Chaque année, les Hautes écoles doivent faire face au même problème. Et chaque année, la tâche est un peu plus ardue. Pour les futurs enseignants, dénicher un lieu de stage relève parfois du chemin de croix. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à embrasser le métier de professeur et instituteur mais de moins en moins d’enseignants se disent aujourd’hui prêts à les accueillir dans leurs classes. Ce constat, le député Yves Reinkin (Ecolo) l’a rappelé mardi à la ministre de l’Enseignement au parlement de la Communauté française. Une façon de tirer la sonnette d’alarme et d’inviter les autorités à réfléchir aux causes de ce malaise.
Les causes, justement, quelles sont-elles? On peut d’abord souligner que la formation des enseignants est passée de deux à trois ans et que les stages, qui étaient autrefois de 6 semaines, ont été portés à 16 semaines réparties sur le nouveau cycle de trois années. Une formation plus longue et des stages plus copieux peuvent expliquer en partie la difficulté que rencontrent les jeunes. Par ailleurs, ce ne sont pas les aînés qui souffrent le plus dans leur quête de maître de stage… mais les étudiants de 1ère année. Novices, ils ne seraient pas le « 1er choix » des enseignants, qui leur préfèrent des stagiaires plus expérimentés. De plus, ces étudiants ne « rapportent » rien au maître de stage pour qui il a été prévu un petit bonus financier – une dizaine d’euros par journée d’encadrement – si le stagiaire accueilli se trouve en 2e ou en 3e année. La « faute » à l’ex-ministre Dupuis (PS) qui avait jugé que l’accompagnement des stagiaires de 1ère année, plutôt en observation, réclamait moins de travail.
Alors, les enseignants chevronnés seraient-ils uniquement intéressés par l’appât du gain? Pas si sûr. De nombreuses écoles secondaires exigent que les stagiaires soient encadrés par des enseignants nommés et/ou possédant le titre requis. Vu l’actuelle pénurie d’enseignants, il devient compliqué de mettre la main sur ces perles rares. Et les Hautes écoles n’acceptent que rarement – et on peut les comprendre – que les « articles 20″ (enseignant ne possédant pas le titre requis ou jugé suffisant pour exercer son métier) prennent en charge le suivi de leurs étudiants. Les accords de collaboration conclus entre certaines Hautes écoles et écoles primaires et secondaires (parfois relevant du même réseau) sont aussi un obstacle. Ainsi, tel étudiant inscrit dans une Haute école de la Communauté française aura peut-être plus de difficultés à trouver un stage dans l’enseignement provincial… et inversement.
Il y a aussi le manque de motivation générale des étudiants. Pour de nombreux profs en exercice, il est devenu difficile de travailler avec des jeunes qui ont parfois choisi l’enseignement faute de mieux et qui le font bien sentir.
Que faire? On pense une nouvelle fois au tutorat. Des enseignants désireux de souffler un peu consacreraient une partie de leur horaire à épauler et encadrer leurs jeunes collègues et les éventuels stagiaires. L’idée de quotas minimums de stagiaires à accueillir pour chaque école primaire/secondaire a également été avancée. Mais on voit mal comment on pourrait forcer des enseignants qui ne le désirent pas à recevoir des étudiants. Octroyer un bonus pour chaque étudiant de 1ère recueilli? Les finances de la Communauté française ne le permettent pas.
La solution est simple : revaloriser le métier, son image et ses salaires. Mais à l’heure actuelle, cela est impossible. Et pourtant, qu’ils rapportent peu, qu’ils soient une source de travail supplémentaire, qu’ils soient ou ne soient pas fiables et motivés, il faudra pourtant bien assurer la relève et participer à la formation de ceux qui, demain, prendront nos places devant le tableau noir. L’actuelle pyramide des âges nous promet des départs massifs d’ici cinq à dix ans. L’actuelle pénurie – et celle de demain – ne se réglera pas par décrets mais par une meilleure communication entre les Hautes écoles et les enseignants, tous maîtres de stage potentiels. Et une bonne communication, c’est encore ce qu’il y a de meilleur marché.1
- Le Soir – 29.10.09 & RTBF – 30.10.09 [↩]
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Le problème réside peut-être dans la perte de temps potentielle que représente l’accueil d’un stagiaire.
J’accueille actuellement un stagiaire de 3ème année qui donne 18 de mes heures pendant un mois. En janvier, ce sera un autre stagiaire de 3ème pour une durée de 3 semaines, sans compter les semaines d’observation « active » des 1ères.
