Les directeurs de l’enseignement fondamental se plaignent de ce que le nouveau décret « Inscriptions » alourdit leur charge de travail, qu’ils jugent déjà pesante. Il leur revient en effet, dans un premier temps, de faire parvenir aux parents de leurs élèves de 6e année, le fameux formulaire d’inscriptions que ces dernier devront déposer, entre le 26 avril et le 7 mai, dans l’école secondaire de leur choix. Mais la remise de ce formulaire doit se solder par un accusé de réception. Et les directions doivent également informer les parents sur les démarches à suivre. En janvier dernier, le Secrétariat général de l’enseignement catholique avait prévenu qu’il faudrait éviter d’étouffer les directeurs du fondamental. Mais Marie-Dominique Simonet avait gardé le cap, estiment que les directions du primaire étaient des « passeurs » naturels entre le primaire et le secondaire.
Menace de boycott?
Nous les directeurs, nous passons encore une fois, au dernier plan. Et, comme je l’ai dit dans le courrier que j’ai adressé à Mme Simonet, nous n’avons qu’une seule chance, c’est d’être taillables et corvéables à merci.1
La colère gronde, donc. Les directeurs affirment qu’ils sont déjà surchargés de travail. Et que les services de la ministre auraient dû prendre en charge cette paperasse supplémentaire. Il n’en faut pas plus pour parler de boycott… même si Roland Lahaye, permanent de la CSC-Enseignement pour Liège-Verviers, veut rassurer :
Il n’est pas question de ça! L’idée a circulé chez certains dans la région. Mais la CSC n’en veut pas – personne! Un boycott mettrait qui dans l’embarras? Les parents et les élèves.
Jean-Pierre Merveille, le président du Collège des directeurs du fondamental libre ne souhaite pas non plus prendre les élèves et parents en otage. Mais met en avant certaines difficultés rencontrées sur le terrain :
Dans les écoles en D+ : vous imaginez le travail quand il faut expliquer les démarches aux parents, avec souvent les enfants comme traducteurs-interprètes? (…) Autre souci : les couples séparés. A qui donner le formulaire? Là où sa distribution a déjà commencé, des directeurs disent qu’ils ont des problèmes quand ils ont, par exemple, donné le formulaire à la mère et que le père n’est pas d’accord…2
Pour certains, le formulaire unique, c’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les directeurs au primaire sont souvent bien seuls pour assumer ces démarches administratives – à la différence du secondaire, ils ne sont pas aidés et disposent d’un équivalent temps plein pour… 1.000 élèves! Le directeur ne peut pas non plus aménager sa carrière (temps partiel…) : interdit ! Sans compter le salaire inférieur à un directeur du secondaire…
La ministre a rencontré une délégation d’enseignants et directeurs ce mardi à Poulseur, sur invitation de la section CdH locale. Mme Simonet a déclaré être bien consciente du problème mais faire confiance à tous ceux et celles auxquels les jeunes sont confiés. Symboliquement, la délégation de directeurs présente lui aura remis une béquille car ils ont « de plus en plus du mal à tenir debout » à porter, ainsi, des charges administratives.3
- Roland Meunier, directeur école ND Saint-Rémy et Cheratte Hauteurs – JT RTBF – 22.03.10 [↩]
- Le Soir – 24.03.10 [↩]
- Vers l’avenir – 26.03.10 [↩]
BIen d’accord avec cet article.
S’il y a quelqu’un en otage, c’est bien le directeur.
Si je pense aux enfants, aux familles, je ne pourrai jamais boycotter cette procédure!
Personnellement, j’ai de la chance : 21 élèves en primaire dans un village où je connais tous les parents, la situation des familles séparées, etc.
Je n’ose pas imaginer les grosses écoles avec plus de 100 élèves en 6ème, avec des familles qui ne sont pas toutes connues de la direction, avec beaucoup de couples séparés, avec des familles qui ne parlent pas français, sans aide administrative, etc.
Bernard
Petite école et petite classe. La procédure est déjà clôturée. Pourtant, des parents qui ne parlent pas tous français non plus.Ca nous a pris une heure tout au plus…
Les absents à la réunion ont été interpellés ce matin. On est déjà passé à autre chose…
Les grosses écoles doivent peut-être vivre une autre histoire mais si chaque titulaire prend sa classe en charge pour une réunion de parents… Ca revient au même… Question d’organisation sans doute.