Faut-il payer les profs pour qu'ils se rendent à l'école?

Que nos lecteurs nous pardonnent ce titre quelque peu provocateur. Il n’est rien d’autre qu’un clin d’œil à notre article « Faut-il payer les élèves qui se rendent à l’école?« . Certes, vous me direz que les enseignants sont déjà rémunérés pour leur travail. Qu’on estime que cette rémunération soit suffisante ou non est un autre débat. Nous allons parler ici de « prime d’assiduité » ou, si vous voulez, de « prime aux profs pas malades« . De quoi s’agit-il? Un nouveau pécule qui nous serait généreusement octroyé en ces temps difficiles? Non. L’idée est de Jean Hindriks, professeur d’économie à l’Université catholique de Louvain (UCL) et expert à l’Institut de réflexion Itinera. Comme beaucoup de personnes, il a noté que l’absentéisme des enseignants était un problème dans les écoles de la Communauté française. Il conteste les chiffres avancés par le ministère qui avance un taux moyen d’absence de 5,72%.

Ce taux d’absentéisme ne tient pas compte des absences d’un jour sans certificat médical, ni des absences pour accident de travail. Cet absentéisme pour « maladie » exclu aussi d’autres motifs d’absence, comme, par exemple, les congés scolaires, la pause carrière, les congés pédagogiques, le congé parental, le congé politique, le détachement dans un cabinet…etc.

Et revoilà le taux d’absentéisme ramené à 7%… et une nouvelle fois comparé avec les 5% du privé.

On constate pratiquement 50% en plus d’arrêts de travail pour raison de santé dans l’enseignement que dans le privé, alors que chez les enseignants, le niveau de qualification est en moyenne plus élevé que dans le privé (qui inclut les ouvriers), ce qui en général, entraîne un risque de maladie nettement inférieur.

Et Jean Hindriks de relever que la pénibilité du travail n’est pas une excuse suffisante.

Comment expliquer un taux d’absentéisme presque deux fois moins élevé chez les enseignants flamands? Prétexter une plus grande pénibilité du métier de prof, c’est aussi faire affront aux ouvriers du privé et au personnel hospitalier qui sont moins souvent absents.

Renforcer les contrôles médicaux pour les enseignants

Quelles solutions peut-on alors proposer pour inciter les enseignants à venir à l’école… et à y rester? Le professeur plaide pour un renforcement des contrôles médicaux et la généralisation du contrôle spontané… et régulier, en particulier dans le cas d’absences répétées d’une ou deux journées. Il pense également important de pouvoir disposer d’une information plus claire et précise sur l’absentéisme. Car il est vrai qu’il n’existe aujourd’hui aucun instrument sérieux qui procure une information précise, détaillée et rapide sur les absences pour maladie dans l’enseignement et plus généralement pour l’ensemble des services publics. Pour que ces derniers restent performants, c’est pourtant essentiel.

Mais récompenser les profs les plus assidus

Mais pas question de manier le bâton d’un main sans proposer une délicieuse – chacun jugera – carotte de l’autre. Aussi, Jean Hindriks propose-t-il la création d’une prime à l’assiduité au travail. A l’instar du secteur privé – où une telle prime existe – elle pourrait se monter à 200 euros par an et prendre la forme de chèques cadeaux ou repas. En France, la possibilité d’offrir un tel bonus aux profs est étudiée très sérieusement. Quand on sait que l’absentéisme dans la fonction publique a coûté près de 11 milliards d’euros à l’État français (selon la règle utilisée dans le privé que 1% d’absentéisme coûte 1% de la masse salariale), on comprend que nos voisins étudient une solution qui pourrait leur rapporter gros… ou éviter de perdre gros, c’est selon.

Chez nous, en revanche, une telle mesure n’est absolument pas à l’agenda. Au ministère, on n’en démord pas : l’absentéisme est en diminution. point final. Par ailleurs, comment justifier de nouvelles dépenses alors que le gouvernement n’en finit plus de faire des trous à cette foutue ceinture qu’il faut sans cesse se serrer davantage? Et les autres secteurs ne comprendraient pas que l’enseignement, dont on dit qu’il a été plutôt épargné par les récentes coupes budgétaires, bénéficie ainsi de telles largesses.

Les syndicats ne sont pas plus chauds… A la CSC, on avance qu’il serait stupide de récompenser d’une même prime les enseignants travaillant dans des écoles privilégiées et ceux survivant dans les écoles à discrimination positive. A la CGSP, on est du même avis… même si l’on concède que la prime pourrait éventuellement avoir une influence sur les congés de très courte durée.

L’idée a au moins le mérite d’exister, et le débat fera certainement couler beaucoup d’encre. Mais la solution est peut-être à aller chercher ailleurs… Si l’enseignant francophone s’absente plus que son voisin du nord et davantage que l’infirmière de ce grand hôpital, est-ce vraiment une question d’argent? Payer les élèves… payer les profs… Le problème est-il vraiment une question d’argent? Se poser la question, c’est un peu y répondre.1

  1. http://www.itinerainstitute.org/upl/1/default/doc/NOTA%2066%20JH.pdf []

Commentaires

  1. Christine dit :

    C’est dangereux de répondre à ce genre d’articles parce que les esprits s’échauffent souvent… mais je me lance tout de même !

    J’adore l’idée.

    Je conçois que tout le monde ne l’apprécie pas… mais depuis 8 ans que je travaille, j’ai été absente pour 1 seul jour de maladie… et parfois, quand je regarde autour de moi (enseignants ET NON-enseignants), je trouve que j’ai du mérite par rapport à certains qui sont facilement absents ou qui, par exemple, prennent chaque mois leur fameux « jour maladie sans certificat » car ils voient cela comme un dû…

  2. Xavier dit :

    Bonne idée en effet.

    Le système d’accumulation des jours pour partir plus tôt à la pension existe-t-il encore?

  3. Oups ! dit :

    Bonne idée, bonne idée… C’est vite dit.

    Pas étonnant que l’on nous prenne pour des paresseux si la même opinion est partagée par certains collègues.

    Que dire aussi des conditions de pénébilité différentes d’une école à l’autre…

    Ah oui, j’oubliais. Lorsque j’avais 8 ans d’ancienneté, je n’étais pas souvent absente non plus. Maintenant que plus de 25 ans ont passé, avec charge de famille (enfants, parents vieillissants, conjoint malade) et des soucis perso de santé je m’absente parfois… Doit-on tirer sur l’ambulance pour autant?

  4. Delphine dit :

    Personnellement, mon avis reste mitigé face à cette idée. Je suis d’accord avec le fait qu’il faudrait renforcer les contrôles médicaux pour les absences d’un jour répétées, tout en prenant effectivement en compte le type d’école dans laquelle travaille l’enseignant absent.
    Par contre l’idée de récompenser les profs qui travaillent (ou plutôt d’essayer d’appâter ceux qui s’absentent beaucoup) par de l’argent, ça me dérange… Des sanctions appliquées aux absences non justifiées seraient plus efficaces (mais ce n’est que mon avis, évidemment ;-) ).

  5. hedwige dit :

    Et qu’est-ce que c’est pour vous une absence non-justifiée?????

    Je pense que nous sommes fort contrôlés. Des abus existent, les moyens existent déjà pour tenter de les limiter.

    Le chef d’établissement est celui qui peut demander un contrôle chez ses profs absents même pour un seul jour. S’il/elle constate qu’un enseignant est régulièrement absent tel jour de la semaine (celui où il a le plus d’heures par ex.)…il peut envoyer un médecin contrôle.

    Perso, je suis ravie d’avoir parfois un jour de maladie pour me remettre d’une gastro ou autre joyeuses maladies (plusieurs jours ne sont pas toujours utiles pour se retaper).

    Perso, je partage l’avis de Oups… A bien des points.

    Une remarque encore… je constate que les collègues les plus régulièrement absents pour un ou plusieurs jours sont les collègues débutants… Là, je vais me faire massacrer!!!

  6. hindriks dit :

    La prime a le mérite de faire enfin la transparence sur les profs qui sont peu absents. Son coût est faible, 200 € par an c’est moins de 0,6% du salaire total. Le coût de l’absentéisme est en moyenne de 6% du salaire (selon le principe que 1% d’absentéisme coûte 1% de la masse salariale). La prime coûte donc 10 fois moins que l’absentéisme! Différencier la prime sur la base de la pénibilité du travail est souhaitable mais très difficile à mette en pratique!

  7. Delphine dit :

    Hedwige : Le terme « injustifié » n’était peut-être pas le mieux choisi. Je voulais faire référence aux jours d’absence répétés.
    Je précise néanmoins que je n’ai jamais parlé de supprimer les jours sans CM mais que j’ai juste souligné que certains en abusaient.

    Peut-être pouvez-vous m’éclairer sur les sanctions appliquées aux enseignants en tort recevant la visite du médecin-contrôle?

    Par rapport aux absences des jeunes profs, ce n’est pas une constatation que j’ai pu faire dans l’établissement dans lequel je travaille. Vous fondez-vous sur des statistiques?

  8. Catherine Tilquin dit :

    Je rejoins Hedwige:
    « Et qu’est-ce que c’est pour vous une absence non-justifiée????? »

    Qui est en mesure de décider ?
    Dans certains cas, pas même un médecin.
    Je souffre d’une maladie qui ne se « voit » pas, comme beaucoup de maladies d’ailleurs, une maladie dont le diagnostic se fait par exclusion d’autres maladies.
    Qui, mieux que moi, peut savoir si la journée qui commence sera « performante » ou un véritable calvaire?
    Il y a des abus, je n’en disconviens pas.
    Cette année, j’ai fait valoir la demande de mes médecins d’avoir congé le mercredi matin pour couper la semaine.
    Mon chef d’établissement, soudainement devenu médecin, préfère étaler mon horaire. Résultat, je n’ai même pas UN demi-jour de congé, je suis TOUJOURS et TOUS les jours sur le pont.
    J’ai fait intervenir tout qui je pouvais mais le chef reste le chef, c’est lui qui décide et même les syndicats ou le Ministre n’ont droit de regard sur la manière dont un chef d’établissement organise les horaires.
    Que pensez-vous que je sois obligée de faire donc?

  9. Catherine Tilquin dit :

    Et dire qu’il suffisait de pas grand chose.

  10. Catherine Tilquin dit :

    A Delphine:

    « Peut-être pouvez-vous m’éclairer sur les sanctions appliquées aux enseignants en tort recevant la visite du médecin-contrôle? »

    Le salaire de ce jour là n’est pas payé.

  11. hedwige dit :

    Bizarre Catherine que le chef d’établissement n’ait pas adapté ton horaire… à l’ARJ que tu connais fort bien, on a adapté en cours d’année un horaire pour une collègue ne pouvant prester 8h sur une seule journée. Elle a remis un certificat médical et cela fait partie des obligations du chef d’établissement de respecter cet avis.

