Simonet réforme l'enseignement technique

La ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet, a lancé une réforme de l’enseignement technique en mettant en place des unités de formation, communes à tous les opérateurs de formation, et visant à valoriser les compétences acquises par un élève, quel que soit son parcours scolaire. Actuellement, la compétence d’un jeune est jugée à l’aune des années qu’il a réussies. Or, un jeune qui quitterait l’enseignement technique en 5e année, par exemple, a tout de même acquis certaines compétences et un certain savoir-faire que la ministre aimerait valoriser.

Qui plus est, bon nombre d’employeurs connaissent des problèmes de recrutement parce qu’ils recherchent des travailleurs en fonction de qualifications qui n’existent plus sur le papier alors que des élèves en maîtrisent les compétences. Le Service francophone des métiers et des qualifications (SFMQ) va passer en revue les différents métiers techniques et les compétences qu’ils requièrent.

Le parcours au sein de l’enseignement technique sera ensuite découpé en unités correspondant à ces compétences et valables dans différentes filières de formation. Les redoublements devraient donc se faire plus rares.

L’élève disposera en quelque sorte de crédits pour les cours qu’il a réussis, comme dans l’enseignement supérieur… Deux expériences-pilotes seront lancées à la prochaine rentrée.1

  1. Le Soir – 12.01.10 []

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9 réponses à Simonet réforme l'enseignement technique

  1. franufle dit :

    « Les redoublements devraient donc se faire plus rares. »

    L’objectif est donc clairement de faire réussir le maximum d’élèves possible. Cette réforme risque de rejoindre le CEB bidon et le degré différencié inutile. On a compris que cela coûte tellement cher qu’il n’y a vraiment aucune raison de retenir plus longtemps ces « excellents » élèves du qualifiant.
    Médiocrité + assistanat , tout le programme du CDH et du PS !

  2. atlas dit :

    De nature sceptique et connaîssant très bien le monde de la formation privée, je partage (en partie) l’avis de « franufle ». Bon si cette réforme passe, il faudra s’attendre à une chute du classement de notre enseignement (technique). Une question qui me taraude : sur quels critères le SFMQ se basera-t-il pour déterminer les ensembles de compétences articulés à acquérir sans toucher au profil de qualification? Car il faut penser aussi aux élèves qui envisagent de poursuivre des études supérieures.
    Que cache cette réforme? Est-ce une préparation du terrain pour la privatisation de l’enseignement?
    Je pense qu’il y a d’autres problèmes plus urgents que cette réforme.

  3. Ludo dit :

    C’est une bonne idée. Ce qui serait réussi serait valorisé et on pourrait s’attarder plus amplement sur les points délicats. Ce pourrait être une excellente piste de différenciation… reste a voir les modalités d’applications et les contraintes imposées dans la mise en oeuvre de cette belle idée.

  4. dumcle dit :

    Médiocrité et impécuniosité de la Communauté … tout est dit. Depuis 1995 le sens du discours est connu.
    Mais les cris d’effraie retentiront de nouveau à la prochaine enquête Pisa.
    Chacun dira ne pas comprendre et pourtant c’est d’une telle limpidité!

  5. François dit :

    L’idée est bien de faire réussir un maximum d’élèves, je ne comprends pas que cela puisse déranger autant. Le système des crédits fonctionne au supérieur, pourquoi ne fonctionnerait-il pas ailleurs? Construire ses savoirs, élément par élément, cela me semble un pas en avant pour mettre les jeunes dans une logique positive, qui valorise. Réellement je ne comprends pas ce scepticisme. Faut-il encore et toujours éliminer, dévaloriser? Pour moi, cela n’a rien à voir avec de l’assistanat, mais avec de la responsabilisation. Suis-je dans l’illusion?

  6. Pierre dit :

    Faire réussir un maximum d’élèves ne signifie pas que les élèves réussissent. Ils sortent d’un cycle d’études alors qu’ils n’ont pas les compétences nécessaires pour affronter le cycle suivant et surtout le monde du travail. Ce constat est malheureusement une réalité de terrain. Il suffit de jauger l’ampleur de la fuite des investisseurs vers les pays où le « Droit de réussir » n’a pas encore remplacé le « Devoir de réussir » ; si nos politiciens ont le pouvoir de modifier les compétences du cycle suivant, ils n’en ont aucun sur celles exigées par le monde du travail. Depuis quelques années, on ne peut que déplorer le système mis en place par la majorité : je te donne des droits, un toit et la télé et en échange, tu me donnes des voix. Que restera-t-il à ceux qui ne partagent pas ces valeurs et font rentrer l’argent dans les caisses de l’État ? Resteront-ils pour se faire spolier ? Quelle est et quelle sera la réputation de notre « Wallonie » ? Qui va faire basculer cette majorité quand la minorité demandera à nos jeunes diplômés de travailler ?  » -Travailler ? Mais Monsieur l’employeur, vous n’avez pas le droit de me demander ça … moi à l’école j’ai réussi sans travailler ! « 

  7. Cedes dit :

    Limpide, oui!
    Tout a été écrit déjà!
    Lire ou relire M.Nico Hirtt, par exemple, « La réforme de l’enseignement technique et professionnel en Communauté française de Belgique, Une mise en oeuvre du programme de la Table Ronde des industriels européens », Aped, février 2000

  8. Fatpat dit :

    Cette réforme s’applique non seulement au qualifiant technique mais aussi au professionnel.C’est une chambre des métiers qui décidera des métiers à traiter pas le SFMQ. Tous les profils seront revus et d’autres seront créés.Le SFMQ ne sera plus composé exclusivement d’enseignants mais aura des membres des autres opérateurs de formation.Lire : « le contrat d’avenir pour les wallonnes et les wallons », Le décret du 30/04/2009 publié le 02/06/2009 au moniteur belge régissant le SFMQ. Il faut bien vous mettre en tête que les profils devront être utilisés par tous les opérateurs de formation donc, FOREM, IFAPME,… y compris.Chose importante, le SFMQ n’est plus exclusivement communauté française mais est subventionné aussi par les régions !Pour tout renseignement, Google est mon ami ;) )

  9. lechat dit :

    une fois de plus nos politiciens tirent l’enseignement vers le bas.Faire croire aux jeunes qu’avec des qualifications au rabais et facilement acquises (ou données!!!)ils pourront facilement s’intégrer dans la vie professionnelle est un leurre.Seule la qualité est valorisée.