Bientôt des parents au conseil de classe?

L’échec scolaire ne faiblit pas en Communauté française. Une « tradition » bien belge qui nous coûte cher. Chaque année quelques millions d’euros sont engloutis par le redoublement de milliers d’élèves. A la fin du secondaire, seuls 30% des garçons – et 50% des filles – sont « à l’heure ». Mais à qui la faute? Selon l’ASBL « Association de parents luttant contre l’échec scolaire et l’abandon scolaire », ce sont les profs qu’il faudrait avant tout « responsabiliser ». La présidente de l’ASBL, Corinne De Cuyper explique :

Quand un enseignant met un élève en échec, il considère que l’échec est celui de l’élève, pas le sien. Il considère que le problème vient de l’élève, pas de lui. Il ne sent pas responsable. Ce que nous souhaitons, c’est que l’enseignant refuse cet échec et fasse son maximum pour aider l’élève à remonter la pente.

L’association de parents épingle que le redoublement est, en somme, la solution de facilité, de même que la réorientation forcée (l’élève peut passer dans l’année supérieure à condition de changer de filière d’enseignement). Elle n’a pas tort, les experts de l’OCDE ont encore démontré récemment que le redoublement est une mesure ruineuse à l’efficacité douteuse… voire même néfaste pour l’enfant. Qui peut le nier?

En quoi recommencer à étudier toutes les matières réussies vont-elles aider ces jeunes dans les matières qu’ils appréhendent difficilement? Partout, c’est le sentiment de vivre une injustice et de se sentir impuissant face à un système qui broie.

Quelles solutions ces parents proposent-ils alors? D’abord une réforme du conseil de classe, vu comme une chambre d’entérinement de l’échec. Les parents souhaitent pouvoir y siéger, ainsi que des représentants des élèves, avec voix consultatives lors des délibérations.

Parents et élèves pourront-ils briser le huis clos du conseil de classe?

L’ASBL dénonce aussi ces écoles qui n’organisent plus d’examens de seconde session, les accusant « d’empêcher des jeunes, motivés pour réussir, de ne pas doubler. »

Elle milite enfin pour la création d’une instance juridique indépendante de l’école pour y traiter des décisions de redoublement…1

Les élèves et leurs parents ont un sentiment d’impuissance face à la parole des professeurs et de la direction. Pour faire valoir leurs droits, les parents se tournent vers la Justice. Les procédures sont longues, avec des tribunaux peu habitués à gérer ce genre de problèmes avec la sérénité qui convient. La décision intervenant souvent des années après, elle n’a plus aucun sens. L’avenir du jeune est compromis.

Les enseignants réagissent

Bien sûr, les professeurs ont tenu à réagir. La violence de la charge les étonne. Sont-ils vraiment responsables de l’échec de leurs élèves? Non ! Et d’inviter les parents à venir voir en classe, comment le travail s’effectue.

Nous sommes à nouveau pris pour des gens irresponsables ! Comme si avant l’échec nous n’avions pas essayé de remédier ! Qu’un représentant des parents et un représentant des élèves assistent aux conseils de classe, cela ne me dérange pas (mais alors avec les mêmes consignes que nous); ils pourront voir que nous faisons tout ce qui est possible pour « sauver » les élèves. On ne s’amuse pas à les enfoncer !2

Aucun enseignant ne peut ignorer l’échec de l’un de ses élèves. Il est faux de penser qu’il se désintéresse des causes de cet échec et qu’il en rejette toute la responsabilité. Mais force est de constater que beaucoup d’enfants se désintéressent de l’apprentissage et rechignent à suivre les conseils de leurs enseignants. « On ne peut pas faire boire un âne qui n’a pas soif » dit-on souvent. A la différence que l’âne, si vous êtes un peu patient, finira bien un jour par avoir soif. L’élève en revanche, s’il n’a pas envie d’apprendre, pourra bouder très, très longtemps les leçons de son professeur.

Rappelons aussi à ces parents qui souhaiteraient contester des décisions du conseil de classe qu’il existe des recours internes et externes. Et que jamais une décision de redoublement n’est prise à la légère. Enfin, en ce qui concerne les écoles qui ont fait le choix de ne pas organiser d’examens de seconde session, l’expérience a montré que le taux de réussite est légèrement supérieur à la moyenne, ce qui s’expliquerait par le fait que les élèves ne calculent plus et travaillent dès le début de l’année, sachant bien qu’ils n’auront pas de deuxième chance. A l’inverse, certaines écoles organisent 4 sessions d’examens (septembre, décembre, avril et juin) et les résultats n’ont jamais été aussi mauvais.

Parents et enseignants devraient être des partenaires. Que les uns en viennent à soupçonner les autres de tant de légèreté est finalement fort peu constructif.

  1. Le Soir – 24.09.10 []
  2. Baujoe sur Enseignons.be []

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Vos commentaires

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  1. Jacqueline dit :

    Ce matin, j’ai lu l’article dans le journal et « j’ai fait des bonds dans mon fauteuil » !
    Encore une fois …… les enseignants coupables et irresponsables !

    • Sylvie dit :

      Pensez-vous que les élèves sautent de joie quand ils sont en échec? Mauvaise foi évidente !!!!!!!!!