    Pour les jeunes collègues…je n’ai pas de statistiques…je regarde simplement dans mon établissement…. et je constate que les plus fréquemment absents sont les jeunes (j’entends les débutants comme ceux ayant 2-3 d’ancienneté). Après chacun fait comme il veut avec sa conscience.

    Les mesures??? une perte de salaire, d’ancienneté… et ça va vite

  12. Xavier dit :

    @hindriks

    J’aime bien la proposition: elle permet de valoriser les profs qui en font plus.

    Peut-être ensuite une prime aux profs qui atteignent des objectifs intelligemment définis?

  13. Prof PP dit :

    Bonjour à tous.

    Il me semble d’abord que les absences pour cause de maladie sont avant tout du registre médical : un organisme (au nom désastreux) est désigné pour les contrôler et il est composé de médecins. Pas de chefs d’établissements qui convoquent les collègues parce qu’ils viennent de lire leur Larousse médical. Mon médecin traitant, à l’époque de ma seule absence de longue durée (5 jours il y a 10 ans, j’ai de la chance) m’avait stipulé que je devais lui renvoyer le médecin contrôleur s’il se présentait : il assumait son certificat pleinement.

    Donc, pour les absences abusives, qui doit-on convoquer ? Le membre du personnel ou le médecin ? La réponse devrait être une évidence mais passons…

    Sur les conséquences de ces absences, quelques réflexions, puisque cette mesure inepte ne résout rien et tend plutôt à diviser les profs (il doit y en avoir aussi qui lisent le Larousse médical). D’abord, une école avec un fort taux d’absences ponctuelles et une école qui connait des problèmes : le principe, me semble-t-il, serait plutôt de s’attaquer à la racine du mal, pas à ses symptômes. Ensuite, les P.O. devraient assurer les remplacements dans les plus brefs délais : l’absence des profs se constate immédiatement (ouf, nous avons une utilité !). Et là, on pratique l’économie de bazar, parce qu’un remplaçant, ça coûte. Enfin, les mesures d’aménagement horaire seraient du simple bon sens : pratiques et peu coûteuses. Vous avez d’ailleurs toute ma sympathie, Catherine.

    Si nous appliquions tout ceci, les cas de carottage deviendraient patents mais, surtout, les collègues malades ne se demanderaient pas s’ils sont soutenus ou stigmatisés. Pour rappel, un organisme médical précédent avait parlé de trois pour cent d’abus environ pour les congés de maladie dans le corps enseignant. Cette conclusion n’a pas dû plaire : la C.F. a donc changé d’organisme. Dont acte.

  14. hindriks dit :

    @toutes et tous
    1. Ma proposition d’une prime à l’assiduité ne vise qu’une chose: limiter la pratique du congé d’un jour sans CM au strict minimum. Ces congés ne sont pas repris ds les chiffres officiels de l’absentéisme et il semble qu’un petit nombre de profs y recourent systématiquement. Améliorer la qualité de l’offre scolaire passe par là car des absences intempestives et répétées ne peuvent jamais faire l’objet d’un remplacement approprié. En limitant ce problème on évite de voir la réputation de l’ensemble de la profession remise en cause par les pratiques d’une minorité qui abuse.
    2. pour les profs en début de carrière, il faut pas oublier qu’ils ont un salaire de misère (deux fois moins qu’un prof en fin carrière) et des horaires impossibles. A nouveau la prime offre un petit plus à ceux qui en font plus.

  15. Delphine dit :

    Hedwige et Catherine : Merci pour vos réponses au sujet des mesures prises suite aux contrôles.

    Catherine : Je reconnais que le témoignage dont vous nous faites part remet effectivement en question mon premier message.

  16. Catherine Tilquin dit :

    Bonsoir hedwige,

    « Elle a remis un certificat médical et cela fait partie des obligations du chef d’établissement de respecter cet avis ».

    Et bien non, cela dépend de la bonne volonté du chef (j’ai demandé au syndicat ET au Ministère).
    Ils n’ont aucun droit d’ingérence.

    De toute façon, je le fais comme je le sens, hier j’ai fait une crise de douleurs articulaires, je savais à peine marcher, je n’y ai pas été.
    C’est un ancien coach de volley et prof de gym. Il maintient qu’il vaut mieux étaler et c’est comme ça na !
    Le problème étant que ma maladie (syndrome de fatigue chronique variante douloureuse) est considérée par beaucoup (lui il pense que c’est une fatigue classique)comme de la paresse chronique point barre.

  17. hindriks dit :

    des systèmes équivalents à une prime d’assiduité existent déjà dans beaucoup de services publics, mais pas dans l’enseignement (le chèque repas, qui représente de l’ordre de 1000 euros par an), il serait intéressant de comparer l’absentéisme là où il y a les chèques et là ou il n’y en a pas, pour voir si une différence significative est décelable,

  18. hedwige dit :

    Un prof débutant un salaire de misère???? J’ai une collègue de 22ans qui touche (1ère année d’ens.) 1300euros. Avec 17ans d’ancienneté, je ne gagne que 400euros de plus!!!!

    Il ne faut quand même pas exagérer!

  19. Catherine Tilquin dit :

    A Xavier:
    « Le système d’accumulation des jours pour partir plus tôt à la pension existe-t-il encore »?

    Oui et non, avant ce système permettait à quelqu’un d’accumuler jusqu’à 3 ans de congés pré-retraite, ce dont les profs ne se plaignaient absolument pas par ailleurs.
    Depuis le passage de Laurette Onckelinckx (notre chère Ministre qui nous a traités de carotteurs, enfin pas en ces termes mais l’idée y était) le nombre de jours accumulables ne peut dépasser une année scolaire soit 182 ou 183 jours selon les années.
    Voilà pour l’info.

  20. hindriks dit :

    et voici pour ceux que cela intéresse le texte complet de ma proposition
    http://www.itinerainstitute.org/upl/1/default/doc/NOTA%2066%20JH.pdf

  21. ANNIE dit :

    Si le métier était mieux valorisé financièrement et socialement, si les professeurs étaient mieux considérés, si les conditions de travail ( dans certaines écoles surtout) étaient plus faciles , probablement que les professeurs seraient mieux dans leur peau, qu’ils y auraient moins de professeurs fatigués et découragés et qu’il y aurait moins d’absents….

    Faut pas rêver : les professeurs ne sont pas des bénévoles et la réalité sur le terrain est parfois bien différente de ce que l’on imagine .

    Bien sur il y a toujours la satisfaction de transmettre une matière et de travailler avec des jeunes…mais est ce assez pour garder le moral pendant 30 ou 40 ans ???

    Je connais un travailleur du privé très motivé: chaque heure de travail lui rapporte trois fois plus ( souvent en noir et oui) que le salaire d’un prof et ses efforts sont récompensés par le résultat qu’il obtient.
    Quel investissement de la part des profs alors que beaucoup de jeunes ne souhaitent plus s’investir eux même dans leurs études… que de déceptions quotidiennes… pas facile d’être motivé tous les jours malgré tout … …
    A méditer….

  22. ANNIE dit :

    eux mêmes Merci

  23. oups dit :

    J’invite M.Jean Hindriks a exercer un horaire complet (22 heures !) dans des classes de l’enseignement professionnel de certaines régions réputées pour la pénibilité et ceci pendant quelques années et on verra ce qu’il pense de l’absentéisme.

    Dans certaines classes, si on est pas au supertop de sa forme, on se fait manger tout cru. Aussi, il faut comprendre qu’il est parfois nécessaire de recharger ses batteries…

  24. hedwige dit :

    oups….je suis tout à fait d’accord avec vous. Et pas toujours qu’en professionnelle. Cela peut aussi varier, comme le dit Catherine, de l’horaire dont on bénéficie ou subit.

    Dans certaines écoles, les profs de math ont fini les cours à 12h30, maximum à la fin de la 6ème heure. Que dire des profs qui ont un horaire exécrable et qui sont à l’école de 8 à 16h tous les jours sans une seule après midi de « libre »???? Vous n’auriez pas besoin, parfois, de souffler????

  25. hedwige dit :

    Puis…une prime d’assiduité…. d’accord mais est-ce pour autant que l’efficacité sera au rendez-vous???

    Moi aussi je veux bien aller à l’école malade, épuisée, faire du gardiennage et mettre un DVD pour faire semblant dê bosser.

  26. hindriks dit :

    @ Oups : je susi d’accord que si l’absentéisme est plus important chez les jeunes profs c’est pas seulement une question de salaire mais aussi d’horaire moins favorable que les profs seniors. A vrai dire je ne trouve pas légitime cette hierarchie scolaire basée sur l’ancienneté.
    @Hedwige et Oups: vos interprétations de l’absentéisme n’expliquent pas pq celui-ci est bcp plus faible en Flandre où l’enseignement professionnel existe aussi!

  27. hindriks dit :

    @ Oups: je trouve surprenant votre argument que l’absentéisme est nécessaire pour recharger ses batteries alors que les élèves se retrouvent sans profs pendant ce temps.!

  28. hindriks dit :

    Si la prime à l’assiduité agite la carotte, elle ne doit pas nous dispenser des questionnements impératifs qui bouillonnent sous la surface …

  29. Catherine Tilquin dit :

    Dommage hindriks,
    « et voici pour ceux que cela intéresse le texte complet de ma proposition »

    Votre proposition n’apparaît pas.

    « @ Oups: je trouve surprenant votre argument que l’absentéisme est nécessaire pour recharger ses batteries alors que les élèves se retrouvent sans profs pendant ce temps.! »

    A quand, lorsque le Ministère comptabilise « trop » d’absences d’un jour dans un établissement, un petit contrôle de l’établissement. Comme dit plus haut, une école qui présente ce genre de situations est une école où il y a des problèmes.
    Si je commençais à énumérer les problèmes dans mon école j’en aurais pour des dizaines de pages.

    « Si la prime à l’assiduité agite la carotte, elle ne doit pas nous dispenser des questionnements impératifs qui bouillonnent sous la surface … »

    Une anecdote:
    A la délibé de septembre, le chef m’a dit que les élèves qui rataient étaient des élèves à qui nous ne donnions pas de motivation. L’argument peut être inversé. Si le chef ne motive pas ses troupes, comment peut-il avoir des profs motivés. Je suis motivée, j’aime mon métier, mais si je me fais « casser » quand je n’en peux plus ou que je sais à peine marcher, que croyez-vous qu’il me reste?