Si ces étudiants se plantent, si les notions ne sont pas acquises par mes élèves… le temps perdu ne sera jamais rattrapable !
C’est un risque que certains collègues ne veulent plus prendre et c’est compréhensible.
Personnellement, par expériences négatives et afin de limiter les risques, je ne prends plus de stagiaires de 2ème année.
Pour ce qui est du « bonus » financier, je l’ai demandé une seule fois et je n’ai jamais rien reçu…
J’ai, en son temps, accueilli des stagiaires dans mes classes et je crois sincèrement que ce n’est pas tant un problème de « salaire » non payé au prof de stage, ni un problème de pénurie (quoique à Bxl peut-être). Ce que j’ai constaté par contre c’est le désastreux niveau des stagiaires. Je ne les mets toutefois pas en cause (enfin pas toujours).
A une stagiaire que j’avais en géo, j’ai expliqué 4 (oui 4) fois comment rendre ses leçons sur la Chine qui ne passionnaient pas les élèves plus vivantes et intéressantes. Elle travaillait ex-cathedra à 100%. J’ai retravaillé ses leçons avec elle, mais, comme bien souvent elle ne remettait sa prépa que la veille, c’était très serré et quand elle perdait les pédales on revenait à l’ex-cathedra.Je quittais quelques fois la classe au début en restant dans le couloir et c’était le b…l. Je n’ai pas vu son prof de péda. J’ai par contre vu son prof de géo qui trouvait ça très bien.
Vers la fin de son stage elle a fait une interro « punitive » et il a fallu que je m’interpose entre elle et les élèves pour éviter qu’elle ne se voie dépouillée de sa jupe qui ne tenait que par un élastique !
Je n’ai pas pu remettre un rapport de stage favorable. Cette jeune fille a eu son diplôme!!
Un autre exemple ? Une collègue de math m’a dit que sa stagiaire a écrit des fractions au TN puis a demandé de trouver les fractions équivalentes à un demi. Jusque là no problem. Cette stagiaire a soutenu mordicus à ma collègue que 3/6 n’était pas équivalente à 1/2 parce que les chiffres n’étaient pas les mêmes. Pourtant 2/4 ne lui posait pas de problème.
J’arrête là les exemples, j’en aurais encore des dizaines d’autres.
En formation j’ai eu l’occasion de rencontrer un prof d’Ecole Normale et elle considérait aussi que le niveau était devenu désastreux.
Deuxième, troisième choix voire plus… c’est très probablement vrai. Une mauvaise formation et une mauvaise sélection, c’est sûr. Et ce n’est pas en prolongeant à 5 ans ou 10 ans que cela changera si le cursus en lui-même n’est pas revu.
Encore une petite question : vous avez déjà vu comment certains stagiaires écrivent (orthographe et grammaire)!!! sur notre site? Et les « exigences » de leçons toutes faites.
Je sais de quoi je parle, je suis modératrice sur le site.
Une collègue a retrouvé, chez sa stagiaire, un print pur et simple de la leçon qu’elle avait postée sur le site !!!
Vous vous étonnez encore que des stagiaires aient du mal à trouver des classes. Moi pas!
C’est malheureux pour les bons car il y en a, mais de moins en moins, ils ont compris eux.
Je me répète peut-être par rapport à une intervention de ma part il y a longtemps : A quand de vrais profs de terrain dans les Ecoles Normales? et à quand le respect de l’évaluation faite par les profs de terrain? A quand des programmes d’Ecole Normale adaptés à la réalité?
Oui, je sais, de mon temps on parlait d’Ecole Normale maintenant on parle de Haute Ecole. Quelle chance !
Et … non je ne suis pas une petite vieille toute décatie… Je travaille encore.
Je suis enseignante depuis maintenant onze ans, des stagiaires j’en ai chaque année. Je dois dire qu’un stagiaire de première me demande chaque fois plus de boulot qu’un stagiaire de seconde ou de troisième. En effet en troisième le stagiaire a déjà une autonomie que n’a pas celui de première normale. En première je passe mon temps avant l’entrée en stage effectif donc entre l’observation et le stage effectif a donner des « cours » de matière sur les bases qu’ils n’ont plus a l’école normale comme ce qu’un objectif opérationnel, comment trouver une compétence voir le schéma d’une leçon type.Certains manquent cruellement de » matière » ( aires des quadrilatères, accord de l’adjectif…).
