Les pédagogies actives : pourquoi ça marche

Depuis quelques années, les établissements pratiquant une pédagogie « alternative » ou « active » ont le vent en poupe en Belgique. On les appelle les écoles « Freinet », « Decroly » ou « Steiner », du nom des pédagogues dont elles revendiquent l’héritage. A chaque rentrée scolaire, elles séduisent davantage de parents grâce à leurs pédagogies différentes en totale rupture avec l’enseignement dit traditionnel. L’école Decroly à Uccle doit ainsi refuser chaque année près de 200 demandes d’inscription… Et elle n’est pas la seule. En marge de notre système éducatif, fondé en grande partie sur la sélection et la peur de l’échec, les écoles « nouvelles » « font autrement », tout simplement. Et c’est bien ça qui plaît aux parents… et aux enfants. A 11 ans, selon la Communauté française, 20% des élèves sont déjà en retard scolaire… 50% en fin de 5e secondaire. Plus de 30% finiront par décrocher de l’école sans aucun diplôme ni aucune qualification. Face à ce récurent constat d’échec, à des élèves de moins en moins motivés et aux profils très contrastés, ces écoles seraient-elles la « solution miracle »? Là où la démocratisation de l’enseignement pourrait aujourd’hui sembler acquise, ces pionniers de l’éducation vont peut-être, enfin, démocratiser la réussite. Quels sont leurs secrets?

Des écoles pas comme les autres

Les écoles pratiquant ces pédagogies alternatives utilisent des méthodes bien à elles, aux antipodes de ce que l’on peut généralement observer dans les classes de nos enfants. Parents et enseignants se tutoient, le plus souvent… Les premiers n’hésitant pas, sur invitation des seconds, à s’engager au sein de l’établissement voire même de la classe. Première pilier : les parents ne sont pas des adversaires mais des partenaires.

On notera aussi que ces pédagogies rejettent l’enseignement magistral, jugé à la fois trop frontal et trop dirigiste. L’enfant choisit librement son emploi du temps, généralement sur base d’un contrat, et s’investit dans une activité qu’il doit mener à bien. A lui d’observer, de chercher, de tester, de noter… L’enseignant reste en retrait, disposé à fournir à l’élève les informations nécessaires. A la fin, le jeune retiendra mieux les informations qu’il aura lui-même recherchées. Deuxième pilier : favoriser l’autonomie des enfants et donner du sens aux apprentissages.

Troisième fondement : l’absence de compétition dans un enseignement qui rejette les notes et les classements. Convaincus que les points « cassent » davantage d’élèves qu’ils n’en stimulent et sont, finalement, des freins au progrès, les enseignants Freinet et leurs collègues préfèrent évaluer les élèves dans la continuité – l’erreur n’est qu’une étape de l’apprentissage – en regardant leur engagement dans le travail et leurs acquis et non-acquis. L’enfant est lui-même invité à s’auto-évaluer et à poser un regard critique sur son travail et les perspectives de remédiation qui s’offrent à lui.

Ne pas mettre de notes pourrait sembler bizarre. Mais le système s’avère payant. Selon la Communauté française, dans ces écoles « alternatives », on réussit aussi bien et souvient mieux qu’ailleurs, enquêtes et épreuves externes à l’appui. Et l’on va même plus loin, la majorité de ces établissements ont banni le redoublement, au moins jusqu’en 3e ou 4e secondaire. Le mot d’ordre est clair : chaque enfant recèle sa part de potentiel. A l’enseignant de trouver, pour chaque élève, quels que soient son niveau scolaire et ses difficultés, un terrain de réussite. Bien rares sont les enfants incapables de tout. C’est pourquoi, à l’école fondamentale Decroly, par exemple, on propose aux enfants de s’initier à un grand nombre d’activités manuelles et artistiques (cuisine, théâtre, chant, dessin…). Si l’enfant peut s’épanouir en développant quelque talent dans l’une ou l’autre discipline, c’est son travail dans toutes les autres matières qui en sera affecté, étant entendu que la confiance en soi est le moteur de la réussite et que pour progresser, l’élève doit avant tout croire en ses capacités. C’est le quatrième pilier : chaque enfant est capable et les adultes (des révélateurs de potentialité) qui l’entourent doivent l’aider à en prendre conscience.