    Une autre anecdote:
    Lors d’un conseil de classe, je me suis vue dire par le chef que, si au bout de 3 minutes un élève perturbe la classe au point que je ne puisse plus donner cours et que je désire écarter cet élève pour préserver les 20 autres, c’est MON échec, donc pas d’écartement.
    De nombreuses conversations avec le chef, auquel je demande une solution concrète, se sont soldées par la même réponse. Constructif n’est-ce pas?
    Bref, cet élève se voit menacer de renvoi par un conseil de classe le 18 décembre. Le chef annonce lui-même que nous sommes au bout de toutes les sanctions prévues avant renvoi. Je ne suis fort heureusement pas la seule à me plaindre. Pourtant, la psy du centre PMS me donne ENFIN une solution concrète que je demande depuis des mois. N’était-ce pas au chef de me proposer cette solution? Je ne vote donc pas le renvoi puisqu’on m’offre enfin une solution. Etonnement du chef, « comment? même vous vous ne votez pas le renvoi »?
    « Non, Monsieur, la solution donnée par le PMS me semble valoir la peine d’essayer ».

    Eh quoi? est-il si peu qualifié qu’il n’y ait pas pensé? Cela ne laisse présager rien de bon pour le reste.

    Dernière anecdote:
    Je ne compte plus le nombre de profs nommés, chevronnés, qui sortent de son bureau en pleurant à chaudes larmes parce qu’ils ont été chercher, qui du soutien, qui des conseils, qui une décision et qui se voient humiliés par le discours du préfet.
    Ne serait-il pas temps qu’il y ait un « audit » (mot à la mode).

    Je suis devenue membre du CoCoBa pour essayer de comprendre. J’ai compris et maintenant je me bats pour faire évoluer les choses et… j’en prends plein la g*** alors que tout le monde est d’accord avec moi sauf… lui.

    Ce n’est pas une école à problèmes ça?

    Comment voulez-vous qu’à certains moments nous ne nous révoltions pas?, qu’à certains moments nous soyons tellement dépassés par les événements que nous n’en pouvions plus?

    C’est, en partie, cela aussi qui démotive certains profs dans certaines écoles.

    Je laisse tout ceci à votre réflexion, je vais ………. travailler malgré ….

  30. Catherine Tilquin dit :

    Dommage hindriks,
    « et voici pour ceux que cela intéresse le texte complet de ma proposition »

    Votre proposition n’apparaît pas.

    « @ Oups: je trouve surprenant votre argument que l’absentéisme est nécessaire pour recharger ses batteries alors que les élèves se retrouvent sans profs pendant ce temps.! »

    A quand, lorsque le Ministère comptabilise « trop » d’absences d’un jour dans un établissement, un petit contrôle de l’établissement. Comme dit plus haut, une école qui présente ce genre de situations est une école où il y a des problèmes.
    Si je commençais à énumérer les problèmes dans mon école j’en aurais pour des dizaines de pages.

    « Si la prime à l’assiduité agite la carotte, elle ne doit pas nous dispenser des questionnements impératifs qui bouillonnent sous la surface … »

    Une anecdote:
    A la délibé de septembre, le chef m’a dit que les élèves qui rataient étaient des élèves à qui nous ne donnions pas de motivation. L’argument peut être inversé. Si le chef ne motive pas ses troupes, comment peut-il avoir des profs motivés. Je suis motivée, j’aime mon métier, mais si je me fais « casser » quand je n’en peux plus ou que je sais à peine marcher, que croyez-vous qu’il me reste?

    Une autre anecdote:
    Lors d’un conseil de classe, je me suis vue dire par le chef que, si au bout de 3 minutes un élève perturbe la classe au point que je ne puisse plus donner cours et que je désire écarter cet élève pour préserver les 20 autres, c’est MON échec, donc pas d’écartement.
    De nombreuses conversations avec le chef, auquel je demande une solution concrète, se sont soldées par la même réponse. Constructif n’est-ce pas?
    Bref, cet élève se voit menacer de renvoi par un conseil de classe le 18 décembre. Le chef annonce lui-même que nous sommes au bout de toutes les sanctions prévues avant renvoi. Je ne suis fort heureusement pas la seule à me plaindre. Pourtant, la psy du centre PMS me donne ENFIN une solution concrète que je demande depuis des mois. N’était-ce pas au chef de me proposer cette solution? Je ne vote donc pas le renvoi puisqu’on m’offre enfin une solution. Etonnement du chef, « comment? même vous vous ne votez pas le renvoi »?
    « Non, Monsieur, la solution donnée par le PMS me semble valoir la peine d’essayer ».

    Eh quoi? est-il si peu qualifié qu’il n’y ait pas pensé? Cela ne laisse présager rien de bon pour le reste.

    Dernière anecdote:
    Je ne compte plus le nombre de profs nommés, chevronnés, qui sortent de son bureau en pleurant à chaudes larmes parce qu’ils ont été chercher, qui du soutien, qui des conseils, qui une décision et qui se voient humiliés par le discours du préfet.
    Ne serait-il pas temps qu’il y ait un « audit » (mot à la mode).

    Je suis devenue membre du CoCoBa pour essayer de comprendre. J’ai compris et maintenant je me bats pour faire évoluer les choses et… j’en prends plein la g*** alors que tout le monde est d’accord avec moi sauf… lui.

    Ce n’est pas une école à problèmes ça?

    Comment voulez-vous qu’à certains moments nous ne nous révoltions pas?, qu’à certains moments nous soyons tellement dépassés par les événements que nous n’en puissions plus?

    C’est, en partie, cela aussi qui démotive certains profs dans certaines écoles.

    Je laisse tout ceci à votre réflexion, je vais ………. travailler malgré ….

  31. Catherine Tilquin dit :

    OOps, posté 2 fois. Sorry.

    Jonathan, peux-tu supprimer le 1er message? Merci d’avance.

  32. oups dit :

    « Si la prime à l’assiduité agite la carotte, elle ne doit pas nous dispenser des questionnements impératifs qui bouillonnent sous la surface … »

    Très belle phrase qui fait avancer le débat !!!

  33. oups dit :

    Si les élèves se retrouvent sans prof, c’est que le système ne prévoit rien pour les absences de moins de 2 semaines. Cela n’est pas imputable aux profs absents !

  34. oups dit :

    « je trouve surprenant votre argument que l’absentéisme est nécessaire pour recharger ses batteries  »

    Et comment faire autrement lorsqu’on est à bout physiquement ou moralement… ?

    Faut-il poursuivre jusqu’au malaise? Ou risquer de travailler dans des conditions psychologiques qui pourraient conduire à l’inévitable (réactions violentes y compris)…

  35. Catherine Tilquin dit :

    @ hindriks, je vois votre texte maintenant.
    Malheureusement je suis trop fatiguée pour le lire.

  36. Catherine Tilquin dit :

    @hindriks.
    Bonjour,
    Je vous ai vu hier à la télévision et ai pu constater que vous êtes économiste.
    Sans vouloir vous vexer, sauf si vous avez été, au cours de votre carrière, enseignant en primaire et en secondaire, je ne peux pas suivre votre raisonnement.
    J’ai imprimé votre texte, l’ai lu attentivement et désire faire quelques commentaires.
    Mes remarques suivent globalement l’ordre de votre texte.

    En préambule, je voudrais signaler que les enseignants ne sont, statutairement, pas des fonctionnaires, ce sont des … enseignants. Nous occupons une place à part dans la fonction publique. Cela aura de l’importance pour ce qui suit.

    J’en reviens à votre document.

    « … alors que chez les enseignants, le niveau de qualification est en moyenne plus élevé que dans le privé… »
    Merci, mais est-ce à dire que chez les plus qualifiés l’absentéisme serait plus faible que chez les moins qualifiés? Je n’en suis pas si sûre, mais bon, je n’ai pas suffisamment de recul pour le dire.

    Vous invoquez « …La CGSP enseignement invoque la plus grande pénibilité de la fonction… » et vous nous comparez ensuite aux enseignants flamands. Sachez, tout d’abord, qu’il est de notoriété publique que les réformes dans l’enseignement flamand ont été beaucoup moins nombreuses que dans l’enseignement de la CF. Changer de méthode à chaque Ministre ou presque n’est pas un facteur de stabilité.
    Des réformes incessantes, une paperasserie de plus en plus envahissante (aaaaaaahhh les fameuses compétences!)et qui laisse de moins en moins de temps aux enseignants pour faire leur métier, c’est à dire préparer des leçons, rechercher des documents, affiner leur méthodologie et j’en passe… n’est pas la bonne manière pour améliorer le rendement.
    Professeur de Sciences/Biologie/Chimie au degré inférieur du secondaire, je ne PEUX plus utiliser certains mots de vocabulaire parce qu’ils ne font pas partie des fameuses (fumeuses?) listes de mots-clés.
    En caricaturant très fort, un chat n’est plus un félin mais une bébête qui marche à 4 pattes (quand il n’en a pas perdu une parce qu’une voiture lui a roulé dessus) et qui fait miaou (quand ses cordes vocales sont saines)et qui boit du lait (quand il n’y est pas allergique).
    Un autre exemple, une cellule ne contient plus des mitochondries, des lysosomes ou un nucléole mais des organites respiratoires, digestifs et un noyau. Hihihi, les profs du secondaire supérieur et d’université sont R A V I S, particulièrement dans les filières biochimique et médicale.
    Voilà (peut-être?) une raison qui dévalue l’enseignement dispensé en CF.
    Rien d’encourageant, ou de motivant, là-dedans.
    Sans exagérer, je suis le poil à gratter des inspecteurs, ah non on dit conseillers pédagogiques maintenant, déconnectés de la réalité car je refuse de me plier à ce diktat.
    Pas étonnant que certaines universités ont dû créer une année préparatoire à l’enseignement supérieur pour recadrer tout cela.
    En créant la situation où, avant de connaître ces nouvelles consignes, les universitaires ont crié bien fort « …mais qu’est-ce qu’ils foutent dans le secondaire?, les élèves ne connaissent plus le vocabulaire de base pour suivre des études supérieures… ».
    Ils ont compris et ce discours n’a plus que rarement cours.
    Pour les éventuels conseillers pédagogiques qui me liraient, je vous rassure, les « vrais » mots ne font pas l’objet d’une certification, je les cite, je les fait écrire au crayon dans le cours et j’avertis les élèves peuvent utiliser l’un ou l’autre.
    Au moins les élèves les auront entendus une fois dans leur scolarité pré-supérieure.

    Je continue dans votre texte.
    … »Prétexter une plus grande pénibilité du métier de prof, c’est aussi faire affront aux ouvriers du privé et au personnel hospitalier… ».
    C’est un discours syndicaliste bien connu (je suis syndiquée mais je ne fais pas de comparaison car comparaison, comme tout le monde le sait, n’est pas raison).
    A chacun sa pénibilité et son avis sur la chose.
    Cessons de comparer des métiers qui n’ont pas le même rôle dans la société.

