La ville de Charleroi a décidé d’interdire le port du voile dans toutes ses écoles communales dès la prochaine rentrée scolaire. Pour l’instant, il s’agit d’une décision isolée… mais se pose une nouvelle fois la question plus générale de son interdiction dans tous les établissements de la Communauté française. Un décret « neutralité » est actuellement en préparation mais il ne sera certainement pas prêt à temps. De nombreuses jeunes filles voilées pourront donc continuer à fréquenter leur établissement scolaire (pour autant que ce dernier autorise le port du foulard dans son règlement d’ordre intérieur), faute d’une législation claire en la matière. « Pour cette rentrée scolaire, ce n’est plus possible, ce ne sera pas faisable », confirme la ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet. Mais pourquoi ce retard?
Les partis de la majorité sont divisés
D’abord parce que les différents partenaires du gouvernement ne se sont pas encore mis d’accord sur un texte qui satisfasse toutes les parties. C’est que le sujet divise, même à l’intérieur des formations politiques. Ainsi, au moment de voter son interdiction à Charleroi, le Conseil communal a bien montré que chaque élu avait son point de vue sur la question. Le MR, en pointe sur ce dossier, a voté pour. Une partie des élus PS, dont l’échevine de l’Enseignement, Latifa Gahouchi, ont voté contre. Ecolo s’est opposé, de même que le CDH. Ces deux partis espéraient un ajournement de la décision jusqu’à ce que la Cour constitutionnelle, qui a été sollicitée, confirme si oui ou non, il revient au législateur (le Parlement communautaire) d’édicter une telle interdiction.1
La chef de file de l’opposition libérale à la Communauté française, Françoise Bertieaux, ne cache pas son agacement devant les hésitations de la majorité, en général, et de Marie-Dominique Simonet en particulier.
La ministre, un jour, dit qu’elle veut… Le lendemain, elle laisse entendre qu’elle ne sait plus très bien si elle veut (…) Et nous avons un texte… nous avons déposé un texte sur la neutralité. Il a été soumis au Conseil d’État qui a rendu un avis très favorable… Alors, qu’est-ce qu’on attend?2
Mme Simonet attend car le gouvernement doit répondre à cette question : « comment restreindre une liberté fondamentale comme le port du voile? » L’interdiction doit être proportionnelle.
Qu’est-ce qui est proportionné? Il me semble que la protection de l’enfance, la protection de la jeunesse devraient justifier une interdiction de porter le voile à l’école jusqu’à un certain âge.
La Cour constitutionnelle n’a pas encore donné sa réponse
Ensuite, il y a, comme nous l’avons écrit plus haut, les questions juridiques. La Cour constitutionnelle a été saisie pour déterminer quelle institution doit légiférer en la matière… Est-ce bien à la Communauté française d’interdire? Les villes, communes et P.O. peuvent-ils aussi le faire? Mais les choses n’avancent pas… car la Cour est loin d’avoir donné sa réponse (la date de l’audience n’a même pas encore été fixée). Du coup, tout le monde attend. Marie-Dominique Simonet admet cependant que la Communauté française ne pourra plus longtemps s’abstenir de légiférer en la matière. Sans cela, la cacophonie menace, chaque pouvoir organisateur pouvant adopter ses propres règles, chaque élève pouvant déposer, voire gagner, un recours contre ces règlements particuliers. Patience…
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Est-ce vraiment à l’école de résoudre les problèmes de société que l’Etat ne peut résoudre ?
C’est un peu comme la mixité sociale.
le problème ne vient pas de l’école mais de la société et forcément il rejaillit sur l’école.
Encore une fois, on prend le problème à l’envers.