Examens de passage : chance ou injustice?

Les vacances sont bien là. Les écoles ont fermé leurs portes et les élèves peuvent enfin batifoler dans la nature et oublier les dures contraintes de la vie scolaire. Mais si les plus studieux profiteront jusqu’au bout des douceurs de l’été, d’autres devront assez vite remettre la main sur leurs cahiers et préparer les examens de seconde session, l’ultime chance d’espérer décrocher un pass pour l’année supérieure. Pour certains, les deux mois de vacances seront profitables et serviront à assimiler la ou les matières qui posaient problème. Pour les autres, l’examen de passage ne sera qu’une épreuve douloureuse de plus, d’autant qu’elle sera parfois jugée inutile.

Notons déjà que la « 2e sess » n’est pas obligatoire dans le secondaire général. Dans le réseau organisé par la Communauté française, une circulaire l’impose. Mais dans les autres réseaux, de nombreuses écoles ont fait le pari de s’en passer. Ce choix appartient soit au P.O. soit à l’école qui doit le préciser dans son règlement des études. Dans le libre, la seconde session perd chaque année du terrain, même si elle reste largement organisée. Ses détracteurs parlent de perte de temps, ses partisans de chance laissée à l’élève. Au Collège Saint-Hubert, à Watermael-Boitsfort, on a abandonné le rite de l’examen de passage. Et on explique :

Le débat a été lancé il y a quinze-vingt ans. Un mouvement s’est dressé contre cette pratique. Personnellement, je ne vois pas grande vertu à l’examen de passage. Une année, c’est dix mois. Si, en juin, on envoie un élève en 2e session, c’est que l’on suppose qu’il peut se remettre à flot en deux mois. Et si un élève peut se remettre à flot en deux mois, c’est qu’en réalité, il peut se remettre à niveau au cours des dix mois qui suivent; alors autant le laisser passer.

La seconde session pénalise l’élève défavorisé

Pas question pour autant de laisser les élèves sans travail durant les deux mois d’été. Des travaux de vacances sont à réaliser et, s’ils ne sont pas faits ou s’ils sont bâclés, l’élève encourt une sanction disciplinaire. Mais la décision du passage ou non dans l’année supérieure ne se fait qu’en juin. A l’Institut Saint-Louis de Namur, on fonctionne comme cela depuis quinze ans. Seuls les rhétoriciens peuvent subir la seconde session. Pour Jean-Marie Wenin, directeur-adjoint de l’établissement, pas question de passer l’épreuve de juin à deux reprises.

On estime que les décisions sont bien plus justes lorsqu’on les prend en juin car on a une bonne vision du travail de l’élève, du travail de l’année… Alors qu’au mois de septembre, on ne se souvient plus vraiment, il y a eu deux mois de vacances, les enseignants sont déjà presque rentrés dans l’année suivante et n’ont plus cette vision à long terme de l’élève.1

Dans le réseau de la Communauté française, on préfère parler d’une chance laissée à l’élève. Une chance d’étudier et de suivre des cours particuliers qui lui permettront de rattraper son retard. Encore faut-il qu’il puisse se les offrir ces fameux cours particuliers. Un élève issu d’un milieu défavorisé sera très certainement livré à lui-même durant les deux mois où il n’est plus en contact avec le cadre pédagogique. Ses chances de réussite sont donc très faibles.2

Philippe Englebert, membre du Segec :

Quel est vraiment le sens à donner à une seconde session sinon que peut-être on encourage le développement d’un marché parallèle à l’enseignement qui permettrait à certains professeurs de mettre leurs services à la dispositions d’élèves dont les familles sont pourvues financièrement. Et à ce moment-là, il y a d’autres élèves qui eux n’ont pas les moyens…

Examen de passage? Ici, ca n’existe pas!