    … »Ce taux (d’absentéisme) est clairement trop élevé… »
    Nous voilà repartis dans la grande polémique, lancée de préférence par les non-enseignants suite aux malheureuses mesures prises par la Ministre Onckelinckx qui, sans le dire clairement, nous a fait paraître comme des carotteurs. Je ne continue donc pas sur le sujet.

    « … Cet absentéisme manifeste un profond malaise dans l’enseignement et un déficit de motivation… ».
    « Profond malaise » OH QUE OUI!!
    Comment réagiriez-vous si, quand vous avez créé de toutes pièces un travail intelligent, mesurable en classe lors d’interros ou d’examens et… qui porte ses fruits, on vous dit « … non, non, non, vous avez tout faux, les pédagogues hautement spécialisés d’une université bien connue dans ce domaine, ont décrété que tout ce que vous faites est mauvais, donc on change tout ».
    Et vlan ! Que voilà une merveilleuse manière de motiver les enseignants.

    « … une partie croissante des jours d’absence ne fait actuellement pas l’objet d’un remplacement… sachant que dans la situation actuelle de pénurie, les intérimaires ne se bousculent pas aux portillons et ont tendance à délaisser les courts intérims… ».
    Là, je vais probablement me faire massacrer par les plus jeunes dans la profession, mais au moins j’ai le courage de mes opinions.
    J’ai 23 ans d’ancienneté (je fais partie des dinosaures comme nous nous appelons gentiment sur ce site) dans la profession.
    Je suis sortie de l’Ecole Normale (ah zut, cela s’appelle des Hautes Ecoles maintenant) en plein Val Duchesse (1981), j’ai travaillé quelques temps dans le privé, dans le courtage en assurance (tiens! je peux peut-être comparer valablement alors lol).

    N’ayant pas la bonne couleur politique, en ce temps là, mon dossier de candidature était mis sur le côté systématiquement.
    Puis, miracle, je décroche mon premier poste dans l’enseignement.
    En ce temps-là, Monsieur, le prof qui refusait un intérim court, lointain, à temps partiel était sanctionné primo au point de vue des allocations de chômage, secundo, son dossier passait à la trappe et nous étions considérés comme démissionnaires donc adieu l’enseignement.
    Nous sommes sur un site d’enseignants et que voit-on (de plus en plus rarement j’en conviens)?
    On désire un poste dans :
    - une « bonne » école,
    - pas trop loin,
    - pour l’année,
    - avec un bel horaire, plein de demi-jours de congé,
    - surtout pas en professionnelles
    - etc, etc, etc…
    « … Qui pourrait leur en faire le reproche?… »
    Nous, les dinosaures qui avons commencé par ce genre d’intérims. Il n’est pas rare que les dinosaures aient « fait » 15 à 20 écoles dans leur carrière avant d’être, enfin nommés après, pour moi, 15 ans de carrière à trous.
    Laissons cela. C’est un sujet qui fâche.

    « … renforcement des contrôles médicaux… »
    Certes, mais on en a bien assez déjà.
    Une analyse des raisons serait plus valable.
    Ah oui, une anecdote, je ne reviendrai pas sur mes problèmes de santé mais, après 4 mois d’absence à temps complet et 3 mois de reprise à mi-temps, dûment vérifiées et accordées, je suis convoquée au SSA (Service de Santé Administratif)et que vois-je?
    Deux médecins, (65-70 ans), un qui fume en me recevant, l’autre qui, pendant tout l’entretien restera muet comme une carpe.
    Je passe une consultation complète pour une pathologie qui n’a pas de signes apparents, ni par anamnèse, ni par prise de sang, ni par…
    Ce que je demande, pouvoir continuer, pour les 3 mois d’école restants, à prester à mi-temps pour parachever, grâce aux grandes vacances, mon rétablissement (très aléatoire dans la mesure où ma pathologie est chronique et me poursuivra jusqu’à la fin de ma vie).
    Poursuite du mi-temps ACCORDEE.
    Youpieee.
    Que nenni !
    Les 2 médecins, ne connaissent rien des règles en vigueur dans l’enseignement.
    Statutairement, je n’ai droit qu’à 3 mois de mi-temps médical, mais ça ils ne le savent pas.
    Le problème est aussi, qu’ils n’y connaissent RIEN à ma pathologie, puisqu’ils se trompent même dans sa dénomination dans le rapport que j’ai reçu. Mais ! ils ne la considèrent pas comme une pathologie lourde puisqu’elle n’engage pas le processus vital. Je serai souffrante à vie mais… pas graaaaf.
    J’aurais pu contester au Tribunal du travail mais je n’en n’avais pas la force.
    Résultat, j’ai dû recommencer à plein temps sous peine de voir mes appointements amputés de 20% puis de 30 et 40% ou d’être pensionnée d’office (une collègue a été pensionnée d’office à 37 ans, je vous laisse deviner le montant de sa « pension »).
    Quand on vit seule, avec la charge d’un parent âgé, ce n’est pas possible.
    Dois-je vous dire, comment j’ai terminé l’année? Je ne le pense pas.
    Vous pensez que cela n’a rien à voir avec le sujet. Et bien si.
    Quand je demande à mon chef d’établissement, un aménagement de mon horaire pour me permettre de souffler sur demande de mes médecins, il devient subitement médecin (par la grâce de Dieu sans doute), il me tient le discours dont j’ai déjà parlé dans une intervention précédente et que je ne répéterai donc pas.

    Courage, Monsieur Hindriks, j’ai presque fini.

    Comparer, comme vous le faites, des fonctionnaires et des enseignants n’a aucun sens.
    C’est revenir à comparer une personne en chaise roulante (et pourtant, je connais un prof en chaise roulante en activité et je suis admirative, je ne suis pas sûre que je pourrais en faire autant) et un coureur de marathon.
    Je ne fais pas partie de ces gens qui disent que les fonctionnaires sont des tire au flanc.
    Ce que je veux dire, c’est qu’à mon sens, il n’y a pas de comparaison possible entre quelqu’un qui travaille dans un bureau et quelqu’un qui preste devant 24 adolescents ou 30 enfants dans le maternel et le primaire (eh oui, il y en a plus qu’on le croit, alors qu’on ne vienne pas me parler de pénurie, alors qu’il y a sur ce site des institutrices au chômage !).

    Votre dernière phrase me fait bien plus plaisir que tout le reste de votre texte.
    Voyons quelles sont les causes REELLES de l’absentéisme.
    Avoir un incitatif financier, que du bonheur !!
    Mais, s’il vous plaît, baladez-vous sur les forums de notre site, lisez avec un esprit ouvert, et vous verrez que ce que demandent les profs n’est bien souvent pas un incitant financier mais de meilleures conditions de travail, du respect pour ce qu’ils font, de l’aide des directions, du Ministère tant sur le point de la reconnaissance d’un travail qui, la plupart du temps, est bien fait, que sur le plan des infrastructures, du matériel, du personnel d’encadrement etc, etc…

    Allez, une dernière anecdote pour la route.
    Hier, j’ai fait beaucoup d’expériences de Sciences, avec mes élèves de 2ème, résultat, je n’avais plus de matériel propre pour mon laboratoire en 3ème.
    Quel rapport? Comme je n’ai pas de préparateur et que le labo avait lieu 1 heure plus tard, j’ai fait la vaisselle, à l’eau froide(l’eau chaude est dans un cagibi dans un autre local), en classe pendant que je donnais cours à d’autres élèves.

    Kafka? vous avez dit Kafka?

    Voilà, ce fut long, très long.
    Je vous remercie de votre patience à tous, mais je crois que cela valait la peine d’être écrit.

  37. Catherine Tilquin dit :

    Un ajout, très court, rassurez-vous, lol.
    Le jour où les enseignants seront à nouveau considérés comme des gens qui savent, pour la plupart, ce qu’ils font et le font bien, tous ces commentaires désobligeants, vexatoires, toutes ces suspicions de carottage, toutes ces propositions d’incitants financiers disparaîtront d’eux-mêmes.
    Sans être agressive Monsieur Hindriks, si vous en êtes là où vous êtes dans votre carrière, c’est grâce à qui?

  38. Moune dit :

    Merci Catherine pour ce témoignage courageux .
    Prends soin de toi .

  39. Xavier dit :

    @Catherine,

    Même si je ne suis pas toujours d’accord avec votre vision des choses, il y a un point sur lequel je vous suis à 100ù: l’enseignement en CF est dans une situation désastreuse et rien n’est fait pour modifier les choses. Pourquoi?

    Par exemple, les syndicats ont réagi fortement contre deux « mesures qui n’en étaient pas encore », à savoir les plages horaires maximum et le prépensions.

    Leur argument: la pénibilité du travail!

    Mais pourquoi guérir le symptôme et pas la cause?

    Cette « pénibilité » est réelle dans certains établissements. Vous soulevez plusieurs raisons: le manque de formation des chefs d’établissement, les réformes contre productives, etc.

    Si les syndicats se battaient pour cela, je serais certainement syndiqué? Mais nous n’entendons plus les syndicats. Ils ont « obtenu » la prépension à 55 ans, la possibilité de prester moins que l’horaire prévu et le paiement du salaire de décembre en décembre…

    Mais pour le reste, nous restons avec nos problèmes. Des directions (certaines heureusement pas toutes) mal formées, des inspecteurs (certaines heureusement pas tous) qui démotivent au lieu de motiver, des mesures idéologiques mal ficelées (1er degré, mixité, PIA, etc.), enfin tout ce qu’il y a moyen de faire pour rendre le métier d’enseignant peu agréable et peu productif.

    Alors que les moyens existent. Mais sur le long terme. Mieux former les enseignants, mieux former les directions, offrir un vrai support aux enseignants, faire partager les réussites, …

    Je me demande souvent qui les syndicats représentent. Bien sûr « qui se ressemble s’assemble », mais je vois autour de moi quantité de profs qui se dépensent sans compter (qui eux travaillent 40 ou 50 heures par semaine), qui trouvent des solutions pour aider leurs élèves… et qui ne se sentent pas représentés par leur syndicat…

  40. Prof PP dit :

    Simplement pour vous complimenter, Catherine.

    Merci de nous livrer cette vision d’ensemble bien plus authentique que des propos « d’experts »

  41. baujoe dit :

    Bien d’accord avec Catherine.

    M.Hindriks, je vous invite à passer au minimum 15 jours – de remplacement – dans nos classes et après nous reparlerons de l’absentéisme des profs !

  42. Catherine Tilquin dit :

    Prenez aussi un peu de temps pour venir « vivre une salle des profs, une école ».

    Les élèves ne sont plus les petits anges d’antan, qui écoutaient le Maître dans le silence et le respect.