  2. Marie dit :

    Je travaille dans une école qui n’organise plus d’examens de passage. C’est bien plus efficace pour la réussite des élèves. En effet, ils savent qu’ils doivent travailler tout au long de l’année. Dès lors, pour soutenir les étudiants en difficultés, des remédiations personnalisées sont mises en place pour leur permettre de s’améliorer. Maintenant, c’est vrai que ceux qui ne prennent pas leur destin en mains ne réussissent pas. Mais, avec pareille attitude, ils auraient de toute manière raté lors d’un examen de passage s’ils n’avaient pas travaillé. C’est un sentiment de justice qui a guidé notre décision. En effet, qu’advient-il des ados dont les parents ne peuvent payer des cours particuliers ? Au moins, avec notre système, nous devons nous investir personnellement aux côtés de nos élèves.
    Avant de jeter encore l’opprobre sur les enseignants, il faudrait les consulter pour comprendre leurs motivations et leur faire confiance… On n’arrête pas de leur imposer des réformes qui ne font pas leurs preuves puisque le taux d’échec reste important. Et si les « consommateurs de l’école » et les illuminés de la pédagogie se mettaient enfin à les écouter avant de leur assener ineptie sur ineptie ?…

  3. Frédéric dit :

    Il faudrait peut-être rappeler aux parents que pour éviter le redoublement, il faut aussi être suivi et travailler à la maison… ils ont donc également leur part de responsabilité !

  4. pascal dit :

    Il y a autant de raisons à l’échec scolaire qu’il y a d’enfants en échec.
    Mais je voudrais que les parents balaient aussi sur leur trottoir au lieu de critiquer les profs sans cesse. Dans ma classe de 2e, j’ai déjà quatre enfants dont le journal n’a pas été signé une seule fois en trois semaines, dont les devoirs ne sont pas faits et dont les parents ne sont pas venus à la 1e réunion de parents.
    Si un échec survient, ne seront-ils pas responsables aussi de la situation ?

  5. Damien dit :

    Je ne suis pas pour le fait que les parents soient présents aux Conseils de Classe.

    Si j’ai bien compris, la motivation de cette demande ne vise qu’à contrer des décisions d’échec.
    « Quelles solutions ces parents proposent-ils alors? D’abord une réforme du conseil de classe[...] » => Quelle(s) est(sont) donc l’(les) autre(s) solution(s) qu’ils proposent ?

    Je crains également que leur voix consultative d’abord soit par la suite comptabilisée au même titre que les enseignants ( donc, délibérative ).

    Cela étant, j’ai de plus en plus l’impression que la société en règle générale n’a absolument plus confiance en son système éducatif et qu’il est de bon ton de démolir le travail des enseignants, qui sont quand même des professionnels en la matière…

    • Sylvie dit :

      Les parents français sont présents aux conseils de classe et défendent les enfants dans les décisions qui les concernent.
      Ce que les parents veulent, c’est la suppression des certificats B et que leurs enfants soient maitres de leur destin, suppression des certificats C mesure inutile et délétère qui n’a jamais prouvé son efficacité et qu’au conseil de classe, soit décidé ce qu’on met en place pour aider l’élève.

      • Damien dit :

        Et donc, parce que cela se fait en France, il faudrait le faire aussi ?
        Je crois qu’il faut comparer ce qui est comparable, et surtout arrêter de toujours vouloir copier d’autres pays qui vivent d’autres réalités, d’autres systèmes.

        Cela étant, je vous cite : « Ce que les parents veulent, c’est la suppression des certificats B et que leurs enfants soient maitres de leur destin, suppression des certificats C »
        En clair, attestation de réussite pour tout le monde ?
        Après tout, pourquoi pas ? Comme ça, même plus besoin de faire des conseils de classe : tous les élèves réussissent directement…
        La voilà, LA solution !

  6. Jacques dit :

    Inviter des parents et des élèves au conseil de classe et en délibération: bonne idée, ça ! Déjà appliquée en France.
    Mais je ne vois pas en quoi cela va augmenter le taux de réussite: les professeurs font correctement leur travail.
    Pourquoi critiquer les réorientations ? On essaye d’aider les élèves à s’épanouir au mieux dans ses études…

  7. Xavier dit :

    Je comprends le désarroi de certains parents devant l’échec de leur enfant.

    Je considère aussi que les enseignants ont une responsabilité, ce qui ne veut pas dire que c’est leur « faute » si un élève rate.

    Les parents au conseil de classe? Et ensuite dans les classes? Et ensuite derrière le prof qui corrige?

    Ce serait peut-être une meilleure idée que les parents soient présents aux réunions de parents, présents chaque jour pour vérifier avec leur enfant ce qui va et ne va pas.

    Un échec ne survient pas tout à coup le jour du conseil de classe, il est prévisible un mois, 5 mois, 8 mois avant.

    Et alors à ce moment, les parents ont aussi leur responsabilité….

  8. Benoit dit :

    Pourquoi recommencer à étudier les matières réussies ?
    Le noeud du problème est là.
    Le SYSTEME est ainsi fait : on considère l’année scolaire dans son ENTIERETE, on ne peut pas extraire l’une ou l’autre matière des décisions des conseils de classes et ça, même les profs les plus attentifs au sort des élèves dont ils ont la charge n’y peuvent pas changer grand’chose.