En conclusion un stagiaire de première je le forme au trois quart, certains de mes anciens stagiaires reviennent me voir quand ils sont en seconde ou troisième pour chercher aussi la motivation qu’on ne leur donne plus a l’école normale.
Je pense qu’être « maitre de stage » n’est pas une mince affaire et qu’il faut prendre ce rôle la au sérieux car nos stagiaires sont nos successeurs !
A nati,
Je suis tout à fait d’accord avec vous.
Qu’ils n’aient pas de connaissances pédagogiques, passe encore, l’Ecole Normale est là pour les leur fournir mais qu’ils ne maîtrisent pas la matière qu’ils enseignent est un comble non?
C’est de cette sélection-là que je parle.
Quelques questions :
– Comment être prêt à être opérationnel (donner 4 leçons ou activités) quand en 1ère les élèves sont en stage le 15 octobre…donc à peine un mois de formation !
– A quand des enseignants d’ »école normale » encore en fonction ds l’enseignement secondaire ?
– Ok pour accueillir des stagiaires, encore faut-il qu’ils acceptent les conseils et aussi les critiques. Mais comment les aider quand ils n’acceptent rien ? quand ils refusent de rester au-delà de 16h pour retravailler une leçon ?
Quand au paiement …jamais vu et pourtant j’ai des stagiaires, chaque année, depuis plus de 20 ans ! mais ça c’est un moindre mal !
A baujoe:
Tiens, voilà encore une chose à laquelle nos « délateurs » ne pensent pas !! Nous formons les futurs profs, et bien souvent gratis pro déo.
Merci d’y avoir pensé baujoe.
Étant moi-même stagiaire, je peux dire que ce n’est pas plus facile de notre côté.
Entre la Haute Ecole qui distribue un paquet de feuilles rempli de consignes (ce n’est pas plus mal pour éviter le n’importe quoi), nos stages qui sont rigoureux (en effet, le maître de stage ne peut pas se permettre de louper des journées à cause du stagiaire –> temps non rattrapable), nos professeurs qui viennent nous évaluer et, de plus, nos cours où on doit gérer une multitude de travaux, ce n’est vraiment pas évident. Je ne dis pas que c’est mal, car ça nous prépare au métier, mais ce n’est pas de notre faute si nous ne savons toujours pas utiliser un Programme des études (toujours pas distribué dans les Hautes Écoles, quelle honte).
Nous sommes contents quand nous tombons sur une « bonne » classe, c’est-à-dire un maître de stage prêt à assumer tout le travail que cela engendre, ainsi que des élèves plus ou moins tranquilles en notre présence…
@ Julie
Je ne disconviens pas que la tâche des stagiaires est rude et nous sommes là pour aider celles et ceux qui font leur boulot mais qui ont besoin de conseils, de références de documents, etc…
Vous êtes les bienvenus, n’hésitez pas.
Lisez attentivement les consignes d’utilisation du site.
Pour ce qui concerne les Programmes :
Si vous êtes en CF allez sur http://www.restode.cfwb.be/index2.asp
Pour le libre
http://www.segec.be/fesec/Documents/index.htm
ils sont téléchargeables.
Le changement de cabinet a amené toute une série de problèmes, n’attendez pas, faites le vous-même.
Vos profs ne vous ont pas parlé de ces adresses?
Si non, elle est là la honte.
Je constate que certains enseignants oublient très vite, que dans un passé antérieur eux-mêmes étaient en stage!!!
Au lieu d’aider le stagiaire et surtout lui apporter son soutien, voilà que tout ce qu’il récolte, ce pauvre stagiaire’’ c’est qu’on se moque de lui sur certains forums!! Mdr, on prétend dire qu’il y a une solidarité entre les enseignants, effectivement, nous le constatons OUI, À TRAVERS VOS COMMENTAIRES lol
Effectivement nous sommes passés par là et nous connaissions des difficultés similaires
… Il y a 10 ou 15 ans, il était également difficile de trouver une école de stage, d’avoir un « bon » maître de stage, d’accéder aux programmes (sans internet !), de maîtriser toutes les matières à enseigner…
On ne se moque donc pas des stagiaires, on constate simplement que certains ne se donnent pas les moyens de leur « vocation ».
Je suis surprise; j’enseigne à nouveau depuis 11 ans et on ne m’a demandé d’accueuillir un stagiaire que deux fois. Pour ma part, je souhaiterais ne faire que du tutorat. En tous cas, je suis nommée et titulaire des titres requis (régente français histoire en 3è et 4è transition et qualification. Avis aux amateurs!