    C’est TOUTE l’ambiance d’une école qu’il faut pouvoir « écouter »
    Vous remarquerez que dans ma longue intervention, je n’ai que très peu parlé des élèves, mais bien plus des « autorités » et du monde extérieur à l’école, experts et non experts compris.
    Les élèves sont le résultat de leur (manque?) d’éducation parentale ET sociétale, ils n’y peuvent rien.

    Les adultes par contre, en principe, devraient avoir une plus grande capacité de raisonnement. Remarquez aussi que je ne stigmatise pas les parents, je parle d’adultes.

    Une dernière chose, je vous respecte et je respecte votre statut d’économiste, mais un économiste n’est peut-être pas la meilleure personne pour « juger » des problèmes de l’enseignement et de ses éventuelles conséquences sur l’absentéisme (réel ou fantasmé).

    Je ne me mêle pas des problèmes des ouvriers, infirmières, facteurs etc…
    Quand je ne connais pas, … je me tais et j’écoute sans porter de jugement, je leur donne toute ma sympathie car, s’ils ont quelque chose à dire, c’est que quelque chose coince quelque part.

    Même si des revalorisations financières ne nous laisseraient pas de marbre (mais nous ne sommes pas les seuls je pense), ce n’est pas une finalité pour nous, ce n’est qu’un tout petit aspect du problème. Mais un aspect tellement important lorsqu’il s’agit des conditions de travail et du financement de l’Enseigement en tant qu’institution.

    C’est comme pour les rillettes, Monsieur Hindriks, « nous n’avons pas les mêmes valeurs ».
    Vous parlez « coût », nous parlons « qualité ».

    Encore une chose, et ce sera la dernière de ce message, promis.

    Trouvez-vous normal que pour bien faire mon travail, je doive payer de MA poche une grosse partie du matériel dont j’ai besoin, et je suis très loin d’être la seule.

  43. Mizou dit :

    Rien à ajouter.
    Merci Catherine !

  44. Catherine Tilquin dit :

    Merci pour vos messages.
    Si vous saviez ce que j’aimerais ne plus avoir à expliquer tout cela.
    Cela voudrait dire que tout va tellement mieux.

  45. Jacquelijne dit :

    Merci, Catherine, pour tes messages !
    Beaucoup de « vérités » ….. à méditer …: avis aux décideurs politiques, aux « réformateurs », aux « critiqueurs » de profs……. !!!

  46. hindriks dit :

    @Catherine
    je ne critique pas les profs, je suis prof moi-même.
    je n’aime pas les pédagogues,car je pense savoir comment bien faire mon métier.
    je déteste l’incompétence et l’autorité de certains directeurs.
    Je connais vos élèves, puisque j’ai trois enfants à l’école.
    Je respecte la profession, car je la trouve indispensable.
    Je travaille sur l’école pour cette raison.
    Je suis occupé à finaliser un long texte « l’Ecole de la chance » (30 p) qui j’espère vous fera comprendre que notre problème n’est pas le coût trop élevé, mais la qualité trop faible de nos écoles (en particulier par rapport à la Flandre).

  47. Catherine Tilquin dit :

    @ Xavier.

    Merci pour votre réponse.
    Où je ne puis être d’accord avec vous c’est sur le rôle des syndicats (quels qu’ils soient d’ailleurs)
    A mon sens, pourquoi a-t-on créé des syndicats?
    Je ne suis pas prof d’histoire, je vous donne simplement mon sentiment.

    Simples « groupes » de travailleurs d’un même secteur regroupés en corporations, guildes et autres, les réunions se passaient souvent en discussions spécifiques au métier. Un peu comme ici en très grandes lignes.
    Petit à petit, ces « groupes » se sont transformés en groupes revendicatifs contre les iniquités réelles ou supposées des patrons, en demandeurs de meilleures conditions de travail, en défenseurs d’ouvriers ou autres qui se sentaient lésés pour une raison ou l’autre.
    J’abrège.
    Pour moi le rôle du syndicat doit rester celui là, discuter du contenant et des conditions de travail oui, des contenus, non.

    Il n’en reste pas moins que les syndicats devraient garder un œil sur ce qui se passe, c’est sûr. Ecouter les demandes de sa « base » comme on dit c’est à dire NOUS.
    Il est tout à fait évident que si la base manifeste son mécontentement face à une réforme, les syndicats doivent soutenir les revendications si elles sont raisonnables, les présenter en lieu adéquat et représenter leurs travailleurs.

    Oui, ils ont laissé faire beaucoup de choses, augmentation des plages- horaire, suppression des heures de titulariat, les heures de corrections pour certains professeurs etc etc… mais cette fois-ci ils ont réagi, ils nous ont écouté et il était temps.
    N’oublions jamais que s’il n’y a pas de réaction à une « fuite d’informations », les décideurs peuvent très bien se dire « Ils ne réagissent pas, donc allons-y ». Imaginons que nous n’ayons jamais entendu parler de cette ineptie. Aujourd’hui la plage régent est 22/24.
    On passe sans broncher à 24 et après?, sans réaction de notre part ET des syndicats (et là ils sont dans leur rôle)on nous annonce joyeusement ou avec des trémolos dans la voix qu’on passe à 24/26 et le tour est joué.
    C’est aussi cela la vision à long terme.
    Nous connaissons tous les politiques, on leur donne un doigt et ils nous prennent le bras puis le corps entier.

    Ce qui me semblerait beaucoup plus important, c’est que les hauts pédagogues écoutent les profs de terrain, toutes leurs réformes c’est nous qui devons les mettre en pratique, c’est à nous de juger ce qui est faisable ou non, vous ne pensez-pas?

    Lors d’une journée pédagogique, l’inspecteur (à l’époque) avait développé un travail vraiment très bien, intelligent, intéressant, formatif et tout et tout. A la fin de la journée, il nous pose la question qui tue « Pensez-vous pouvoir faire cela avec vos élèves? ». A l’unanimité nous avons répondu NON.
    Un peu désarçonné, il nous a demandé pourquoi. Je lui ai répondu: » dans mon local j’ai 15 bancs à 2 places et j’ai 30 élèves. Votre tâche nécessite de travailler avec 4 documents dont 2 en A3″.
    Encore plus désarçonné il me dit « …et alors…? J’ai répondu très simplement, « pas de place ». Je suis très terre-à-terre moi. lol
    Je lui ai aussi fait remarquer que nous connaissions les pré-requis pour « affronter » cet exercice, les élèves pas. Il a abandonné mais, imaginons un instant qu’il nous ait obligés de travailler ainsi, est-ce le syndicat qui aurait du lui dire cela? Et bien non. C’est nous. Et… nous l’avons fait.

    Ce qu’il manque à notre enseignement c’est une écoute SERIEUSE de nos remarques, de nos constatations, de notre vécu.

    Un chercheur en médecine qui trouve un médicament, bravo, mais si le médicament tue ses patients (ce qui pourrait être une manière efficace d’éradiquer une maladie mortelle) il faut arrêter de le prescrire.
    Quand un chercheur en éducation crée une réforme impraticable sur le terrain, si belle soit-elle sur le papier, elle doit être abandonnée. Mais là, il n’y a que NOUS qui pouvons argumenter, pas un syndicat.

    Pour moi, c’est chacun son boulot.
    A nous le pédagogique, à eux le combat social (avec nous bien sûr mais sans mélanger les genres).

    Ce sur quoi nous devrions attirer leur attention, c’est sur la nécessaire concertation avec les profs de terrain, et là, pour moi, ils ont un rôle à jouer, car elle est trop peu pratiquée.

  48. Catherine Tilquin dit :

    @ hindriks

    « Je suis occupé à finaliser un long texte « l’Ecole de la chance » (30 p) qui j’espère vous fera comprendre que notre problème n’est pas le coût trop élevé, mais la qualité trop faible de nos écoles (en particulier par rapport à la Flandre) ».

    Ai-je dit autre chose?
    Je n’ai pas besoin de comprendre, je le sais déjà.
    Les réformes que j’ai vécues dans l’enseignement, ont TOUTES été terriblement coûteuses. Combien de fascicules, feuillets et autres n’ai-je pas mis au pilon parce qu’une énième réforme les a rendus inadéquats.
    Je ne veux pas baisser la qualité de mon enseignement, beaucoup de mes élèves sont devenus des scientifiques de haute volée (je n’en porte pas seule le bénéfice bien sûr) mais quelque part, je, nous les avons portés là où ils sont et que vois-je maintenant?
    Des élèves qui ne comprennent plus mon langage. Je parle pourtant encore le français à mes élèves, comme avant. Je ne mets pas en cause mes collègues de Français, ils subissent tout autant que moi, les réformes. Que dois-je faire?
    Respecter la fameuse courbe de Gauss.
    Que faire donc? Simplifier mon vocabulaire. A trop simplifier on finit par dire des inepties (rappelez-vous, le félin).
    Dans votre article vous avez parlé pourcentage de masse salariale, je vous ai répondu QUALITE.
    Que de dépenses ne sont pas faites pour des raisons ridicules, je n’en prendrai qu’une, la revue PROF. Lisez-la bien, c’est un ramassis d’auto congratulations.
    Je n’ai pas encore vu un seul texte provenant d’un prof désespéré. Ce que j’ai vu c’est : « Ca n’allait pas très bien, mais nous avons fait ce qu’il fallait ». Je demande à voir.
    Une petite question, ferez-vous lire votre texte en prélecture à quelqu’un comme moi?
    Oui? n’hésitez pas à me l’envoyer, cela m’intéresse.

  49. Catherine Tilquin dit :

    @hindriks
    « Je connais vos élèves, puisque j’ai trois enfants à l’école ».

    Ca m’étonnerait, que vous connaissiez mes élèves je veux dire.

  50. anaïsnin dit :

    Merci Catherine pour ces commentaires pertinents. Pour ma part, je me permets simplement de répondre à la remarque – établie à plusieurs reprises – stipulant que les profs en début de carrière sont plus absents que d’autres.

    Il est question dans les propos précédents de la « pénibilité » et pour ma part je dois admettre avoir été, au cours de ma 1ère année d’enseignement, pas mal absente. Pourquoi ? Aucune expérience et 8 cours différents à donner par semaine, dont 6 ne relevant pas du tout de ma formation initiale (j’étais la « temporaire bouche-trou »). Il était techniquement IMPOSSIBLE de continuer à avoir une vie « normale » en préparant tout cela correctement le soir ou le week-end. Alors oui, parfois le « jour sans certificat » me permettait de préparer des cours durant une journée entière pour pouvoir profiter d’une soirée, un peu de mon week-end car c’est une année où honnêtement je n’ai presque pas eu de vie personnelle. Mais bon, j’avais un poste pour l’année pas loin de chez moi, il fallait faire des concessions et j’en ai tiré une expérience intéressante ! Je sortais de l’université et on me demandait de donner 3h de cours de suite d’expression corporelle à des types de 20 ans, je vous laisse imaginer ! 3h / semaine dans un cours qui ne me disait RIEN ! Qu’est-ce que l’expression corporelle pour une jeune femme sortant d’études théoriques littéraires ? Il faut les remplir ces 3h … chaque semaine ! Ajoutons à cela une gestion débutante de la discipline sans réelle aide, un stress quotidien (il m’a fallu 3 ans pour ne plus être stressée à chaque fois que j’allais bosser – sans parler du nombre de fois où ce stress qui me bouffait m’a laissé imaginer que je changerais bien de boulot alors que j’ai toujours voulu être prof).

