Le parlement de la Communauté française a voté, mercredi, la proposition de résolution lançant le recours en annulation devant la Cour constitutionnelle du décret flamand confiant à la Flandre l’inspection pédagogique des écoles francophones de la périphérie. Les partis de l’olivier (PS, Ecolo et CdH), suivis du MR, ont préféré un recours en annulation plutôt qu’en suspension, une arme juridique plus appropriée pour les écoles concernées dont les parents et enseignants peuvent faire valoir que l’application de ce décret leur cause un dommage direct et réparable.
Les communes de la périphérie ont d’ailleurs introduit ces recours, soutenues par les partis francophones. Le MR, par la voix de Jean-Luc Crucke et de Françoise Bertieaux, dénonce « la volonté flamande d’atteindre la légitimité des francophones de ce pays ». Ecolo, qui soutient l’immersion linguistique dans ces écoles, estime lui que ce « décret empêche tout dialogue entre les deux ministres de l’éducation, francophone et flamand alors que ceux-ci auraient pu dégager une solution négociée pour ces écoles spécifiques de la périphérie« .
Les francophones se disent toutefois ouverts au dialogue, pour autant que ce dernier ne soit pas nourri par un rapport de forces. L’arrêt de la Cour constitutionnelle devrait être rendu dans quatre mois.
Pour l’instant, l’inspection pédagogique de la Communauté française continue dans les écoles de la périphérie. Le bourgmestre Damien Thiéry (FDF) affirme qu’il s’opposera au débarquement d’inspecteurs flamands dans les établissements concernés.1
- Le Soir – 28.01.10 [↩]