Quand l'inspection flingue l'école

C’est peu dire que le monde politique n’appréciera pas le rapport que vient de produire le Service général de l’inspection de la Communauté française. Compilant les remarques et observations d’une année de visites et investigations (2008-2009) réalisées dans des écoles maternelles, primaires et secondaires, le texte est assassin pour notre enseignement : réformes peu comprises et appliquées, cours négligés, apprentissages baclés, manque de continuité d’une année à l’autre, etc. Pas question cependant de cibler une école en particulier. Le rapport nous livre un éventail de constats à la portée générale, sans beaucoup de détails. Difficile de s’identifier donc ici aux manquements et carences dévoilés. Toujours est-il que l’inspection y va de ses petits conseils et recommandations, soulignant que les enseignants rencontrés avaient – presque – tous le souci de progresser et de bien faire. La ministre a certainement trouvé sa lecture pour ce w-e.

Ecole primaire

L’inspection pointe d’abord quelques lacunes dans les préparations. Le journal de classe, par exemple, est rarement considéré comme un véritable outil de travail mais plutôt comme une obligation réglementaire. Certaines disciplines comme les sciences et les sciences humaines (Histoire, géographie) sont régulièrement négligées, autant que le travail des compétences transversales. Côté évaluations, les tests « formatifs » restent encore trop rares dans l’enseignement fondamental. Ils restent pourtant essentiels si on souhaite travailler et exploiter les erreurs et la manière d’apprendre des élèves. D’autant que le rapport signale que que les stratégies de remédiation, comme la différenciation, sont peu présentes.

Autre constat, certaines écoles pratiquent des évaluations différentes pour les élèves en difficulté. Le résultat est somme toute fort logique : les parents sont entretenus dans l’idée que leur enfant a bien le niveau requis alors que cela peut ne pas être le cas. D’où de nombreuses surprises au moment de l’évaluation certificative finale. Et que penser de ces écoles dont les exigences dépassent parfois le programme?

Où se cachent la remédiation et la pédagogie différenciée?

Les inspecteurs ont aussi observé les effets des renforts d’encadrement accordés au premier degré du primaire pour endiguer l’échec. Dans la plupart des cas, ces enseignants supplémentaires ont permis de réduire la taille des classes ou à organiser des groupes de remédiation mais malgré le nombre réduit d’élèves, l’inspection a relevé dans les classes observées peu de mises en oeuvre efficaces de pratiques d’évaluation formative, de remédiation et de pédagogie différenciée.

Le rapport souligne également le manque de dialogue entre l’école primaire et l’école secondaire. Les enseignants ne se parleraient pas, tout simplement. Cela peut se révéler problématique, surtout dans le cadre du suivi des élèves de 1ère année différenciée.

Enfin, les cours de gym sont également fort critiqués. De nombreuses écoles feraient l’impasse sur les cours de natation – dont les compétences à développer sont pourtant définies dans les socles – et, lorsqu’ils sont organisés, ne garantiraient pas des conditions optimales de sécurité à leurs élèves.

Ecole secondaire

Mathématiques : l’inspection épingle ici la multiplicité d’exercices procéduraux, identiques et souvent trop longs et trop complexes. Et que ce soit pour les maths ou les langues, l’absence de coordination rend tout travail de fond difficile. En gros, chaque enseignant travaille dans son coin. Conséquence : peu de continuité des apprentissages entre les degrés, voire entre les années d’un même degré.

Les professeurs du secondaire seraient également trop attachés à la transmission du savoir au détriment des savoir-faire. Près de 25% des enseignants inspectés se limiteraient exclusivement à une pédagogie centrée sur la « transmission-restitution« . Les autres tenteraient de proposer des tâches nécessitant l’exercice de compétences mais les essais seraient souvent maladroits et peu concluants. Le cours de science souffrirait beaucoup de cette habitude du cours frontal, sans possibilités pour les élèves d’être acteurs de la mise en œuvre d’une démarche scientifique.