    Alors, il faut utiliser son énergie non pas à taper encore une fois sur le dos des enseignants (même si nul n’est parfait évidemment…) mais à réfléchir à un nouvel agencement des études : chaque matière serait indépendante des autres au niveau évaluation : un élève pourrait se retrouver au niveau 4 en français, en histoire et en géo, au niveau 2 en math et en phys, au niveau 5 en géo et au niveau 3 en anglais…
    Cela impliquerait bien sûr une refonte complète du système des conseils de classe, qui deviendraient des conseils « par disciplines enseignées ».
    Et en poussant le bouchon encore plus loin, si on veut accéder à des études supérieures, il faudra atteindre un niveau « x » dans certaines matières, un niveau « x+2″ dans d’autres et ainsi de suite…
    Des (bonnes) idées pour améliorer l’enseignement, il y en a à la pelle ; celles qui se greffent sur le système actuel ou celles qui engendrent un changement organisationnel complet.
    Mais les bonnes volontés politiques sont loin, très loin de ces considérations…

  9. Benoit dit :

    Et par conséquent :
    - finie l’angoisse des 2è sessions

    Et par conséquent :
    - fini les choix « négatifs » pour rejoindre l’enseignement technique ou professionnel…

  10. Annick Jeunehomme dit :

    Corinne de Cuyper dit n’importe quoi. C’est une attaque stupide et non fondée.Qu’elle vienne dans les classes. Qu’elle se rende compte par elle-même du travail que les professeurs fournissent pour leurs élèves et qu’elle voie à quel point certains de ceux-ci se moquent totalement de l’école et de ses exigences. Quand quelqu’un de raisonnable et d’intelligent va-t-il poser la bonne question: comment réapprendre le courage et l’effort à 50% des élèves??
    Venez voir dans nos classes…Nous vous invitons!

    • Sylvie dit :

      J’admire le courage de cette Corinne De Cuyper, je ne trouve rien de stupide à ce qu’elle a dit. Bravo.

  11. Marie dit :

    Il faudrait peut-être revoir les grilles d’évaluation du CEB.
    Des élèves sont obligés de s’inscrire en 1ère commune et ils ont le niveau de 2 ou 3e primaire ???!!! Alors la je peux vous dire qu’amener ces élèves en 2R, il faut être politicien ;-) ce sont les seuls qui ont le génie d’y parvenir.

    • Sylvie dit :

      Quel est le niveau du prof qui a fait ce commentaire ? Son niveau d’empathie à l’égard des enfants, les apprenants (la plus grande qualité des enseignants)est impossible à mesurer car nul.

      • Lucy dit :

        Je ne vois pas où Marie a dit une énormité.
        Le CEB « nouvelle formule » et la manière dont il est présenté dans les médias… laissent penser que c’est le sésame pour le secondaire. Or, réussir son CEB avec 55 ou 60 % ne permettra pas à tous les élèves de réussir sans souci en secondaire.
        Il n’est pas question d’être ou non en empathie avec les élèves, mais juste de dire les choses comme elles sont.

      • Lucy dit :

        De plus, une fois le CEB obtenu l’élève est obligé de s’inscrire en 1C alors que ce n’est peut-être pas son choix, son envie l’idéal pour lui. Mais il n’a pas le choix !!
        Dans notre système, on pense de plus en plus à la place des gens (enfants et parents) mais personne ne pense vraiment à eux.

  12. Marie dit :

    D’accord avec Benoît, je pensais déjà à ce système il y a 25 ans.
    Mais, il faudrait une fameuse volonté et ce à tous les niveaux (parents, enseignants, politiciens, …)
    De plus, l’élaboration des horaires serait un fameux casse-tête ( mais réalisable).

  13. pascal dit :

    Benoit, concrètement, vous gérez ça comment avec des classes de 25 à 30 ?

    Et puis sincèrement, vous connaissez beaucoup d’élèves qui doublent avec un échec ? Même avec deux ils passent chez nous. Avec des obligations de s’inscrire en remédiation dès septembre, de suivre l’étude dirigée un trimestre…
    Cela fonctionne souvent très bien car le problème est qu’ils ne sont pas suivis à la maison.
    Depuis qu’il est quasi nécessaire de travailler à deux pour s’en sortir financièrement, beaucoup d’enfants sont livrés à eux-mêmes en dehors de l’école !

  14. paulj dit :

    Comme le montre, une fois de plus, Anne Floor dans un article de l’UFAPEC, plus un élève est aidé, moins il progresse. L’assistanat parental doit être bien dosé pour être efficace. Or, depuis quelques temps, de nombreuses associations de parents se forment hors UFAPEC et FAPEO, pour dénoncer telle ou telle chose.
    Ces parents-là qui croient bien faire, se rendent-ils compte qu’ils font pis que bien ?

    Laissez donc les enseignants faire leur travail, je pense que majoritairement ils le font bien.

    Le rôle des parents est d’accompagner les enfants dans la régularité du travail, dans la valorisation de celui-ci. Ils doivent lui apprendre l’autonomie et eux, être partenaires de l’école et non adversaires.
    Est-ce si difficile ?

