Inscriptions : Françoise Bertieaux a interpellé Simonet au parlement

La députée bruxelloise Françoise Bertieaux (MR) a vivement interpellé la ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet (CdH), hier au parlement. La libérale a cependant tenu à préciser qu’elle ne tenait pas la ministre pour seule responsable de l’échec du décret « Inscriptions » : « Si tout le gouvernement est bien à l’origine du décret « inscriptions », Mme Simonet sera seule pour le défendre, une fois de plus. C’est donc l’ensemble du gouvernement que j’interpelle à travers vous, madame la ministre. »

Nous sommes dans un contexte particulier et, à quatre jours des élections fédérales, j’ai l’impression que vous jouez la montre. Lors de l’adoption du décret, j’avais considéré comme scandaleux ce processus d’inscriptions qui vient à échéance au mois de juin, en pleine période de CEB. Cumuler les deux tensions me semblait révoltant. Cette fois, j’ai réellement le sentiment que vous usez de moyens dilatoires : les travaux de la Ciri sont retardés, soit pour éviter que des décisions soient communiquées aux parents avant le 13 juin, soit parce que les erreurs, les dysfonctionnements et les manipulations se multiplient.

Où restent les 79 écoles de Bruxelles?

Et la chef de file du Mouvement Réformateur bruxellois de revenir sur la nécessité de construire, au plus vite, de nouveaux établissements scolaires dans la capitale. Pour rappel, la poussée démographique est telle à Bruxelles qu’il va falloir impérativement construire de nouvelles écoles d’ici quelques années. L’enseignement maternel aura besoin de 34 nouveaux établissements, pour 39 dans le primaire et 6 dans le secondaire. En tout, 79 écoles. Une étude du Bureau du plan annonce un accroissement de la population bruxelloise de 200.000 personnes pour atteindre 1,2 million d’habitants en 2018-2020. A ce jour, le premier coup de pioche n’a pas encore été donné. Pire, des écoles ont fermé leurs portes, victimes de l’état de leurs bâtiments.

Depuis six ans, j’attire l’attention sur la nécessité de rénover un certain nombre de nos écoles dont les bâtiments sont dans un état pitoyable, qui souffrent d’une pénurie d’enseignants, où la violence règne et a pris le pas sur la discipline. Il est logique que les parents refusent d’y inscrire leurs enfants ! Si le travail avait été entamé voici six ans, lorsque Marie Arena présidait à la destinée de la Communauté française, il est certain que le nombre d’écoles sollicitées par les parents aurait pu augmenter et que la situation serait différente aujourd’hui. Depuis six ans, nous vous demandons de trouver un équilibre afin de proposer une offre attractive dans tous les établissements scolaires. Faute de n’avoir rien entrepris en ce sens, les parents et les élèves sont confrontés aux difficultés que nous connaissons. Les décrets successifs n’ont fait que renforcer l’attrait pour certaines écoles et en stigmatiser d’autres.

Et de pointer, une nouvelle fois, le manque de transparence du 3e décret et l’utilisation de logiciels douteux comme Google Maps.

Certains parents contestent le bien-fondé des indices socio-économiques. Ils pointent notamment la non-prise en considération de la situation des personnes qui ne correspondent nullement à l’indice socio-économique attribué à leur quartier, ce qui, bien entendu, joue en leur défaveur.

On peut également s’interroger sur la transparence et l’égalité quand la Communauté française raisonne et agit comme certains pays, que je ne citerai pas, dont l’Histoire condamne aujourd’hui le manque d’équité et de démocratie.

« Quel contrôle les parents peuvent-ils réellement exercer ? »

Le décret avait pour objectifs : « une organisation pragmatique et transparente des inscriptions » et « l’égalité de traitement dans le processus d’inscriptions ». En attendant, « on » a tenté de faire passer une erreur portant sur trente-deux élèves pour une erreur d’encodage, alors que tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit d’un bug dans le logiciel. Et si ce bug s’était produit trente-deux fois de plus ? Quel contrôle les parents peuvent-ils réellement exercer ?

