Indicateurs de l’enseignement 2009
Après la version 2008, voici l’édition 2009 des Indicateurs de l’Enseignement, grande compilation de statistiques sur l’état de l’enseignement en Communauté française de Belgique. Quels “enseignements” en tirer ?
- Le redoublement reste élevé en Belgique francophone et entraîne un surcoût financier de 369 millions d’euros. En moyenne, 1 élève sur 5 est en retard (il a redoublé au moins une fois). Seuls 40 % des élèves terminent leurs secondaires sans avoir échoué une fois. Les années les plus « délicates » sont les 1 et 2e année au primaire et les 3, 4 et 5e année au secondaire. L’année la plus « sûre » est la 6e année, tant dans le fondamental qu’au secondaire. Plus préoccupant, le redoublement toucherait même les élèves de 3e maternelle (5%). La ministre Simonet s’interroge : « Quand on sait que ceux qui entrent en 1ère primaire à 7 ans ont plus de chances de redoubler que ceux qui entrent à 5 ou 6, on peut se demander si cette mesure est réellement profitable ». La ministre a commandé une étude universitaire sur le redoublement en 3e maternelle.
- Les élèves sont de plus en plus nomades en Communauté française. 1 élève sur 5 aurait déjà fait plus d’une école, et les statistiques ne tiennent pas comptes des changements d’école liés à un déménagement, par exemple. Le plus souvent, c’est l’échec et le redoublement qui sont à l’origine du changement d’établissement scolaire.
- L’effectif scolaire va croître de 10 à 12% d’ici 2026-2027. La poussée sera plus sensible dans le Brabant wallon et, surtout, à Bruxelles, dont la saturation est déjà un problème aujourd’hui. La Communauté française va devoir y ouvrir de nouvelles écoles.
- En 2008, la Communauté française a consacré 6,2 milliards à son système éducatif. Une scolarité (du maternel au secondaire) sans retard est chiffrée à 69.500 euros.1
A la lecture de ce rapport, la ministre Simonet souligne l’évidence de faire de la lutte contre le retard scolaire et le redoublement un des défis majeurs de la législature. Elle en déduit que « les réformes structurelles ne permettent pas nécessairement de garantir une résorption suffisante de l’échec scolaire puisque le taux de redoublement est en constant accroissement tant en primaire qu’en secondaire ». Sa conclusion est la suivante (très CdH…) : « Il s’agit de fonder les actions sur une relation de confiance avec les enseignants, les chefs d’établissement et les équipes éducatives qui doivent être au centre des dynamiques de formation et non dans l’obligation d’assumer des réformes structurelles centralisées. Ma volonté est de travailler à un pilotage dans lequel chaque acteur sera responsabilisé, en tenant compte du contexte de chaque établissement ».
Vers une autonomie guidée
La ministre aimerait donc une sorte d’« autonomie guidée » dans laquelle la remédiation immédiate, dans la classe, l’encadrement différencié et la refondation de l’enseignement qualifiant doivent aider à redresser ces tristes statistiques scolaires.2
Les indicateurs sont disponibles sur le site www.enseignement.be
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