Langues germaniques : fraîchement diplômée, déjà sollicitée

On le sait, notre enseignement souffre d’une grosse pénurie d’enseignants depuis déjà quelques années. Parmi les perles fort convoitées, on retrouve les professeurs de mathématiques, de sciences, de morale et bien sûr – ce sont même les plus recherchés – les régents ou licenciés en langues modernes et/ou germaniques. Un bon prof de langues, c’est aussi rare que la truffe blanche d’Alba. Mais pour le dénicher, point question ici de chien truffier ou d’un vulgaire cochon. Non, le prof de langues ne se récolte pas au voisinage des chênes. Son terrain, c’est plutôt l’école normale ou l’université… qu’il s’apprête à quitter. Et en cette fin d’année, il ne sont pas nombreux, une fois de plus, à prêter le serment de Socrate. Autant dire que les rares diplômés de la promotion 2010 sont certains d’avoir du travail à la rentrée. C’est le cas de Lorane. Elle vient d’obtenir le précieux sésame… et les propositions pleuvent déjà.

En 2e, on était quatre et on a fini l’année à trois. En 3e, nous étions trois… et je suis la seule à sortir diplômée en première session.

Ces chiffres ne sont pourtant pas étonnants. En cinq ans, l’ULB a perdu la moitié de ses diplômés dans les filières de l’enseignement. Un manque qui a des conséquences au quotidien dans les classes.

Ce que j’ai remarqué très souvent, ce sont des personnes bilingues qui viennent donner cours d’anglais et de néerlandais… mais sans formation et principalement pour le néerlandais… par exemple des ingénieurs qui sont téléportés dans une classe et qui doivent donner cours en faisant face à des problèmes pédagogiques auxquels ils ne s’attendaient pas… ou tout simplement des classes qui n’ont pas de cours de néerlandais.

Pas de prof mais un ordinateur

Pour éviter cette situation catastrophiques, certaines écoles envisageraient aujourd’hui de réduire le nombre d’heures de néerlandais par classe, d’autres pourraient se tourner vers les nouvelles technologies. Certains élèves pourront, à la prochaine rentrée, suivre leurs cours de langue sur des logiciels adaptés. Pas de quoi remplacer un bon enseignant… mais pour certains, il est plus urgent de combler les défaillances du système… en attendant, peut-être, l’arrivée d’un professeur compétent.

Lorane, elle, voit son avenir avec sérénité. Une dizaine d’écoles l’ont déjà contactée… Il ne lui reste maintenant plus qu’à choisir. Bonnes vacances.1

  1. JT RTBF – 30.06.10 []

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5 réponses à Langues germaniques : fraîchement diplômée, déjà sollicitée

  1. Claudia dit :

    Pénurie: STOP!FAUX!
    Je suis à la recherche d’un emploi en tant que professeur d’anglais et d’espagnol et je ne trouve rien!
    L’année dernière, j’ai accepté de travailler en primaire (en remplacement!)car c’était tout ce que j’avais trouvé et bien sûr j’ai été sous-payée…
    Exemple: douze heures dans le primaire comme maître d’anglais, payé 138 euros…et TROIS MOIS plus tard.
    Cette société se fout de nous!

  2. Anaïsnin dit :

    @Claudia : Si vous avez un master en langues modernes anglais-espagnol, votre souci est que ce diplôme n’est malheureusement pas un diplôme requis. Dans l’officiel du moins. L’anglais doit être donné par une personne ayant un master en langues germaniques et l’espagnol par une personne ayant un master en langues romanes. Ce sont les seuls titres requis à ce jour.

    Je sais, c’est fou, mais c’est comme ça et ça explique sans doute votre problème pour trouver un emploi !

  3. Pitch dit :

    Je suis licencié en langues germaniques Néerlandais – Anglais avec comme projet à la base devenir enseignant. Après moult réflexions, je me suis posé quelques questions par rapport au public auquel j’enseignerais. Les étudiants du secondaire n’ont généralement pas conscience des études et du travail qui a été fourni par l’enseignant afin de leur apporter quelque chose.
    Je sais que ceci ne concerne pas tous les étudiants, je me rappelle très bien comment c’était lorsque moi-même je suivais ces cours de langues. Sur une vingtaine d’étudiant, 3 voire 4 (dont moi) portait réellement un intérêt certain à ce cours. Je me suis donc redirigé vers le monde des entreprises qui offre en général plus de gratitude et qui offre forcément un parcours qui peut varier énormément!!
    Je suis conscient que ceci était un choix personnel mais combien de licenciés en langues sont confrontés à ce choix?
    Pénurie « OUI » mais la question est pourquoi!!
    Tant que cette question n’aura pas été résolue, je pense qu’on continuera à utiliser cette affirmation!!

  4. Moon dit :

    Une dizaine d’écoles ont contacté Lorane…. il ne lui reste plus qu’à choisir. Et moi, que devrais-je dire? J’ai été diplômée en 2009 et je n’ai toujours pas d’école en vue.. Même pas une ! Est-ce normal, alors que j’ai le même diplôme qu’elle ? C’est vraiment grave comme situation…

  5. Piou dit :

    Y a-t-il réellement pénurie de profs ou pas ? Apparemment, tout le monde n’est pas d’accord et ces témoignages m’interpellent. J’envisage justement de repostuler. Enfin, j’y réfléchis… En attendant, j’en profite pour glaner des infos par ci, par là. Vos commentaires m’intéressent.