En outre, les élèves apprennent très tôt la démocratie directe et la responsabilité. Les « conseils d’enfants » hebdomadaires, où des délégués de 3 à 12 ans peuvent discuter librement et soumettre leurs idées en vue d’améliorer le bon fonctionnement de l’école, en sont un parfait exemple. Respecter l’autre, son opinion… savoir écouter, respecter ses engagements… les élèves sont vus avant tout comme des individus et non comme des sujets à qui il convient simplement de donner un apprentissage.

On notera évidemment que les enfants ayant fréquenté ces établissements durant leurs études primaires (il existe peu d’écoles secondaires offrant ce type de pédagogie) s’en sortent généralement bien en secondaire… et après. Leur capacité d’analyse et leur autonomie se révélant des atouts précieux. La revue américain Science a publié des conclusions montrant des « avantages très significatifs » chez ces écoliers :

A 6 ans, ils sont nettement meilleurs en lecture et dans les exercices mathématiques; ceux de 12 ans affichent une plus grande créativité littéraire se servant davantage de phrases plus complexes et produisant des textes plus longs.

Un accès peu démocratique

Enfin, cerise sur le gâteau, ces méthodes marchent également dans un milieu populaire. En 2001, en France, un établissement de la banlieue lilloise avait dû fermer ses portes en raison de ses mauvais résultats et de la violence qui y régnait. Une équipe d’enseignants, convertis à la pédagogie Freinet, réussirent cependant à redresser le navire et, six ans plus tard, aux évaluations standardisées de l’Education, l’école dépassait la moyenne du canton et même, pour certaines matières, la moyenne nationale. Les pédagogies alternatives seraient donc positives même face à un public issu de quartiers défavorisés.

Mais tous les parents peuvent-ils inscrire leurs enfants dans une école dite « active »? En théorie, oui bien sûr. Mais dans la pratique, on observe que ces établissements abritent surtout des familles de classes moyennes et supérieures à fort capital culturel. Ces parents ne sont pas tous aisés financièrement mais ont en commun de partager les mêmes valeurs par rapport à l’enseignement. Et si le coût des études n’est officiellement pas un obstacle, il s’avère tout de même dissuasif. Dans les écoles Montessori, situées dans des faubourgs assez chics, le minerval annuel par enfant varie de 4.000 à 10.000 euros. Ce sera moins cher dans une des quatre école Decroly en Communauté française où les parents seront invités à débourser quelque 800 euros par an. Sans surprise, les écoles les plus onéreuses appartiennent au réseau libre. Mais d’autres établissements relèvent soit de la Communauté française, soit des communes. Leur accès est donc plus démocratique. Mais quoiqu’il en soit, on y croise peu d’enfants issus de familles défavorisées.

Un modèle pour l’école de demain?

Si les théories défendues par Célestin Freinet ou Ovide Decroly ont prouvé leur efficacité depuis maintenant plus de 60 ans, elles restent pourtant fort peu appliquées dans les écoles, en dehors des quelques établissements-prototypes dont nous venons de parler. Certains y voient cependant un modèle pour l’école de demain : résultats en hausse, enfants plus heureux, incivilités moins fréquentes, violence quasi-absente…

Mais si les enseignants font souvent de la pédagogique différenciée sans même le savoir, ils ont du mal à appliquer des méthodes différentes de celles qu’ils ont eux-mêmes suivies, en général avec succès. Et puis, ces pédagogies sont moins rassurantes, le prof travaille sans filet, sans rien pouvoir anticiper. Il doit bien avoir en tête tous les concepts qui doivent être abordés et s’assurer que chaque élève participe au questionnement. Cela exige une attention peu commune.

