C’est une enquête de la Ligue des familles portant sur la perception de l’école en Wallonie et à Bruxelles qui nous le révèle : le redoublement dans le parcours scolaire apparaît comme une solution efficace aux difficultés d’apprentissage pour 65 % des parents et 58 % des enseignants. L’étude a été réalisée dans le cadre de la campagne « L’école en questions » de la plate-forme de Lutte contre l’échec scolaire. Le directeur de la Ligue des familles, Denis Lambert, exprime son étonnement :
La représentation qu’ont les gens d’une bonne école est une école qui morfle. Or, le redoublement ne conduit pas à une future réussite, mais enfonce les jeunes.
La Communauté française massacre chaque année plus de 100.000 élèves : 60.000 redoublent, 17.000 sont précocement réorientés, 2.000 enfants sont réorientés vers l’enseignement spécialisé, 1.700 élèves font l’objet d’un renvoi définitif…1
Les résultats de l’étude révèlent également que le degré de confiance dans le système scolaire reste faible pour 19 % des personnes sondées et moyen pour 64 %. Selon les avis, les enseignants sont en outre plus centrés sur la transmission des savoirs que sur le suivi individuel des élèves.
Mille parents et enseignants ont été interrogés en Wallonie et à Bruxelles. Et, loin des clichés connus (les profs sont souvent absents, les parents ne sont jamais là), parents et profs posent finalement un regard très honnête sur leur rôle dans l’éducation des enfants, même s’il peut être jugé assez sévère.
L’école n’est plus la seule source d’information, il y a la télé, Internet, Facebook et que sais-je… Il y a de multiples sollicitations d’information des jeunes aujourd’hui et il faut s’interroger sur la valeur ajoutée de l’école aujourd’hui par rapport à ces multiples canaux de sollicitation des jeunes.2
Parents comme professeurs entendent bien conserver la possibilité de faire redoubler un élève qui rencontrerait des difficultés. Ils sont 66% à penser que l’élève qui doit rattraper son retard doit le faire dans le cadre scolaire.
On continue à croire que le redoublement est la solution or tous les pédagogues sont là pour le dire, le redoublement enfonce l’élève plutôt que de l’aider.3
Sans doute faut-il communiquer davantage et de meilleure façon pour arriver à convaincre de l’inutilité de cette « spécialité belge ». Et aussi proposer une alternative crédible aux enseignants… Car pour l’instant, on a l’impression que ces derniers optent massivement pour le plan A, faute de pouvoir compter sur un plan B. A quand un soutien aux écoles qui souhaitent mettre en place des techniques de remédiation immédiate, qui rêvent de pédagogie différenciée? Qui peut encore croire que l’on peut faire mieux avec moins de moyens pour nos écoles et surtout avec moins d’enseignants?
La plate-forme associative de Lutte contre l’échec scolaire a lancé la campagne « L’école en questions« . L’objectif est de permettre aux différents acteurs de débattre de manière participative sur les questions de l’école.
Un site internet a été mis en place à cet effet : www.ecoleenquestions.be. Il reprend notamment les résultats de l’enquête.
Que fait l’apprenti musicien lorsqu’il ne parvient pas à jouer correctement son morceau ? Il recommence… (ou du moins, son professeur le lui conseille)
Que fait le joueur de basket-ball lorsqu’il ne parvient pas à marquer son panier à 3 points à l’entrainement ? Il recommence… (ou du moins, son entraineur le lui conseille)
Que fait l’apprenti pilote de ligne lorsqu’il ne parvient pas à faire attérir son avion dans le simulateur ? Il recommence… (ou du moins, son instructeur le lui conseille)
Combien de revers Justine n’a-t-elle pas dû recommencer à l’entrainement avant d’arriver à l’exécuter correctement ?
Combien de procédures Frank n’a-t-il pas dû recommencer à l’entrainement au sol avant d’y arriver sur la Station Spatiale Internationnale ?
Combien de fois ai-je dû répéter nos chansons avec mon groupe de rock afin de les reproduire sur scène ?
Et la liste des exemples me paraît non-exhaustive…
Article intéressant. J’étais d’ailleurs « intriguée » par un reportage hier soir au JT de la RTBF montrant une structure de remédiation dans une école de Charleroi. Ca avait l’air pas mal du tout je trouve ! Mais quelle formation ont les enseignants pour donner – bénévolement, évidemment – ces heures de remédiation ? Je ne serais pas contre d’en donner un peu mais je n’ai pas l’impression d’avoir été formée pour ça. Et la lecture d’un ou deux bouquins a pu m’informer mais sans plus. Je serais assez intéressée par des formations hors périodes scolaires comme celle proposée ici :
mais 2300 euros la formation de quelques week-end, ce n’est pas vraiment dans mes possibilités financières. Certaines écoles (libres, je me permets de le préciser) le paient à certains de leurs profs qui seraient prêts à créer une structure de remédiation, pourquoi n’est-ce pas le cas partout ?