A l’étranger, certains pays ne connaissent pas les secondes sessions. Au Québec, l’élève en échec profite de cours de rattrapage directement dispensés par l’école durant les congés scolaires. La Finlande n’impose aucun examen à ses élèves durant les neuf premières années de leur cursus scolaire… et au-delà, elle n’applique ni les examens de passage ni le redoublement. Avec les résultats que l’on sait.

  1. JT RTL-TVI – 6.07.10 []
  2. Le Soir – 6.07.10 []

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27 réponses à Examens de passage : chance ou injustice?

  1. Catherine Tilquin dit :

    Effectivement, comment rattraper en 2 mois sans prof ce qui n’a pas été maîtrisé pendant 10 mois avec un prof?
    Cela dit, je trouve les examens de passage profitables à des élèves qui ont été absents pour diverses raisons.
    Il existe maintenant des solutions moins onéreuses que les cours particuliers (Echec à l’échec, écoles des devoirs dans certains quartiers défavorisés…).

    Pour moi, les examens de passage sont aussi la possibilité de ne pas décrocher pendant les vacances et commencer l’année suivante en remobilisant les bases de l’année précédente.

    Cela étant, les secondes sessions à + de 5 exams me laissent perplexe.
    Les travaux de vacances ? Tout le monde sait que certains élèves ne les font pas eux-mêmes, où est donc l’avantage ?

    Beaucoup plus dangereux les sessions de juin où on lève des examens jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. Et s’il est raté ? Neuf fois sur dix on laisse tomber et on octroie le passage de classe à un élève qui, manifestement, ne maîtrise pas les bases (cas chez nous).

    Je n’ai levé qu’un examen cette année, celui d’une élève dyslexique et dysphasique qui avait Français,Langues modernes et Sciences (levé). Elle passerait en 3ème donc avec un tout nouveau cours de Bio/Chimie où beaucoup de notions sont des redites améliorées (Bio) et du tout nouveau (Chimie).
    C’est une élève courageuse, suivie par ses parents, je ne voyais pas l’avantage de lui faire réétudier le cours de Sciences. Je préfère qu’elle concentre le maximum de temps à ses deux autres examens. D’autant qu’en Sciences son problème ce n’est pas le cours en soi mais sa dyslexie. Quand je l’interrogeait oralement ça allait.

    Je vous souhaite de bonnes vacances.

  2. Xavier dit :

    Si un élève peut réussir un examen de passage en deux mois de travail, sans prof, c’est que ce dernier est tout à fait inutile. Les examens de passage sont la négation du rôle de l’enseignant.

    Tout autre chose est un travail de renforcement. Dans ce cas l’élève, si on lui explique bien l’objectif, pourra progresser.

  3. paul dit :

    Moi j’estime qu’une année doit vous permettre de faire vos preuves et que les deux mois sont des vacances. Ils ne sont pas là pour étudier. Ces épreuves de passage empoisonnent la vie de toute la famille. De plus, au-delà de 2 examens c’est quasi impossible de bien réussir. Ou alors, il faut payer des cours particuliers et là, je dis non.

  4. paul dit :

    Quant à la Finlande, on n’arrête pas de nous bassiner avec ses résultats. Mais comparons le comparable !
    97,1 % de la population est finlandaise. Pas de primo arrivants dans les classes, pas d’enfants en difficultés d’intégration.
    Le congé de maternité est de 9 mois et le congé parental de 3 ans est souscrit par 50% des femmes.
    Les tâches domestiques et ménagères sont partagées équitablement entre hommes et femmes. C’est la mentalité finlandaise !
    Mais si vous jetez un oeil sur les bancs de l’université, plus de 50% des étudiants sont des filles.
    Quant au chomâge il atteint presque les 9%. Et on compte beaucoup d’emploi précaires ou à mi temps.
    C’est mieux, certes, mais il y a là aussi de soucis…

  5. Xavier dit :

    « Les travaux de vacances ? Tout le monde sait que certains élèves ne les font pas eux-mêmes, où est donc l’avantage ? »

    Cela dépend comment c’est « vendu ».