Les inspecteurs notent tout de même qu’ils ont rencontré de nombreux enseignants attentifs au développement de la personne de leurs élèves. Les exceptions restent rares.

Propositions et recommandations

Ils préconisent maintenant de revoir les programmes et les compétences afin de les rendre plus clairs, accessibles… et communs à tous les réseaux. De plus, ils suggèrent que les programmes définissent un ordre dans lequel les différentes matières doivent être abordées. Enfin, la diffusion de ces documents à destination des enseignants doit être revue… La Communauté française devrait davantage se soucier de la bonne compréhension de ses textes, entrer en contact avec les enseignants, par exemple lors de formations continuées dont le manque est criant! L’Olivier qui doit durant cette législature s’atteler à la rédaction « d’indicateurs de maîtrise des compétences » va certainement répondre à l’un des constats posés ci-dessus. Mais la ministre s’engagera-t-elle à tout mettre en œuvre pour qu’à l’avenir, le politique ne réforme pas puis laisse les enseignants tirer leurs plans? Peut-on espérer un soutien des initiatives qui, sur le terrain, rapprochent les enseignants  – de tous niveaux et tous réseaux  – dans un souci de communication et, par là, de qualité de notre enseignement? Suivez notre regard…1

Rapport

  1. Source à la base de cet article : Le Soir – 21.01.10 []

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31 réponses à Quand l'inspection flingue l'école

  1. baujoe dit :

    Pfffffffffff, il nous fallait encore bien cela !!! Quel va encore être notre crédit ?

    « revoir les programmes et les compétences afin de les rendre plus clairs, accessibles… et communs à tous les réseaux » : il y a déjà plusieurs années que les profs le demandent…mais on ne nous écoute pas; c’est facile de proposer cela maintenant !!!

    Pourrait-on envisager  » en hauts lieux » de réformer en partant des profs réellement sur le terrain et de donner les moyens pour arriver à des résultats meilleurs.

    Nous travaillons avec des personnes HUMAINES et pas avec du matériel qu’on peut jeter et changer selon les humeurs et les réformes successives.

  2. wolowe dit :

    Pourrait-on envisager en hauts lieux, un moratoire de dix ans sur les conneries et les attaques contre les profs…
    Les conseilleurs sont pas les payeurs…C’est vrai c’est tellement facile d’enseigner l’art du « savoir-faire » à des classes de 30 dont 1/2 rencontrent des lacunes lexicales…
    Nuls que nous sommes,paressseux, toujours malades, et incapables de rien comprendre….
    La Belgique francophone a l’enseignement qu’elle mérite !!!

  3. anaïsnin dit :

    Mmmmh, bien négatif au final. Mais pour ma part, je ne suis pas vraiment étonnée. Je suis consciente que des tas de gens enseignent encore comme il y a 20 ans (même dans les jeunes profs, le plus étonnant), beaucoup de profs n’ont pas de JDC et ne font que cracher sur le programme alors évidemment …

    « L’inspection pointe d’abord quelques lacunes dans les préparations. Le journal de classe, par exemple, est rarement considéré comme un véritable outil de travail mais plutôt comme une obligation réglementaire.  » Je m’étonne dès lors qu’on ne m’ait jamais demandé de fournir mes préparations ou mon journal de classe lors des inspections, alors que j’ai des préparations et que je considère mon JDC comme un outil de travail !!!

    « En gros, chaque enseignant travaille dans son coin. Conséquence : peu de continuité des apprentissages entre les degrés, voire entre les années d’un même degré. » Qu’on nous propose plus de journée de concertation en interne, qu’on désigne les profs de manière plus rationnelle (j’ai fait 6 écoles en 6 ans, pas toujours évident de s’adapter à tous les collègues chaque année).

    Enfin bref, les commentaires vont encore aller bon train j’imagine …

  4. lig dit :

    Le titre du Soir, en première page, est particulièrement désolant. Si le but est de totalement discréditer l’enseignement, c’est réussi ! Il était pourtant possible de présenter ce rapport de manière plus positive.