Par ailleurs, on ne propose pas assez de formations aux méthodes alternatives. Les horaires rigides, les programmes chargés et une organisation individualiste de la profession sont autant d’obstacles à la diffusion de ces nouvelles pratiques. Et il faut aussi épingler la pression des parents qui tiennent aux repères qu’offre la pédagogie traditionnelle. Un journal de classe bien rempli, un bulletin tous les deux ou trois mois avec des chiffres clairs et définitifs, des examens, des contrôles réguliers, des devoirs à domicile… Tout cela est rassurant pour ceux qui pensent encore qu’apprendre ne peut se faire que sagement assis à son banc.1

  1. Le Vif – 15.03.10 []

Commentaires

  1. Caro dit :

    Personnelement j’ai pu découvrir la pédagogie Steiner Waldorf (la philosophie est un autre sujet).

    Je trouve que ces écoles sont fabuleuses! Mais trop chères et hermétiques. En effet, il est difficile pour un enseignant, de secondaire en plus, d’y pénétrer afin d’enseigner ou d’y faire un saut instructif!

    Je pense que l’autonomie des enfants y est très dévelopée et ceci dès le plus jeune âge, et que ce type d’enseignement favorise la confiance en soi de l’élève. Mais cette confiance en soi peut être exacerbée et rendre l’enfant imbus de lui-même, condescendant même, sa prise de parole est un droit et il le fera bien savoir… Les « decroliens » se respectent… entre eux.
    Mais dès lors qu’ils se confrontent à des règles, des fonctions plus ou moins rébarbatives et devant obéir à des règles et des schémas prédéfinis ils se retrouvent en réelle souffrance.

    Je pense que tout enseignement est favorable à partir du moment où les parents sont complices avec le professeur et que l’éducation se prolonge même sous le toit familial (comme pour la pédagogie Decroly).

    Je pense aussi que si les parents peuvent débourser 4000 euros pour l’éducation de son enfant, qu’il se trouve dans un établissement Freinet ou un athénée royal, son niveau sera meilleur que la moyenne des autres.

    J’ai pu rencontrer des professeurs de la pédagogie Steiner et Decroly, et tous, m’ont étonnée par leur passion, leur culture générale, leur rigueur et leur connaissances plutidisciplinaires!
    Chaque professeur à ses passions, à ses connaissances mais dans ce genre de pédagogie, le professeur est moins actif, certes, mais plus libre!

    Si chaque école pouvait bénéficier d’une classe immense, comprenant une zone d’expérimentation et une zone avec des animaux vivants (Decroly), une zone de déshabillage-mise à l’aise (Steiner, les enfants sont en chaussettes ou en chaussons dans la classe) du matériel spécifique et de grande qualité (Montessori) l’enseignement général n’en serait que meilleur…

  2. Il existe peu d’écoles secondaire offrant ce type de pédagogie, qui pourtant a montré ses preuves.

    Pourquoi?

    Comment peut on expliquer que l’enseignement fondamental s’adapte plus vite, plus intelligemment aux pédagogies alternatives pour lutter efficacement contre l’échec et le décrochage scolaires que l’enseignement secondaire?

    Comment peut on expliquer que les enseignants du fondamental exploitent plus vite et plus intelligemment les nouvelles technologies notamment en matière de troubles de l’apprentissage (je pense à la dyslexie) que leurs collègues du secondaire?

    Par la formation des profs? Difficile à croire, ils ont une formation plus longue et universitaire dans le secondaire; ils ont tant d’expertise qu’ils sont souvent assistants à l’unif, sont jurys pour des concours, voire le jury « central »

    Par la pression des parents? Sans le bulletin et les notes, comment, dans le secondaire, le parent pourrait il avoir une idée de comment ça se passe? En réunion de parents (trois par an, impossible de voir plus de quatre profs, faute de temps), le professeur se contente de montrer les notes consignées dans le registre. Si elles sont trop basses, il doit travailler plus. Si elles sont bonnes, il pourrait travailler plus.