  15. La présence d’un représentant des parents et d’un représentant des élèves avec voix consultative est la seule manière de garantir le bon déroulement du conseil de classe. C’est l’aspect collégial de la décision qui garantit son équité.
    Il existe des élèves qui doublent pour un seul échec.
    Il existe des conseils de classe de polichinelle, où tous les profs ne sont pas présents.
    Il existe aussi des élèves pour lesquels il n’y a pas de délibération : un échec on passe, deux on ne passe pas.
    Il existe aussi des élèves auquel on attribue un deuxième échec.

    Le professeur qui dit que cela n’existe pas est un menteur.

    La voix consultative du parent et de l’élève ne changera rien à la responsabilité des décisions, mais au moins, l’ensemble des éléments sera pris en considération lors des délibérations.

    Pour ne plus jamais voir ça :

    http://ladyslexique.skyrock.com/2932403039-Circulaire-Hazette-La-notation-fera-l-objet-d-un-soin-particulier-et-l.html

  16. Pascal, enseignant dit : « Benoit, concrètement, vous gérez ça comment avec des classes de 25 à 30 ?3
    C’est donc pour ça que les parents doivent refaire l’école après l’école, et/ou payer des profs particuliers? Quand les enseignants vont ils comprendre que la politique de l’échec et les cours particulier arrange bien l’Etat, comme pour les pensions, comme pour les soins de santé : le citoyen paie la différence, parce que l’Etat n’est plus en mesure de payer un service de qualité.

  17. Wachtelaer dit :

    la gestion des conseils de classe est bien plus complexe que ne le laissent entendre certains commentaires. quelques questions:
    - la représentativité de l’association correspond-elle au buzz médiatique qu’elle a déclenché ?
    - comment garantir que les délégués de parents ou d’élèves seront vraiment des défenseurs de l’intérêt général ?
    - comment former les directions et les enseignants à cet exercice difficile (surmonter les querelles d’ego, combattre les indiscrétions qui transgressent le secret des délibérations, apprendre à motiver correctement les décisons par respect pour la loi mais aussi par souci de pédagogie).
    quant au débat entre pour et contre les deux sessions d’examen, je suis en faveur de l’organisation de deux sessions tout en étant conscient que l’on ne fait pas réussir les élèves qui ne travaillent pas. je ne suis pas certain que l’asbl de Mme Decuyper soit consciente de ce ‘détail’

  18. baujoe dit :

    « Il existe des élèves qui doublent pour un seul échec »(Lucie Delcroix)
    NON !!! un seul échec et l’élève passe dans l’année supérieure …et du coup, il y a des élèves qui passent chaque année avec un échec toujours dans la même branche !!!

    « Il existe aussi des élèves auquel on attribue un deuxième échec » (Lucie Delcroix) ???
    Comment attribuer un échec là où il n’y en a pas ???

    « Le professeur qui dit que cela n’existe pas est un menteur » (Lucie Delcroix) et la personne qui affirme ceci avance des éléments à prouver ! En tout cas, moi, je peux me regarder dans le miroir sans problème !
    Mais je n’apprécie pas que les profs soient, encore une fois, les gens à abattre ! Si tous les critiqueurs veulent prendre nos places à l’école, ils sont les bienvenus, on manque de bras !

  19. baujoe dit :

    Je précise, pour moi…représentant des parents et des élèves peuvent venir au conseil de classe, je n’ai rien à cacher !

  20. tommaret dit :

    Yakayaka….faut quand même expliquer pourquoi il y a un tel taux de redoublement en Belgique, pourquoi, malgré ce taux élevé de redoublement, nos étudiants sont si mal placés dans les tests PISA, c’est en Belgique francophone qu’on retrouverait le plus de parents « qui ne s’occupent pas de leurs enfants » ??? Pourquoi ne pas se poser ces questions ? ( puisque nous sommes SI compétents…)Et ne venez pas prétendre que nous sommes à la hauteur, les résultats sont là et je comprends que cela inquiète les parents.
    On nous confie des jeunes à former et nous leur offrons l’échec. Le QI des belges francophones serait plus bas que celui des autres jeunes ?
    Pourquoi un enfant comprend une matière donnée par X et est perdu quand elle est donnée par Y ?
    Pourquoi un jeune qui recommence une année pour les maths et le néerlandais finit par la tripler pour le français et un autre cours ? Où est la logique ? Résultats : abandon scolaire…
    J’ai parfois l’impression que les profs (francophones) SE considèrent bons profs parce qu’ils ont un bcp d’échecs, tout comme ils se pensent « bons profs » parce qu’ils ont distribué des centaines de photocopies.
    Devoir, travail, effort…je ne lis que ça et où est le plaisir d’apprendre, de savoir, de connaître ? Les jeunes ne l’ont plus ? Pourquoi ?…Quand et où l’ont-ils perdu ?

  21. Elle a vingt ans, elle est en 5ème, elle est ajournée pour 6 examens. Elle en réussit 5, rate math. Elle double sa cinquième, les lacunes en math sont trop importantes pour aborder convenablement une sixième. Le père voit le prof, demande à laisser passer sa fille qui a toujours eu des problèmes en math mais qui va au cours toute l’année chez un prof particulier, son option est sciences sociales, elle a bien tout réussi. Réponse, non, elle doit doubler mais « je vais l’aider ».
    Enseignement officiel, Hainaut.