  5. Prof PP dit :

    Un article intéressant à réaliser serait : « Quand les profs flinguent l’inspection ». Il consisterait en une simple illustration du « principe de Peter » : « Tout employé tend à atteindre son niveau d’incompétence. » Mais je rêve : enquêter sur les réelles qualifications de ceux qui lui tiennent lieu de cadres, la C.F. n’osera jamais…

  6. hedwige dit :

    Perso… se faire « inspecter » par des personnes qui ont fui les classes, qui ne sont plus sur le terrain depuis des lustres et puis qui viennent mettre leurs grains de sel dans le travail fourni….je ne suis pas pour.

    Par contre, qu’ils aient un rôle pour vérifier que ce qui doit être vu l’est réellement…ça oui.

    De plus, aujourd’hui, les inspecteurs ne proposent plus de formations par branche. La dernière que j’ai suivie c’était en AOUT 2007!!!!!

    Puis, quand on pose une question à son inspecteur, il ne sait pas répondre à cette dernière. Ils viennent voir si on complète bien toutes les conneries administratives, toutes les redites (plan, journal de classe, cahier de matière, cours….)

    Facile de dire que les réformes ne sont pas suivies…. je trouve que pour certaines réformes d’ailleurs c’est de notre devoir de ne pas les suivre (le stupide dossier PIA par ex.) Dossier où l’on pense faire de la remédiation, améliorer les choses parce qu’on a rempli un nombre conséquent de feuilles mais où rien n’existe pour pâlier les manques (des connaissances, des savoir-faire et le manque de travail des élèves) un dossier juste pour que nos politiques aient bonne conscience pas pour améliorer les choses.

  7. Gomme dit :

    La seule bonne idée est : l’inspection ne l’est jamais à temps plein mais a toujours un pied direct dans l’enseignement pour lequel elle prodigue des conseils à ceux qui enseignent toujours. C’est la seule possibilité pour éviter la démagogie et les utopies.
    Par exemple : Mi-temps = j’enseigne en 4/5/6 de l’enseignement technique qualifiant / Mi-temps = j’inspecte en 4/5/6 de l’enseignement technique qualifiant.

  8. Prof PP dit :

    @ Gomme,
    Votre idée est excellente

    @ Hedwige,
    Même constat pour les formations dans ma branche.

    Idée en l’air : si nous réalisions un rapport de fin d’année sur nos inspecteurs ? 8)

  9. ANNIE dit :

    Le savoir faire OK, je fonce, c’est génial et beaucoup plus intéressant que le simple savoir pour nos jeunes..
    Mais que ce passe t-il quand ils arrivent au supérieur car là on va les bombarder de documents à connaître par cœur, de listes à étudier …et plus question de savoir faire …
    Je le sais puisque mes élèves s’en plaignent grandement
    Faut donc bien être entre les deux si on veut un peu préparer nos élèves à des études supérieures OU alors faudrait que cela change aussi après les humanités…
    On serait déjà plus à l’aised’abandonner cette approche par le savoir ..

  10. Jean-Marie dit :

    Les inspecteurs (qui pour beaucoup ne sont pas encore définitifs dans leur fonction) ont été désignés pour vérifier sur le terrain si les « Compétences » sont correctement mises en oeuvre. Comment voulez-vous que leur rapport soit différent ? Il s’agit de plaire au Ministère et si les réformes sont mal appliquées, c’est donc la faute des profs !

    Qui s’interroge encore sur le bien-fondé du Nouveau Testament psycho-machin-pédagogique imposé par les Ayatollahs des compétences? Après 10 ans, ne faudrait-il pas pourtant procéder à une évaluation ?
    Loin de moi d’être passéiste, mais il me semble qu’il serait grand temps de faire la synthèse et de comprendre que les compétences ne doivent pas remplacer nos pratiques, mais bien les enrichir. On ne saurait construire sur du sable (importance des savoirs), mais les savoirs sans savoir-faire et savoir être sont stériles.
    Il est vrai aussi, Annie pleine de bon sens, que les compétences « terminales » ne le sont pas souvent. Un Prof faillirait à sa mission, s’il ne préparait ses élèves à affronter toutes les situations vécues dans l’enseignement supérieur.

