Une cellule "jeux à risques" à l’école

Les « jeux à risques« , nous commençons à les connaître. En quête de sensations fortes, nos élèves n’hésitent pas à tester des jeux d’étourdissement, les passage à tabac consentants ou non, filmés ou non… Le jeu du foulard, dont nous vous parlions il y a déjà deux mois, en est un parfait exemple. Autres jeux :  celui de la couleur (celui qui porte le plus grand nombre de vêtements de la couleur désignée le matin est frappé toute la journée) ou celui “ du taureau ” (un groupe fonce tête en avant sur la victime désignée).

Le dernier-né des jeux stupides de cour de récré s’appelle le “ jeu de la boule ”, variante du déjà ancien “ petit pont massacreur ”. Le but est cette fois d’empêcher un ballon de passer entre ses jambes sous peine d’être tabassé par tous les autres participants… Drôle, non?

Une brochure et une table ronde

Consciente qu’il était urgent d’informer les enseignants sur les dangers de ces dérives, la Communauté française avait publié une brochure intitulée “Les jeux dangereux, ce n’est pas du jeu ! à destination des centres PMS, dans un premier temps, et de tous les professionnels de l’éducation ensuite. Les enseignants pouvaient alors, en étant mieux informés, aborder le sujet dans leurs classes.

La brochure a été distribuée à tous les PMS début janvier, puis aux directions d’écoles 15 jours après. Il y a toute une prévention et une détection précoce des risques à faire. L’enjeu est de sensibiliser les adultes. Il ne sert à rien de faire un décret pour interdire les jeux, ce ne serait pas porteur d’effets auprès des ados. […] Mais soyons clairs, il faut bannir ces jeux des cours de récréation. La question, c’est comment le dire aux enfants.1

Mais la diffusion de la brochure n’était qu’une première étape dans la démarche éducative. Une table ronde organisée par les ministère de l’Enseignement, de l’Aide à la jeunesse et de la Santé est active depuis mardi. Sont invités, les professionnels des centres PMS, des pédopsychiatres, des directeurs d’école ainsi que les parents d’enfants victimes ou témoins du jeu. Le but est de permettre un premier échange de vues et de mettre sur la table les idées en vue d’une meilleure information et prévention des risques dans les écoles. Et les idées n’ont pas manqué. Ainsi, il serait possible de créer, au sein de chaque établissement scolaire, une cellule qui servirait de référent. José Fernandez, parent d’un enfant victime du jeu du foulard et fondateur de l’association Chousingha explique :

Il s’agit de mettre en place dans les écoles des personnes relais, formées et informées, qui peuvent être activées lorsque la situation le demande, de manière préventive ou réactive. Les attentes sont très fortes sur les enseignants et les directions mais ils ont besoin de personnes ressources.

Communiquer? Évidemment ! Mais comment?

Ces cellules seraient un relais entre l’école, le CPMS et d’autres acteurs. Avec toujours cet objectif d’informer, informer encore… et prévenir.

Autre proposition : l’organisation d’un colloque, fin 2011, à l’instar de celui qui s’est tenu récemment à Paris.

Mais comment communiquer efficacement sur les dangers de ces jeux lorsqu’on a face à soi des enfants de 8 ans ou des ados de 15 ans? De jeunes adultes, sortis récemment de l’adolescence, devraient venir témoigner lors des prochains débats du groupe de travail initié par la ministre Simonet. Objectif : prévenir tout en évitant d’inciter. Par ailleurs, un sondage express réalisé par Chousingha, la semaine dernière, dans des auditoires de 2e et 3e bac d’une école normale bruxelloise, révèle que près de 7 % des étudiants avaient déjà pratiqué des jeux dangereux. La plupart en totale ignorance des risques qu’ils encouraient. A méditer.2

  1. Marie-Dominique Simonet – Sudpresse – 13.02.10 []
  2. La Libre – 24.02.10 []