  22. Il vient d’avoir 18 ans, il a échoué math en rétho. Il doit doubler. Le prof de chimie a informé le papa qu’on lui a demandé de retirer des points, pour ne pas être seul en conseil de classe à demander le redoublement. Petite précision, le parent a osé se plaindre officiellement auprès de la direction générale en juin du style pédagogique du prof. Ecole officielle, Hainaut.

  23. Ils sont 6 ajournés, 2 réussissent, 4 ratent, seul un double. Celui qui double sa cinquième doit doubler parce qu’il a deux échecs : en biologie, l’échec noté 8/20 est basé sur une copie dont toutes les cotes sont raturées, pour être revues à la baisse. Tiens ici aussi, le parent avait introduit une plainte officielle à l’encontre d’un prof au style pédagogique pour le moins… curieux. Enseignement officiel (pas le même que le précédent) , Hainaut.

    Tout le monde sait que ça existe, ceux d’entre nous qui prétendent le contraire sont des menteurs. Tous les coups sont permis car il n’y a aucune régulation dans les mauvais établissements, sous prétexte du huis clos. Dans ces écoles, on ne donne pas les copies d’examen.

  24. paulj dit :

    Madame Delcroix, je ne sais où vous enseignez mais mes enfants sont dans des écoles différentes et je n’ai jamais eu à me plaindre de la tenue de CC même s’ils ont eu des parcours différents, plus ou moins heureux.

    Pour fréquenter de nombreux enseignants, je n’en ai jamais entendu aucun me confier autre chose que « la présence au conseil de classe est obligatoire et les décisions collégiales ».

    Aucun de mes enfants n’a jamais doublé pour un échec mais l’un d’eux a eu durant trois ans, des travaux de vacances.

    Quant à la présence de parents aux CC… lesquels ? avec quel objectif ? Et la confidentilaité des débats ? (Pour le bien de l’enfant, je précise !)
    En tant que parent, je ne suis pas chaud.

  25. paulj dit :

    Des niveaux différents suivants les enfants et les matières ?

    Théoriquement génial. Mais comment constituer les classes ? En fonction de quel(s) critère(s) ?
    Et quid de l’organisation quand on sait que les écoles sont tenues par un nombre d’heures strictes ?

    Les idées, c’est bien mais pouvoir les réaliser n’est-ce pas mieux ?

  26. baujoe dit :

    Mme Delcroix :
    -Les copies d’examens ne sont pas données ( ce sont des documents officiels) mais peuvent être consultées à l’école.
    -La 2ème session est une 2ème chance, il faut la saisir en entier ! D’ailleurs est-ce bien raisonnable de donner 6 examens de 2ème session ???
    - Ce n’est pas parce que l’on suit des cours particuliers que l’on a un sésame de réussite !

  27. Madame Baujoe, lisez les circulaires mises en ligne sur enseignement.be, les copies des examens doivent être remises aux parents (celle de cette année porte le doux nom de 3190 et date du 23 juin 2010). Tous mes élèves peuvent obtenir copie de tout document qui les concerne : car l’erreur est formative, quel est le sens de l’évaluation sans ça?

    Bien sûr il y a des conseils de classe de polichinelle, sur celui ci, seuls 6 profs sur un total de 15 connaissent le seul élève qui double, il n’y a eu aucune difficulté en délibération : un échec on passe, deux on ne passe pas. Dans cette mascarade, le prof qui ose prendre le parti de l’élève est soupçonné de « nivellement par le bas ». Dans ce local en huis clos, c’est au nombre d’échecs que le respect se gagne, n’est ce pas? Etre reconnu en salle de prof dans toute son expertise, dans une école « élitiste », dont on dit « quand on sort de mon école, on a une année d’avance à l’unif » est la consécration pour certains d’entre nous. C’est si triste de voir nos jeunes profs tomber très rapidement dans ce piège…

    Bien sûr il y a des chouettes écoles et des chouettes profs -il y a même des chouettes élèves et des chouettes parents- mais il n’y a aucune régulation dans les écoles qui ne respectent pas leur mission : le PO, quand il est la Communauté française n’intervient pas.

    Pourquoi?

    Pourquoi y a t il des classes de 27 élèves, pourquoi y a t il des profs malheureux, inquiets, sans boulot encore en septembre?

    L’échec scolaire et la peur du redoublement arrange bien l’Etat qui ne parvient pas assumer son décret mission. Les parents y vont de leur poche pour pallier à ses insuffisances, comme en matière de pension et soins de santé. Pourquoi changer un système boîteux mais qui fonctionne parce que le citoyen, pris en otage, est d’accord de payer de sa poche?
    Ajoutez y un zeste de « mixité sociale » qui dilue la pauvreté, cache l’appauvrissement général, et c’est la paix sociale garantie. On peut continuer ses petites affaires dans les ministères, surtout sans prendre trop de risques politiques en proposant des changements. C’est ce que fait Madame Simonet, non?