    A quand la pédagogie du bon sens ?

  11. Echocynique dit :

    @Hedwige
    Vous tombez dans le travers de la généralisation hâtive et non productive.

    Il y a des inspecteurs excellents comme des profs excellents.

    Et un excellent prof peut être un mauvais inspecteur et vice versa

  12. Frédéric dit :

    Cela fait 10 ans que nous sommes entrés dans l’ère des « compétences » mais ni les profs, ni l’inspection n’ont réellement compris ce qu’est une compétence ; comment on peut la mettre en œuvre, l’exercer, l’évaluer… Les avis divergent d’un prof à l’autre, d’une matière à l’autre, d’un inspecteur à l’autre.

  13. damien dit :

    Le métier d’enseignant n’est certes pas facile,Il doit effectivement développer trop de compétences et il n’est pas former pour.
    Mais trop d’enseignants enseignent trop par habitude et bien souvent ne comprennent pas ce qu’ils font (dixit inspecteur, formateur, prof unif).
    Et je suis passé par là jusqu’au jour où j’ai rencontré des gens de bon sens donc il m’a fallu sortir de l’école.
    trop d’enseignants savent et se croient à la pointe de l’enseignement et croient ne plus devoir apprendre, évoluer,……..µ
    je pourrai en faire un débat mais mais je préfère me taire sur des réflexions d’inspecteurs.
    j’ajoute ceci, bien souvent, ils n’ont pas tort.

  14. Catherine dit :

    @anaisnin
    « « L’inspection pointe d’abord quelques lacunes dans les préparations. Le journal de classe, par exemple, est rarement considéré comme un véritable outil de travail mais plutôt comme une obligation réglementaire. » Je m’étonne dès lors qu’on ne m’ait jamais demandé de fournir mes préparations ou mon journal de classe lors des inspections, alors que j’ai des préparations et que je considère mon JDC comme un outil de travail !!! »

    Ne parlerait-on pas plutôt du journal de classe des enfants ?

  15. anaïsnin dit :

    @Catherine

    Je n’ai pas l’impression qu’on parle de celui des enfants, mais je peux me tromper.

    Les chefs d’établissements qui sont venus me voir en classe ont toujours analysé mon journal de classe (est-ce qu’il y a de la place pour noter les absents ? Est-il prévu qu’il y ait des pages pour les prévisions de la semaine et de la place pour ce qui a effectivement été fait ? …), ce que je trouve logique et qui m’a poussé à créer via ordinateur mon propre journal de classe. Mais de manière étonnante autant les chefs d’établissement semblaient y porter beaucoup d’attention, autant les inspecteurs ne me l’ont jamais réclamé – alors qu’il est obligatoire d’avoir un jdc.

    Vu qu’on parle de cela juste après les préparations, j’ai cru comprendre qu’il s’agissait du jdc de l’enseignant !

  16. STROJO dit :

    Les inspecteurs réclament plus de concertation entre enseignants afin que chacun ne fasse pas des choses différentes dans son coin.

    Une solution: une heure de travail d’équipe qui avait été introduite au milieu des années septante dans les horaires des profs mais a été rapidement abandonnée pour faire des économies…

    La formation des futurs profs est aussi à revoir. Car comme toujours, on introduit de nouvelles exigences (ex. les compétences) mais même les jeunes qui viennent de sortir ou sont prêts à sortir ne savent pas de quoi il retourne. Les profs d’école normale ne remplissent pas toujours leur rôle.

