Le Tess 2010 sera expérimental

Vous souvenez-vous du TESS, cette épreuve externe de fin de rhéto initiée durant la précédente législature sous la houlette du socialiste Christian Dupont? Il était initialement prévu qu’elle serait organisée en juin 2010 pour tous les élèves de 6e année secondaire. Il n’en sera rien… du moins, pas dans sa version définitive. Les quelques rares écoles qui y seront soumises – si elles le souhaitent, l’épreuve étant facultative, non obligatoire – seront confrontées à un test très « light ».  Martine Herphelin, directrice du service de pilotage :

La première édition du Tess sera expérimentale. Une sorte de répétition générale que nous ferions avec une vingtaine d’écoles avec lesquelles nous entretenons une collaboration rapprochée.1

Les matières qui seront évaluées seront également limitées. Dans les filières de transition, ce sera l’Histoire. Dans les filières de qualification, priorité sera donnée à la lecture.

Comment pourra-t-on évaluer ce test? A l’échelle de la Communauté française, seule l’épreuve externe de fin de primaire pourrait servir de référence. Mais cette dernière porte sur toutes les matières et est obligatoire depuis 2009… après avoir rassemblé 68% d’écoles participantes en 2007 et 95% en 2008. Dans le cas du Tess, on parle de 20 écoles seulement… sur 500. Les comparaisons ne seront pas aisées.

Alors pourquoi ce retard à l’allumage? Il faut déjà noter que l’épreuve de fin de primaire, au contraire du Tess, a pu bénéficier de la longue expérience des examens cantonaux et interdiocésains qui constituaient déjà une évaluation extérieure à l’école. Le travail était déjà mâché en quelque sorte… De plus, l’éventail de filières, d’options et de niveaux de cours dans l’enseignement secondaire complique sérieusement le travail des enseignants qui doivent rédiger les questions d’examens. Perdus dans un brouillard de compétences et de programmes différents, ces derniers doivent également jongler avec les autres évaluations externes dont ils ont la charge et qui nécessitent d’importantes ressources humaines. Enfin, l’arrêté du gouvernement qui fixera les modalités du Tess se fait attendre…

Épinglons aussi que l’épreuve externe également prévue cette année en fin de premier degré du secondaire – elle portera sur le français et les mathématiques – sera elle aussi proposée à une vingtaine d’école à titre expérimental… pour les mêmes raisons techniques que le Tess… Sa rédaction étant également périlleuse.

  1. La Libre – 7.12.09 []

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8 réponses à Le Tess 2010 sera expérimental

  1. Xavier dit :

    Si je ne me trompe, l’idée première datait du temps de Hazette (le « BAC »), même si l’objectif n’était pas identique.

    Le ministre Hazette voulait que le « BAC » soit une épreuve obligatoire pour les élèves qui voulaient s’inscrire à l’univ, mais non certificatif. Cela aurait été plutôt une évaluation des compétences nécessaires pour réussir (ou avoir des chances de réussir) à l’univ.

    Seul l’étudiant aurait eu les résultats de cette épreuve et il serait resté libre d’aller ou pas à l’univ.

    L’intérêt? Prévenir l’étudiant ce ses lacunes et lui faire gagner un an. Car s’il décidait d’aller à l’univ avec des résultats faibles, il savait qu’il devait renforcer certaines compétences; voire connaissances.

    Si vraiment le but est de faire une épreuve sur l’Histoire, je me pose de sérieuses questions sur l’utilité…

  2. Rédaction Actualité dit :

    Ce que vous soulignez a été évoqué ici. Et c’est juste.

    http://www.enseignons.be/actualites/2008/09/16/bientot-un-bac-en-fin-de-secondaire/

  3. Echocynique dit :

    « une vingtaine d’écoles avec lesquelles nous entretenons une collaboration rapprochée »

    Elle a dit ça sans rire?

    Un test dans des écoles choisies, ce n’est pas un test!

