Décret "inscriptions" : départager les élèves grâce à viamichelin?

planNous l’écrivions il y a quelques jours, les partenaires de l’Olivier se sont entendus sur les nouvelles modalités d’inscription en 1ère secondaire. Il ne reste qu’à fixer les critères qui départageront les candidats-élèves au cas où la demande dépasserait le nombre de places disponibles dans les écoles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça cogite sec chez les techniciens chargés de penser et fixer ces fameux critères. Une certitude, deux au moins seront de type « géographique« . On tiendra compte pour chaque élève de la distance entre son domicile et l’école secondaire choisie et/ou de la distance séparant l’école secondaire de l’ancienne école primaire de l’enfant. L’élève le plus proche de l’établissement secondaire l’emportera.

Oui, mais comment calculer cette distance? Le directeur va-t-il devoir compter lui-même le nombre de pas séparant le domicile de son (peut-être) futur élève de son établissement? Que nenni ! Le cabinet Simonet envisage le recours à un site du type ViaMichelin. Il est vrai que ce dernier offre une série d’informations très précieuses : il propose un trajet, calcule la distance, le coût – approximatif – du carburant si l’on se signale comme non-piéton… et tient même compte des sens uniques. Une perle? Encore faudrait-il, pour être vraiment juste, qu’il tienne également compte du sens du vent, de l’état de la chaussée et du nombre de feux rouges que papa ou maman rencontrera sur le parcours en allant conduire choupi à l’école.

Nous vous interdisons de rire !

PS et Ecolo sont néanmoins dubitatifs. Et si on créait un logiciel spécialement adapté à la cause? Le cabinet de Rudy Demotte se dit prêt à lancer un marché public… et tant qu’à faire, on verra qui pourrait également se charger de la conception du logiciel qui devra permettre à la Commission interréseaux des inscriptions (CIRI) de gérer une partie des excédents d’inscription. Quand on se souvient du temps qu’il a fallu aux politiques pour boucler – mais l’est-il vraiment? – le projet « Cyberclasses », d’appel d’offres en appel d’offres, on peut quand même nourrir quelques craintes…

Il n’empêche, quitte à s’en remettre à Michelin, autant y aller à fond. A quand un guide des établissements de la Communauté française, avec ses écoles « étoilées », leurs cantines récompensées d’un « Bib gourmand »… ? Les inspecteurs chargés de tester la literie des chambres d’internat… et les parents, reconnus enfin comme clients, invités à adresser leurs doléances au ministère de la protection des consommateurs… Promis, les profs pourront exiger un pourboire à la fin du service.1

  1. Le Soir – 27.11.09 []

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6 réponses à Décret "inscriptions" : départager les élèves grâce à viamichelin?

  1. Echocynique dit :

    Un article que j’aurais voulu écrire :-)

    Etonnant que l’on ne prenne pas en considération, pour ceux qui le souhaitent, le lieu de travail. Si les parents passent de toute manière devant l’école (ou tout près de l’école), cela constitue une facilité et des économies…

    Comme toujours, quand on veut choisir un critère « objectif » il en devient inéquitable.

    Je le répète: le vrai problème est la qualité des écoles.

    A quand un « décret Qualité » qui résoudrait tous les problèmes en une seule fois?

  2. mel dit :

    Vraiment n’importe quoi et à des lieues des facteurs qui modifieront vraiment las taux de réussite scolaires en Communauté française.

    PS et ECOLO ont raison de railler l’utilisation de via michelin. Mais proposer un appel d’offre c’est etre sur que l’on ne sera pas prêt pour le mois de mars…

    Que l’on arrête ces enfantillages, on se croirait dans une cours de récréation avec des élèves indisciplinés qui déclarent chacun, « c’est celui qu’il dit qui l’est » ou « c’est pas moi c’est lui »…
    De gauche à droite, de bas en haut, sur ces dossiers des inscriptions, c’est vraiment « le diner de cons »… Qui participera au prochain diner?