    Conclusion: on a l’enseignement que l’on mérite… Si on n’est pas prêt à revoir les conditions de financement et à faire des efforts pour la formation et la formation continuée (et pas des formations données par des profs qui ont fui leur classe), ça ne va certainement pas s’améliorer.

  17. Biermans dit :

    Bonjour,
    A strojo, j’ajouterai que lors du passage du régendat de 2 à 3 ans rien n’avait été prévu, les élèves recevaient les mêmes cours.
    En réalité, le politique avance (souvent pour des raisons étrangères à l’enseignement) sans s’inquiéter de l’intérêt pédagogique ;-) .
    Il faut bien justifier le salaire des personnes qui travaillent à l’élaboration d’un tas de circulaires, programmes (on invente même une langue pour ce type de document pour que les non initiés ne puissent les comprendre : technique moyennageuse).
    Puis ce que les preneurs de décision oublient, c’est qu’avant de parler de cours il faut POUVOIR le donner ;-) . Entre la théorie et la pratique …. Pour de jeunes enseignants, il devient difficile de se faire respecter (encore plus si on est une femme) et je ne tiens pas compte de l’absentéisme chronique de plusieurs élèves.
    Mais vu que notre ministre a avoué ne rien savoir faire concernant les certificats bidons (rtbf mercredi 20/01)… mettez-vous à la place des membres éducatifs mdr!!! le mot gouverner est à revoir.

  18. Biermans dit :

    Comme Edwige, je pense qu’il est normal de contrôler les cours et travaux pour vérifier s’ils sont en correspondance avec les programmes. Par contre, la présence de l’inspection en classe n’apporte absolument rien si ce n’est gêner l’enseignant dans son travail.
    Après lecture du rapport des inspecteurs de math. en 3e et 4e, ils constatent que les profs sont respectueux et ouverts aux questions des élèves. Oufti … quelle découverte, avec l’inspecteur dans le fond de la classe mdr.

  19. Manu dit :

    La formation continuée est une bonne chose, mais malheureusement, trop de formations proposées sont annulées, faute de combattants.

    Plutôt que « d’inviter » les professeurs à s’inscrire aux formations, ne vaudrait-il pas mieux les  » proposer  » au sein même des établissements, quitte à les regrouper par CES.
    Cela aurait l’avantage de « former » tout le monde, sans la contrainte du déplacement.
    Cela éviterait aussi l’organisation de ces « journées pédagogiques qu’il faut prendre » et qui sont trop souvent des journées de « palabres » qui n’aboutissent que trop peu à des applications concrètes.

  20. Cactus dit :

    Quand est ce que l’enseignement va être revu avec du bon sens ?!
    De quel bagage nos jeunes ont-ils besoin pour vivre ?
    Nos jeunes ne savent rien de la vie en sortant de nos écoles… A quoi sert réellement le bagage que nous leur imposons ? Beaucoup d’entre eux ont le sentiment d’avoir été occupé jusqu’à 16/18ans pour ne pas faire chier les parents, la société…
    Quel gâchi de temps !!!

  21. anaïsnin dit :

    « Nos jeunes ne savent rien de la vie en sortant de nos écoles… A quoi sert réellement le bagage que nous leur imposons ? Beaucoup d’entre eux ont le sentiment d’avoir été occupé jusqu’à 16/18ans pour ne pas faire chier les parents, la société…
    Quel gâchi de temps !!! »

    Euh … là je ne suis pas d’accord. J’estime que le bagage proposé est globalement intéressant et jamais mes élèves ne m’ont tenu de pareils propos ! Si les profs commencent à penser comme ça …

  22. Xavier dit :

    @Biermans

    Si l’inspecteur est bien formé, il verra directement si le prof donne cours comme d’habitude ou si il est différent parce que l’inspecteur est là

  23. Xavier dit :

    @Manu

    Si vous trouvez que les formations ne sont pas celles que vous souhaitez, faites le savoir et refusez d’aller à une formation « parce que c’est obligatoire ».

    Et surtout si vous n’êtes pas satisfait d’une formation, signalez-le sur le formulaire d’évaluation.

