Le nombre d’étudiants instituteurs a baissé de 10% en 3 ans
Dans les prochaines années, de nombreux enseignants partiront à la retraite. Mais beaucoup d’entre-eux pourraient ne pas être remplacés faute de trouver suffisamment de jeunes diplômés sortis des universités ou de l’école normale. Ainsi, depuis 2004, le nombre d’étudiants se destinant à une carrière d‘instituteur/institutrice est en constante régression. Rien de fulgurant… mais la tendance est régulière. En Communauté française, le nombre d’inscrits dans la section normale primaire est passé de 6.000 en 2004 à 5.300 pour l’année 2007-2008. Les étudiants de 1ère année étaient alors près de 3.000 pour un peu moins de 2.500 trois ans plus tard. A la Haute école Francisco Ferrer, on confirme avoir perdu 11% d’étudiants dans la filière pédagogique.
Pourquoi cette chute des vocations? A la CGSP, on pointe différents facteurs qui rebuteraient les candidats à l’enseignement : le salaire, peu attractif en début de carrière (1.391 euros net pour un isolé), la détérioration des conditions de travail, les relations de plus en plus conflictuelles avec les parents.
A la Haute école de la Communauté française en Hainaut, on pointe que les abandons d’études interviennent très souvent après les stages, lorsque les jeunes approchent la réalité du métier.
Chute ou stabilisation?
Au cabinet Marcourt, on refuse d’y voir un signe que le métier n’attire plus. On souligne plutôt qu’après quatre années de forte croissance (2000-2004), on assiste seulement à une période de stabilisation.
Voilà qui ne va en tout cas pas aider à régler ce problème récurent de pénurie dans nos écoles. Il y a quelques mois, les partis politiques – alors en campagne électorale – rivalisaient d’idées pour revaloriser le métier d’enseignant. Il était question de faire passer les études d’instit et de régent de 3 à 5 ans, renforçant les stages et la formation en général. Sans oublier les salaires, alors alignés sur ceux des « licenciés », aujourd’hui « master ». Mais le projet reste désespérément dans les cartons. Il faut dire que l’opération coûterait 700 millions d’euros par an à la Communauté française. Un os en ces temps difficiles. Mais la qualité de notre enseignement (et son attractivité) n’est-elle pas à ce prix?1
- Sud Presse – 27.01.10 [↩]
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