Les stagiaires peinent à trouver des écoles… Cette année, nos écoles ont peiné à trouvé un stagiaire pour partir en classes de mer ! Je pense qu’un endroit de stage est quelque chose de rare, c’est sûr. Mais, quand je vois la motivation de certains futurs enseignants, cela ne m’étonne pas qu’ils ne trouvent pas d’endroit de stage. On proposait une semaine à la mer, il encadrait les enfants avec les enseignants. Il pouvait venir en stage, peu importe la période et la durée. C’était une chouette expérience à vivre. On n’a jamais trouvé !!!!
A solitude,
Si vous parlez d’enseignons, dites-nous s’il vous plaît où on s’est moqué d’un stagiaire.
Ce que nous n’acceptons pas, c’est vrai, c’est d’aider quelqu’un qui n’a pas fait un minimum d’efforts pour préparer, rechercher… et nous le « sentons » très vite.
Donnez-nous une idée de ce que vous avez déjà fait au moins.
Nous sommes là pour aider pas pour faire le boulot à votre place.
Dans les 8 commentaires qui précèdent le vôtre, je ne vois aucune moquerie, simplement un constat.
Ma classe unique n’a tenté AUCUN stagiaire en 13 ans … et je suis pourtant inscrite sur les liste de 2 écoles normales !
J’accueille chaque année deux stagiaires. Je trouve que c’est un devoir, un juste retour des choses.
Mais certaines filières ne les préparent pas suffisamment. Je le répète, je l’ai déjà écrit dans le forum, on ne peut pas laisser enseigner une leçon à un étudiant qui ne maîtrise pas la théorie de sa matière ! La leçon peut être aussi attractive qu’il veut, lui chouette et dynamique, s’il enseigne des erreurs, c’est une catastrophe. Il faut ensuite reprendre le tout et la perte de temps est énorme.
J’ai rendu 2 mauvais rapports de stages ces 6 dernières années, argumentés et motivés. Les 2 élèves ont réussi leur année. L’école normale a estimé que j’avais été trop sévère.
Depuis, je n’accepte plus d’étudiant de cette filière-là puisqu’on ne sert à rien.
Je suis jeune enseignant et je n’ai pas encore l’expérience nécessaire pour pouvoir accueillir un stagiaire. Je voudrais signaler une autre cause qui rebute peut-être quelques enseignant: la frustration du tout pouvoir qu’ont les pédagogues. Lors de mes études, l’avis de mes maîtres de stage n’a jamais eu de poids dans les résultats des stages. Je dois tout de même nuancer, lorsque leur avis était critique (ce qui est normal, on est là pour apprendre) ces commentaires étaient isolés des autres et me plombaient ma moyenne. Quelle responsabilité pour le maitre de stage qui lorsqu’il fait son boulot correctement devient responsable d’un échec (alors que son objectif était formateur) et dont l’avis est simplement ignoré lorsqu’il ne plait pas à l’école normale. Il ne faut pas généraliser, toutes les écoles ne sont pas comme ça mais moi, m’investir avec un étudiant motivé pour le voir ensuite dévalorisé par des gens sans connaissances réelles du terrain ça ne me motiverait pas pour retenter l’expérience.
Bonsoir à tous,
Après avoir été enseignant dans le secondaire (dans le général/technique/professionnel, au DS/DI, tous réseaux confondus) et maître de stage à l’AESS, j’ai été engagé il y a deux ans dans une Ecole normale où j’enseigne aux futurs instituteurs et régents.
Les Hautes Ecoles souffrent, comme l’Ecole en général. Voici quelques points pour éclairer le débat:
1° il devient de plus en plus difficile de trouver des écoles de stage qui acceptent d’encadrer nos étudiants, mais il est encore plus difficile de trouver l’un ou l’autre enseignant qui accepte d’ouvrir sa classe aux leçons-types et aux leçons d’essai. Pourtant, il s’agir des rares occasions offertes aux étudiants pour qu’ils puissent observer le déroulement d’une leçon (leçon-type dispensée par l’enseignant) et puis, à leur tour tenter une leçon sur un sujet similaire (leçon d’essai donnée par l’étudiant), et en discuter de manière réflexive par la suite. Sans ces expériences, nos étudiants sont confrontés à une situation utopique: ils pratiquent devant leurs pairs, et donc loin du public-classe normal !