  24. baujoe dit :

    « Et surtout si vous n’êtes pas satisfait d’une formation, signalez-le sur le formulaire d’évaluation »

    Je l’ai fait, j’ai rendu un formulaire d’évaluation négatif comme les 15 autres participants et j’ai aussi déposé une plainte à l’IFC. Deux mois après ma plainte, je vais rencontrer un responsable de formation.
    Mais la formation est tjs programmée pour une autre région !!!

  25. Xavier dit :

    @Baujoe

    Vu le système d’attribution des marchés, je ne suis pas sûr que l’IFC puisse décommander une formation qui est déjà programmée.

    Ce qui est donc important est de voir si cette formation a été programmée l’année suivante

  26. suzy dit :

    @Hedwige

    A propos du PIA, si vous le trouvez stupide, c’est qu’il est mal conçu ou mal utilisé chez vous.
    Dans mon établissement, il nous rend de grands services. A chaque passage de classe, il permet aux profs de l’année suivante de découvrir d’emblée les aptitudes et les difficultés de l’élèves et de ne pas repartir à zéro. Il est utilisé pour le bien de l’élève et un suivi plus personnalisé.
    Il m’a déjà permis d’entrer en contact avec des parents et de trouver avec eux un moyen conjoint d’aider l’enfant.

    Je ne trouve pas ça inutile et stupide. Mais c’est vrai, cela prend du temps !

  27. Catherine Tilquin dit :

    @suzy,

    Cela m’intéresserait d’avoir des renseignements sur le PIA chez vous, nous le mettons en place chez moi mais nous ramons devant un chef qui apparemment n’en sait pas plus que nous.

  28. Catherine Tilquin dit :

    Oooops j’ai envoyé un peu vite.
    Merci d’avance suzy.

  29. Dan dit :

    Bonjour, chers collègues

    Comme toute expérience est utile aux autres, je vous fais part de ma petite expérience vécue ces deux dernières semaines en matière d’inspection.

    REMARQUES PRELIMINAIRES
    1) j’ai été inspecté deux fois dans ma vie, une fois après 2 ans de carrière en 1982 pour ma nomination, une fois 28 ans après en 2010 pour ma « déformation ». Les deux fois, j’ai été inspecté par quelqu’un de l’état. En 1982, j’ai été prévenu à 10h15 que j’étais inspecté à 10h20. L’inspecteur a suivi une partie de mon cours, a pris la parole pour parler à mes élèves, a fait un rapport d’une demi page, témoignant du « relationnel », de la « discipline » et de l’ « exactitude des savoirs enseignés ». En 2010, j’ai été prévenu en janvier que j’allais être inspecté fin février. J’ai mis une semaine à rassembler les documents, j’ai rencontré trois fois l’inspectrice, elle est venue me voir deux fois, une en remédiation, une autre au cours avec le directeur, j’ai du cette dernière semaine rechercher des documents supplémentaires. Son rapport à première vue fera dix pages. Il parlera un peu du relationnel, jamais de « l’exactitude des savoirs enseignés », beaucoup de la remédiation, des supports écrits avec au-minimum la moitié de pages d’études statistiques sur la répartition des compétences dans les cahiers, travaux, examens,…

    2) Nous sommes une des seules professions au monde à être jugés de la même manière à 50 ans qu’à 20 ans, puisque nous avons une profession sans gradation, sans promotion. L’expérience a peu de poids, sauf dans les contre-exemples qu’on peut émettre. Je dois dire qu’on en prend pour son égo. Bien sûr, il faut savoir se remettre en question, mais se retrouver projeté 30 ans en arrière n’est pas toujours simple à gérer.