    Il n’y a pas d’encadrement des jeunes profs en CF ! Les débuts peuvent être pénibles, franchement ! Il y peu de boulots où on vous demande dès le premier jour d’exécuter des tâches pour lesquelles vous n’avez pas vraiment été formé comme si vous aviez fait cela toute votre vie !

    Et question « pénibilité », on parle ici des différences entre les établissements, n’oublions pas non plus les trajets ou sauts entre différentes écoles qui sont variés pour les uns ou les autres (et rarement liés à un choix). Pour ma part – comme bien d’autres – je fais une bonne heure de route pour aller de mon domicile à mon école, si je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit ou si je suis à moitié malade ça devient compliqué. Et en train, je mets 2h30 aller et 2h30 retour, pas vraiment mieux. Cela ne veut pas dire que je m’absente beaucoup, cela m’arrive rarement.

    Mais juste pour dire que l’appréciation des absences reste à mon sens du cas par cas.

  51. hindriks dit :

    @catherine: je partage votre colère et frustration. Mais votre discussion semble dépasser largement mon propos sur l’assiduité des professeurs. Pour mon étude, laissez moi votre email et je vous l’envoie. Le but de cette étude est d’expliquer pourquoi cela va mieux en Flandre. Un résultat majeur est l’importance de l’autonomie des professeurs. Cela devrait vous plaire :+))

  52. Catherine Tilquin dit :

    @ hindriks,

    Je viens d’essayer de vous répondre mais je constate que je suis vraiment trop fatiguée, je ne rédige rien de bon.
    Le mardi est ma plus grosse journée grâce à mon horaire si ridiculement « adapté » à mon état.

    Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’agiter la carotte sous mon nez, ne me rendra pas plus assidue au travail parce qu’il y va non pas de mon portefeuille, mais de ma santé, et c’est le cas pour beaucoup d’autres profs.
    Et encore, je trouve sincèrement que dans les conditions où je travaille, je ne m’en tire pas si mal après tout.
    Je reprendrai notre échange plus tard si vous le voulez bien.
    Ah oui, jeudi j’ai un conseil de classe, encore du temps qui, avant, était rémunéré et qui ne l’est plus maintenant.
    A plus tard.

    PS.Nous n’acceptons pas de donner des adresses e-mail sur le site pour cause de spams et de robots. Je vais contacter un administrateur pour trouver une solution car je me demande, aussi, pourquoi les choses semblent aller mieux du côté flamand du pays et ce sujet m’intéresse grandement.

  53. hindriks dit :

    j’ai demandé à mon fils de faire l’inventaire des heures de cours non prestées la semaine passée: résultat 9h00!
    et ce n’est pas une école en difficulté.

  54. Catherine Tilquin dit :

    Bonsoir Monsieur Hindriks, je crois que la solution la plus simple serait que vous me cherchiez dans un forum et que vous m’envoyiez un message privé (MP)afin que je vous transmette mon adresse mail de manière conforme à notre règlement.

    Pour ce qui est de votre remarque à propos des 9 heures de cours non prestées. C’est dommage bien sûr.

    Si ces 9 h résultent de l’absence de 2 professeurs donnant respectivement 5 et 4 h de cours et que l’école compte 100 professeurs cela ne représente jamais que 2 % d’absentéisme. Personne n’est à l’abri d’une bonne grippe en cette saison.
    Si c’est un phénomène répétitif au cours de l’année, si ce sont chaque fois les mêmes profs, cela pose évidemment question.

    Je crois donc que tout est relatif.

    De plus la cause des absences est multifactorielle, un prof non malade qui reste auprès de son enfant ou d’un parent gravement malade, le décès d’un proche, et il y a tant d’autres facteurs.

    Je ne pense pas qu’il y ait tant de profs qui se « tâtent » le matin et se disent « tiens, aujourd’hui je n’ai pas envie d’y aller donc je prends un jour de congé ».
    Il y en a, j’en connais, mais ce n’est pas la majorité, croyez-moi. J’en connais plus qui vont à l’école malades (au risque de transmettre leurs microbes d’ailleurs !)que de vrais carotteurs (mais je ne suis pas dupe).

    Tenez-vous compte aussi du fait que la profession vieillit à un rythme accéléré? Vous le dites vous-même, les jeunes ne se bousculent pas aux portillons, de plus le principe de ne remplacer un prof malade que lorsque son absence dépasse 10 jours ouvrables ne facilite certainement pas les choses.
    Il y aurait là matière à discussion aussi sur l’organisation au niveau du service des désignations au Ministère.

    Il y a aussi les absences pour formations, les détachements en tous genres, la pénurie (et elle est réelle dans certaines branches, dont les miennes) de professeurs, de ceux qui ont quitté l’enseignement car ils ont trouvé un emploi plus rémunérateur ailleurs etc… Oops nous voilà revenus sur la terrain de l’argent…

    Je n’ai pas les réponses, je ne fais que constater.

    Vous dites:
    « Mais votre discussion semble dépasser largement mon propos sur l’assiduité des professeurs. »
    Je pense sincèrement que nous parlons de la même chose mais vue sous des aspects très différents, vous parlez « chiffres » et c’est bien normal, vous êtes économiste, je parle ‘humain ». Mon fonds de commerce, si je puis dire c’est l’humain, pas le chiffre.
    C’est aussi pour cela que j’ai toujours bien ri quand certains sur le site parlent d’obligation de résultat.

    Ma phrase, un peu crue je l’admets, est souvent: « on ne force pas à boire un âne qui n’a pas soif ». N’y voyez pas d’allusion malsaine au bonnet d’âne. Je parle seulement d’une expérience, vécue cette année; d’élèves qui ont saboté VOLONTAIREMENT leur CEB car ils savaient qu’ainsi, ils ne seraient pas dirigés vers le général où il y a moins de cours d’atelier. La disparition de la classe de 2ème professionnelle est la cause directe de cette action. Ce n’est pas faute pourtant de l’avoir dit personnellement à la Ministre Arena lors de sa fameuse tournée des provinces lors de l’instauration du tronc commun jusqu’à 14 ans.

    Voilà pour l’instant, il se fait tard et demain … je vais au boulot.
    A bientôt.

  55. hindriks dit :

    @catherine

    votre distinction entre les chiffres et l’humain est peu féconde. Adolphe quetelet, un de nos savants les plus prestigieux, s’est justement distingué par ses analyses statistiques des problèmes sociaux et humains. C’est l’auteur du BMI (body mass index) qui concerne bien l’humain.La statistique c’est ce qui nous différencie de l’anecdote. Pour cette dernière il suffit de lire les médias. Vous trouverez mon email sur le site Itinera institute.

  56. Niky dit :

    Qu’en est-il de la réelle connaissance de terrain?????????

  57. Catherine Tilquin dit :

    La réelle connaissance du terrain n’intéresse pas les économistes Niky.
    Tu n’as pas compris, nous sommes une anecdote! et notre vécu aussi.

  58. hindriks dit :

    @catherine & Niky: je vous trouve cynique car je suis convaincu qu’on ne peut pas mettre dans une statistique la connaissance de terrain et le vécu des enseignants et des élèves. Ma fille revient de l’école en louant la qualité de sa prof. Mon fils revient de l’école en m’annoncant que son prof est de retour congé maladie mais qu’il s’ennuie à mourir en classe. Pas possible de mettre cela dans une statistique et encore moins le vécu des parents impuissants face à ce verdict. A coté de celà Il y a aussi des chiffres qui sont éloquents: 33% des jeunes profs quittent la profession après 4 ans, 33% des profs n’ont pas les compétences requises…

  59. hindriks dit :

    De tout évidence en matière d’éducation, ce que l’on compte n’est pas toujours ce qui compte. Il n’empêche qu’un prof doit bien au final évaluer les résultats de ses élèves. Cà compte aussi!

  60. Lucky dit :

    Avant, les jours de congés de maladie non « utilisés » étaient valorisés en fin de carrière pour partir plus tôt à la pension… cela représentait une « prime » en fin de carrière… cela a disparu.

    Nous pouvons être malade 15 jours par an… et cela n’est pas cumulable. Quel encouragement a-t-on pour être au poste ? Depuis que je suis enseignant, TOUS nos ministres n’ont pas arrêté de décrier les enseignants… Le mépris, cela se paie un jour ou l’autre !

    Un prof qui a un seul congé de maladie en 29 ans de carrière (plus d’un mois dû à une opération en urgence)…

  61. Catherine Tilquin dit :

    @hindriks,

    23 ans d’enseignement m’ont, en effet, rendue cynique car nos deux points de vue sont inconciliables.
    23 ans de coups de bâton chiffrés, de vexations diverses par nos divers Ministres.
    Il fut un temps où on nous assénait des stats telles que 10 élèves /prof, si statistiquement c’est vraisemblable, sur le terrain, j’y reviens, c’est un mensonge. Il y a beaucoup plus de profs à 24 élèves qu’à 5 élèves.
    183 jours de prestations/an, x % d’absentéisme, y % de détachés, z % d’échecs…
    Malheureusement pour nous les profs, c’est cela qui reste dans l’esprit des non enseignants.
    A partir de cela, il n’y a plus rien à dire.
    Je suis bien triste pour votre fils et heureuse pour votre fille.
    Encore une fois, que dire?
    Je vous envoie un mail à l’institut pour tout de même lire votre article.

  62. sylvie dit :

    Débat ridicule. Accepter dans un sens ou l’autre une intervention sur notre salaire ne ferait que prouver notre imbécilité. Être absent ou présent ne regarde que nous et personne d’autre!!!!! Si je suis la seule à penser cela, en effet les profs ont un problème et ne sont pas mieux que nos dirigeants….

  63. Cristina Rey dit :

    Honteux !
    « Pas assez contrôlée »: j’ai été absente 11 jours ouvrables pour un risque de fausse couche qui s’est transformé en fausse couche. Et j’ai été contrôlée 3 fois sur les 11 jours par des médecins différents à qui il faut expliquer à chaque fois sa douleur physique et moral !! La dernière fois le medecin m’a demandé : « vous avez fait votre fausse couche quand madame? moi : « Je pense que les derniers morceaux sont partis ce matin! » Lui: « vous pouvez donc aller travailler demain! » Le demain en question était le vendredi 27 juin.

