Inscriptions : la périphérie a-t-elle été volontairement discriminée?

Le décret Simonet n’en finit plus de faire des vagues. Le manque de transparence devient angoissant pour de nombreux parents qui subissent l’attente interminable. Et la résistance s’organise. Des parents ont déjà pris l’initiative de consulter les services du Médiateur de la Communauté française, dont le rôle est de régler les litiges entre les citoyens et l’administration. Parmi eux, une maman uccloise, étonnée de découvrir que son fils n’avait pas obtenu de place dans une école de sa commune, pourtant proche de son domicile et de l’école primaire que sa fille fréquente. La raison est bête : cette école primaire est une école flamande. Et les élèves issus d’une école flamande, comme tous ceux terminant leurs études primaires dans une école francophone (!) de la périphérie, ne bénéficient pas du même indice que les enfants des autres écoles. Le ministère explique qu’il a été décidé de leur accorder l’indice moyen car il ne dispose pas des informations relatives à la situation de ces écoles qui, il est vrai, ne sont pas organisées par la Communauté française. Mais tout de même, un enfant francophone ne vaut-il pas un autre enfant francophone, puisqu’il est depuis longtemps absurde de parler d’élève « belge »?

Élève de la périphérie = élève « étranger »

Les services du Médiateur ont transmis à la mère une explication, citant le chef de cabinet de la ministre Simonet, Arthur Belleflamme :

Considérer les écoles néerlandophones de la périphérie ou les écoles flamandes de Bruxelles comme des implantations au même titre que les autres aurait présenté un biais énorme. (…) Pour quasi tous les élèves concernés, l’école flamande fondamentale choisie aurait été la première la plus proche de leur domicile. Ils seraient ainsi quasi tous partis d’une pondération de 3 (1,5 fois 2). C’est loin d’être le cas pour les élèves ayant choisi une école fondamentale francophone où la densité d’écoles du même réseau est beaucoup plus élevée et où la possibilité de partir d’une pondération de 3 est d’autant plus réduite.1

En résumé, pour éviter d’avantager ces élèves, on les a donc discriminés. La Communauté française les a sciemment défavorisés. Les parents sont atterrés.

On ne peut reprocher à quelqu’un d’être proche d’une école (c’est l’esprit du décret)! Que dire des enfants habitant le centre-ville d’une ville/village de Wallonie qui comporte une seule école primaire?

Je n’avais jamais entendu cette explication. On a toujours dit que l’indice moyen venait du fait que les informations relatives à ces élèves n’étaient pas connues. Cela signifie que le cabinet a fait des simulations de son logiciel dans notre dos et qu’on a délibérément posé des choix discriminants.

Les services du Médiateur ont tout de même demandé à rencontrer le cabinet de la ministre afin de discuter de ce point. Marie-Dominique Simonet devra bientôt s’expliquer.2

Merci de veiller au respect des règles orthographiques, grammaticales et syntaxiques dans les commentaires. La modération.

  1. La Libre – 9.06.10 []
  2. Illustration : RTBF []

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