2° il est difficile de refuser le maître de stage que nous propose l’étudiant (et ce malgré des réticences légitimes). Parfois, les étudiants se voient confier des leçons à donner qui ne sont pas inscrites au programme (et pour lesquelles ils sont moins préparés) ou, et c’est plus désolant, l’enseignant leur confie les matières qu’il aime le moins enseigner, il se décharge sur l’étudiant.
3° la Haute Ecole doit appliquer des critères de réussite qui ne sont pas en faveur de la qualité ! Il faut savoir qu’un étudiant réussit de plein droit une année d’étude dès le moment où il a réussi 80% des cours, ce qui suppose qu’il peut avoir raté jusqu’à 20% du programme ! Cette année, plus de 75% des étudiants sont en crédits résiduels, ce qui signifie qu’ils traînent derrière eux des cours de l’année inférieure (souvent chez les instituteurs les cours de français et de mathématiques !). Il faut également savoir que l’importance de l’échec n’est pas pris en compte : un étudiant ayant 20% de moyenne en math et en français peut – doit – passer dans l’année supérieure dès le moment où il a réussi 80% du programme.
4° le public des Hautes Ecoles. La formation d’enseignant est rarement un premier choix. Par ailleurs, chez les instituteurs, moins d’1/3 des étudiants sort du général! On se plaint du niveau de maîtrise de la langue des étudiants de l’Ecole normale. Certes ce n’est pas glorieux, malgré les nombreuses initiatives prises par les enseignants de français, mais le problème est en amont. Il est difficile de rattraper le retard pris durant toute une scolarité. On s’y efforce néanmoins. Par ailleurs, de plus en plus d’Ecoles normales inscrivent à partir de la 2e année le cours de Maîtrise de la Langue française comme pré-requis, ce qui signifie que l’échec dans ce cours entraîne l’ajournement, puis le refus.
Néanmoins, il est presque impensable de mettre tous les cours en pré-requis.
4° la formation des maîtres-assistants. Aucune formation spécifique n’est exigée des enseignants de l’Ecole Normale. La licence reste le seul titre requis. L’AESS n’est même pas obligatoire ! Et comme pour le secondaire, il existe aujourd’hui des « pénuries » : il devient presque impossible de recruter un géographe par exemple. Sans doute, serait-il utile de repenser le recrutement. Mais la vague de fusion des Hautes Ecoles ne va pas en ce sens : il deviendra de plus en plus fréquent qu’un enseignant d’une catégorie fort éloignée de la catégorie pédagogique (l’Ecole normale) vienne y compléter un horaire incomplet.
Je pense aujourd’hui que le passage à 5 ans (et la revalorisation salariale qui doit l’accompagner) reste la meilleure solution au souci de formation.
Sans doute il attirerait un autre public vers les Hautes Ecoles. J’ai connu beaucoup d’étudiants qui ont préféré l’université à l’Ecole normale pour des raisons financières.
Par ailleurs, certains enseignants gagneraient au passage à 5 ans. Je m’explique. En histoire, par exemple, les universités forment des spécialistes: antiquistes, médiévistes, modernistes et contemporanéistes. Et pour les antiquistes et médiévistes le fait d’être licenciés leur interdit – sauf s’ils acceptent un barème inférieur – de donner cours sur leurs périodes de prédilection car elles sont au programme du DI ! Aussi de nombreux antiquistes préfèrent-ils donner cours de latin ou de grec: ils bénéficient du barème AESS tout en donnant cours sur leur période de prédilection (mais pas dans leur discipline !). Ce système devrait être revu.
Quant au type de formation à envisager à l’Ecole normale: sans doute faudrait-il conserver en grande partie le programme tel qu’il est conçu aujourd’hui. Et dans les deux années supplémentaires : envisager que les étudiants prestent un demi-horaire dans une école (sous la supervision d’un enseignant chevronné qui ne s’occuperait que de cela ou, dans les « petites » écoles, en grande partie que de cela). L’autre partie du temps serait consacré à 1° une spécialisation, par exemple, l’histoire ou la géographie (pour un AESI en Sciences humaines) ou tel ou tel cycle (pour un instituteur) à 2° des cours spécifiques de gestion de groupe, gestion du stress, gestion de la violence…
J’ai complété 2 années un document où j’acceptais un étudiant de 1ère, ou autre… mais je n’ai vu personne. Peut-être ne sont-ils plus intéressés par les écoles du centre de Bruxelles?
En son temps, je me suis battu pour obtenir le bonus financier. On m’a même répondu qu’il en valait si peu la peine que mon insistance était peu sensée !