    Pour une question de sous? Le redoublement, inutile et délétère coûte 350 millions d’EUR à la Communauté française par an si mes informations sont bonnes. C’est la seule réponse pédagogique proposée à l’échec en secondaire.

    Pourquoi cet évolution à deux vitesses?

    A cause de l’élève?

    1. roquier dit :

      parce que l’homme a de grosses difficultés pour se défaire du passé, des références habituelles et s’ouvrir à une autre façon de voir. Certains y parviennent plus vite que d’autres et créent ainsi des écoles alternatives. Malheureusement, ceux qui mettent plus de temps sont ceux qui tiennent les manettes parce qu’ainsi toutes leurs références auxquelles il croient tomberaient d’un seul coup et cela fait peur s’ils participaient au changement. C’est compréhensible en même temps si on veut changer quelque chose dans ce monde il faudra y passer et soi-même en premier. Si on ne le fait pas cela ne changera rien à l’univers, à la vie, elle continuera mais sans la race humaine car elle disparaitera en partie ou en totalité. C’est cela la loi de l’impermanence…Les deux chemins sont possibles à chacun de choisir…
      Il en va pour le système éducatif comme pour tous les domaines de l’existence humaine.
      C’est simple et difficile à la fois

  3. 800 Eur par an pour une école sympa pour mes enfants, je prends tout de suite. Cela ne représente que vingt leçons particulières, des parents paient bien d’avantage en noir aux profs les mercredis et les samedis après midi pour aider leurs enfants à réussir dans le secondaire.

  4. lucy dit :

    Je ne sais pas où vous enseignez Lucie, mais vous avez des idées toutes faites.
    Mes réunions de parents ne se passent pas comme ça, celles de mes collègues non plus.
    La 1e réunion de l’année a lieu autour d’un pasticcio, classe par classe, on fait connaissance, on prend le temps.

    Quant à la formation, elle est bien en cause. Je n’ai jamais eu de cours sur la dyslexie, ni comment la découvrir (cela doit être fait en primaire) ni comment y remédier. Ce que je sais, je l’ai appris par moi-même.
    Ayant des élèves dysphasique, j’ai dû là aussi apprendre, me faire aider.
    N’est-ce pas ça notre job ? On n’a pas la science infuse.

    Quant aux pédagogies actives, j’y vois du bon et du moins bon. Mais je n’ai plus trop le temps de développer.

    1. roquier dit :

      Concernant les formations montessori, certains instituteurs de l’école publique disent qu’ils ont plus appris en deux semaines Montessori qu’en une année d’étude.
      Ensuite il existe les faux cas de dyslexie provenant de la pédagogie elle même et les vraix cas malheureusement qui doivent être traités à part.
      Faites une bonne formation montessori ou steiner ou finlandaise et vous empêcherez des cas de dyslexie d’apparaitre et proposerez un enseignement avec une portée qui dépasse les simples savoirs utiles à la vie de l’enfant.

  5. Anaïsnin dit :

    Il est vrai que le secondaire ne propose pas grand chose à ce niveau-là ! Mais même en primaire, où l’offre est un rien plus large … les prix sont là !

    Je me sens en accord avec la pédagogie Montessori appliquée aux petits. Mais à titre d’exemple, les frais à la Montessori house du Brabant wallon s’élèvent – quand même ! – à 8300 euros par an en maternelle et 9900 euros / an en primaire. Impayable pour le commun des mortels !

  6. mika joniaux dit :

    Faux! Decroly ne fait plus du Decroly depuis longtemps dans le secondaire malheureusement….