    Quand les profs vont ils comprendre que la politique de l’échec et du redoublement vont à l’encontre de leurs réclamations bien légitimes : plus de moyens dégagés par l’Etat pour assurer l’enseignement de qualité qu’on leur demande?

    http://ladyslexique.skyrock.com/2909768259-La-decision-du-Conseil-de-classe-une-decision-collegiale-eclairee-dans.html

  28. Marie dit :

    J’ai souvent constaté que des parents qui négligeaient la scolarité de leurs enfants durant toute l’année se mettent à s’y intéresser quand leurs ados ratent. Question d’égo ? Désir de faire croire à l’enfant qu’on s’intéresse tout de même à ses études ? Comme l’a dit un intervenant précédent, un parent lucide et qui suit ses enfants (bulletins, interrogations, journal de classe, réunions de parents…) voit arriver l’échec, celui-ci tombe rarement par surprise en fin d’année…

  29. Marie, si le parent lucide et qui suit ses enfants voit arriver l’échec, pourquoi le professeur ne le voit-il pas arriver, et surtout, ne propose-t-il pas à l’élève un plan d’apprentissage pour l’éviter? Avez-vous une seule fois en Conseil de classe, vu un contrat d’apprentissage adapté à un élève en difficulté? Pourtant c’est bien là le lieu où il doit être mis en place, en collégialité.
    Ce n’est pas de la compétence des parents de mettre sur pied un plan d’apprentissage : le parent assure que l’élève est à l’école, qu’il a son matériel scolaire, qu’il a fait ses devoirs comme ils sont consignés dans le JDC. Que peut-il faire d’autre?
    Je connais des parents qui refont l’école après l’école, chaque jour, après leur journée de travail, tant ils ont peur de l’échec; je connais des enfants qui ont des cours particuliers deux, trois fois par semaine, les parents paient de 20 à 50 EUR de l’heure pour ça.
    Je le répète, l’échec scolaire et le redoublement permet à la CF d’éluder ses responsabilités : le parent citoyen y va de sa poche parce que l’Etat est incompétent à garantir les dispositions du décret mission.

    Que dit ce décret?
    « La CF, pour l’enseignement qu’elle organise, et tout pouvoir organisateur, pour l’enseignement subventionné, poursuivent simultanément et sans hiérarchie les objectifs suivants :

    1) promouvoir la confiance en soi et le développement de la personne de chacun des élèves
    2) amener tous les élèves à s’approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle
    3) préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures
    4) assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale. »

    Il n’est nulle part indiqué qu’il appartient au parent d’aider son enfant à apprendre. Il est juste obligé, par la loi, de le scolariser, et il est tenu de respecter le règlement des études.

    Par contre, « aucun texte légal n’ordonne, chez nous, de noter les élèves, de les punir ou de les récompenser, les dénoncer à leurs parents, les faire redoubler, leur donner des choses à apprendre chez soi, les soumettre au chantage des points » (Charles Pepinster, GBEN)

  30. lucy dit :

    Madame Delcroix, je suis bien heureuse de ne pas me reconnaitre dans vos propos. Ni mes collègues, ni mon école.
    Chez nous, ce serait plutôt l’inverse quelques fois.

    Je retrouve cette année en 4e un élève que j’ai eu en 1e, qui est passé chaque année avec un échec parfois deux et est complètement perdu, noyé après un mois.

    Je précise que je l’ai convoqué en rattrapage (bénévole) et qu’il n’est pas venu !
    S’il échoue, ce sera sans doute de ma faute…

  31. Lucy, sans jugement ni recommandation, je vous propose quelques jalons de réflexion :

    - En amont de « s’il échoue ce sera sans doute de ma faute de ma faute » se trouve « on » l’a laissé passer et maintenant, « moi » je dois me débrouiller.
    Les enseignants ne travaillent pas en équipe, mais bien en partenariat : ils ne sont jamais ensemble dans la même classe au même moment, mais se suivent et se complètent. Pour qu’une équipe de partenaires fonctionne bien autour d’un seul et même objectif (ici la réussite de l’élève), elle doit se baser sur une relation de CONFIANCE : si mon partenaire a pris cette décision, c’est que c’était la bonne décision. Cela permet de ne pas s’encombrer l’esprit et de rester centré sur son objectif (ici la réussite de l’élève). « Insuffisance des pré-requis » indique qu’on estime que le prof de l’année précédente n’a pas bien travaillé. Et quand c’est le même prof qui l’indique alors qu’il était le prof de l’an passé, cela indique qu’il estime que tout le conseil de classe n’a pas bien travaillé, ou bien que c’est le programme qui est bidon, ou bien que c’est l’école qui est mauvaise… Cette information n’a aucune utilité pour aider l’élève à réussir à apprendre votre cour dans votre classe.

    - En aval de « s’il échoue ce sera sans doute de ma faute » se trouve, avec raison, « pourtant je l’ai bien prévenu, j’ai fait ce qu’il fallait mais … ». En 4ème c’est un ado, il a 15 ans je suppose. La question à poser est « pourquoi n’est il pas venu ? » Et si on lui demandait ? Où est- il dans la classe ? Dans le fond avec les rebelles, les doubleurs ? Au milieu avec ceux qui se cachent, de peur d’être humiliés par une mauvaise –comme d’habitude- réponse ? Comment se projette –t-il dans l’avenir ? Pourquoi VOTRE solution de rattrapage –tout à votre honneur, et qui indique bien que vous avez envie de l’aider- ne lui convient pas ? Et si quelqu’un lui demandait ?