Je l’ai finalement obtenu.
Il semblerait qu’il n’existe plus aujourd’hui, ce mirobolant bonus.
Accueillir un(e) stagiaire me demande beaucoup plus de boulot et ne me donne pas de reconnaissance, donc, finalement…
Pour obtenir la rémunération prévue, il suffit de remplir un document disponible au printemps de l’année académique et de le faire viser par sa direction ainsi que par un représentant de l’institution pédagogique (université ou école normale).
Le document pour l’année 2009 est accessible à l’adresse : http://www.cecp.be/CIRCULAIRES20072008/2663.html
En principe ce document est également disponible auprès de l’école normale.
J’ai longtemps accepté des stagiaires dans mes classes et je n’ai jamais entendu parler de bonus financier.
Mais là n’était pas le problème; les derniers stagiaires que j’ai reçus étaient vraiment mauvais et mes élèves ont perdu beaucoup de temps.
Ma nièce prend des stagiaires chaque année et lorsqu’elle leur a posé la question de savoir s’ils avaient entendu parler des « compétences », on lui a répondu qu’à l’école normale on leur avait dit que le maître des stages s’en chargerait. Voilà comment les profs de l’enseignement supérieur se débarrassent des problèmes…
Un professeur de pédagogie lui a même répondu que c’était beaucoup trop compliqué pour ses élèves!!!
Si les élèves qui s’inscrivent ne sont peut être pas toujours très motivés. Comment le deviendront-ils avec des enseignants qui pensent comme ça…
Je me souviens pour ma part que mon professeur de pédagogie (qui était très exigeant) a donné à la majorité d’entre nous le goût de transmettre et nous a inculqué le respect de l’autre.
Un de mes collègues vient de perdre son stagiaire en plein milieu du stage.
Il peinait sur la matière depuis le début et mon collègue avait passé de longues heures après les cours pour l’aider à peaufiner ses prépas.
Il est en dépression.
En 3e année.
Moi, ça me pose question !
Franchement, je ne sais pas si j’ai eu de la chance … mais j’ai toujours été ravie de mes maîtresses de stage et je pense qu’elles ont tjrs été satisfaites aussi … !!!
Je n’hésiterai pas à prendre un ou une stagiaire dans le future.. il y a trois ans que je travaille, j’en ai déjà eu, mais au court de remplacements uniquement
Je suis titulaire d’une classe du degré supérieur primaire. Au delà du fait que les futurs enseignants ne maîtrisent pas ou n’ont pas appris la matière, il faut aussi savoir que bien souvent lorsqu’ils contactent notre établissement pour un stage, dès qu’ils apprennent que les classes sont groupées, ils »s’enfuient » par peur????? ou parce que l’école mormale ne « préfère pas ». Alors que penser????
bonjour à toutes et tous
je suis la maman de (j espère) deux enseignants, et je peux vous dire que le premier qui est en troisième pour devenir instituteur est tombé sur des « maîtres » de stage (quel nom pompeux) vraiment nuls et imbus de leur « savoir » et peu enclins à le partager
par contre ma nièce étant de l’autre côté de la barrière elle entend les sarcasmes, et bien je les trouve petits et souvent partisans du moindre effort
Moi aussi j’accepte des stagiaires depuis longtemps, je suis instituteur mais je donne cours de Français et d’Expression en secondaire professionnel (titre requis dans l’inférieur), je suis nommé à mi-temps et je n’ai jamais eu de stagiaires que pour des journées d’observation et le plus drôle, c’est qu’il s’agissait de stagiaires en math. De vrais stagiaires sont les bienvenus, y compris les instituteurs qui veulent découvrir un autre cursus possible mais je n’ai jamais été sollicité…
Bonsoir,
Je viens de lire vos quelques remarques et je suis vraiment surprise des propos de certaines personnes.
J’ai effectué un stage en première année, j’ai été franchement déçue de ma maître de stage qui m’a acceptée, mais qui n’en avait pas franchement envie. Je suis allée la voir à plusieurs reprises, toujours selon des horaires qu’elle me donnait, et bien souvent elle n’était pas là, et alors que je lui demandais de l’aide, des conseils, elle me répliquait: « J’ai pas que ça à faire, j’ai une vie sociale MOI! »
Cette année, j’ai effectué mon premier stage auprès d’une personne charmante, qui m’a soutenu beaucoup plus, qui me donnait des pistes sans me fournir les réponses. J’ai adoré mon stage, et même si la délibération n’a pas encore eu lieu, je pense l’avoir réussi.