Je ne parlerai pas ici de l’erreur concernant l’Athénée royal de Jodoigne mais rappelez-vous, madame la ministre et tous mes collègues de la majorité, que nous avions demandé, avant le vote en commission, de pouvoir tester les logiciels qui seraient mis à disposition. Vous avez tous voté contre la réalisation de ce test. Vous avez choisi de fermer les yeux et de faire confiance. Les problèmes que nous connaissons aujourd’hui n’existeraient pas si vous aviez accepté, en toute transparence et en toute démocratie, que l’on teste le logiciel en commission avant l’adoption du décret. Quoi que l’on nous ait raconté à l’époque, nous savons aujourd’hui que des simulations et des tests étaient possibles. Comme cela figure dans La Libre Belgique de ce matin et ressortait des courriels que les parents nous adressaient ces derniers jours, il est clair que pour préparer le décret et modifier les indices, la majorité et votre cabinet disposaient déjà de la possibilité de réaliser des simulations. On refusait toutefois aux parlementaires d’y assister afin d’éviter toute transparence !

On découvre aujourd’hui des dizaines, voire des centaines d’erreurs de géolocalisation. Combien d’erreurs subsistent-elles ? Comptez-vous vérifier toutes les adresses ?

« Google Maps est un bon gadget pour faire du tourisme »

Google Maps est un bon gadget pour faire du tourisme et se balader mais vous avez choisi d’en faire l’instrument du destin de milliers d’enfants. Je rappelle également l’absurdité de calculer les distances à vol d’oiseau. Comme si les enfants allaient à l’école en volant comme des oiseaux ! On vous l’a expliqué à maintes reprises, l’école la plus proche à vol d’oiseau n’est pas forcément la plus accessible avec les moyens de transport existants. Le vol d’oiseau calculé selon un système qui n’a fait l’objet d’aucune certification n’est pas adapté à cette utilisation. Madame la ministre, rangez les gadgets au vestiaire et penchez-vous sur les itinéraires des TEC, de la STIB et de la SNCB. Vous verrez combien ceux-ci correspondent peu aux distances à vol d’oiseau.

La ministre a déploré cette intervention à quelques jours du scrutin : « On savait que la phase d’attribution des places serait suivie d’une phase de traitement par la Ciri. Tant que cette dernière n’est pas terminée, des parents resteront dans l’attente. Je comprends que cette situation est difficile à vivre. Le décret a été voté indépendamment de l’agenda électoral : à l’époque, personne, aucun francophone membre de notre assemblée n’attendait ni ne souhaitait ces élections. Elles sont le fait d’un seul homme. Et il n’est pas confortable de travailler dans de telles conditions. »

Marie-Dominique Simonet reconnait toutefois implicitement que le logiciel Google Maps n’est pas infaillible et peut être sujet à « bidouillages ».

Le système de Google Maps donne un indice de sécurité allant de 1 à 8 et indique, dans certains cas, que le positionnement n’est pas suffisant. Le logiciel invite alors l’école et les parents à se positionner manuellement. De plus, le double du formulaire unique d’inscription indique qu’un repositionnement manuel a été opéré et il est remis aux parents.

C’est sûr, le débat n’est pas clos.1

  1. EXTRAIT DU COMPTE RENDU de la SÉANCE DU MERCREDI 9 JUIN 2010 du PARLEMENT []

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Une réponse à Inscriptions : Françoise Bertieaux a interpellé Simonet au parlement

  1. Catherine Tilquin dit :

    Comme c’était simple de mon temps (années 70). On avait la liberté de s’inscrire où, quand et comme on voulait.
    Tout cela me fait penser à ce que l’enseignement est devenu, un vrai foutoir.
    Bien triste « dernière » ligne droite de ma carrière.