. Echocynique dit :

    Comparons donc les salaires annuels. Qu’ils soient payés en 10 mois, en 52 semaines, quelle importance.
    Ensuite vous divisez ce montant par les heures de travail. Et vous verrez des différences énormes…entre profs.

    Parce que certains profs travaillent en effet 20 heures par semaine pendant 32 semaines et d’autres travaillent 40 heures semaine pendant 40 ou 45 semaines.

    Comment arriver à la justice « à travail égal, salaire égal »? En rémunérant selon le résultat et pas selon les périodes de cours attribuées.

  5. Gomme dit :

    Le PS a encore fait fort : fin de la législature, on engage plein de profs, on donne des sous (alors qu’on sait qu’on vit déjà au-dessus de nos moyens).
    Fin des élections, on file le ministère à une cdh pour reprendre ce qu’on a donné.

  6. pascal dit :

    Parlons clair ! Il n’y a pas que des licenciés à 20h semaine dans le secondaire. Les profs de cours techniques donnent 30h semaine ! Mais d’eux, on ne parle jamais !

  7. Graisse dit :

    20 h ou 22 h… soyons payés en vingtième ou 22ème!
    Oups je suis instit! Nous c’est 26 pour tout le monde!
    Et avec le même salaire et le même nombre d’années d’étude.

  8. Laurent dit :

    @Echocynique

    Je suis parfaitement d’accord avec vous: certains profs travaillent beaucoup (et sont très mal payés à l’heure), d’autres ne foutent rien (et sont bien trop payés pour ce qu’ils font).

    J’ai déjà pensé à votre proposition de rémunérer selon le résultat. Le problème est: comment évaluer ce « résultat » ? Selon les résultats des élèves ? Cela me semble un peu injuste pour les profs qui tomberaient sur des classes plus faibles.

    Par contre, pourquoi ne pas donner plus de latitude aux directions (y compris pour les salaires). Après tout, ne sont-elles pas les mieux placées pour évaluer leurs profs ? N’est-ce pas le modèle qui fonctionne dans le privé pour choisir à qui on donne une augmentation à la fin d’année ?

  9. Gomme dit :

    7 heures pour les professeur(e)s d’université (mais ils – elles ne font pas que donner cours) ;
    20-22 heures pour les licencié(e)s (mais ils – elles ne font pas que donner cours) ;
    22-24 heures pour les régent(e)s (mais ils – elles ne font pas que donner cours) ;
    26-28 pour les institutrices (mais ils – elles ne font pas que donner cours) ;
    - 30 heures pour les professeurs de l’enseignement technique (mais ils – elles ne font pas que donner cours).
    Voilà ce qui arrive quand on vit au-dessus de ses moyens (Communauté française et Wallonie) et qu’une crise survient. Manque de précaution, échéances électorales et assentiment de 99 % des membres du personnel expliquent le merdier dans lequel on se trouve.

  10. Nathalie dit :

    Je vous rappelle chers collègues que nous sommes là pour se battre contre les injustices, contre cette réforme qui n’amènera que problèmes dans l’enseignement et une régression de la qualité de l’enseignement vu le nombre croissant d’élèves dans nos classes. Nous ne sommes pas là pour casser du sucre sur le dos de nos collègues. Chacun de nous a choisi sa formation, que nous soyons instituteurs maternels, primaires, régent, licenciés alors pourquoi se plaindre de notre salaire? Nous étions au courant de cela bien avant d’entrer en fonction. Malgré cela, je suis d’accord avec le fait que notre métier n’est plus reconnu pour ce qu’il est, nous passons pour des fainéants alors qu’il n’en est rien. (nos heures de préparations non rémunérées).

    Alors pourquoi être envieux du salaire d’un autre, peu importe le travail qu’il fournit… Nous sommes là pour nous soutenir, pour former une alliance contre cette injustice, contre cet affront fait par madame Simonet qui nous montre, par cette réforme, que notre métier est bien mal considéré!! L’éducation est à la base de tout! Le gouvernement veut une amélioration du niveau des élèves??? Ce n’est pas comme cela qu’il arrivera à cet objectif, au contraire, il va créer des hommes et femmes laisés intellectuellement d’avoir passé des années entières dans des classes surpeuplées, de n’avoir pas pu avoir un encadrement de leurs professeurs…

    Je trouve cette réforme inadmissible aussi bien du point de vie de l’enseignant que du point de vue de l’étudiant…

    Pardonnez mon discours si long mais je suis révoltée.

  11. Mireille dit :

    N’oublions pas pourquoi nous avons fait un arrêt de travail hier. Ce n’est pas les deux heures supplémentaires qui sont choquantes, j’ai déjà dû donner ces heures sans être rémunérée et je ne suis pas la seule.Par contre, ce qui apparaît beaucoup moins souvent dans les médias c’est que si on augmente de 10 % l’horaire d’un licencié, c’est 10% de nouveaux profs qui s’en iront…

  12. Echocynique dit :

    @Laurent

    Il y a deux étapes:
    1. Accepte-t-on de payer selon les résultats?

    Les syndicats sont contre…

    2.Comment faire pour que ce soit équitable?

  13. Hovens maryse dit :

    Ce qui me choque surtout dans cette énième proposition de réforme, c’est qu’elle présente les enseignants comme des fainéants, des qui ne prestent que, des qui ne font pas grand’chose. Avec en parallèle, des discours proclamant qu’il faut revaloriser la fonction. Comment peut-on prétendre rendre enviable ce que l’on salit? Et comment une ministre de l’enseignement peut-elle ignorer qu’enseigner, c’est transmettre; qu’accepter la transmission implique du respect et de la confiance? Qui, Madame Simonet,voudra apprendre quoi que ce soit des paresseux profiteurs que l’on prétend que nous sommes?