  7. elia dit :

    J’ai une amie instit dans un établissement à pédagogie Freinet. Elle est tellement enthousiaste qu’on ne peut qu’adhérer en l’écoutant. Mais je pense que c’est aussi sa nature et qu’elle le serait tout autant dans une école « standard ».

    Toutefois, quand elle me parle de certaines choses, je les retrouve dans l’école de mes filles qui n’est pas Freinet.
    Je pense au travail par groupe, aux corrections de rédaction par petits groupes, aux conseils des enfants, à la pédagogie de projet…
    La grande différence à mes yeux est le rapport à l’autorité, beaucoup plus expliqué, négocié chez elle que chez mes enfants. Est-ce bien ou pas ?

    Ce qui m’étonne quand je vois son école et d’autres que je connais, c’est que Freinet s’est battu pour que l’école soit accessible à tous et que les enfants du peuple ne fassent pas les frais du capitalisme, que sa pédagogie puisse être appliquée à une majorité d’enfants et pas seulement l’élite. Il était en lutte contre le système scolaire de l’époque et le système économique de son époque.
    Or, dans de nombreuses écoles Freinet, le niveau social et financier des parents est assez élevé. Peu de mixité sociale à mes yeux.
    Il faut dire que les excursions, les projets, les sorties… cela coûte.
    N’est-on pas loin de la philosphie de base aujourd’hui ?

  8. hedwigeviolette dit :

    @ Lucie…. je ne sais pas pourquoi vous dites que dans le primaire les instits. appliquent mieux et plus vite les nouvelles méthodes… ce que j’en ai vu en tant que maman…des instits ne sachant pas ce qu’est la dyslexie…il a fallu leur expliquer et quant à l’application de « nouveautés » c’était surtout des moyens pour ne rien fiche. Les classeurs de mes enfants étaient remplis….des devoirs que JE leur faisais faire et de la matière que JE leur expliquais. Ayant cotoyé beaucoup de psychologues et de logopèdes, tous m’ont dit que si les besoins en logo étaient en hausse c’est parce que justement les enfants n’apprennent plus de manière cadrée et structurée. N’ont plus de drill…désolée mais les tables de multiplication ou la conjugaison…le drill est indispensable.
    Les pédagogies différentes c’est très bien mais pour une MINORITE d’enfant. La grosse majorité ayant besoin d’être cadré.

  9. Bonjour,
    Je suis enseignant dans une école Freinet. L’article ci-dessus était illustré dans le Vif par des photos prises dans ma propre classe ;) . Je n’ai malheureusement pas croisé la journaliste car il y a plus d’une aberration dans son article. Il existe en effet quelques écoles privées pratiquant la pédagogie Freinet mais elles pratiquent en général un lien entre « minerval demandé » et « revenus des parents ». Il existe aussi des écoles Freinet purement communales, une à Evere, trois à Liège, 20 à Gand, une à Chiny… et bien des enseignants Freinet pratiquant ça et là dans d’autres écoles non identifiées comme pratiquant une pédagogie « différente ». La phrase « Mais quoiqu’il en soit, on y croise peu d’enfants issus de familles défavorisées. » s’avère donc une pure contre vérité. Si l’école des Bruyère installée à Louvain-la-neuve ne draine par un public défavorisé en plein milieu du Brabant wallon, il n’y a pas là de quoi s’étonner. A Evere, en bordure de la commune de Schaerbeek, l’école Clair-Vivre accueille-elle un public de toutes origines sociales. Les trois écoles Freinet de Liège ne sont pas isolées dans des quartiers « bourgeois ». Il y a effectivement des parents qui choisissent ces écoles pour leur pédagogie mais ce n’est pas forcément la majorité du public.
    Au niveau du secondaire, un projet soutenu par des parents de diverses écoles primaires privées d’école secondaire dans le sud de Bruxelles est en gestation, il existe l’école à pédagogie Nomade et un projet commence à se réfléchir pour le nord de Bruxelles aussi dans le cadre des nouvelles écoles nécessaires.