  4. Catherine Tilquin dit :

    Vu la difficulté clairement signalée de créer l’évaluation externe en 4ème secondaire, je me demande comment ils vont faire en rétho ???

    Je me pose aussi la question de l’opportunité d’évaluer en histoire. Le français et les maths ne seraient-ils pas plus judicieux quand on sait que ce sont des matières fondamentales et/ou éliminatoires pour la poursuite d’études supérieures?

  5. Xavier dit :

    @Catherine

    Ce que vous dites est grave, même si vous avez raison.

    En effet, si les objectifs sont bien définis, il est tout simplement normal de pouvoir mesurer la réalisation de cet objectif en fin de secondaire.

    Donc, cela voudrait tout simplement dire que ces objectifs sont mal définis…

    Quand on sait le temps qu’ils y ont passé…

  6. Jean-Marie dit :

    Pourquoi en Histoire ? Parce que les compétences (très générales) peuvent être rencontrées sur presque n’importe quel sujet et les contenus des programmes sont très semblables partout.
    Dans la plupart des autres matières, les compétences visées sont « moins nettes », les familles de tâches ont été imaginées bien après la confection des programmes et ceux-ci sont surtout très différents selon les réseaux.
    En sciences économiques, par exemple, certains comme dans le Libre, travaillent par thèmes très (trop ?) généraux, d’autres ont des matières très (trop ?) cloisonnées. Ici,la comptabilité est vue (un peu) en quatrième, là en cinquième, ailleurs (beaucoup) sur 3 années…
    Bref, pour arriver à un Tess en Rhéto, il faut revoir les petits livres verts des compétences, se mettre d’accord sur un programme unique des contenus et résoudre la problématique des évaluations (grilles critériées).
    Il faudrait des années et je ne pense pas les voir avant mon départ en pension dans 4 ou 5 ans.
    J’espère d’ailleurs ne pas avoir à les appliquer car tout ceci augure d’une uniformisation très dans l’air du temps, mais d’une perte sèche d’autonomie pédagogique.
    Je peux bien vendre mon âme au Diable,
    …, mais vous n’aurez pas, Ma liberté de penser.

  7. Xavier dit :

    Jean-Marie,

    C’est assez exact.

    La seule chose est que si c’est pour évaluer des compétences « générales », autant le faire alors en français, comme c’est fait en T et P

  8. William dit :

    Bonjour,

    Je pense qu’un Tess, même s’il n’est pas parfait au début est une très bonne chose.

    Tout le monde sait que certaines écoles bradent les diplômes. Il n’est pas logique que deux élèves de 6ème de la même option mais de deux écoles différentes, ne maîtrise pas les mêmes compétences en fin d’humanités.

    Le Tess présente beaucoup d’imperfections par rapport à un BAC, mais à au moins le mérite de poser les premières bases d’une certification commune.

    Et pour la liberté pédagogique? Elle sera toujours là! Notre liberté est de préparer correctement nos élèves au supérieur. Ni plus ni moins. Enfin, le prof ne sera plus celui qui sanctionne, mofle les élèves, mais celui qui, par sa passion, les aidera à réussir cette évaluation. Les élèves sachant que leur destin ne sera pas dans les mains de l’enseignant devront l’écouter et ne plus compter sur sa charité de confectionner un « examen facile » comme ils disent. Souvent j’entends des collègues dire « je vais devoir alléger l’examen, sinon ils vont tous rater,… ».

    Pourquoi l’histoire? Tout simplement car les compétences en histoire sont les compétences de base pour le supérieur : établir une problématique (se poser des questions), Critiquer une information, synthétiser un ensemble de documents, communiquer une information (par tableau, oralement, réalisation de schéma, Tableau statistique,…).

    De plus, c’est une des seules matières qui, selon que l’on soit en sciences fortes, en Math, éco,… présente le même programme et les mêmes compétences et ce, dans tous les réseaux. On évalue plus des savoirs mais des compétences (utilisation des savoirs et savoir-faire pour réaliser une tâche)

    Le tess oui mais le bac c’est mieux!