Le monde de l’enseignement est invité depuis lundi à se prononcer sur la formation initiale des enseignants et son éventuel allongement de 3 à 5 ans pour les instituteurs et régents. Sont invités à s’exprimer de manière individuelle : les formateurs d’enseignants, les enseignants, les maîtres de stage, les directeurs, les inspecteurs mais aussi les syndicats, les pouvoirs organisateurs et les associations de parents.
Le ministre de l’enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS) espère que les résultats de cette évaluation seront déterminés avant fin 2011.
Ce n’est plus tant l’opportunité d’allonger la formation initiale des enseignants qui sera uniquement envisagée en priorité, mais bien les tenants et aboutissants de son éventuelle concrétisation.
Au sein de l’Union européenne, la Communauté française ainsi que la Flandre se caractérisent par la durée de formation de leurs instituteurs et régents la plus courte de tous les pays.1
- La Libre – 11.10.10 [↩]
Où peut-on trouver ce questionnaire, cette enquête ?
Et quid des deux années durant lesquelles des enseignants ne sortiront pas ?
Et comment serons-nous consultés ?
Et quand ?
Cinq années pour une formation, seront-ils meilleurs? Je n’y crois pas. Il faut d’abord changer les mentalités, responsabiliser les parents sur le suivi de la scolarité; revoir les programmes, revoir les compétences des socles que tout le monde comprend à sa manière (même l’inspection)mais aussi…revoir dans les écoles normales la perception de la motivation d’être enseignant…je rate à l’unif donc je fais instit…Le métier d’instituteur primaire est un véritable sacerdoce si on veut faire son métier correctement. Il est concevable de laisser la formation comme elle est mais il faut revoir les principes des écoles normales où il faut bien le dire que nous apprenons de blabla théorique qui n’aide pas lorsqu’on rentre dans le métier. L’école normale n’apprend pas à programmer sa matière sur une année en sixième primaire, par exemple; l’unif le fera-t-elle? Respecter le rythme de l’enfant, l’unif l’apprendra-t-elle? L’enseignement en France n’est pas meilleur et pourtant…5 années à l’unif.Ce n’est pas parce qu’on fait l’unif que l’on est malin…le métier est une question de motivation et de réelles aptitudes au métier. J’ai connu des têtes bien faites qui étaient d’une médiocrité… Nous sommes là pour et au service des enfants sans être des fonctionnaires…De là vient le problème…Les ministres consultent des pédagogues de valeurs d’accord mais ceux-là sont-ils allès une année dans une classe primaire????????
Monsieur Davin, je suis tout à fait d’accord avec vous. Je suis régente et j’ai fait (il y a plus de trente ans, c’est vrai) mes études dans une école de l’Etat à l’époque. L’enseignement y était très théorique, on nous a farci la tête d’une multitude de savoirs théoriques sans aucun rapport avec ce que nous aurions à donner. Heureusement, sortir d’humanités était encore synonyme de savoir s’exprimer correctement sans fautes d’orthographe et avec un bagage intellectuel suffisant.
Quand j’entends mes collègues licenciés, je ne les imagine pas du tout au premier degré, ils ne sont pas du tout en phase avec la réalité de nos enfants. Alors au primaire, ce serait la catastrophe.
Il faut que cette réforme soit bien réfléchie et confiée à des hautes écoles, d’accord, mais qui privilégient la réalité et pas la théorie. Ce qui est tout à l’opposé de ce que pratique l’université.
On nous vante tellement le système finlandais, qu’en est-il en Finlande ?