  3. mel dit :

    Echo-cynique,

    Décidément, j’apprécie vos réactions. Elles touchent au sens profond des choses et les politiques ne font ici que de l’électoralisme à courte portée…

  4. odette dit :

    Bien entendu le lieu de travail semble naturel puisque les profs peuvent en bénéficier.
    Quoi il y a un discrimination entre un prof et un autre travailleur?
    Le Conseil d’Etat ne manquera pas de le relever!
    Mais dans quel monde vit-on?
    Comment les parents vont-ils s’organiser? PAsser au chômage voilà tout!
    Et dire que tout cela avait un seul but améliorer les écoles. Il faudra qu’on m’explique –c’est où dans le décret???? HELP

  5. michou dit :

    Vous trouverez en annexe la page web d’Estelle Cantillon et de la structure de recherche à laquelle elle appartient.

    Vous constaterez à la lecture des éléments de cette page qu’elle est spécialisée en « market design », en optimalisation d’Euronext et autres matières boursières etc…

    Le seul sujet qui est autre que financier est la gestion des inscriptions scolaires.

    Ceci peut à première vue perturber des parents qui, dès le départ, ont compris que l’on n’arriverait aux objectifs assignés que par des projets portés par des équipes (pédagogiques mais aussi de parents) et l’établissement de véritable partenariats entre professionnels qui seraient soumis à une évaluation régulière.

    Les deux dernières expériences de régulation d’inscription ont démontré que le consumérisme scolaire avait augmenté de manière importante dans les 2 zones ont se situaient les problèmes (mais également ailleurs semble-t-il; par récurrence médiatique sans doute ou simple tendance humaine?).

    Ce troisième opus est fondé pour partie sur des éléments de gestion de marché (market design) et de simple mise en concordance de l’offre et de la demande (avec certes un quota « mixité » mais a-t-on déjà changer les choses en profondeur avec des quotas?). Arrivera-t-on à redresser la qualité d’enseignement sensiblement de cette manière?

    L’avantage de partenariats, de véritables projets, c’est qu’il peuvent rencontrer une réelle adhésion. Ici, avec cette solution fondée sur l’analyse de marché, la volonté consiste essentiellement (avec une solution compliquée à expliquer aux parents (de surcroit défavorisés)), à simplement gérer l’offre et la demande sur base des conseils d’économistes habitués à gérer les marchés financiers (or nous avons pu voir ce qu’ils peuvent vraiment gérer et planifier l’an dernier avec la crise financière – les seuls véritables clarifications et explications sont faites après le crash et avant c’est de la chance…contrôlée certes mais cela reste de la chance (je vous engage à lire la « théorie des jeux », c’est assez évocateur.)).

    A-ton vraiment perdu confiance en l’homme, en les directions, en les parents, en les professeurs et leurs capacités de réactions que nous tendons à laisser tout sous contrôle de mathématiciens apprentis sorciers qui n’ont pu prévoir la crise boursière et financière et s’apprêtent à justifier ce que les politiques ont simplement peur d’arrêter: une centralisation des inscriptions (même si partielle) où le côté humain, projet, partenariat, continuité est éradiqué sur l’hotel de la froide technologie.

    Aujourd’hui les inscriptions, demain ce sera les affectations des professeurs, puis la régulation des soins de santé et l’attribution d’un médecin à chaque quartier etc…

    Est-ce donc vraiment de manière réfléchie que certains soutiennent inconditionnement la centralisation à l’américaine? Le premier avant-projet du Cabinet Simonet était certes perfectible et fondé sur la confiance mais croire en quelque chose, n’est-ce pas être confiant en l’homme et des projets construits plutôt que d’être guidé par la seule intelligence artificielle mathématique?

    Réfléchissons à ces éléments. L’éducation a peut-être ses utilisateurs et certains comportements de marché mais ce ne peut être à terme un marché qui ne doit répondre qu’aux mêmes règles que les marchés financiers ou celles d’un supermarché…

    Le traitement de ce dossier est probablement précurseur d’autres dossiers sociaux et à portée citoyenne.
    Pensons-y avant de voir trop tard les sinistres conséquences de telles avancées si peu humanistes et sociales…

    http://www.ecares.org/ecare/personal/cantillon/web/index.html

  6. Echocynique dit :

    Odette
    Le décret qualité se fait bien attendre…

    Je suis d’accord avec vous, il est plus que naturel que le lieu de travail soit pris en considération.

    Par ailleurs pour les enfants (très nombreux) en garde alternée, c’est quel domicile que l’on va choisir?

    Une fois encore à vouloir réguler, on arrive à l’inverse de l’objectif que l’on dit se donner