    Mes élèves comprennent que c’est pour leur bien et chaque année (sauf une seule fois) ils les font avec beaucoup de soins.
    Il y a une entrevue (10 minutes) qui suffit amplement pour vérifier que l’élève a bien travaillé lui-même

  6. Anaïsnin dit :

    « Si un élève peut réussir un examen de passage en deux mois de travail, sans prof, c’est que ce dernier est tout à fait inutile. »

    Pas si l’échec de l’élève repose sur un manque d’investissement de sa part ! Que faites-vous des ados qui ne veulent simplement pas travailler ? Beaucoup d’élèves ont des résultats médiocres suite à une étude / un travail insuffisant. Lorsqu’ils s’y mettent à fond en été, ils parviennent à maîtriser la matière sans prof particulier.

  7. Catherine Tilquin dit :

    à Xavier »Mes élèves comprennent que c’est pour leur bien et chaque année (sauf une seule fois) ils les font avec beaucoup de soins. »

    Visiblement vos élèves et les miens n’ont pas les mêmes valeurs et ce n’est pas faute d’essayer de les leur inculquer.

  8. Xavier dit :

    @Catherine

    C’est un travail de longue haleine :-)

    C’est par exemple ne pas compter les évaluations que les élèves ont ratées, c’est leur permettre de refaire une interro, …

    C’est leur expliquer les raisons pour lesquelles ils ont échoué (et ne jamais dire qu’ils n’ont pas étudié).

    Mais c’est vrai aussi que j’ai des élèves de rêve :-)
    http://www.economiques.eu/blog/archives/110-Eleves-de-reve-ou-prof-de-merde.html

  9. Xavier dit :

    @Anaïsnin

    Mon expérience (qui est toute personnelle évidemment) est que les élèves, à de rares exceptions près) ont toujours l’impression d’avoir travaillé.

    Et l’investissement de nos élèves ne dépend-il pas de notre investissement?

  10. Notre gouvernement pour lutter contre l’échec scolaire et le redoublement incite la REMEDIATION et la PEDAGOGIE DIFFERENCIE.

    Si l’élève a un examen de passage, il va bénéficier de remédiation (payante ou pas) pendant les vacances. C’est un fait.

    De même, vu qu’il saura (si il a eu accès aux copies de ses épreuves, et si on lui a expliqué son échec) pourquoi il a échoué, ce qui lui permet d’obtenir une pédagogie différenciée, qui convient à ses propres difficultés. Deuxième fait.

    Ces deux faits sont en complète adéquation avec le décret mission et avec la volonté de notre gouvernement (pour lequel nous avons voté, parce que nous étions d’accord avec ses propositions)

    Ajoutons que si l’élève ne veut pas doubler et désire passer ses examens en septembre, il est donc motivé à réussir, ce serait étonnant qu’il échoue au motif de « manque absolu de travail ».

    Enfin il faut savoir que le redoublement coûte un prix exorbitant au contribuable que vous êtes (et moi aussi), et qu’en cette période de crise, des petites économies dans nos dépenses publiques seraient bienvenues.

    Enfin terminons par le fait que l’ONU demande à la Belgique de respecter la Convention Internationale des droits de l’enfant, notamment en laissant le jeune en âge de discernement le droit d’ exprimer son opinion pour devenir un acteur responsable dans les procédures administratives notamment qui le concernent.

    Quand en juin le conseil de classe décide de faire doubler d’office un jeune qui demande à repasser ses échecs en septembre, quelle est l’intention de sa décision?

  11. Ce qui est évalué en juin, ce n’est pas l’élève. C’est ce qu’il a appris. Pourquoi certains élèves réussissent en septembre ce qu’ils ont raté en juin?
    C’est juste une question.