Le modèle finlandais si mes souvenirs sont exacts est basé sur le partage et le soutien entre chaque collègue. L’instituteur accompagne ses élèves durant sept ans.N’oublions pas que les finlandais ont un profond respect pour les enseignants; ce qui n’est presque plus le cas en Belgique; la culture n’étant pas la même comment voulez-vous reproduire ce modèle chez nous…Nous ne savons déjà pas nous entendre avec la Flandre…
En parlant régulièrement avec mon inspectrice, force est de constater que les socles des compétences n’est jamais qu’un choix politique, comme le choix d’un livre. Il me semble avoir lu dans les colonnes d’Enseignement.be que nos grands pédagogues avaient déserté la Belgique ne croyant plus à ceux-ci. Si nous voulons un enseignement de qualité, il faut que chacun tienne sa place et à chacun son rôle…déjà. Aussi, dans le cas de l’école fondamentale, on oublie se mot « fondamentale » lire, écrire et calculer; nous sommes loin du compte tout simplement parce que nous avons, nous les instituteurs et institutrices des tâches qui sont supérieures à celles de nos anciens. Je suis septique sur l’obtention du CEB en ce sens qu’un enfant sortant du primaire est capable de rédiger une histoire, un récit, un conte, une lettre, un compte rendu. Nous formons de véritables auteurs, de petits secrétaires, des journalistes…Dans la réflexion de Monsieur le Ministre, il est important de savoir ce qui se passe lors du passage primaire-secondaire. Je travaille dans la province du Luxembourg où nous avons trois, voir quatre et même toutes les classes dans la même classe. Nous devons imaginer différentes stratégies pour sortir les enfants de nos écoles; l’unif et l’école normale ne préparent pas à cette éventualité. En entendant les parents de mes anciens, on ne pratique plus le calcul écrit, les situations-problèmes, l’écriture de texte…on oublie, on passe directement à autre chose. Mes collègues du secondaire auraient-ils une lecture différente du livre intitulé « Les socles des compétences » Là, je pense, est le problème. Pour avoir une école de la réussite, il faut des moyens en quantité et en qualité dans les outils. Il n’est pas normal, non plus,d’avoir des formations qui reprennent ce que nous devions apprendre à l’école normale. Alors, les études à l’unif oui mais avec un stage d’une année complète…mais en avons-nous les moyens? Je pense qu’il faut sélectionner plus sévèrement l’entrée dans les écoles normales; nous avons des enfants devant nous et non des ordinateurs; la réalité sur le terrain est parfois bien différente des livres vus à l’école de pédagogie; l’école normale doit travailler le savoir-être…
Je viens de lire un article du mois de septembre encore sur le même sujet. Une élève d’une école normale dit qu’elle a un horaire « en fatigue ». Bon, mademoiselle, change de métier. Je suis instituteur avec dans la même classe des 4,5,6; à 48 ans, je travaille encore une moyenne de 4h par jour tous les jours de même que le samedi et le dimanche; je n’ai pas le temps de pratiquer un sport, je n’ai pas le temps de m’occuper de mon fils; ce n’est pas un choix, c’est la réalité de notre beau métier. Je suis heureux ainsi car j’ai fait ce choix si j’ajoute une formation d’inspecteur se donnant le samedi toute la journée. Vas travailler au GB! Ce sera mieux pour toi…
A Guy Davin … J’ai apprécié vos interventions sauf la dernière.
En effet, si vous n’avez pas une vie EQUILIBREE pas de sport, pas le temps de vous occuper de votre enfant, … alors comment êtes-vous devant vos élèves, qu’ apportez-vous, quel exemple donnez-vous ?
(Si je garde le ton de la fin de votre article, je comprends les raisons qui vous poussent à suivre une formation d’inspecteur)
L’excès nuit dans tout !
Mais je reconnais que le métier est moins reposant que beaucoup ne le pense.
Toujours à Guy Darvin (non ce n’est pas de l’acharnement
)
Mais qui s’occupe de la maison, des enfants, …
Si vous devenez inspecteur, plusieurs des enseignants que vous irez « juger », doivent s’occuper de leur famille (je ne rentre pas dans les détails).
Le fait d’appartenir à des associations, de s’occuper de ses enfants est une grande richesse qui nous servira lorsque nous nous trouverons devant nos têtes blondes. Nous apprenons à vivre dans la société et pas dans une bulle qui est l’école.
Le travail dans un GB est peut être un bon début pour prendre contact avec le monde du travail
à Marie
J’ai arrêté l’enseignement 10 ans pour jouer de la musique avec des grands comme Nougaro, Sanson…