Le PPP, partenariat public privé, était destiné à rénover certaines écoles en Communauté française. En 2004, il avait été présenté comme la formule miracle. Le principe est très simple : les fonds nécessaires aux travaux sont apportés par le secteur privé qui reçoit ensuite une rente annuelle de la Communauté française. A l’époque, les ministres responsables – Marie Arena pour l’Enseignement et Michel Daerden au Budget – avaient annoncé un apport de 1 milliard d’euros dont le remboursement serait étalé sur une trentaine d’années. Cette somme n’avait pas bougé en 2008 lorsqu’un décret posa le mécanisme sur papier. Le ministre Ecolo Jean-Marc Nollet, en charge des Infrastructure publiques, signale que le gouvernement précédent avait pourtant revu ses estimations… à la baisse. Il n’est plus question d’emprunter 1 milliard mais 280 millions d’euros.
Cet argent devait servir à financer cinquante chantier dont 35 dans l’officiel subventionné et 15 dans le réseau de la Communauté française. Le libre n’avait introduit aucune demande.
Une formule impayable !
Le nouveau ministre n’a pas tardé à faire ses comptes… et a sorti sa calculette. La Communauté française devrait rembourser 28 millions d’euros par an, pendant 27 ans ! Coût total : 756 millions pour financer 280 millions de travaux! Un peu cher alors que ces chantiers ne concerneront que 50 écoles sur les 2.174 établissements que compte la Wallonie et la région bruxelloise.
A l’avenir, nous aurons donc peu de bâtiments très performants, dont le coût aura été très élevé, et beaucoup d’autres dont la situation se dégradera davantage. Je n’oublie pas que la Communauté s’est engagée vis-à-vis de ces 50 établissements mais dans un contexte de crise des finances publiques, je m’interroge sur le bien-fondé de cette opération.
Cette mise au point de Jean-Marc Nollet ne signifie pas que les 50 dossiers sont aujourd’hui remis en question. L’écologiste a démenti ce lundi qu’il songeait à suspendre le décret « PPP ». Les travaux se feront donc bel et bien. Mais le cabinet cherche activement de nouvelles sources de financement.
Les écoles devront cependant être patientes. Le précédent gouvernement avait prévu un délai de 60 mois pour la négociation et la réalisation des travaux. Les délais risquent donc de ne pas être courts.1
- Le Soir – 28.01.10 [↩]