Le gouvernement de la Communauté française, qui se penchait une nouvelle fois jeudi midi sur l’avant-projet de décret Inscriptions de la ministre Marie-Dominique Simonet, n’est toujours pas parvenu à un accord sur ce dossier sensible. Après une première présentation mardi qui n’a fait qu’effleurer le fond du dossier, Mme Simonet a présenté jeudi plus en profondeur au ministre-président et aux vice-présidents sa version initiale de l’avant-projet.
Outre sur l’adossement, où apparaît un clivage entre le PS et Ecolo d’un côté et le CdH de l’autre, l’Olivier patauge quelque peu sur le double choix laissé aux directeurs d’écoles d’opter pour le système « premier inscrit premier servi » ou sur le tri en fonction de critères.
« Le but est d’aller vers plus de simplicité, voir s’il existe d’autres moyens que le double choix, tout en garantissant la mixité sociale et la rapidité de la procédure », indique une source. Il convient de garantir le « lien central » entre parents et directions et d’affirmer le rôle de la Commission interréseaux des inscriptions (Ciri) pour gérer les choix de préférences. Les discussions sont « sans tabou », sur les critères et leur pondération.
Les partenaires y vont de leur proposition pour éviter un effet « tache d’huile », c’est-à-dire embarrasser des écoles dans lesquelles ne se posait aucun problème. Et de plaider ici pour un « système unique », compréhensible par tous et qui évite tant les files que la loterie. « Faire bouger les lignes pour trouver une solution lisible », résume-t-on.
Le gouvernement se réunira une nouvelle fois mardi prochain en Conseil restreint.
Le MOC et Infor Jeunes opposés au projet
Le Mouvement ouvrier-chrétien et la plate-forme Infor Jeunes se sont à leur tour élevés jeudi contre l’avant-projet de décret de la ministre de l’Enseignement obligatoire Marie-Dominique, tel qu’il a été dévoilé ces derniers jours dans la presse.
Pour Infor Jeunes, le projet constitue un retour en arrière par le pouvoir « discrétionnaire » qu’il restitue aux directions d’écoles sous couvert d’autonomie. La plate-forme dénonce l’absence de régulation qui, assure-t-elle, mènera les écoles réputées à appliquer un « marketing scolaire » et à préserver une homogénéité sociale.
Le MOC n’est pas plus tendre à l’égard du projet de la ministre CDH qui, à ses yeux, rate totalement l’objectif assigné à la réforme des inscriptions : renforcer la mixité scolaire et l’égalité entre élèves.
Outre l’adossement qui cristallise les oppositions, à l’exception de l’enseignement libre, le texte permet de donner une priorité aux élèves « en immersion » dans les écoles où la demande sera supérieure à l’offre, relève le MOC, pour qui c’est une aberration d’accorder un privilège à des enfants déjà inscrits dans une filière « d’excellence ».
Le MOC pointe aussi du doigt l’obligation pour toutes les écoles secondaires d’accueillir au minimum seulement 15 % d’élèves issus d’écoles fondamentales moins favorisées, alors que les décrets précédents prévoyaient d’atteindre progressivement un seuil minimal de 20 %, « ce qui en soi était déjà peu ».1
- Belga – 12.10.09 [↩]