Comment oser croire que tous les jeunes adolescents avec toutes leurs différences pourraient tous avoir leur diplôme tous au même âge ???? Quelle utopie !
Certains travaillent en classe, d’autres ne font rien malgré les rappels à l’ordre, certains suivent les consignes, d’autres n’en ont rien à faire et comptent leurs points pour avoir 50% et…. se trompent dans leurs estimations …
Certains viennent d’un milieu familial propice, d’autres pas …etc etc
Nous formons des jeunes qui doivent avoir un bagage suffisant pour entrer dans le monde des adultes. Moins d’élèves dans les classes et plus de moyens humains et matériels rendraient déjà la tâche plus facile….
La collaboration des parents( souvent absente )et de la société (souvent médisante ) seraient un plus important .
L’école n’est pas la seule responsable de ces redoublement . D’autres acteurs sont responsables de la situation( élèves, parents, familles, amis, responsables politiques, société, journalistes…)
C’est trop facile de montrer les profs du doigt car je peux vous dire que presque tous travaillent avec cœur et
passion .
« Après l’inspection flingue l’enseignement » où nous sommes décrits en termes peu flatteurs, voilà le directeur de la « ligue des familles » qui en remet une couche, en déclarant sans nuances que la communauté française « massacre » plus de 100.000 élèves par an !
Je l’invite à relire la définition de ce mot !
Non, nous ne tuons pas, ne détruisons pas, n’exterminons pas les élèves.
Que ce Directeur prenne la peine de se rendre dans une école et il observera :
1. Que certains élèves « s’éliminent » d’eux-mêmes en refusant toute aide, tout plan d’apprentissage, toute présence régulière à l’école.
2. Que beaucoup d’élèves » sont réorientés positivement », car cela correspond à » leur » projet.
De plus, précocement, ce n’est pas avant la fin d’une deuxième année secondaire, donc pas avant 15 ans. Il ne sert à rien de faire redoubler un élève qui ne veut pas rester dans l’enseignement général. C’est une perte de temps.
3. Que les 1700 élèves renvoyés définitivement le sont sans doute à juste titre. Pour renvoyer un élève et s’assurer qu’il ne fera pas de recours contre ce renvoi, il faut un dossier en béton, une procédure complexe et bien sûr, des faits graves ( trafic de stupéfiants, coups et blessures volontaires, dégradations sciemment orchestrées, par exemple ).
Une fois de plus, les enseignants passent pour des « incapables » qui prennent plaisir à arrêter les jeunes.
Cela peut arriver, mais, lorsqu’on est Directeur de la ligue des familles, il faut manier la nuance.
« On continue à croire que le redoublement est la solution or tous les pédagogues sont là pour le dire, le redoublement enfonce l’élève plutôt que de l’aider »
Faux, faux et archi-faux. J’enseigne depuis 20 ans et j’ai constaté souvent que l’élève qui redouble gagne en maturité, approfondit des matières qu’il n’avait pas comprises auparavant, … Qu’est-ce qu’une ou deux années de plus à l’école dans toute une vie ?
Ce monsieur Lambert est vraiment un irresponsable. Depuis des années, la CF fait tout ce qui est possible pour éviter le redoublement:
- passage obligatoire de 1re en 2e
- dans le professionnel, les élèves réussissent s’ils obtiennent 30 % dans L’ENSEMBLE des cours généraux.
- pas d’élèves libres au 1er degré (sans venir à l’école, un élève peut passer en 3e professionnelle)
- les recours qui, dans bien des cas, ont infirmé les décisions du conseil de classe.
(…)
Venez sur le terrain, monsieur Lambert, je vous présenterai une classe de 2e Différenciée qui a un niveau de 3e PRIMAIRE et qui passera quand même en 3e Prof.
» L’école n’est plus la seule source d’information, il y a la télé, Internet, Facebook et que sais-je… »
Comment peut-on sortir des énormités pareilles ? Quand on connaît la manipulation dont ces médias sont les victimes à demi-consentantes. C’est justement un des problèmes des jeunes : l’absence d’esprit critique et le sacro-saint recours à Internet où les erreurs et les bêtises pullulent !