Toutefois, cette dame, à qui j’ai fourni le document pour la rémunération, m’a clairement dit qu’elle ne me la rendrait pas, que ce n’était pas pour la maigre compensation qu’elle en aurait.
Je sais que certain(e)s stagiair(e)s réclament sur le forum des leçons toutes faites, et ne les retravaillent même pas avant de les présenter à leur maître de stage, et je suis tout aussi choquée de ce genre d’attitude, mais sincèrement, je ne pense pas que ces personnes arriveront à quelque chose si jamais elles devaient obtenir leur diplôme.
Une leçon est tellement personnelle, je n’arrive jamais à repartir du travail d’un autre, au mieux je m’en inspire, mais derrière, je retravaille toujours de façon à bien maitriser mon sujet. C’est peut-être la maturité qui fait cela, étant donné que je reprends mes études après avoir eu mon bac dans un autre domaine et après avoir déjà travaillé plus de 10 ans.
Quand je pense à ma classe, je pense qu’une grande partie est malgré tout composée de personnes consciencieuses, qui se donnent vraiment du mal pour faire plaisir aux enfants avec qui elles travaillent. Ce n’est pas le cas de toutes, c’est vrai, je le déplore, mais celles-là, souvent, comme nous venons encore de le vivre, abandonnent parce qu’elles se rendent compte de la somme de travail, et d’investissement personnel que ce travail réclame!
Je suis triste malgré tout de voir l’idée que se font les enseignants des stagiaires et je comprends mieux pourquoi il devient difficile de trouver un lieu de stage. Toutefois garder à l’esprit s’il vous plaît, que parfois dans un panier de pommes pourries y subsiste encore une fraîche qu’il vous suffit de mettre à l’écart pour en obtenir quelque chose de bon!
Sur ces derniers mots, je vous souhaite malgré tout, de joyeuses fêtes à toutes et tous.
Je tenais simplement à dire qu’il y avait des stagiaires qui étaient lamentables en stages à cause de maitres de stages encore plus lamentables.
Je fais évidemment référence à une expérience vécue.
J’ai été « accueillie » dans une école de stage, loin de chez moi (puisqu’aucune école ne m’acceptait). D’abord la maitre de stage, à qui j’avais téléphoné la veille de mon arrivée, ne m’a pas fait parvenir le bon horaire.
Etant moi même très distraite par moment, je ne lui tient pas rigueur de ce petit contre-temps.
Ensuite, nous nous repérons parmi tous les professeurs dans la salle des professeurs. Je me présente, et elle ne s’excuse pas de m’avoir donné le mauvais horaire (ça passe une fois de plus) et là elle me dit: « j’ai accepté d’avoir une stagiaire, mais bon, on ne m’a pas vraiment laissé le choix! »
Je vous assure que ça fait très plaisir à entendre et qu’on ne sait pas comment réagir face à ce genre de propos.
Après une telle réaction, j’avoue qu’on réfléchit à plusieurs fois avant de demander conseil à son maitre de stage. Et pourtant, étant consciencieuse, je lui téléphonais quand j’étais bloquée et que j’estimais que son expérience pourrait m’aider à avancer dans la bonne direction, ou j’allais à sa rencontre dans la salle des professeurs. Un jour, je vais la voir, lui demande conseil elle me disait que ma leçon était très bien comme elle était et que je n’avais pas besoin de la changer!
MAIS, quelques jours plus tard (car je donne mes préparations une semaine à l’avance), un de mes superviseurs arrivent en classe. Comme je le savais, il manquait quelque chose à ma leçon, et on m’en a fait la remarque! La, mon maitre de stage a eu l’énorme culot de dire que je n’avais jamais suivi ses nombreux conseils. Tout ça parce qu’elle estimait que ma leçon avait l’air correcte et que mon professeur n’était pas d’accord.
J’étais en 2e, et face à mes propres leçons, avec aucune expérience, je devais me débrouiller.
Comme j’ai eu de bons feed-backs de mes superviseurs, j’ai pu retravailler mes leçons, et arrivée à l’école, j’ai rendu les leçons que j’avais préparées ainsi que mes rectifications.
Ces rectifications ont fait remonter la mauvaise note du stage et j’ai finalement eu 12/20 (dans notre école, la note du maitre de stage entre dans la note globale) et éviter l’échec que j’aurais eu si j’avais uniquement écouté ma maitre de stage!
