Géo, sciences, histoire : la maîtrise est insuffisante
Les résultats du test non certificatif de novembre dernier, soumis aux élèves de 2e et 5e primaire et 2e secondaire sont à présent connus. L’épreuve externe visait à dresser un état des lieux des apprentissages en sciences, histoire et géographie. En 2e primaire, la moyenne obtenue par les élèves est de 87 %. Plus de la moitié des élèves atteignent les 90% et un cinquième obtiennent des résultats en dessous de 80%. En 5e, le score moyen est de 77%. Un élève sur 10 est en difficulté et n’atteignant pas 60%. En 2e secondaire, les épreuves étaient proposées pour les élèves de 2e commune et de 2e complémentaire (année supplémentaire pour ceux qui en ont besoin avant de passer dans le 2e degré). En 2e commune, la moyenne est de 65,2%. La grande majorité obtient plus de 50 %.1
Mais, et c’est là que le bât blesse, 15,4% des élèves de 2e commune ont rencontré des difficultés, même dans les questions les plus simples. Ce taux d’échec monte jusqu’à 30% en 2e année complémentaire ou le score moyen n’est « que » de 55,7%.
Un nombre d’élèves en difficultés qui va croissant
Le nombre d’élèves en difficultés ne cesse d’augmenter au fil des années. Martine Herphelin, directrice générale adjointe du Service général du Pilotage interréseaux :
C’est une caractéristique que l’on retrouvait déjà dans les évaluations externes précédentes, quelle que soit la discipline. Dès le début du primaire, malgré une moyenne élevée, une part des élèves se trouve en difficulté. Et le nombre de ces élèves ne fait qu’augmenter en 5 e primaire et en 2 e secondaire. Non seulement, l’école ne réussit pas à les aider à surmonter les difficultés, mais en plus leur nombre augmente.
Alarmant? Sans doute. D’autant que la directrice-adjointe relève également l’absence d’une maîtrise en profondeur des matières. Le rapport est très clair sur ce point :
En 2e primaire, « dès que la question devient plus complexe [ ] les difficultés surgissent ». Ainsi, par exemple, « lire un calendrier pose peu de problèmes. Compléter un tableau où figurent des jours et des dates extraites de ce calendrier est déjà plus difficile. Situer des évènements sur une ligne du temps en tenant compte des heures où ils se sont produits est nettement plus complexe. » Pour la 5e primaire : « des difficultés se manifestent quand l’information n’est pas fournie explicitement » ou encore « les élèves éprouvent quelques difficultés à appréhender les informations impliquant un vocabulaire plus spécifique ». Enfin, pour la 2e secondaire, on lit : « aussi bien en 2 e commune qu’en 2 e différenciée, et dans chacun des domaines évalués, la lecture de documents et les démarches de recherche et d’analyses sont superficielles.2
Pour Martine Herphelin, ces difficultés se retrouvent également en français.
Dans les épreuves de lecture, on voit qu’un grand nombre d’élèves trouvent les informations explicites mais lorsqu’il s’agit de construire une réponse à partir de plusieurs infos, quand la complexité augmente, tous les élèves réussissent moins bien.3
Mais nos élèves sont-ils vraiment si mauvais?
Alors? Nos élèves deviendraient-ils des cancres? Pas si sûr. Car si les chiffres sont globalement médiocres, il est plus prudent de les analyser avec un certain recul. Ainsi, ne concluons pas que les élèves deviennent moins bons au fil du temps car les niveaux de difficulté des épreuves ne sont pas nécessairement équivalents à ceux des années précédentes. Par ailleurs, une moyenne de 90% reste courante à l’école primaire mais beaucoup moins en secondaire.
On n’imaginerait pas qu’une épreuve de 2 e primaire débouche sur une moyenne de 60 %.4
Les enseignants recevront, dans le courant du mois d’avril, un document leur proposant des pistes didactiques qui pourront les aider à remédier aux lacunes repérées.
L’année prochaine, ce sera à nouveau le français qui sera mis à l’honneur, après les maths en 2008 et l’éveil cette année.
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