  12. pat dit :

    Lucie,
    Sous prétexte que le redoublement coûte cher, on laisse passer, de plus souvent, des élèves avec 2 ou 3 échecs. A qui rend-on service ?
    A ces jeunes qui perdent le goût de l’effort ?
    A la société qui voit de jeunes diplômés bien peu armés et formés ?
    Rappellons que 63% des élèves qui arrivent à l’université ratent en 1e session !
    Moi cela m’interpelle fortement !

  13. les élèves ne sont pas obligés d’aller à l’université. Ils sont majeurs et ne sont plus tenus à l’obligation scolaire; C’est leur choix, c’est leur propre motivation qui fera qu’ils réussissent ou échouent.

    Le rôle de l’école n’est pas de garantir la réussite à l’université. Ce rôle est bien défini dans le décret mission, et ni l’élève, ni le parent ne peuvent éluder l’obligation scolaire.

    Les enseignants n’ont pas pour mission de rendre service à la société. Les enseignants ont pour mission d’enseigner et d’évaluer ce que l’élève a appris.

    Trop de profs, surtout dans le secondaire supérieur se croient investis d’une mission de sélectionneur.

    Le redoublement est aussi inefficace et délétère au jeune que l’antibiothérapie appliquée à la grippe saisonnière : ça ne sert à rien, ça développe des résistances et ça coûte cher.

  14. Moi ce qui m’interpelle, ce n’est pas le nombre d’échecs à l’unif, c’est plutôt de lire combien tant d’enseignants restent convaincus du bien fondé du redoublement, alors que notre Ministre de l’Enseignement Madame Simonet, en réponse à l’interpellation écrite d’une association de parents concernant un projet d’école pilote sans redoublement (comme en Suisse-question de moins gaspiller le denier public, sans doute-) répond en ses termes : « Tout comme vous, je suis entièrement d’accord avec l’idée que le redoublement est un signe de mauvaise santé de notre système éducatif »

  15. @ pat :ce gosse a doublé pour cet échec en math, il a du recommencer toutes les matières qu’il avait pourtant bien réussies, juste parce qu’il était fatigué, qu’il a mal lu, mal copié, qu’il a manqué de temps pour passer son examen. en quoi le redoublement lui a t il été utile?

    http://ladyslexique.skyrock.com/2860312230-Exemple-en-trigonometrie.html

  16. pat dit :

    Entre doubler avec un échec ou avec trois, il y a une marge.
    « La mission des enseignants est d’évaluer ce que l’élève a appris » justement, s’il n’a pas compris, pas acquis, pas fait preuve de sa connaissance, on doit laisser aller ?
    Je ne cherche pas à vous convaincre, vous m’avez l’air bien butée et moi aussi !

  17. Association de parents c/echec scolaire & abandon scolaire dit :

    En attendant de supprimer le rite des examens comme dans les pays du Nord dans l’enseignement obligatoire, que fais-t-on de la décision de l’élève ? C’est à lui qu’il revient de savoir s’il veut se donner une nouvelle chance, personne n’a à penser pour lui de ce qui serait bon pour lui à sa place, à moins qu’on ne le prenne pour un incapable de prendre la moindre décision tout seul concernant son avenir.

  18. pat dit :

    Ben voyons !
    Laissons décider l’élève.
    Une grande partie des élèves va se tourner les pouces pendant 10 mois puis va jurer ses grands dieux qu’ils sont capables, qu’ils n’ont juste pas travaillé assez, qu’ils pourraient s’ils voulaient…
    Et ils feront pareil devant un patron ?
    La vie n’est pas un conte de fées !

    J’ai doublé ma 3e et j’en suis sorti plus mûr, grandi. Je n’ai pas fait de complexe, pas perdu la confiance que j’avais en moi, j’ai juste fait confiance à mes enseignants qui trouvaient mes résultats trop faibles par rapport au travail fourni. Et la fin de mes études a glissé comme une lettre à la poste !