  64. Lambert dit :

    J’ai été enseignante quelques années, peu par rapport à mes autres fonctions dans le privé. J’ai quitté l’enseignement par dégoût :
    -1 aucun accueil pour les nouveaux enseignants mal préparés tant aux matières à enseigner (nombreux sont ceux qui enseignent une matière qu’ils ne maîtrisent pas et nombreux sont ceux qui touchent les matières scientifiques (physique et chimie surtout), techniques (retard inéluctable entre les études et la réalité : à quand des enseignants qui ont un pied obligatoire dans le pédagogique et dans le milieu professionnel visé?) et des sciences économiques (ici inclus les diverses matières inhérentes aux droits et obligations des citoyens et aux modifications des règles de comptabilisations, de l’assurance et de la fiscalité. Les divers modules de « journées pédagogiques » ne sont que prétexte à des lamentations et les matières vues sont déjà en retard de 3 guerres quand elles sont propagées aux groupes des enseignants. Là je pense qu’ils doivent eux-mêmes s’auto-éduquer pour une mise à jour de leurs données comme tout entrepreneur gère en bon père de famille son entreprise et se tient au fait des diverses avancées technologiques ou que son comptable et son fiscaliste se tiennent à jour dans leurs données pour réaliser au mieux leur job.
    2- Je reviens sur la mention « en bon père de famille » : l’affaire Fortis en Co à remis au goût du jour les efforts et l’honnêteté, le devoir d’éthique des politicien, la gestion de l’argent des gens en bon père de famille avec toutes les responsabilités que celà incombe alors à quand une gestion en bon père de famille de nos écoles. Je suis arrivée avec mes deux enfants en face d’un professeur de physique qui n’avait pas corrigé correctement leur examens et ne parvient pas à m’expliquer les erreurs commises par mes ados et encore moins les quotations appliquées. Tout est relatif mais là on ne cote pas un comportement on cote un examen. En outre il n’a rien à reprocher à mes ados qui pour lui sont des perles en classe. Il ne reviendra pas sur sa cotation appuyer par sa hièrarchie qui s’appuie sur mes diplômes pour me dire que je n’y comprends rien et que nous avons bien de la chance d’avoir enfin trouver un professeur de physique disponible.
    Au prix de quoi :
    - une incapacité de prendre deux exemples différents pour expliquer divers phénomènes physiques de 4è et 5è rénovée.
    - une incapacité à reconnaître ses erreurs au risque de voir sa succeptibilité mise au placard et d’en faire une gloriole face aux ados en leur disant si vous continuez je fous l’école dans la merde et je vais dans le privé … Doit-on en revenir à la carotte pour les attirer et bien non car nous avons affaire à des fumistes et des profiteurs du système qui ne se gênent pas pour mettre à mal le difficile équilibre qu’un ado trouve et son envie d’apprendre quand il parvient à en avoir.
    3- Mon père est enseignant et auparavant le capital maladie qui n’avait pas été pris était comptabilisé en fin de carrière et pouvait être pris à profit tout en étant rémunéré comme auparavant. Celà a donné ses preuves mais comme l’enseignement n’a pas fait de pub avant de se retrouver à cours de personnels on a retiré cet avantage, cette carotte qui faisait que les personnes malades venaient tout de même au boulot. Ceci va bien sûr en contradiction avec les démarches du ministère de la santé publique qui recommande de rester chez soi pour éviter tout épidémie.
    4- Quant à vos chiffres entre Wallonie et Flandre, vous remarquerez que vos statistiques sont à mettre en collération avec les chiffres de ce Ministère de la santé et voir que les wallons sont plus succeptibles de développer diverses maladies et que souvent puisque leur compagnons à lui aussi des problèmes d’emploi ou de santé ou que ses propres enfants sont malades et que nous n’avons pas d’infrastructure de garde comme en Flandre nous occillons entre période de présence et période de maladie de plus ou moins longue durée. Ne pourrait-on pas envisager un groupe d’enseignants dans chaque école qui serait à même de reprendre une classe ou une matière enseignée au pied levé lorsqu’un enseignant est malade. Ceci éviterait à beaucoup d’enseignant non nommés de faire des kilomètres fous alors que d’autres seraient disponibles sur place.
    5- Quant à rémunérer les personnes pour les kilomètres effectués, révisez les places des enseignants en rapport à leur domicile et réaffectez les en conséquence et non plus au désidérata personnel. Plus personne ne se plaindra des kilomètres effectués et faites en sorte que toutes les provinces soient sur un pied d’égalité pour les transports en communs. J’habite un village où les enfants ont un bus suivant l’état des routes et le climat et où il n’y a pas de retour prévu par le TEC.
    6. Vous êtes vous déjà mis dans la peau d’un professeur ? Il n’y a obligation d’un résultat que dans le chef de l’enfant et de ses parents. Je crois que vous oubliez que les enseignants sont là pour enseigner et non pas pour éduquer. Cette charge revient aux parents et ceux-là sont soit absents ou trop peu courageux le soir pour soutenir leurs enfants dès le départ des études primaires voir maternelles, soit ont un très beau discours mais bien peu d’action en corrélation à ce discours. Combien d’altercations entre parents et professeurs en compagnie des enfants seraient évitées si celà était compris et si chacun reprenait la tâche qui lui incombe. Je voudrais également dire que la réunion des parents n’est pas un lieu pour les enfants, ni un lieu pour faire « semblant » de les remettre à leur place et montrer son pouvoir de parent éduquant. Celà permet de mettre à plat face aux parents les problèmes existants et de voir ensemble comment les résoudre (cours de remédiation ou rattrapage, correction du niveau par un passage dans un niveau inférieur,cours supplémentaire, redoublement à postériori (après la première période constat d’un niveau insuffisant par un échec tranché… )).
    Et ne pas venir avec l’enfant et dire vous êtes ceci ou celà : … là on parle d’évaluation du professeur et celà se fait dans le bureau du préfet ou du proviseur en présence des parties mais toujours sans l’enfant. L’enfant ne doit jamais croire qu’il a le pouvoir sur l’enseignant sinon on se retrouve face à des mutineries incessantes. Et j’en reviens à ces nouveaux profs fraîchement débarqués qui confondent les ados avec des copains et savent plus mettre de limites. Celà n’est jamais évalué en stage puisque le stagiaire est face aux enfants ou ados mais en présence aussi du professeur ou instituteur et en fin de compte avec son évaluateur. Pourquoi pas des périodes de stages probatoires où on laisse le stagiaire seul pendant une période de une année scolaire et où on évalue aux résultats de la classe avec la relativisation du niveau de celle-ci au départ (commentaires et bulletin des années antérieures) tout en gardant à l’esprit que nos enfants ne sont pas des cobayes.
    7. J’ai eu par le passé deux mauvaises expériences : une institutrice devient directrice d’une école fondamentale de la Communauté Française, elle prend à parti des parents pour pousser vers l’extérieur deux potentiels rivaux et fait régner au sein de l’établissement des relations de force à tout venant changeant d’alliés au fil de jours. On en arrive à accepter qu’une autre enseignante vide toutes les assiettes dans un seau de nettoyage et remette la nourriture dans les assiettes des enfants (même de ceux qui avaient terminés la leur) pour la seule raison qu’un groupe d’enfants ne semblait pas apprécier cette nourriture si chère et gaspillait. Intervention des parents pour des règles d’hygiènes et de comportements inadaptés réponses de cette directrice : c’est un déplorable dérapage. Dans le privé, vous seriez viré. Cette même enseignante n’accepte pas que des enfants et parents qui ont quitté l’école se présentent à des activités qui ont lieu dans l’établissement scolaire, non organisé par l’établissement qui met à disposition des locaux avec ou sans rémunération à la clé (peu importe) et lance une chaise à la tête d’un mère et de sa fille. Elle ne fait que des dégâts matériels réponse de cette même directrice : vous n’avez jamais pèté les plombs ? …
    La directrice sous le coup d’une rétrogation se retrouve 2 ans plus tard dans l’école de cette fillette et l’agresse verbalement et physiquement (la secoue en quelque sorte mais sans marque physique) réponse de la direction : il n’y a pas de preuve physique c’est la parole de la fillette de 9 ans (avec des propos que peu d’enfants connaissent et maîtrisent) contre celle de cette institutrice qui a de bons appuis au Ministère. Cette même année nous nous retrouvons avec un directeur poursuivit par la justice pour vol et utilisation de sa fonction à son profit financier. Alors à quand un pouvoir organisateur avec des vrais pouvoirs, les inspecteurs vont voir des profs avertis et nous n’avons pas d’audit public de la gestion des directeurs quant aux fonds récoltés pour les excursions et activités diverses où les parents sont incessament sollicités.
    Face à ces constats, je suis prise entre fou rire quant à cette proposition et fureur quant à l’inertie et l’ineptie de toutes les propositions. Le ministre de l’enseignement et consors savent-ils encore ce qu’est l’enseignement et peuvent-ils envisager comme dans le privé une gestion humaine et d’entreprise de leurs établissements et de leurs effectifs.
    Sur ce je vous offre mon absentéisme en tant que actuellement mère au foyer je n’y ai pas droit, ni aux rémunérations bien entendu.

  65. hindriks dit :

    La prime à l’assiduité c’est la carotte qui agite, mais sous la surface il y a un véritable malaise des écoles francophones. La comparaison avec la Flandre est très utile pour identifier les racines du mal. En voici un bref résumé:
    http://www.itinerainstitute.org/upl/1/fr/doc/NOTA%2002%20JH.pdf

  66. linda dit :

    - Et bien moi, je suis vraiment curieuse de savoir pourquoi en Flandre tout semble aller mieux qu’en région francophone. Sans a priori ni idées toutes faites.
    - J’ai la chance de travailler dans une bonne école avec une direction compétente et très humaine et des élèves « faciles »; cela ne m’empêche pas d’être parfois épuisée. Ce que cela demande parfois comme énergie de mettre un groupe en mouvement ( intellectuel), d’être capable de trouver dans la seconde la solution à des problèmes complexes ( comment réagir intelligemment à un élève qui pète les plombs ? comment trouver une troisième manière d’expliquer une matière qu’un élève n’a toujours pas comprise ). Sans compter les week end passés devant des corrections ( je suis prof de français) alors que vous savez que vous êtes repartie pour une semaine de quarante heures et que la pile n’a diminué que de moitié. … Alors jeter la pierre sur ceux qui travaillent en plus dans des conditions difficiles…
    - j’ai été absente deux fois pour deux semaines ( dont une fois pour une appendicite): les deux fois , j’ai été contrôlée.