Par contre cette année, je suis « tombée » sur 3 maitres de stage très différentes et très compétentes (3 pour un stage). Elles m’ont beaucoup aidé à évoluer, j’ai plus appris en 1 semaine avec ces trois maitres de stage qu’en 2 semaines avec l’autre maitre de stage de l’année précédente.
De plus, un maitre de stage qui vous accueille réellement à bras ouverts et qui vous dit qu’il ne faut pas hésiter à téléphoner en cas de problème nous motive à rendre des leçons parfaites (sur papier) et à donner tout ce qu’on peut en classe!
N’oublions pas qu’il y a aussi les maitres de stages qui donnent les préparations complexes – car pas de référentiels et pas de manuels sur un sujets- pour reprendre en copier/coller- la leçon de la stagiaire l’année suivante! (Oui! ça arrive!)
Il y a aussi les maitres de stages qui détestent une matière et qui profitent des stagiaires pour leur donner cette horrible matière et ensuite leur reprocher que leur leçon n’est pas très attractive! n’oubliez pas que toutes les leçons ne peuvent pas être ludiques et attractives!
Mais heureusement, il y a les bons maitres de stages (qui sont généralement les meilleurs professeurs d’ailleurs!) et je remercie tous ceux-là qui ont pris la défense des stagiaires. Quant aux autres, qui se plaignent, qu’ils continuent, et qu’ils ne prennent pas de stagiaires, cela nous évitera d’avoir de mauvaises expériences!
Je sais que mon message ne fera pas changer les avis, mais je tenais à faire-part de mon expérience de stagiaire.
100% du point de vue de Leeyllou!
Je tenais également à faire part d’une expérience toute récente… Je suis actuellement en dernière année de formation et cherche un établissement pour réaliser mon dernier stage. Désolée si cela choque mais je vais citer une école et surtout pointer le directeur de cette école que je qualifierait d’intolérant voire « raciste »…
Je m’explique:
Je prend contact avec une enseignante de l’Athénée de ****** afin de lui demander si elle accepterait de m’accueillir en tant que stagiaire dans sa classe durant les 5 semaines de mon stage.
Cette enseignante, très aimable, accepte sans problème mais me rappelle tout de même que je dois passer par la direction afin d’avoir son accord.
Je téléphone donc à la direction de manière à présenter ma demande et obtenir son consentement.
Le directeur piquant et plus que désagréable m’agresse pratiquement en me faisant la morale! Il me dit d’abord que je ne peux pas venir dans son école car mon école (Établissement réputé du réseau catholique) n’a pas de contrat avec la sienne! Déjà…Nous autres stagiaires en avons ras-le-bol de ces histoires de contrats qui nous ferment un grand nombre de portes et nous empêchent d’aller en dehors de la région de notre école!!
Ensuite, il continue son discours moralisateur en me disant qu’en choisissant mon école, j’ai fait un choix philosophique auquel je dois à tout prix me tenir et qu’il refuse donc ma présence!
Qu’est-ce que c’est que cette attitude intolérante???!
Premièrement, ce directeur s’attaque à moi sans même me poser la question…Est-ce véritablement un choix philosophique? Non, il s’agit uniquement d’un choix géographique (comme de nombreuses autres personnes!Oui, je me suis renseignée!!Qui choisi encore vraiment son école en fonction de sa philosophie??)
S’il m’avait en effet posé cette question (ce qu’il aurait du faire…) j’aurais pu le lui expliquer!Lui dire également que j’ai fait tout mon parcours scolaire dans l’enseignement officiel, que dans notre formation à la Haute École nous suivons un cours de formation à la neutralité qui est supposé nous donner accès à tous les réseaux d’enseignement, nous apprenons aussi à lire leur programme.
De plus, l’enseignante était d’accord de m’accueillir alors, c’est vraiment dommage de refuser!
Que croyait-il au juste? Que j’allais tenter d’évangéliser ses petits élèves???
Je suis choquée de son attitude d’autant plus lorsqu’on occupe la fonction de directeur d’école.
Je croyais qu’à l’heure actuelle cette vieille guerre des réseaux était dépassée… De toute évidence c’est encore loin d’être le cas!
Pas étonnant que dans de telles conditions les stagiaires éprouvent des difficultés à trouver des lieux de stage!!
Petite précision: c’est le directeur de cette école que je pointe et non l’école elle-même ou les autres membres du personnels qui eux, étaient très aimables et ouverts!
Merci