    Le seul et vrai prétexte, c’est l’argent !!!

  19. paulj dit :

    Un de mes enfants a doublé et ce fut une grande chance pour lui ! Il a changé de type d’enseignement et s’épanouit enfin dans des études qu’il aime et dans lesquelles il peut enfin se révéler.
    Quant à laisser aux enfants décider de ce qui est bon pour eux…
    Père de trois enfants, je suis très dubitatif.
    D’abord, tous les enfants n’ont pas la maturité nécessaire et en plus, cela dédouane les adultes de leur rôle éducatif. On se lave les mains comme on peut !

  20. Quel est le sens à donner à un enseignement élitiste basé sur l’évaluation qu’elle ait lieu en juin ou en septembre, sinon que peut-être on encourage le développement d’un marché parallèle à l’enseignement qui permettrait à certains professeurs de mettre leurs services à la dispositions d’élèves dont les familles sont pourvues financièrement. Et à ce moment-là, il y a d’autres élèves qui eux n’ont pas les moyens…
    C’est pas moi qui le dis, c’est Monsieur Englebert membre du SEGEC, dans cet article.

    @pat, c’est incroyable cette confusion dans les évaluations. Je ne comprends pas comment je puis être jugée ici par vous dans ma personne comme une « butée », alors que ce sont mes propos que vous qualifiez ainsi. C’est ainsi qu’on lit dans les bulletins « est un élève médiocre ». Ce n’est pas l’élève qui est médiocre, ce sont ses notes.

    La mission des enseignants n’est pas de préjuger de l’avenir des enfants, ni de leur apprendre que la vie n’est pas un conte de fée, ni que leur patron sera méchant (ce qui n’est même pas sûr…). La mission des enseignants est décrite dans le décret mission : donner à tous les chances d’émancipation sociale. Ensuite, c’est leur motivation, c’est leur choix qui feront ce qu’ils deviendront.

  21. paulj dit :

    Et s’il n’y a ni motivation, ni évaluation en fin d’année ? Que devient ce jeune ?
    Je parle d’expérience.

  22. pascal dit :

    Je n’enseigne pas dans une école élitiste ! Je donne cours en technique et professionnel et je suis père de 4 enfants.
    Je ne peux pas être d’accord avec ce que je lis ici.

    Quand un de mes élèves doit doubler, cela lui permet de reprendre souffle. Beaucoup nous arrivent en TR ou QT pour ne pas doubler justement, « ils descendent » de filière. C’est encore, hélas, l’image que la société a.
    C’est déjà oublier que les cours généraux sont aussi exigeants dans ces filières, surtout en transition !
    D’échec en échec, ces élèves se retrouvent finalement en professionnel où ils n’ont pas perdu d’année, mais où ils n’ont pas appris grand chose non plus. Pas assez armés pour les cours généraux, ils sont aussi en retard dans la pratique professionnelle. Et n’ont derrière eux aucune réussite, aucun bon résultat auquel s’accrocher pour se valoriser un peu.
    Depuis le début des années 1990, on incite à ne plus faire redoubler les élèves au motif que cela nuit à l’image que l’élève a de lui-même. Cette raison «psychologique», non avérée, est le produit d’un courant de pensée post-soixante-huitard. Je n’y souscris pas.

    Le redoublement peut être un tremplin pour beaucoup d’enfants, un second souffle qu’on leur donne pour poursuivre dans de meilleures conditions leur parcours scolaire. Beaucoup y verront une chance, en feront un atout.

    L’esprit de la loi a donné trop de pouvoir aux parents et les encourage à aller en commission de recours pour contester la décision du conseil de classe. Or ces commissions, dont aucun membre ne connaît l’élève, peuvent infirmer, en dix minutes, sur simple lecture des notes, la décision du conseil qui, elle, résulte d’un an d’observation.
    Envoyer dans les classes supérieures des élèves très faibles, c’est les détruire psychologiquement. J’en vois, chaque année, découragés.

