Le Segec ne veut pas d'une loi sur le foulard à l'école

Si les syndicats socialistes et libéral, les parents de l’Officiel et les écoles libres non confessionnelles se sont déjà prononcées pour l’interdiction généralisée du foulard dans le primaire et le secondaire, le Segec, lui, estime qu’il n’est pas pertinent de légiférer. Etienne Michel, le patron du réseau catholique (qui scolarise 1 élève sur 2), est sorti ce vendredi de sa réserve et annoncé que son institution ne prendra pas de position générale et officielle sur le port du voile islamique. « Nous ne voulons pas, en tant qu’enseignement catholique, prendre le risque de participer de fait, à une sorte de stigmatisation de la communauté musulmane » ajoute-t-il.

Le Segec ne veut donc pas d’une loi anti-foulard et prône le maintien du dispositif actuel qui laisse aux écoles le soin de prévoir, ou non, dans leurs règlements d’ordre intérieur des dispositions autorisant ou interdisant tout couvre-chef (casquette, foulard…) et/ou toute propagande religieuse, philosophique ou politique.

Pour Etienne Michel, le Segec souhaite défendre « l’esprit d’une école ouverte à tous, en veillant en particulier à ce que le fait de porter le voile ne puisse pas devenir la source d’une pression morale de celles qui le portent envers celles qui ne le porteraient pas ».

Dans la pratique, on note toutefois que le foulard est interdit dans 110 des 129 établissements officiels de la Communauté française. Mais selon M. Michel, le recours aux règlements locaux est moins stigmatisant qu’une loi. On sait pourtant qu’une loi protégerait les écoles qui interdisent le port du voile contre les recours d’élèves et de parents en colère.

Le port du voile n’est pas seulement l’expression d’une conviction religieuse, mais aussi l’expression d’une appartenance… La revendication politique d’interdire par décret le port de signes convictionnels présente une dimension symbolique : elle ne vise pas seulement à résoudre l’une ou l’autre situation litigieuse ; elle symbolise aussi la volonté de réduire la présence de la religion – et l’expression de cette présence – dans l’espace public. Nous ne partageons évidemment pas ce point de vue. Nous sommes au contraire d’avis que les convictions religieuses peuvent contribuer à enrichir le débat démocratique dans une conception positive et forte du pluralisme.1

  1. Le Soir – 2.04.10 []

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Une réponse à Le Segec ne veut pas d'une loi sur le foulard à l'école

  1. Wachtelaer dit :

    L’interdiction du voile dans les écoles officielles (donc neutres) ne stigmatise en rien la communauté musulmane. Il limite par contre l’exercice de la liberté religieuse. Mais cette liberté doit elle être absolue? Faut-il accepter que les Parsis abandonnent les corps de leurs défunts aux oiseaux de proie ? Exiger que les écoles aient deux cuisines dont l’une servirait exclusivement à préparer des repas casher? Faut-il autoriser les élèves jaïns à venir nus à l’école ? Les sikhs à porter un poignard ? Ne serait-il pas plus simple de demander à chacun de mettre un bémol au radicalisme de ses convictions. La théologie musulmane ne rejette pas la possibilité pour les croyants de s’adapter à leur environnement, où est la stigmatisation dans cette exigence. Rappelons enfin que la Constitution permet la création d’un enseignement confessionnel musulman. je préfère cette option à la transformation de l’enseignement officiel en lieu d’accueil pour les intégristes.