Il y a quelques mois, un reportage de Question à la Une (RTBF) nous emmenait à l’Athénée Verdi à Verviers, l’un des derniers établissements officiels de la région à encore tolérer le voile islamique en ses murs. Interrogés, les professeurs et la préfète, Claudine Baiverlin, ne cachaient pas leur malaise devant ce qu’ils considéraient comme une menace à la mixité sociale au sein de leur établissement. A la rentrée, le port de tout couvre-chef sera interdit à l’intérieur des bâtiments. Si les jeunes filles voilées ne représentent aujourd’hui pas plus de 10% de la population de l’école, c’est l’ensemble de la communauté musulmane qui se faisait de plus en plus pressante, boycottant les voyages scolaires, brossant certains cours ou exigeant même un menu hallal à la cantine. L’équipe éducative a manifestement estimé qu’il était temps de prendre des dispositions avant que la situation ne devienne ingérable. Claudine Baiverlin ayant quitté ses fonctions ce 1er avril, c’est Pierre Miessen, le nouveau préfet, qui aura la lourde tâche de faire appliquer le nouveau règlement d’ordre intérieur voté le 29 mars dernier par le Comité de participation de l’Athénée.
Les élèves de la communauté musulmane se regroupaient entre eux et on avait l’impression que c’était pour marquer leur différence, s’opposer aux autres. Ce n’est pas arrivé mais on n’en était pas loin, je pense. Il y a aussi eu des pressions sur les jeunes filles musulmanes ne portant pas le voile pour qu’elles le portent. Ça, on ne pouvait le laisser passer. On ne peut tolérer l’intolérable.
M. Miessen ne craint pas d’enregistrer une baisse des inscriptions à la rentrée.
J’ai eu des parents musulmans qui m’ont dit que la religion musulmane respectait les règlements et ont inscrit leur enfant. D’autres ont cru qu’il s’agissait d’une décision prise à leur encontre. Mais je tiens à les rassurer. Non: le conseil de participation a pris cette mesure pour le bien de tous.
Lassés d’attendre une position claire des autorités
Cette tolérance du port du voile dans l’établissement remonte à plusieurs années. A l’époque, c’était le député verviétois Julien Mestrez qui occupait le fauteuil de Préfet des Études. Et les jeunes filles voilées n’étaient alors que trois… pour 55 aujourd’hui. Une page se tourne pour l’Athénée Verdi qui aura, en vain, attendu que les autorités (la Communauté française) prennent position clairement dans ce dossier. En janvier dernier, la direction estimait qu’il était « trop simple de laisser aux écoles le choix de décider ». C’est pourtant ce qu’il a fallu faire.
Ces modifications du règlement d’ordre intérieur devront être approuvées par Marie-Dominique Simonet avant la rentrée.1
- Sudpresse -5.05.10 [↩]