Le 1er décembre, Pascal Smet, le ministre flamand de l’Enseignement, rencontrait les députés francophones. L’objectif était de rassurer le sud du pays après la reprise par la Flandre de l’inspection pédagogique des écoles francophones de la périphérie bruxelloise. Le ministre n’avait pas hésité à avancer que ce décret était une opportunité qui visait l’amélioration de l’enseignement de ces écoles. Mais l’argument n’avait pas convaincu. Les députés, en colère, estimaient eux que le texte flamand était une violation de la loi spéciale du 21 juillet 1971 confiant l’inspection pédagogique de ces écoles à la Communauté française.
Sur le terrain, certains directeurs d’écoles observent déjà des réactions inquiétantes… et cela alors que le texte n’est appliqué que depuis le 21 octobre.
Nous enregistrons déjà une certaine méfiance de parents à l’égard d’une inscription de leur enfant en maternelle francophone. Avec ce décret, les Flamands cherchent à obtenir la fermeture progressive des écoles francophones de la périphérie.
Ces propos sont de Damien Thiéry (FDF), le mayeur de Linkebeek. A la Communauté française, on prépare activement un recours en suspension et en annulation. Son président, Jean-Charles Luperto (PS) estime qu’il pourra l’introduire fin janvier ou, au plus tard, fin mars… Sachant que le délai de ce recours vient à échéance à la mi-avril, il est en effet temps de s’y mettre.
Ce recours communautaire sera suivi d’autres salves provenant cette fois des communes de la périphérie. Linkebeek, Crainhem et Wezembeek-Oppem vont elles aussi introduire un recours en suspension et en annulation du décret. Les trois collèges communaux invoqueront « une rupture unilatérale grave de l’équilibre institutionnel du pays et une mise en péril de la pérénnité d’un enseignement de qualité, dispensé à 2.600 élèves ». Les trois autres communes à facilités (Drogenbos, Wemmel et Rhode-Saint-Genèse) leur emboiteront sans doute le pas… même si à Wemmel, la demande de recours en suspension, qui sera soumise au conseil le 21 janvier prochain, risque bien de ne pas passer la rampe… Le conseil étant composé de 11 élus francophones et… 12 néerlandophones.1
- Le Soir – 6.01.10 [↩]