Tous les ministres sont d’accord pour le dire, l’enseignement – obligatoire et supérieur – ne s’en sort pas trop mal. Certes, il a lui aussi contribué, de façon importante, à réaliser des économies en vue de boucler les budgets 2009 et 2010 de la Communauté française mais sa participation est moindre que celle qui avait été envisagée l’été dernier, au lendemain des élections, lors des négociations gouvernementales. Il était alors question de sabrer dans l’emploi des plus jeunes via une augmentation de la plage horaire pour tous les professeurs du secondaire. Le lobby syndical enseignant avait immédiatement protesté et, aujourd’hui, peut savourer pleinement le retrait de cette mesure, un retrait au goût de victoire.
Les coupes budgétaires ne vont pourtant pas manquer. Dans l’enseignement supérieur, l’effort se fera surtout à charge des universités, dont le refinancement sera étalé sur une période deux fois plus longue que prévu. Au lieu de toucher quatre millions chaque année, elles en recevront deux pendant quinze ans, à partir de l’an prochain. Côté enseignement obligatoire, on épinglera la suppression du financement des activités pendant les jours blancs (2 millions), le report du recrutement de conseillers en prévention (6 millions), l’abandon de la prise en charge des abonnements SNCB des élèves (6 millions), la suppression de la réserve pour les politiques nouvelles (2 millions), etc. Et comme nous vous l’annoncions hier, les subventions aux écoles seront bien « lissées » durant quelques années. En revanche, les profs du secondaire ne devront pas prester davantage d’heures, la dernière tranche de revalorisation salariale de 1 % prévue pour 2010 est maintenue tout comme la politique d’encadrement différencié, porteuse d’engagements dans les écoles à public défavorisé (700 lors de cette rentrée). Enfin, le système des DPPR à l’âge de 55 ans ne sera pas remis en cause avant la fin 2011. Mais la piste d’un relèvement de l’âge à 58 ans est bel et bien privilégiée par le gouvernement, en vue des futures négociations sectorielles.
Un sombre futur…
Hier soir, la ministre Marie-Dominique Simonet se félicitait de voir l’école ainsi épargnée. Mais les syndicats, s’ils se disent rassurés à court terme, restent cependant inquiets lorsque l’après 2010 est évoqué. Rien, en effet, ne garantit que des mesures plus douloureuses ne devront pas être prises d’ici deux ans si la situation économique ne devait pas s’améliorer. L’emploi des enseignants serait alors dans la ligne de mire du gouvernement. Logique puisque le gouvernement n’a pas préservé l’équilibre fondamental entre les différentes catégories de dépenses en matière d’enseignement (85 % pour les salaires, 10 % pour le fonctionnement des écoles, 5 % pour les bâtiments scolaires). En cas de nouvelle tuile, il faudra alors sabrer dans le personnel et les salaires puisque le reste aura déjà été généreusement raboté.1
- La Libre – 15.10.09 & Le Soir – 15.10.09 [↩]
Qu’en est-il de la revalorisation barémique de certains instituteurs et autres auxiliaires d’éducation?????
Puis-je espérer profiter des D.P.P.R. en octobre 2012 ?
La revalorisation barémique (passage au 501) est arrivée ! Ou du moins la circulaire… http://www.adm.cfwb.be/index.php?m=doc_view&do_id=3125
Au moins on valorise les profs qui financent leur formation !
Excellente idée : gaspillons les finances de la C.F. pour des diplômes bidons et enterrons l’enseignement à grands renforts de « pédagogues de salon…
Le recrutement des conseilles en prévention est pourtant bien nécessaire ! Quand on voit l’état de nos écoles !
Le nôtre, il a 2h dans son horaire pour trois implantations ! C’est n’importe quoi !
@M.Stasse, les dernières DPPR sont prévues pour 2011. Pas de chance !!!
De toute façon, c’est bien connu on en a pas besoin avec tous nos congés, notre faible nombre d’heures etc etc…
Des pédagogues de salons, des ministres qui n’y connaissent rien…
Comment pouvons-nous sortir de la crise sans un enseignement de qualité, sans éduquer nos jeunes, sans…
Nos politiciens organisent un retour vers le Moyen-Age et l’obscurantisme. Arrêtons d’enseigner, de cette manière la population ne pourra plus penser, se rendre compte de leurs magouilles… Arrêtons d’enseigner à tous et n’apprenons qu’aux riches dans les écoles privées
Arrêtons d’enseigner aux jeunes et c’est un fameux budget qui sera dégagé pour payer les extras des banques, des salaires et dotations ministérielles…
Vive l’obscurantisme, pourquoi donner au peuple le moyen de contester l’ordre établi … ?