Enfants sans école : mais que fait Simonet?

On compte encore aujourd’hui entre 250 et 300 enfants sans école, des enfants qui ne sont toujours pas inscrits en 1ère secondaire parce qu’il n’y a plus de places disponibles dans les établissements de leur choix. Une situation très difficile à vivre pour ces jeunes ados et leurs parents. Sans compter les directeurs d’école, mis sous pression comme jamais. Et à quelques jours de la rentrée, le problème commence à embarrasser la ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet, qui fait le point sur la situation avec Fabrice Voogt, journaliste du Soir. D’entrée de jeu, la ministre CdH donne le ton : « Il n’y a pas d’enfants sans école, simplement des enfants dont les choix n’ont pas été (encore) rencontrés ».

Si on me le demande, demain je les inscris tous et ils auront tous une école. Des places, à Bruxelles notamment, il y en a et dans des écoles qui ont de beaux projets pédagogiques. L’objectif du décret, c’est de rencontrer au mieux le choix au parent. Depuis des années, il existe des écoles où la demande dépasse l’offre. Ce n’est pas le décret qui a créé cette situation, mais cette situation qui a engendré le décret.

Marie-Dominique, qui estime n’avoir commis aucune erreur de gestion, souhaite que les parents cessent de confondre « liberté d’enseignement » avec « liberté d’aller où on veut ».

Le rôle du politique est d’organiser les espaces où il y a des tensions ou des difficultés et des inégalités. On sait que certaines personnes ont demandé, avec beaucoup de naïveté d’ailleurs, qu’on en revienne au système d’avant, où “on s’arrangeait”. Tout le monde n’avait pas cette chance. Avant, on râlait sur le directeur, maintenant c’est sur la ministre. Ce que l’on essaie, c’est de donner satisfaction à un maximum de parents, ce qui est le cas pour une écrasante majorité d’entre eux. (…) La Constitution prévoit une liberté d’enseignement à deux niveaux. Le premier, c’est de pouvoir organiser tel ou tel type d’enseignement et c’est ce qui est à l’origine de la création des réseaux. Le deuxième, c’est la liberté de choisir tel ou tel réseau, pas d’inscrire son enfant dans une école où il n’y a plus de place. Quand quelqu’un me dit que son enfant doit absolument aller dans cette école, j’ai envie de répondre : « d’accord, mais je sors qui pour faire de la place pour votre enfant ? ». On a aussi l’air de dire que l’on force la mixité. C’est faux, on l’encourage seulement. On ne va pas faire venir des pauvres en bus dans le Brabant wallon.

« Le meilleur système est celui qui vous donne personnellement satisfaction »

F. V. : Certaines directions d’écoles critiquent vertement le décret. Est-ce parce que la centralisation, tout en allégeant leur travail, leur ôte une partie de leur autonomie ?

Les directions d’écoles qui, depuis toujours, étaient complètes et fonctionnaient sur liste d’attente, sélectionnaient en faisant parfois plaisir à leurs amis. Le meilleur système est celui qui vous donne personnellement satisfaction.

Et la ministre Simonet de parler d’effet de mode lorsque les parents doivent choisir l’école de leur enfant.

Ce sont les problèmes économiques qui génèrent cette inquiétude par rapport à l’école. Et cela peut conduire à une certaine forme de marchandisation de l’enseignement. Les gens ont parfois l’impression qu’il n’y a qu’une seule école qui peut convenir à leur enfant. Il y a un effet de mode, comme pour les restaurants.

La ministre reste discrète sur l’avenir du décret…

F. V. : La mixité ne devrait pas s’encourager plus tôt, soit dès l’école primaire ? Des passe-droits, il y en a en primaire aussi…

Je ne vais pas faire un décret pour les écoles primaires ! On va déjà essayer d’en sortir avec celui-ci. Bien sûr qu’il faut l’encourager là aussi. Mais ce n’est pas dans mes tablettes pour l’instant.

On peut regretter que la ministre Simonet n’envisage pas de favoriser la mixité sociale dès l’enseignement fondamental. Il est admis qu’à l’entrée du secondaire, il est souvent trop tard, la discrimination s’étant opérée des années plus tôt. Néanmoins, le décret sera évalué à la rentrée. Un recours en annulation étant toujours pendant, la ministre CdH ne souhaite pas en dire trop… Mais il est acquis que l’on reverra l’allongement de la période d’inscription, de trois au lieu de deux semaines, et la date : après Carnaval et non après Pâques. Elle reste cependant confiante : « Je ne suis pas inquiète quant à sa stabilité juridique. Il est conforme à la constitution et à l’intérêt général parce qu’il donne une chance à tout le monde. »1

  1. Le Soir – 20.08.10 []

A lire également



Vous êtes responsable de ce que vous publiez, aussi bien civilement que pénalement. Sont donc interdits sur ce site les propos: diffamatoires, haineux, obscènes, injurieux, menaçants, racistes, illégaux ou ne respectant pas la vie privée des personnes.

Merci de relire votre message avant de l’envoyer. Nous n’acceptons pas les commentaires comportant des erreurs orthographiques, grammaticales et syntaxiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Connect with Facebook

*