Les sans-école de l'immersion

De nombreux élèves qui fréquentaient l’enseignement primaire en immersion se retrouvent aujourd’hui sans école pour la rentrée. C’est le cas d’Adrien qui habite Longueville en Brabant wallon. Il vient de décrocher son CEB en immersion en néerlandais à l’école de Wisterzée, à Court-Saint-Etienne, une école qu’il fréquente depuis la 3e maternelle. Mais voilà, il n’aura pas la possibilité d’aller étudier l’an prochain dans l’école de son choix, le Christ-Roi, à Ottignies car cet établissement est trop éloigné de son domicile. Quatre de ses camarades sont dans le même cas. Et les parents ne comprennent pas cette décision car peu d’écoles secondaires offrent la possibilité de poursuivre des études en immersion entamées dès le fondamental. Philippe Gérard, père de Merlin et habitant Genval est furieux :

J’ai pendant deux ans été président de l’Association des parents (de l’école de Wisterzée) et j’ai négocié un accord de collaboration avec le Christ-Roi. C’est comme si le décret venait casser toute la dynamique de l’école. D’autant qu’on n’est pas certain que dans les quatre classe en immersion du Christ-Roi, tous les élèves inscrits ont suivi l’immersion en primaire.

Xavier Vandernosten, père de Juliette, de Sart-Dames-Avelines embraie :

Un projet en immersion ne fonctionne bien que s’il est porté par la direction et les enseignants. Nous avons eu confiance dans le projet de l’école de Wisterzée et celui du Christ-Roi nous semble aller dans ce sens. Le pire, c’est que je vais déménager pour me rapprocher de la gare de Villers-la-Ville et que si j’avais déjà mis ma nouvelle adresse, ma fille serait peut-être prise…

Des élèves bilingues dans l’enseignement normal?

Du côté de l’école primaire et des autorités communale, on ressent tout cela comme une marque de mépris à l’égard du travail qui a été fourni. « C’est désolant. C’est comme si on nous faisait comprendre que notre projet pédagogique n’avait aucun intérêt », souligne le directeur. L’échevine stéphanoise en charge de l’enseignement confirme : « Pour cette école communale, nous nous sommes battus pour offrir cette immersion, il y a sept ans. Il a fallu trouver des enseignants néerlandophones. A présent, nos premiers élèves sortent avec leur CEB en poche. J’aimerais que la ministre intervienne. »

Un vœu pieux? Eric Etienne, porte-parole de Mme Simonet signale que les requêtes individuelles sont en train d’être étudiées.

Le problème en immersion, c’est qu’il y a beaucoup plus d’écoles primaires que de secondaires qui offrent ce choix. Nous sommes donc confrontés à un phénomène d’entonnoir.

Les parents l’entendent bien mais souhaitent que le cabinet prenne ses responsabilités.

Si on ne trouve pas de solution, on va avoir des enfants qui vont se retrouver dans l’enseignement normal, avec quatre heures de néerlandais et des jeunes qui ne savent pas dire « ik ben, je bent, hij is », alors que les nôtres sont déjà bilingues. Quelle perte de temps pour eux…

Manifs et recours

Notons qu’une centaine de parents et enfants se sont rassemblés mercredi Place Poelart, à Bruxelles, pour dénoncer le décret Inscriptions. Et les recours commencent à tomber avec Villers-la-Ville qui va saisir la Cour constitutionnelle et vient de déposer un recours en extrême urgence au Conseil d’Etat pour y attaquer l’application du décret, le logiciel Google Maps en particulier.1

  1. Le Soir – 1.07.10 []

A lire également




Vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Connect with Facebook

*

  1. Xavier dit :

    Si je ne me trompe pas, il y a des écoles qui n’ont pas fait le plein d’élèves en immersion, comme le collège Saint Pierre à Uccle. Mais il est à 102% de sa capacité, par l’inscription d’autres élèves.

    Kafka, une fois de plus