C’est le journal Le Soir qui l’affirme dans sa grande enquête « Jesus Crise » sur les rapport qu’entretiennent les Belges avec la religion catholique. Globalement, un élève francophone sur deux est scolarisé dans le réseau libre catholique. Ce dernier rassemble 49% des élèves francophones contre 36,3% pour l’officiel subventionné et 14,7% pour le réseau de la Communauté française. Pour l’enseignement secondaire, le réseau libre écrase la concurrence avec 6 élèves sur 10 fréquentant ses murs alors que les deux autres réseaux n’accueillent que 16,5 et 23,5%. La proportion s’inverse dans le fondamental où les écoles officielles reprennent la main. Il faut noter que la majorité des écoles maternelles et primaires dépendent des communes et donc du réseau officiel subventionné.
Bien que la sécularisation de notre société se poursuive, note Etienne Michel, patron du Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec), il y a une confiance dans l’école catholique qui ne se dément pas, l’enseignement catholique ayant même plutôt tendance se développer, quantitativement.
Selon M. Michel, le succès de la filière catholique s’expliquerait par sa « tradition éducative ».
Elle est fondée sur la conviction que l’école n’est pas seulement un lieu d’instruction. Elle est aussi un lieu où se forge une certaine vision, une certaine idée du monde. Cette école fait sienne l’idée selon laquelle on ne naît pas homme, on le devient. L’école catholique s’oppose à la vision utilitaire de l’enseignement. Nous pensons que l’éducation ne se réduit pas à la transmission de savoirs. Il ne s’agit pas seulement de former les jeunes au marché du travail – disons que, à la conception utilitariste de l’école, nous opposons nos valeurs humanistes.
Sur son site Internet, Le Soir a proposé un sondage à ses visiteurs. A la question « Un élève sur deux fréquente l’enseignement catholique, que faut-il faire avec les réseaux? » , et sur un total de 1948 votes, 55% des sondés préféraient les maintenir séparés contre 41,8% qui souhaitaient les voir fusionnés.1
- Le Soir – 29.01.10 [↩]
Dommage que LeSoir n’aille pas plus loin dans son analyse.
Ce n’est pas parce que l’enseignement est catholique qu’il attire plus de monde, mais bien comme c’est dit dans l’article parce que ces écoles considèrent que le temps scolaire permet aux élèves de se développer et pas seulement d’apprendre.
Ce serait tout de même intéressant d’étudier les facteurs réels qui font qu’une école obtient de meilleurs résultats.
Ma toute petite expérience personnelle m’a montré que lorsque les élèves comprennent que les profs sont là pour les aider et pas pour les faire rater, plus de 50% du chemin est fait.
Quand une de mes classes a fourche et vient me demander de leur donner cours, en supplément, je me dis que j’ai réussi quelque chose. Parce que j’ai réussi à leur faire comprendre que chaque heure de cours leur est utile…
Et ce n’est pas dans une école catholique…
Et un sur deux est ailleurs…. Il ne faut pas oublier aussi que dans le catholique, un élève qui traîne la patte, n’a pas le nombre de poucentage requis…, on l’invite gentiment mais fermement à aller voir vers l’officiel.
Je ne pense pas que l’enseignement y soit meilleur mais la liberté d’action laissée aux écoles libres leur permet de gérer leur école de manière plus « efficace ».
@ hedwige : La technique des vases communicants s’utilise aussi de l’Officiel vers le Libre, de l’Officiel vers le Subventionné, du général vers le technique…
Tous les élèves n’ont pas les mêmes envies, les mêmes objectifs, les mêmes capacités… et notre rôle est aussi de les aider à trouver leur voie dans l’école ou ailleurs.
Mes enfants sont dans une école où effectivement, Xavier, on leur permet aussi de se développer. Et on y vit encore des valeurs humaines qui ont tendance à se diluer ailleurs.
Le sport à l’école c’est aussi de l’escalade, du judo, de l’initiation à la dans hip hop.
Chaque classe organise une journée de convivialité en début d’année, de grands projets sont menés par l’école avec les élèves deux fois par an (une action solidaire, une action sportive).
L’accent est mis sur l’entraide, la solidarité entre élèves.
Les profs sont disponibles, ouverts à la discussion. Ils prennent du temps après les cours pour réexpliquer s’il le faut, il existe un vrai suivi d’une année à l’autre. Les « anciens » profs s’intéressent à ce que deviennent leurs élèves l’année suivante…
C’est tout ça qui m’a fait choisir leur école et je ne le regrette pas.
« Et un sur deux est ailleurs…. Il ne faut pas oublier aussi que dans le catholique, un élève qui traîne la patte, n’a pas le nombre de poucentage requis…, on l’invite gentiment mais fermement à aller voir vers l’officiel. »
Nous ne connaissons pas les mêmes ecoles catholiques.
Toutes les expériences d’amis ou de connaissances, ou encore mon expérience de prof montrent l’inverse de ce que vous affirmez!
Il faut éviter de stigmatiser un réseau ou l’autre… Mes enfants ont fréquenté les quatre réseaux et j’ai effectivement trouvé plus de suivi dans le catholique (même si on sait bien par ailleurs que les écoles qui ont la meilleure réputation sont aussi dans le libre et qu’elles sont élitistes, forcément). Mais il n’y a pas que le suivi qui compte, il y a aussi la motivation de l’élève en technique ou en professionnel où le choix de l’orientation est déterminant!