Les chiffres sont implacables : en vingt mois, moins d’une école wallonne sur dix a reçu les ordinateurs promis par la région. C’est ce qu’affirme Alain Jennotte dans Le Soir de ce jour. Et de se demander si les écoles ne vont pas bientôt devoir ouvrir leur propre musée de l’informatique, certains ordinateurs n’ayant plus été renouvelés depuis dix ans. Depuis juin 2008, on ne compte en effet que 300 écoles (sur 3.350) qui seraient véritablement opérationnelles. C’est sûr, les 40.000 ordinateurs prévus ne seront pas installés demain. C’est peu dire qu’on est bien loin des six installations quotidiennes prévues initialement dans le calendrier.
La cause de ce honteux retard, on la connait bien : l’élaboration du cahier des charges par l’administration wallonne. Ainsi, les gestionnaires du projets auraient posé des choix technologiques complètement déconnectés de la réalité. Exemples? La volonté d’installer dans chaque école un serveur, des équipements de réseaux que certains jugent surdimensionnés et une alarme sophistiquée. Un souci de sécurité compréhensible pour les gros établissements dont le parc informatique sera supérieur à 50 ordinateurs. Mais quid des petites écoles qui recevront au mieux deux ou trois PC? Et le souci d’uniformisation les oblige à être toutes logées à la même enseigne.
Des aménagements trop coûteux
Ces aménagements sont très coûteux pour les écoles. Et que penser de l’obligation d’installer un serveur pour deux ou trois ordinateurs, ce qui sera le cas de plus de mille écoles? Cela n’apporte rien et s’avère très compliqué. Par ailleurs, le coût en électricité de ces serveur pourra atteindre 230 euros par an, selon Priminfo. Et, cerise sur le gâteau, ces serveurs fournis par Apple sont, pour l’instant, incompatible avec Windows7, le système d’exploitation de Microsoft, qui devra être installé sur les PC. Épargner les petites écoles pourraient pourtant faire économiser 3 à 4 millions d’euros à la Région. Mais cette dernière refuse de revoir le cahier des charges, sans doute obligée de respecter les contrats conclus avec les fournisseurs.
Résultats, les écoles sont nombreuses à acheter elles-mêmes leur matériel informatique (un comble!), évitant du même coup des procédures administratives d’une complexité rare.
Au cabinet Marcourt (PS), on rassure :
On est à plus de 1.200 dossiers introduits, dont un tiers avalisé par l’administration. Pour simplifier la tâche des directeurs, une équipe de conseillers se rendra dans chaque école. Et l’on permettra aux petites écoles de mutualiser les coûts chaque fois que ce sera possible. Nous avons retenu les erreurs de communication du passé : on a trop parlé de technologie et pas assez d’enjeux pédagogiques.
Les visites d’écoles dont il est questions risquent cependant de s’étaler sur deux ou trois ans. Trop long pour la majorité des établissements scolaires qui se décident enfin à faire le deuil des cyberclasses de la Région. Ce responsable d’école ne mâche pas ses mots :
Nous n’avons ni le temps ni les compétences pour transformer un local et le mettre en conformité à nos frais. C’est pour cela que, comme d’autres petites écoles, nous avons fait une croix sur la cyberclasse. Ça nous coûtera moins cher et nous donnera moins de tracas d’acheter nous-mêmes quelques portables dans une grande surface.
L’exemple bruxellois
Cet témoignage est ahurissant ! Et dire qu’à Bruxelles, la Région investit chaque année la somme de 2,5 millions d’euros (contre 26 millions pour le cyberclasse wallon) pour offrir à ses 600 écoles un renouvellement complet de leur parc informatique tous les quatre ans ! Chaque année, une école primaire recevrait de quoi s’offrir neuf postes et une école secondaire, dix-huit. Et on ne parle même pas de l’idée d’offrir, en plus, à chaque école, un projecteur et des ordinateurs portables. Bruxelles encourage également ses écoles à choisir les logiciels libres. Ainsi, si les ordinateurs choisis sont équipés de la suite bureautique Openoffice au lieu d’Office de Microsoft, un PC supplémentaire est alors offert.
Au Grand-Duché de Luxembourg, les élèves ont reçu un lot d’ordinateurs portables, facilement transportables d’une classe à l’autre et qui peuvent être rangés dans des casiers spécifiques. Simple et économique, sans prise de tête. Si seulement la Région wallonne pouvait s’en inspirer…1
- Le Soir – 8.03.10 [↩]
Ces problèmes d’équipement sont résolus dans d’autres pays depuis longtemps.
Regardez sur Youtube, tapez « Ncomputing » dans la fenêtre de recherche, et vous voyez comment des MILLIONS d’enfants et étudiants dans le monde accèdent à l’informatique à FAIBLE cout! Mais la Belgique s’accroche acharnément à une structure de PC+serveurs. Réveillez vous! c’est 2010! On peut faire mieux!
On reçoit l’équipement…cette semaine!
Après un parcours « de combattant », nous avons reçu le matériel…