    Vous comprendrez que l’école dispose de bien plus de moyens que le parent pour répondre à ces questions et trouver avec le jeune la bonne méthode pour qu’il apprenne en classe. C’est bien le rôle du Conseil de classe, seul endroit où tous les profs qui connaissent l’élève sont ensemble. Trop de conseils de classe se limitent à une démarche administrative où on établit des moyennes arithmétiques. Il faut que les chefs d’établissements soient mieux formés à conduire les conseils de classe, il faut que des personnes extérieures puissent y assister afin d’aborder tous les aspects de l’apprentissage, et pas seulement uniquement les résultats des évaluations.

    Extrait d’un rapport d’inspection de 2009, un prof de math 58 ans explique : « Lors de la réunion des parents de mars, j’ai dit à la maman que tout était encore possible : en effet, il lui manquait seulement 5 points sur 70, alors qu’il y en avait encore 80 à jouer pour la dernière partie et l’examen » Il précise encore par mail aux inspectrices : « à la réunion précédente je lui avais dit que tout était encore possible : c’était effectivement le cas, puisqu’à ce moment là, les notes cumulées de l’élève (deux premières périodes et l’examen) étaient de 31/70, alors que la troisième période et l’examen de juin sont notés sur un total de 80 »

    « D’où vient ?
    C’est bête et méchant et pourtant ça dure. Pourquoi ?
    C’est certain, il parlait sûrement de la notation, ce feu Nicolas Géodyn (avant de casser sa pipe en 1744), en écrivant ceci :
    « D’où vient qu’une pratique si peu raisonnable est néanmoins si généralement suivie dans nos écoles ? »
    C’est que toute coutume ancienne se perpétue par le seul titre de son ancienneté, et que peu d’hommes se donnent la peine de penser que ce qui était bon dans un temps cesse de l’être dans un autre.
    Il faisait feu des quatre fers, ce feu fier, non ? » Charles Pepinster, GBEN

  32. lilig dit :

    Eh bien laissons-les tous passer puisque c’est le redoublement qui est la cause des lacunes. Rien de plus facile pour un professeur; plus de conflits avec les parents ou les élèves, plus d’inquiétude, plus de remédiation, plus de récréations passées à réexpliquer, plus de devoirs supplémentaires à corriger… Rien que du bonheur pour tout le monde. Je connais d’ailleurs quelques profs fatigués qui ont fait ce choix; ils investissent moins, corrigent moins ( on pourrait aussi laisser tomber les évaluations non ?) et n’ont jamais d’ennui avec personne.
    Pourquoi voulons-nous absolument nous battre pour maintenir un bon niveau et améliorer les compétences de nos élèves puisque nous sommes de toute façon considérés comme nuls et irresponsables !

  33. lilig dit :

    Je viens de passer un week end entier à corriger des dissertations. Quelques échecs ( je bats ma coulpe); j’ai fait venir ces élèves au rattrapage pour revoir cette matière avec eux en leur proposant de recoter leur dissertation une fois celle-ci corrigée. Un est venu. Je culpabilise horriblement !!!Ca c’est du quotidien de prof

  34. Marie dit :

    Madame Delcroix, qui vous dit que des plans de remédiations n’ont pas été mis en place ? D’abord, il faut aussi admettre qu’il arrive parfois un moment où l’élève est au maximum de ses capacités et qu’il vaudrait mieux, dans ce cas, envisager lucidement et raisonnablement une réorientation plus valorisante pour l’ado. Mais, hélas selon certains parents, quitter le général est un échec ! Ce n’est pas nouveau. Parallèlement à ces cas, certains élèves rêvent d’une orientation professionnelle, que leurs parents refusent, ces élèves espèrent que ces derniers finiront pas accepter de guerre lasse. Ensuite, il est des élèves qui n’en veulent pas, alors avec la meilleure volonté du monde, le professeur est impuissant (cela ne veut pas dire qu’il n’a pas essayé à plusieurs reprises). Enfin « école de la réussite » ne signifie pas faire réussir tout le monde n’importe comment, mais amener chacun au maximum de ses possibilités qui ne sont pas les mêmes pour tous…

    • domi dit :

      J’ai de la chance sans doute, car j’ai cotoyé des enseignants consciencieux, dans une école où les élèves sont la priorité et où malgré tout les moyens mis en oeuvre par l’école pour les conduire vers la réussite ne semblent pas suffisant.
      Corinne de… devrait mener campagne sur le mode de vie des ados, faire prendre conscience aux parents de tous les facteurs extérieurs à l’école qui peuvent conditionnés la réussite de l’élève mais cela n’est pas très populaire et… elle le sait

  35. Mr Shrek dit :

    Afin de bien assurer l’équilibre, ne faudrait il dès lors pas que les enseignants puissent aussi avoir un droit de regard et de « décision » sur les vies des familles … si cela va dans un sens… acceptons aussi que les « spécialistes de l’enseignement conseillent et aiguillent au mieux les enfants dans leur contexte familial »…

    Chacun son métier !

    Cela dit, n’oublions pas que si un parent décide, il a TROP / TRES souvent raison … et ce ne sont pas les PO qui partent en justice … pour soutenir les décisions des enseignants…

  36. lucy dit :

    @ Lucie Delcroix
    « S’il échoue ce sera sans doute de ma faute » est ce que je suppose être la réaction des parents, peut-être la vôtre Lucie.
    Merci de ne pas me parler comme à une jeune débutante ou une demeurée, je sais tout ce que vous dites et je le mets en place. Mes collègues également.
    Mais il y a des situations, des cas où notre professionnalisme et notre bonne volonté ne suffit pas.