    CONSTATS
    1) Que ce soit pour ma collègue en sciences ou pour moi-même, quels que soient les autres points détaillés, le but final semble être identique, nous faire modifier notre examen final.
    2) La méthode est étudiée commercialement. Nos inspecteurs (trices) sont drillés en vente du produit « situations-problèmes et compétences ». Je m’explique : un représentant sonne à la porte chez vous, vous dit d’abord « oh que vous avez de beaux enfants » (phase 1 dite d’amadouement), ensuite « vous avez des châssis en bois, il pourrait y avoir le feu, vous n’allez pas laisser vos enfants brûler » (phase 2 dite de culpabilisation), enfin « vous ne pouvez pas vous passer de notre alarme anti-incendie, ça va vous sauver » (phase 3 dite de vente). J’ai donc vécu « oh, excusez-moi de vous embêter, ce n’est jamais gai de se faire inspecter, mais je ne vous embêterai pas beaucoup » (phase 1) suivi du « mais monsieur, vos exercices là dans l’examen sont complètement hors programmes et je retrouve 75% de votre examen de Noël 2008 à Noël 2009″ (phase de culpabilisation) ponctué par « vous devez mettre beaucoup plus de situations-problèmes et nous avons des conseillers pédagogiques qui vont vous aider, ça va vous sauver »(phase 3).
    3) La méthode actuelle a le mérite de vous prévenir longtemps à l’avance mais vous met sous tension (plus ou moins selon notre personnalité) pendant de longues semaines, ce qui vous amène affaibli. On n’en sort pas indemne. L’inspection n’hésite pas à appeler une élève en plein cours pour lui poser des questions sur vous et à prendre le cahier d’une élève au hasard .
    4) Au point de vue positif, le dialogue est bilatéral. Je ne suis pas indemne mais je suis soulagé car j’ai pu défendre mes idées et dialoguer durant 4 heures (2 fois 2 heures) et même aux moments où nous nous énervions tous les deux, je ne me suis jamais senti en devoir de me taire. Il faut donc, bien, très bien, préparer cette rencontre si on veut ne pas se farcir une suite calamiteuse.
    5) La suite calamiteuse est celle-ci : si l’inspection donne un mauvais rapport, on vous fourgue des conseillers, recyclages,… à la volée et on vous réinspecte jusqu’à adéquation avec leurs demandes. Si l’inspection donne un rapport positif, on est tranquille jusqu’en 2013 (4 années scolaires). Pour empêcher le premier cas, il faut se battre.
    6) Voici comme dernier constat sur lequel je pourrais argumenter par 1000 exemples, mon opinion sur le but de ces inspections systématiques : évidemment diminuer les exigences des examens pour assurer une réussite plus aisée des élèves. Et ils ont été très intelligents. Au lieu de diminuer le programme (ce qui aurait provoqué un tollé), ils ont utilisé un artifice phénoménalement vicieux et performant. Ils ont tout basé sur du subjectif et du flou (compétences), ce qui donne aux textes des programmes des dizaines de lectures différentes. Mais, SANS LE DIRE PAR ECRIT, SANS L’INDIQUER, l’inspection vous dit de supprimer de la matière car celle-ci est hors programme. En mathématique (mes collègues comprendront), ils éliminent systématiquement tous les excercices un peu compliqués d’algèbre pour les remplacer par des situations problèmes que personne ne comprend bien et donc ne met pas dans ses examens. Au final, l’examen reste comme avant mais SANS LES EXERCICES COMPLIQUES. Mon examen de juin 2009 comprenait 10 exercices du plus simple au plus compliqué sur les racines carrées. Mon inpectrice a accepté le premier. Le deuxième était déjà hors programme, selon elle. 9 exercices sur 10 au panier !