    Je ne vois pas en quoi Decroly ne ferait plus du Decroly. Ces pédagogies ne sont pas des recettes de cuisine de la pédagogie mais des philosophies de l’éducation. Parler de « Faire du Decroly » me semble donc un peu réducteur. Seul Ovide Decroly faisait du Decroly, seul Célestin Freinet faisait du Freinet et tous ceux qui s’en inspirent en créer leurs interprétation de la philosophie de départ en adaptant à leur public, à leur « bâtiments »…

  10. Gomme dit :

    J’étais persuadé que ces pédagogies avaient disparus.
    J’imaginais donc un titre tel : Les pédagogies alternatives, pourquoi ont-elles disparu ?
    Cadrer les élèves et oser revenir à une discipline d’avant 68, l’humanité en plus.
    Le vrai problème est le rapport à l’autorité. Nous en avons la preuve tous les jours.
    Lisez Alain Finkielkraut et Aldo Naouri pour arrêter de tourner en rond.

  11. lucy dit :

    Clarté, simplicité, rigueur, structuration, mémorisation… tout le monde est bien d’accord.
    Et il y a du bon dans les pédagogies actives. Et dans les autres.

    Et si au-delà des pratiques pédagogiques, il n’y avait pas une méthode efficace mais DES enseignants efficaces ? Des enseignants capables de varier des approches maîtrisées en fonction de la nature des apprentissages visés et prenant compte ce qu’ils perçoivent du fonctionnement de leurs élèves. Elèves forcément différents.

    Pour moi, il est important de proposer des outils, des procédures à l’élève. C’est souvent cela qui fait défaut aux élèves en difficultés passagères ou durables. Et c’est à ce genre d’élèves que j’enseigne.

    De même, l’objet de l’apprentissage doit être identifié par l’élève assez vite. L’élève en difficulté doit savoir de manière explicite sur quoi il doit porter son attention.

    La relation prof-élève doit être de bonne qualité aussi sinon le transfert de savoirs n’est pas optimal.

  12. J’ai suivi une formation Freinet de 2 jours. Les idées et le fonctionnement m’ont séduites mais je ne peux imposer cette pédagogie à mes collègues et travailler seule de cette manière dans une équipe.Ce ne serait pas l’idéal pour le cursus de mes élèves. Je leur apprends à travailler en groupe et fait des évaluations formatives mais la collègue qui me suit a un enseignement très structuré et classique et les élèves ne réinvestissent plus ce que je leur ai appris! Quelle est l’utilité???
    Je travaille plus selon la méthode de la classe participative de Mme Caron qui est un mélange de pédagogies.
    Nous souffrons également d’un manque de matériel et d’infrastructure ce qui parfois me bloque pour laisser aller ma créativité!! Je ne suis pas blasée mais juste de temps en temps dégoûtée, je travaille dans une classe qui n’a pas été remise en couleur depuis plus de 15 ans … ce n’est qu’un détail mais imaginez-vous un peu le « bonheur » de rentrer dans ma classe.Et le bien-être de mes élèves!!!!

  13. Manuela dit :

    Pédagogie Nomade: projet pilote, oui, mais en péril par non reconnaissance de sa spécificité: http://peripleenlademeure.be/spip.php?rubrique1

  14. Ariane dit :

    @Gomme.
    Les écoles Freinet (mes 3 filles ont été à Clair-Vivre, école communale gratuite et populaire à Evere) et l’école de la communauté française, gratuite également, Pédagogie Nomade sont justement des écoles qui ont un autre rapport à l’autorité. Elles sont des écoles dans lesquelles les élèves vivent la démocratie. Pour nous, parents qui voulons des écoles de ce type, l’enfant apprend car il a envie d’apprendre, car l’adulte lui donne l’envie et les moyens d’apprendre, l’enseignant est un adulte à qui on peut s’identifier (@Alain: merci pour l’année passée avec Hannah). L’enfant n’apprend pas parce qu’il redoute l’échec scolaire, ou pour gagner des points uniquement; ce système entraine l’exclusion de certains, la tricherie d’autres, la violence, la spéculation, la compétition,…