    Quant à la 2e session… Chez nous, l’année se passe à cerner les difficultés des élèves, à tenter d’y remédier, à leur donner des outils pour palier à leurs difficultés. Tout est fait pour qu’ils arrivent à la session de juin avec tout le bagage nécessaire. Et celle-ci ne compte que pour une période. Un élève qui échoue le doit au travail de toute l’année, pas aux résultats des examens.
    Dans ce cas, je ne vois pas comment il pourrait rattraper seul, en deux mois, le déficit cumulé. S’il n’y a pas eu de motivation ou de compétences avérées en 10 mois, comment les faire surgir en 2 ?

    Utilité d’une session en juin ? Si l’élève est prêt, s’il a mis toutes les chances de son côté durant l’année, c’est pour lui un test qui va le valoriser grandement en cas de réussite. « J’ai pu le faire aussi, j’y suis arrivé tout seul. » Que de fierté lue dans les yeux d’élèves ayant réussi leur session ! Que de sourires !
    Appliquant l’évaluation continue, pour beaucoup cette session n’est qu’un détail de parcours. L’année est réussie avant. Mais je ne voudrais pas qu’on la supprime tant j’ai vu d’enfants reprendre confiance en eux pour aborder l’année suivante après avoir « vaincu » ces dix jours d’évaluation.

    Je veux bien croire que Mr Englebert, Mme Simonet, et d’autres intellectuels de l’enseignement, ont des avis différents du mien. Je ne suis finalement qu’un petit prof de base, dans une sous école sans doute. Mais 28 ans de carrière me permettent d’asseoir mes propos. Je fournis des exemples concrets à la pelle si vous le souhaitez.

  23. marie dit :

    Pratiquement le même nombre d’années d’expérience que Pascal, avec lequel je suis totalement d’accord.
    Chaque année, je cotoie des redoublants qui saisissent leur chance en se mettant à travailler, car c’est très souvent cette absence de travail qui a engendré l’échec de l’année précédente. Et du coup, ils réussissent leur secondaire sans problème. En revanche, certains parents ou même certains élèves choisissent le redoublement alors que le conseil de classe avait préconisé une réorientation (AOB). Là, souvent ils ont fait le mauvais choix, mais c’est eux qui l’ont fait…
    Ce n’est pas la première fois que les psychopédaogues en chambre se trompent. La preuve ? Toutes les réformes et réformettes mises en place depuis les années septante qui, chacune, aurait dû améliorer l’enseignement. J’attends toujours et cela depuis le début de ma carrière…

  24. JacquesDB dit :

    Et l’évaluation des compétences dans tout ça ?

  25. oufti10 dit :

    A chaque enfant sa solution. Malheureusement (ou heureusement :-) ) il n’existe pas d’élèves de référence.
    Echec, 2e session, examens, … c’est génial … parfois oui parfois non.
    Quant à laisser le choix, je propose aux parents d’y penser dès les 2 ans de leur enfant. Que veux-tu manger à quelle heure veux-tu aller te coucher ?
    wouahh ça c’est du « tuteur » !!!

  26. Examens de passage ou pas ?
    Seconde chance ou pas ?
    Les écoles libres font ce qu’elles veulent, normal ou pas ?

    • marie dit :

      Chère Nathalie, je travaille dans une école libre et j’étais totalement opposée à l’idée d’abandonner la seconde session.
      Ce qui a emporté ma décision, c’est la déclaration, très juste, de ma direction qui signalait que certains élèves pouvaient suivre des cours particuliers alors que d’autres n’en avaient pas les moyens. Du coup, nous avons changé notre façon de faire en nous investissant davantage aux côtés de nos élèves. Maintenant, ceux qui ne font rien, qu’ils soient riches ou pauvres, tant pis pour eux. C’est plus équitable et plus stimulant. J’avais tort.