    « C’est un ado de 15 ans ».
    Cela ne veut rien dire. J’ai 27 ado de 15 ans dans ma classe et pas deux les mêmes !
    C’est bien ça le drame de l’enseignement, c’est qu’on pense pour tous, tout le temps, de plus en plus. Et souvent l’étalon ce sont les « bonnes écoles huppées ». Mais chaque école (réseaux confondus) fonctionne différemment, avec les enfants qui lui sont confiés, les profs qu’elle a, son projet d’établissement…

    Je ne me retrouve pas dans vos propos, ni dans ceux de madame De Cuyper.
    Pas de conseils de classe de polichinelle chez nous ! Pas de mascarade de conseil de classe !

    « Pourquoi le prof ne voit-il pas arriver l’échec ? »
    J’ai un élève déjà totalement coulé après un mois. J’ai téléphoné aux parents, discuté avec eux du partenariat nécessaire. (Non seulement l’élève a des difficultés de compréhension mais il n’est en ordre pour rien). « Oui, oui m’a dit le père. Merci madame, on va sévir, l’aider et blablabla » Rien n’a changé. Et l’élève me dit hier, « Mes parents, l’école ils s’en moquent. Ils sont chômeurs et gagnent plus que vous » (je ne veux même pas savoir comment)
    Mais que fait-on avec ces jeunes-là ????
    Vous qui savez tout, une idée ?

  37. marie dit :

    Je peux comprendre que des parents soient frustrés par les décisions du conseil de classe qui ne vont pas dans le sens de leur espérance, voire qui sont franchement injustes (reconnaissons-le, cela peut arriver). Dieu sait si je suis une enseignante bienveillante qui va toujours dans le sens de l’espoir pour l’élève. Mais hélas, je dois avouer que, même en m’investissant beaucoup, je ne peux les sauver tous… « Aide-toi et le Ciel t’aidera. » Certains élèves attendent tout du prof sans s’investir, ou certains élèves ne sont pas orientés dans la filière qui leur convient.
    Ce qui m’étonne beaucoup, c’est que les personnes de cette asbl ne s’imaginent pas qu’en conseil de classe, des situations personnelles – dramatiques parfois – des élèves sont évoquées pour analyser, comprendre et expliquer certains résultats. Ces enfants n’ont pas nécessairement envie que leur vie privée soit divulguée. Les professeurs sont des professionnels tenus au secret. Les parents, aussi bienveillants soient-ils, n’ont pas à connaître les situations privées de tous les condisciples de leur enfant. Je crois sincèrement qu’ils n’imaginent même pas combien la situation de certains élèves peut être terrible et qu’ils n’ont pas à la connaître. Respect de la vie privée oblige. Heureusement la ministre a tranché. Les recours sont là pour revoir la décision. Je trouve sain que des parents puissent demander une révision, mais ce n’est pas parce qu’on est un parent concerné qu’on a le droit de tout savoir sur toute une classe. Chers parents qui doutez de notre probité, respectez la vie privée de nos élèves.

  38. marie dit :

    Je sais de quoi je parle, car dans mon école, sur demande du conseil de participation, un conseil de discipline avait été instauré. Par souci démocratique, il était constitué de la directrice, de professeurs – dont j’étais-, d’éducateurs, de parents et d’élèves. Très vite, il s’est avéré que c’était ingérable. En effet, il fallait souvent aborder la vie personnelle des enfants qui étaient soumis à notre concertation pour tenter de trouver une solution judicieuse leur permettant de reconstruire et de se reconstruire. Même si le nom de ces élèves était tu, il arrivait parfois dans notre petite ville que des renseignements filtrent et que les ados incriminés soient identifiés. Dès lors, à la demande générale, nous avons revu notre position et c’est maintenant la direction qui tranche en accord avec la communauté éducative qui, elle, est tenue au secret professionnel.

  39. marie dit :

    Madame Delcroix, votre réponse à lucy est d’un tel nébuleux que je ne comprends pas grand chose à vos conseils. En tant que professeur de français, je me félicite que les parents de mes élèves se réjouissent de la clarté de mes cours, ce qui ne me paraît pas de votre fait au travers de vos propos.

  40. elia dit :

    Quels parents pourraient se libérer pour assister aux conseils de classe ? (Chez nous mercredi après-midi et de 16 à 18)
    Dans mon école, les parents les plus envahissants sont ceux qui ne travaillent pas. Et ils interveinnent la plupart du temps pour aller contre les enseignants et « défendre » leur rejeton puni ou sermonné. Faudrait-il aussi les supporter en conseils de classe ?
    Notre société ferait bien d’arrêter de vuloir tout surveiller, régenter, contrôler. Retablissons plutôt la confiance !

  41. gio dit :

    Les professeurs savent qu’il y a toujours eu des irrégularités dans les conseils de classe.
    Vice de procédure….
    Comment expliquer l’absence de la majorité des profs à un conseil de classe de recours de Septembre? Et j’en passe!!!