Le MR veut une formation professionnelle certificative
Comment un jeune ayant quitté l’enseignement secondaire ou en alternance sans diplôme fait-il pour obtenir un certificat reconnu par la Communauté française, qu’il pourra valoriser ensuite sur le marché de l’emploi ou pour accéder à l’enseignement supérieur ? C’est la question que se pose le Mouvement Réformateur qui aujourd’hui ne voit pas de solution pour réintégrer nos jeunes infraqualifiés dans les filières certificatives. Il y a certes les centres de formation en alternance (CEFA) mais l’outil reste largement sous-utilisé, selon Françoise Bertieaux, chef de groupe MR au Parlement de la Communauté française. Aussi les libéraux ont-ils déposés, au Parlement de la Communauté française mais aussi au Parlement francophone bruxellois, une proposition de résolution visant à permettre aux jeunes réalisant une formation professionnelle d’avoir accès à un diplôme délivré par la Communauté française. Car pour Mme Bertieaux, sans diplôme reconnu, il est très difficile de décrocher un travail ou d’avoir accès à l’enseignement supérieur. Même la fonction publique exige les diplômes correspondant à l’emploi concerné.
Il est illusoire de croire que l’attestation reçue au terme d’une formation professionnelle ouvre toutes les portes.
Grâce à la validations des compétences acquises, des formations diverses suivies dans un établissement scolaire, un organisme de formation ou d’insertion socioprofessionnelle, le MR souhaite créer davantage de ponts entre d’une part les formations dont la compétence est régionale et la promotion sociale qui relève du communautaire.
A Bruxelles, 1 jeune sur 5 quitte l’enseignement sans son CESS
Françoise Bertieaux estime qu’il y a urgence et, s’appuyant sur les récents chiffres du baromètre social bruxellois, souligne que le retard scolaire touche huit élèves sur dix dans l’enseignement technique et neuf sur dix dans l’enseignement professionnel. De plus, des 22,9 % de jeunes (18-24 ans) qui ont quitté prématurément l’école avec au maximum un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur, seuls 36 % ont un emploi.
Dans leur proposition de résolution, les réformateurs demandent dès lors au gouvernement de la Communauté française:
1° de rendre opérationnel au plus vite le nouveau Service francophone des métiers et des qualifications, entré en vigueur le 1er septembre 2009.
2° d’établir des statistiques à l’échelle de la Communauté française (à l’instar du baromètre social bruxellois) pour mettre en corrélation les données relatives à l’emploi et celles relatives à l’enseignement, afin d’optimaliser l’aide aux jeunes infraqualifiés.
3° de permettre l’accès de ces jeunes à un diplôme délivré par la Communauté (particulièrement l’enseignement de promotion sociale) via l’acquisition de divers modules.
4° d’améliorer encore les partenariats entre l’enseignement de la Communauté et les nombreux organismes de formation ou d’insertion professionnelle.
5° d’améliorer l’information donnée aux acteurs de la formation sur l’enseignement supérieur de type court.
Il va falloir se parler!
Le MR espère que le gouvernement agira rapidement. Et affirme que rien ne sera possible sans un meilleur dialogue avec le secteur privé. Petite précision : les budgets de la formation professionnelle en Wallonie représentent 2,5 fois ce que l’on dépense en Flandre. Une somme qui pourrait sans doute être mieux utilisée, selon les réformateurs.1
- La Libre – 28.01.10 [↩]

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