    CONSEILS
    Utiliser les mêmes méthodes qu’eux : phase 1 (être souriant avec eux), phase 2 (leur poser des questions qui les culpabilise), phase 3 (vendre les bienfaits de votre manière à vous d’enseigner et de poser des questions).
    Par exemple :
    a) j’ai potassé tout le week-end pour trouver ce qui au cycle supérieur allait poser problème aux élèves si je supprimais mes fameux exercices hors programmes (comment vont-ils intégrer des fonctions trigonométriques sans calcul de racines carrées, comment vont-ils faire des dérivées secondes sans factorisation poussée ?). La réponse est sortie : « Oh, les enseignants de 5e leur apprendront ça cette année-là ». Je lui ai demandé si elle voulait que j’aille les chercher pour le leur dire. Silence . Un point gagné.
    b) j’ai aussi potassé les missions de l’inspection. Dans celles-ci « L’inspection doit rendre un avis notifié, circonstancié et motivé sur les livres scolaires ». J’ai donc demandé : « mes questions sur les racines carrées représentent 90% du chapitre sur les racines carrées du livre « actimath3″. Vous trouvez donc que ce livre est hors programme ? ». Réponse « oui! ». « Vous dites donc que 5 diplômés d’études supérieures mis ensemble pour analyser le programme ne l’ont pas compris ? C’est donc qu’il n’est pas clair ? » . Réponse « ce n’est pas moi qui ai écrit le programme ». Dernière question « comme dans votre mission, vous devez rendre un avis notifié sur le livre, pouvez-vous le faire ? ». Réponse « euh, bon, allez, vous pouvez poser des racines carrées un peu plus poussées, mais disons, pas autant et SI VOUS LE DESIREZ, vous POUVEZ demander à un conseiller pédagogique » de venir trouver UNE situation problème à glisser en fin d’examen ».
    c) j’ai également sans arrêt démontré que d’autres méthodes (les seules que je connaisse, donc les miennes) avaient apporté des résultats concrets en comparant avec le fait qu’il n’était prouvé nulle part (ils n’ont aucun texte écrit !) que leur méthode apportait des résultats positifs.
    Ce fut âpre, dur et parfois désarçonnant. Vendredi, si j’avais eu 25 ans, je quittais l’enseignement.

    Voilà, ceci dit, je ne mets nullement en cause la nécessité d’être inspecté. Chacun de nous a ses faiblesses, et on doit s’assurer que l’enseignement d’un pays est une valeur… Mais il faut savoir certaines choses car ce qui m’a le plus heurté au final, c’est que je n’ai nullement ressenti un intérêt marqué envers les cent facettes de notre profession (accompagnement social, relations, réunions diverses, administration, réactions des adolescents, … ).Ces facettes sont utilisées pour meubler. Le seul but est de faire passer à tout prix le but ci-dessus et la mode des « compétences, situations problèmes, séquences,.. ». Je ne suis en aucun cas choqué de manière personnelle (on m’a respecté et mon rapport ne sera pas mauvais), je suis choqué de la politisation à outrance de mon métier . Mon but qui est de faire passer la culture entre les générations, pour que les suivantes puissent l’adapter et en profiter, n’a jamais été pris en compte. La politique tue la culture et ça me fait mal.

    Amitiés sincères.

  30. Les inspecteurs se plaignent des lacunes dans les préparations …. ?
    On nous parle de compétences transversales, d’évaluation formative de différenciation, de pédagogie différenciée … moi j’aimerais qu’on explique les choses avec des mots simples … chaque année de nouvelles réformes désastreuses …..
    On ne f

  31. L dit :

    Bon, je veux bien rendre mes élèves compétentes, acteurs de leurs apprentissages … MAIS : Estce qu’on demande à un masson de construire une maison sans qu’on lui ai appris ce qu’est une brique, du ciment, la mise à niveau … ?
    En sciences, en particulier, certaines matières ne sont utiles que via un cours frontal ! … Cela fait des siècles que l’on apprend par transmission avec un succès qui fait que nous sommes là aujourd’hui avec certains savoirs et habiletés. Cela fait 20 ans que l’on tente de construire le savoir avec des résultats catastrophiques … Peut être que ce qui fonctionne au Québec (avec leur pédagogie très à la pointe) n’est qu’une spécifité locale qui ne eput être étendue à grande échelle. Voyons ce que font nos voisins français, c’est un compris acceptable entre savoirs et compétences !