    Pour de plus en plus d’élèves, ces écoles alternatives sont nécessaires. Pour les élèves heureux dans l’école classique, laissons les choses comme cela mais offrons d’autres possibilités pour les élèves actifs qui veulent prendre leurs apprentissages en main et qui n’ont pas besoin d’un maître tout puissant pour cela. Citation d’un prof d’athénée classique voire élitiste à un élève: « l’école est une dictature mais c’est pour ton bien » (à méditer)

    Pédagogie Nomade fait partie maintenant des écoles démocratiques en Europe
    http://www.eudec.org/schools/pedagogie-nomade/

  15. champneois linda dit :

    Je suis assistante sociale et suis à la recherche d’une école à pédagogie alternative sur Bruxelles et environs pour un enfant de 3 ans qui a été diagnostiqué autiste (bien que ce terme soit pour le moins très vague). Les parents sont assommés par la situation et veulent avant tout une école qui respecte leur enfant quelle que soit la méthode préconisée (Montessori, Freinet ou autre).

  16. Ève Bienvenue dit :

    Bonjour, je suis étudiante au baccalauréat en enseignement primaire à l’Université du Québec à Montréal.

    Je débute mes recherches pour trouver une école de stage francophone pour l’hiver prochain. Je m’intéresse beaucoup aux pédagogies alternatives comme Freinet, Waldorf-Steiner, etc. Si vous avez des suggestions d’écoles ou des contacts, il serait très apprécié que vous m’en fassiez part ! Je suis ouverte à tout ce qui est actif, démocratique et global.

    (SVP pas de Waldorf, puisque j’ai déjà un stage de prévu dans une de ces merveilleuses écoles au Québec !)

    Merci beaucoup de votre aide ! :)

    1. Lau dit :

      Bonjour !

      Je peux te suggérer l’Autre École à Auderghem… Si ce n’est pas trop tard pour toi. Mon fils y est. Mes aînés sont allés à l’école Le plateau à Montréal et Pierre Laporte… :-D

  17. anne stassin dit :

    Ma fille dyscalculique a vécu ses 5 premières années de primaire comme un supplice. Elle a eu la chance d’avoir une place à Decroly en 6e.elle y a retrouvé la confiance, elle y a appris qu’elle n’était pas une « imbécile » comme lui laissait percevoir ses cotations d’avant. Elle a eu son CEB avec brio.
    Malheureusement, nous avons une ministre qui ne voit pas le bien être ni le suivi pédagogique comme critère sélectif. Elle n’a pu continuer en humanités. Depuis, elle dépérit à vue d’oeil…
    L’athénée qui l’accueille ne propose aucune aide pour les enfants dys. malgré son discours inverse. Ce n’est pourtant pas très difficile de suivre les directives pratiques à ce sujet.
    C’est aux directions de motiver leurs professeurs et à l’état de donner les moyens pour réussir plutôt que de payer le redoublement humiliant et profondément inutile dans la plupart des cas.

  18. Jade dit :

    Je fais actuellement des recherches et un Projet sur les pédagogies alternatives, en me focalisant sur Montessori, Steiner, Freinet et Decroly.
    Je cherche à savoir les différences entre ces pédagogies et si je peux avoir des contacts avec des gens qui ont eu une expérience, cela m’aiderait beaucoup !

    Merci d’avance !

  19. Lau dit :

    Bonjour !

    Je cherche à savoir quelles écoles secondaires offrent ce type d’enseignement.
    Avez-vous des suggestions à me faire pour Bruxelles, le Brabant wallon et même ailleurs en Wallonie ? Je connais Decroly mais c’est tout !

    Merci.