« or tous les pédagogues sont là pour le dire »
récemment, un distingué pédagogue est venu dans notre école observer un stagiaire « 3e choix » chez une de mes collègues. Il a voulu intervenir pour faire travailler un élève récalcitrant. Il a failli ressortir de la classe avec une quenotte en moins. Race d’inutiles qui veut vous fait croire qu’il connaît toutes les meilleurs méthodes pour enseigner alors qu’il n’a souvent jamais mis le pied dans une classe ou alors avant 1950 !!!
« On continue à croire que le redoublement est la solution or tous les pédagogues sont là pour le dire, le redoublement enfonce l’élève plutôt que de l’aider »
Mon neveu recommence sa 5ème générale ….et ce redoublement ne l’enfonce pas …. bien au contraire !
Passage de 3ème en 4 ème, limite, – de 4ème en 5ème avec 3 examens de « repêchage » (cours particuliers pendant les vacances)- 4 examens en septembre en 5ème : 2 ratés donc échec – Un adolescent peu motivé, paresseux, se contentant du minimum -
Je me trouve, maintenant, devant un élève « différent » : comme l’écrit Franufle, il a gagné « en maturité, approfondi des matières qu’il n’avait pas comprises auparavant ».
Les années précédentes, lorsqu’il avait un 5 sur 10, il était content de « sa réussite » ! Cette année, il est mécontent lorsqu’il n’a pas, au moins, 7 !
Voilà un adolescent devenu un élève motivé, heureux de « récolter » de « beaux » points, ayant pris conscience de la « nécessité » de travailler, d’étudier…..ayant gagné une confiance en lui qu’il avait « perdue » !
Bref, ce redoublement a été « un coup de fouet » salvateur !!!
Quand on ose mettre ceci dans son CV « Citoyen du monde, belge, wallon, européen et supporter du Standard », on peut se permettre de « flinguer » une fois de plus le monde enseignant…sans une véritable connaissance du terrain.
Ras-le-bol de tous ces pseudo-pédagogues qui au lieu d’aider l’école l’enfonce !!!
Proposition : ne faudrait-il pas revoir d’urgence la formation des pédagogues mdr ??? !
Je pense qu’un allongement de minimum 2 ans serait nécessaire… non ? (déjà pour mériter leur salaire lol)
Ma soeur est infirmière. Après 4 ans d’étude brillantes, elle a refait une spécialisation qu’elle a réussie haut la main.
Elle a raté deux années en secondaire !
La 1e, immaturité et échec en langue (et oui, on doublait encore pour un échec). La 4e, restée dans le général, elle n’aimait pas ses cours. Elle a doublé en passant dans le technique de transition sciences. Excellente préparation au métier qu’elle voulait faire depuis toujours !
Aujourd’hui, elle est heureuse, épanouie, reconnue dans son métier comme une personne de référence. N’est-ce pas finalement le but de tout enseignement ?
Plutôt que de vouloir être en tête des statistiques…
Je suis toujours intriguée par ces enquêtes aux pourcentages surprenants…
58% seulement d’efficacité du redoublement( au niveau des profs.) Personnellement, je ne me suis JAMAIS fait interrogée…( ni mes nombreux amis profs)….. Moi, (en règle générale, mais à réfléchir cas par cas)je suis pour le redoublement, bien-sûr, il y a des remédiations et stratégies à mettre en place pour inviter l’enfant en difficulté à progresser… Enfin, pour autant qu’il veuille progresser…
Car déjà en primaire, il y a bcp d’enfants démotivés… malgrés les défis, les mise en situation variées et les approches ludiques…
Pour certains, à quand les cours sur PLAYSTATION?!
Avant nous avions un reconnaissance autant des parents que des élèves… Mais comme on me l’a déjà dit… les temps changent…
Il y a beaucoup de « ik » dans l’enseignement, mais il faut tenter de ne pas écouter ces gens qui dénigrent notre travail et penser davantage aux moments de plaisir et de fierté que l’on a lorsqu’un enfant progresse et réussi…(grâce aussi à notre persévérance)
La spirale de l’échec ne conduit à rien de bon –> sinon à plus d’échecs encore et à la multiplication des comportements déviant en classe de la part des élèves.
En effet, le redoublement ne sert à rien pour la grosse majorité des jeunes. Seule une infime minorité peut recommencer avec intelligence.
@ Benoît, il y a des gens qui ne sont pas doués pour le basket et ils auront beau recommencer 50 fois, ils n’y arriveront jamais.