L'école et l'Islam radical

Le mercredi 20 janvier dernier, la RTBF diffusait un numéro de Question à la Une entièrement consacré à la problématique du voile dans nos écoles. Au programme, entre autre, une visite de l’Athénée Royal Verdi de Verviers, établissement qui tolère encore le port du voile. La veille du reportage, nous vous présentions cette école et les difficultés d’avoir à gérer les revendications – de plus en plus nombreuses -  des élèves de confession musulmane. Cette émission, très intéressante, nous a également permis de prendre la mesure de l’influence de certains enseignants, particulièrement ceux des cours philosophiques. Jouent-ils bien leur rôle de représentants de la Communauté française? Respectent-ils les valeurs démocratiques et essentielles de notre société? S’abstiennent-ils de faire du prosélytisme durant leurs cours? On peut en douter après avoir visionné ce reportage. En effet, le professeur de religion Islamique de l’Athénée ne semble pas encourager ses élèves à faire preuve d’ouverture vis-à-vis des demandes de la direction de l’établissement à davantage de retenue… vestimentaire notamment. Pire, il semble cautionner et même prôner un certain radicalisme. Extraits :

Ne pas porter le foulard est un péché !

Le professeur, parlant du port du foulard : « Il n’est permis de ne voir que le visage et les mains. Dans le Coran, c’est obligatoire. (…) Mais lorsqu’on est Musulman, cela ne vaut pas dire qu’on est parfait, qu’on est un ange. Il y a des Musulmans qui se disent Musulmans mais qui ne prient pas. Il y a des Musulmans qui se disent Musulmans… et qui volent. (…) Ce n’est pas pour ça qu’on dit qu’ils ne sont pas Musulmans. Ils sont Musulmans mais ils commettent des péchés. »1

La journaliste Danielle Welter : « Donc, s’ils ne sont pas voilés, ils commettent un péché, ils sont imparfaits? »

Le professeur : « Selon l’Islam, effectivement, lorsqu’on ne porte pas le foulard, on commet un péché. »

Pas de voyage culturel et pas de planning familial

Interrogé, l’inspecteur de Religion Islamique pour la Communauté française cache difficilement son malaise, relevant que le sujet abordé par le professeur – le port du voile – ne figure pas au programme de l’enseignement… Il n’appartient pas, selon lui, à l’enseignant de distribuer bons et mauvais points… de stigmatiser celui qui se trouve dans « l’erreur » et de féliciter celui qui ne s’y trouve pas.

Et lorsque les élèves ne participent aux projets et activités organisés au sein de l’établissement – par exemple, un voyage à Auschwitz – le professeur n’y voit là rien d’anormal. Et le fait que ces élèves soient majoritairement – presque exclusivement – des filles semble même le rassurer.

Le professeur : « Le voyage à Auschwitz… Bon, d’abord, il y a la position de l’Islam. La position de l’Islam qui dit que la fille ne peut pas voyager loin de chez elle et, notamment, passer des nuits à l’extérieur de chez elle, de crainte des problèmes qui pourraient lui arriver. Ces problèmes, ce sont les garçons, la mixité… et le risque d’aller loin, d’aller jusqu’aux rapports sexuels et tout ça. »

La journaliste : « Vous pensez vraiment que si des jeunes filles musulmanes participent à un voyage à Auschwitz, elles risquent de faire l’amour avec des garçons? »

Le professeur : « L’Islam ne dit pas que toutes les filles qui sortent sont des dépravées, qu’elles vont faire l’amour… Pas du tout! Mais c’est une question de protection, d’essayer d’éviter les risques. »

Plus grave, le professeur de Religion Islamique refuse les visites au Centre de planning familial pour ses élèves. Un outil pourtant très utile pour de nombreux jeunes en difficultés ou qui se posent simplement des questions.

Le professeur : « Concernant les rapports sexuels, généralement, on n’en a pas avant le mariage… et en dehors du mariage. Et donc, les enfants ici à l’école, ils n’ont pas de rapports. Je ne vois donc pas l’utilité. »

Heureusement, de tels enseignants – l’homme est un militant actif à Verviers et fondateur d’un parti musulman radical à Liège – sont plutôt rares. Mais quid de tous ceux qui transmettent des valeurs contraires au programme de la Communauté française? A priori, rien ne peut les inquiéter. Une inspection avait déjà été sollicitée par la préfète de l’Athénée en 2004 et la demande est restée sans suite. Manque de moyens? Manque de volonté politique? La Communauté française ne sort pas grandie lorsqu’elle garde ainsi le silence et refuse d’affirmer et réaffirmer les valeurs fondatrices de nos démocraties, respectueuses et tolérantes. Elle brouille encore une fois les messages portés par les enseignants des cours philosophiques en refusant de voir la réalité qui est pourtant bien là, sous ses yeux.

  1. RTBF – 20.01.10 []

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5 réponses à L'école et l'Islam radical

  1. Pelerin dit :

    Bonjour,

    Ce reportage était d’une qualité plus que médiocre, tout comme les méthodes de la journaliste, revoyez-le avec un œil objectif (ni pour ni contre le foulard à l’école, vous comprendrez très vite où je veux en venir)

    Que ce monsieur dise qu’en islam le foulard est obligatoire, où est le drame ? Il dit la même chose des cinq piliers de l’islam (dont la prière que beaucoup d’enfants ne font pas, encore moins à l’école où c’est interdit), est-ce une marque d’intégrisme ? Alors il faut soit supprimer le cours de religion, soit lui demander de mentir sur le contenu des préceptes islamiques qu’il a appris, soit donner des cours universitaires qualifiant pour tous les professeurs de religion où on leur apprendra quel est la forme de la religion qu’on leur demande d’enseigner.

    Quant aux dérives concernant la neutralité, ce monsieur dérive bcp moins en enseignant les préceptes qu’il croit islamique dans un cours de « religion islamique », que ne le font bcp d’autres professeurs hors cours philosophiques (math, français et autres) quand ils donnent leurs opinions sur leur foi, les religions, leurs opinions philosophiques ou politiques et autres (ça vient très souvent de professeurs athées d’ailleurs…, seraient-ils moins sujet à l’intégrisme que les religieux?? )

  2. La passante dit :

    Me fait bien rire, dommage que j’ai pas vu le reportage…

    La RTBF ferait mieux d’embaucher des journalistes compétents…

    Un article qui se « brouille » de lui-même!

  3. Gerald dit :

    Médiocrité ou non des journalistes et du reportage, UN ENSEIGNANT N’A PAS A TENIR DE TELS PROPOS.
    Nous sommes en BELGIQUE , UNE DÉMOCRATIE, et nos écoles ne sont pas des lieux de propagandes religieuses ou autres !

  4. jacqueline D. dit :

    Tant que l’on aura des cours de religion « à la demande » et non pas un cours « sur les religions », je vois mal comment éviter ces dérives…
    Mais quelque chose m’intrigue : alors qu’il est possible de consulter sur Internet les programmes des cours de religion catholique et protestante et le programme du cours de morale laïque, c’est le vide total en ce qui concerne les cours de religion juive et de religion musulmane. Pourquoi ???

  5. Julie dit :

    L’école n’est elle pas le reflet d’une société plurielle ? Pourquoi vouloir confiner tout le monde dans un même moule ? Je dirais que JUSTEMENT parce que nous sommes en démocratie, il faudrait donc inculquer à nos enfants le respect des différences. Si les préceptes de l’Islam sont ceux-là, alors que devrait faire l’enseignant, MENTIR ? enseigner le mensonge ? Moi je dis que à partir du moment où il n’y a pas de contrainte, il faut respecter la différence.