  67. Marie dit :

    Wouf, wouf, wouf ! Que de lecture !
    J’essayerai de faire court…
    - Règle de base : tant qu’on n’a pas enseigné (au moins qq mois) dans le secondaire (ou primaire, maternel), il est impossible de se rendre compte de ce que c’est que d’être prof ! Tous les gens qui ont connu l’enseignement et « autre chose » sont unanimes : c’est difficile d’être prof !
    - Je ne suis pas souvent malade, mais je trouve cette idée de « carotte » vmt ridicule et je pense qu’elle ne pourrait que nous desservir ! (Je ne serais pourtant pas contre un petit plus sur mon compte… ;o)
    - M. Hindricks, il est « naïf » de penser que votre propos ne dépasse pas l’absentéisme puisque tout est évidemment lié… (c’est d’ailleurs aussi naïf de comparer vos 3 enfants à la maison avec une classe de 25 és sur lesquels nous n’avons que peu(plus?) d’emprise !)
    Ce que Catherine rapporte n’est qu’un aspect de tout ce qui ne va pas. Je pense notamment au fait que le conseil de classe de fin d’année n’a désormais plus le pouvoir de rediriger un élève vers le technique, le professionnel, en fin de 2e (c’est soit raté, soit réussi); aux remplaçants non qualifiés et incompétents qui sont recrutés par le forem(!)et qui débitent tellement d’absurdités à nos élèves qu’ils nous font tous passer pour des cons ; à la suppression dévastatrice de la 2P ; à ces « zut’hein » de compétences…
    Il y a tellement de choses aberrantes que c’est difficile de synthétiser.
    Les parents ne se rendent pas compte que les PO prennent des décisions qui rendent leurs enfants de plus en plus ignares !
    - A part ça, j’aime quand même bien mon métier! ;o)
    (Mais j’avoue qu’il m’est déjà arrivé de me dire que ce serait plus simple de faire autre chose !)

  68. lehcim dit :

    Il est inconcevable de continuer à « harceler  » la fonction de l’enseignant, ces multiples critiques ne feront qu’engendrer un climat de désolation et d’humiliation.
    Les médias devraient pouvoir se taire, du moins arrêter les exagérations. Bien sûr, il y a de l’absentéisme dans nos écoles, mais les raisons sont bien là, nous les connaissons . Cela fait trop longtemps déjà que l’on « tape sur le dos des profs », parce que le monde du privé ne voit chez eux que les avantages, notamment, qu’ils sont trop souvent malades, qu’ils bénéficient de trop de congés ou qu’ils ont très peu de prestations par rapport au secteur privé. Là, on peut vraiment débattre. Parlons un instant du secteur professionnel, pour citer en exemples : la plage horaire d’un prof de pratique professionnelle dans l’enseignement spécialisé est de 24-28.Ces profs de pratique fonctionnent généralement au maximum de leur plage avec charge d’un maximum de 14 élèves caractériels utilisant du matériel et des machines dangereuses. Dans l’enseignement professionnel officiel, la plage horaire pour les profs de pratique est de 30 -33. Avec charge d’un maximum de 16 élèves qui ne sont pas des moindres dans l’enseignement professionnel ordinaire (leurs élèves utilisent aussi du matériel et des machines dangereuses).Ces profs ont comme bien d’autres, des devoirs à corriger, conception de projets, préparer les leçon, tâche de titulariat de classe etc. De plus, ces dernières années, nous avons connu un bon nombre de réformes qui n’ont abouti qu’au désastre que nous connaissons actuellement. Dans les secteurs spécialisés et professionnels les vrais problèmes sont fortement ressentis au niveau des types de population scolaire. Faute de n’avoir pu réussir ailleurs on retrouve de plus en plus d’enfants démotivés et défavorisés, bien souvent, on se rend bien vite compte que certains d’entre eux ne sont pas à leur place. Dès qu’ils font leur choix d’option, on s’aperçoit que par leur attitude et leur motivation, que ce qu’ils ont choisi comme métier, est un échec total. Devenir « homme de métier » dans le monde professionnel d’aujourd’hui n’est pas un choix que l’on doit « tirer à l’aveuglette », il faut avoir des connaissances et avoir acquis des savoir-faire et bien être préparé à l’insertion socioprofessionnelle. Le niveau de nos jeunes a baissé considérablement, partisan du moindre effort, c’est comme cela qu’ils grandissent, puis devenu « grand » ils se confrontent et se redressent contre le système éducatif et autoritaire. Ils grandissent dans un système familial totalement démissionnaire et incapable de réaction. Certains d’entre eux sont devenus « les enfants rois » et à l’école « les élèves rois », pendant que d’autres sont malheureusement délaissés et défavorisés. Ce qui marque sur le terrain, c’est l’évolution de la violence dans les écoles peuplées d’élèves provenant de milieux défavorisés. La violence n’est plus « tabou », quand il s’agit de violence verbale, on peut dire qu’elle est même devenue une habitude au quotidien. Lorsque que l’on ne réagit pas, il y a pour moi un manque de cohérence et de prise en considération de la part de l’autorité et l’équipe éducative. Dès lors les élèves peuvent continuer impunément à jouer leur rôle de caïd et déstabiliser tout un système scolaire et autoritaire. C’est ce qui génère parfois des débordements de violences physiques contre le personnel. Les victimes les plus vulnérables dans les établissements à difficultés sont celles dont le travail demande qu’ils s’occupent d’enfants caractériels et en difficultés d’apprentissage dans un contexte d’organisation de travail mal adapté et mal encadré sur le terrain. (pour la suite , voir mon 2ème commentaire)

  69. lehcim dit :

    Il est inconcevable de continuer à « harceler  » la fonction de l’enseignant, ces derniers temps de multiples critiques ne font qu’engendrer un climat de désolation et d’humiliation.
    Les médias devraient se taire, du moins arrêter les exagérations. Bien sûr, il y a de l’absentéisme dans nos écoles, mais les raisons sont bien là, nous les connaissons et nous restons malgré tout fiers de notre profession. Cela fait trop longtemps déjà que l’on « tape sur le dos des profs », parce que le monde du privé ne voit chez eux que les avantages, notamment, qu’ils sont trop souvent malades, qu’ils bénéficient de trop de congés ou qu’ils ont très peu de prestations par rapport au secteur privé. Là, on peut vraiment débattre. Parlons un instant du secteur professionnel, pour citer en exemples : la plage horaire d’un prof de pratique professionnelle dans l’enseignement spécialisé est de 24-28, les profs de pratique fonctionnent généralement au maximum de leur plage ave charge d’un maximum de 14 élèves caractériels utilisant du matériel et des machines dangereuses. Dans l’enseignement professionnel officiel, la plage horaire pour les profs de pratique est de 30 -33 avec charge d’un maximum de 16 élèves qui ne sont pas des moindres dans l’enseignement professionnel ordinaire (ils utilisent aussi du matériel et des machines dangereuses).Ces profs ont comme bien d’autres, des devoirs à corriger, conception de projets, des préparations à réaliser. Les instits et les profs de cours généraux ont également leur part de charge, suffit de regarder les normes du nombre d’élèves par classe. De plus, ces dernières années, nous avons connu un bon nombre de réformes qui n’ont abouti qu’au désastre que nous connaissons actuellement. Dans les secteurs spécialisés et professionnels les vrais problèmes sont fortement ressentis au niveau des types de population scolaire. Faute de n’avoir pu réussir ailleurs on retrouve de plus en plus d’enfants démotivés et défavorisés, bien souvent, on se rend bien vite compte que certains d’entre eux ne sont pas à leur place. Dès qu’ils font leur choix d’option, on s’aperçoit que par leur attitude et leur motivation, que ce qu’ils ont choisi comme métier, est un échec total. Devenir « homme de métier » dans le monde professionnel d’aujourd’hui n’est pas un choix que l’on doit « tirer à l’aveuglette », il faut avoir des connaissances et avoir acquis des savoir-faire et bien être préparé à l’insertion socioprofessionnelle.

  70. hindriks dit :

    @Marie: si tu lis mon article au point 66, je ne dis rien d’autre que toi. L’école francophone manque d’autonomie contrairement à l’école flamande; et c’est pour cela que cette dernière fonctionne mieux. Non seulement je mesure précisémment cette autonomie, mais en plus je démontre son importance pour la réussite scolaire. Donc pour paraphraser GCM « si on veut pas que la réussite scolaire reste un mystère et l’égalité des chances un concept de ministère », il faut une autre organisation de l’école qui fait pus confiance aux professeurs et directions d’établissements (et pas aux politique et PO)!

  71. Biermans dit :

    vive le modérateur de ce site … est-ce si terrible de parler des certificats bidons ???? C’est vrai que notre ministre a déclaré sur la rtbf qu’elle ne savait rien faire …. alors dans ce cas qu’elle en tire les conclusions

  72. Biermans dit :

    cf message précédent … je parle de certificats bidons tant pour les enseignants que pour les élèves. Nous pouvons même élargir au monde du travail.

  73. hindriks dit :

    on devrait demander aux élèves ce qu’ils pensent de l’absentéisme de leurs profs. Non? Plus sérieusement, la Flandre a mis en place une évaluation des profs par les élèves depuis 2009. Affaire à suivre

  74. Biermans dit :

    Je peux comprendre l’absentéisme de certains profs qui donnent cours dans des conditions inhumaines.
    Surtout que personne ne vient les aider, jusqu’il y a peu, on feignait ignorer le problème.
    SAJ, justice, parents, directions, ministères … on laisse le prof. mijoter. Pour preuve : l’affaire du foulard. Je m’arrête ici car la liste serait longue.

  75. Antoine dit :

    On se fait évaluer par tout le monde, tout le temps, pourquoi pas par les élèves… Si les flamands sont si bons, et bien tant mieux pour eux, je crois que les pays scandinaves sont bons, pas les flamands.Ils sont belges eux aussi et l’enseignement belge est mauvais. Point. Pas les professeurs! C’est autre chose et nous le savons tous, sauf peut-être certains « chercheurs » qui pondent des textes même pas savants sur une profession qu’ils ne connaissent pas, si ce n’est qu’au travers de leurs enfants (quelle blague…). A quand la prime pur ceux qui passent moins de temps aux chiottes? Le jour où cela arrivera les constipés vont devenir riches…

  76. Opaline dit :

    Sinon… Pour une rhétoricienne qui rentre dans le supérieur dans 9 mois, afin de devenir prof… Un point positif ? Parce que là… Le salaire assez moyen, un peu démotivant mais je peux m’y faire, vu que c’est vraiment une vocation.Le laxisme général, le nivellement vers le bas, désolant mais pas encore suffisant pour me déstabiliser. Mais, là, vu avec vos yeux… Ca à l’air horrible. Et le pire, c’est que c’est de l’authentique! Svp, que quelqu’un se dévoue et me donne quand même des points positifs !