Bruxelles : capitale du retard scolaire
Un Bruxellois sur deux commence le secondaire en ayant déjà doublé une année (32% des jeunes) ou plus (17%). Bruxelles est loin devant la moyenne francophone (35% d’élèves en retard) et la moyenne flamande (23%). La situation s’aggrave ensuite dans les filières techniques et professionnelles. En cinquième année, un peu moins de la moitié des élèves du général sont en retard ; c’est le cas pour huit élèves sur dix en technique, neuf sur dix en professionnel.
Le niveau de qualification est aussi alarmant : 25% des jeunes Bruxellois âgés de 18 à 24 ans quittent l’enseignement secondaire sans aucun diplôme autre que l’AESI (diplôme de l’enseignement secondaire inférieur). Les filles sont moins nombreuses à décrocher mais représentent tout de même près de 20%, une élève sur cinq. Si on compare ces chiffres avec ceux de la Wallonie (17,8% de moyenne) et de la Flandre (10%), on comprend pourquoi le problème commence à inquiéter sérieusement. Notons également que les non-Européens sont deux fois plus nombreux que les Européens à afficher une faible qualification.
Un tiers des Bruxellois en-dessous du seuil de pauvreté
Ces chiffres font partie des conclusions du Baromètre social de l’Observatoire de la santé et du social de Bruxelles, version 2009. Ils nous apprennent notamment, et ce n’est pas anodin, qu’un tiers des Bruxellois vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Et pour Truus Roesems, auteur du rapport, ces chiffres restent malheureusement stables, d’année en année :
L’an dernier, nous avions enregistré quelques légères améliorations. Le chômage des jeunes avait quelque peu diminué, et le nombre de logements sociaux avait augmenté. Mais, en 2009, on est revenu aux résultats antérieurs.
Devant les députés bruxellois à qui il a présenté son rapport, l’homme à indiqué que « 30.000 ménages bruxellois vivent du revenu d’intégration sociale, que plus de 90.000 Bruxellois reçoivent une allocation de chômage, que le taux de chômage est deux fois plus élevé que dans le reste du pays ».1
Cette vulnérabilité financière a des conséquences : retard de paiement pour des équipements de base, recours au crédit pour des biens de première nécessité, impossibilité de prendre des vacances hors de la maison, difficultés à dénicher un logement, etc.
Les ministres Grouwels et Huytebroeck vont maintenant s’atteler à la rédaction d’un nouveau plan de lutte contre la pauvreté. Attendu pour le mois d’avril, il devrait tracer une série d’actions concrètes en faveur des personnes les plus défavorisées. Le prochain baromètre est attendu en 2011.
- Le Soir – 7.01.10 [↩]
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