Les profs pourront-ils travailler après 65 ans?

On le sait, la lutte contre la pénurie de profs est un des gros chantiers de cette législature. Les pistes existent… mais comment les concrétiser avec une Communauté française désargentée? Alors que la prochaine négociation en vue d’un accord sectoriel pour 2011-2012 approche, la ministre de l’Enseignement Marie-Dominique Simonet dévoile quelques cartes… et fixe ses priorités.

Chantier n°1 : simplifier les statuts, les titres et les fonctions des enseignants. La ministre se donne deux ans pour aboutir. Un groupe de travail a déjà commencé à travailler sur ce thème.

Il existe actuellement plus de 900 titres d’enseignants en Communauté française, avec des statuts de rémunération et de nomination qui peuvent varier sensiblement. Simplifier cette réglementation sera notre première arme pour lutter contre la pénurie car une plus grande lisibilité facilitera les nominations et réaffectations des enseignants déjà en fonction et permettra une meilleure attractivité de la fonction d’enseignant pour des candidats issus du secteur privé par exemple.

Chantier n°2 : le tutorat… ou comment permettre à des enseignants en fin de carrière de décrocher en douceur tout en épaulant de jeunes collègues qui découvrent le métier. Là, les moyens humains et financiers risquent de faire défaut.

Place aux heures sup’?

Mais Mme Simonet avance d’autres pistes, comme ce plan adopté récemment en Flandre (qualifié d’anti-pénurie), qui permet aux profs de continuer d’enseigner, sous conditions, après l’âge de la retraite, d’effectuer des heures supplémentaires ou de rendre réversible le départ précédant la pension de retraite (DPPR). Au cabinet du ministre flamand de l’Enseignement, on ne peut toutefois préciser combien de profs sont concernés par ce nouveau plan. Mais on confirme qu’il y a encore, dans le secondaire, un enseignant actif âgé de… 67 ans! Mais quid alors de la taxation des revenus? Si un prof souhaite rester dans le circuit, il faut savoir que ses revenus ne pourront pas dépasser un certain plafond dans la mesure où il sera considéré comme pensionné.

Uniquement sur base volontaire

Attention, il ne s’agit pour l’instant que de pistes, d’idées que la ministre souhaite soumettre avant aux enseignants. Et tout travail supplémentaire (au-delà de l’âge de la retraite ou heures supplémentaires) se ferait uniquement sur base volontaire. Les effets pervers devront être soigneusement étudiés, comme les éventuelles pressions qu’un directeur d’établissement pourrait mettre sur un jeune prof afin qu’il accepte d’effectuer des heures sup’.

Mais que se passerait-il si l’idée devait être massivement rejetée par les enseignants et/ou ne rencontrait aucun succès? La lutte contre la pénurie ne peut-elle se faire qu’en pressant comme des citrons (même sur base volontaire), les enseignants déjà en poste? La Communauté française aura-t-elle les moyens de payer ces heures supplémentaires? Quelles seront les limites? Tous les enseignants seront-ils concernés? Les questions sont nombreuses.

Ces pistes sont donc à négocier, dans le cadre de la concertation syndicale. Celle-ci doit avoir lieu avant la fin de l’année, sous forme de tripartite (associant gouvernement, syndicats et pouvoirs organisateurs) si la réforme de la concertation sectorielle est votée au parlement dans les temps, sous forme bipartite (sans les P.O.) si ce n’est pas le cas, a précisé le cabinet Simonet.1

  1. La Libre – 13.10.010 []

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  1. Damien dit :

    Quand je pense que Simonet a refusé l’an passé de signer une autorisation pour une instit de poursuivre sa carrière après 65 ans… disons que je ris bien :)

  2. Ubu dit :

    « Simplification » des statuts ? Dans quel sens donc, étant donné que le statut protège les enseignants et qu’il s’agit de leur seule ressource en cas de recours. Madame la Ministre ferait mieux de s’occuper des irrégularités nombreuses dans les désignations, tous P.O. confondus… Quant à « faciliter les nominations », s’agirait-il d’une institutionnalisation des clientélismes locaux ?

    Heures supplémentaires ? Non et non. Un peu de décence, tout de même. Les deux grosses zones en pénurie pour le CF (Bruxelles et Hainaut) sont les zones où le chômage dépasse les 20%. Il s’agirait peut-être de travailler sur la formation initiale, en effet, et de trouver des solutions efficaces (et pas des blagues ministérielles) pour maintenir les jeunes profs en fonction. En créant une chambre des recours contre les rapports négatifs inconsistants adressés contre de jeunes temporaires. En attribuant aux jeunes collègues des moyens réels de se former et non en les envoyant dans des formations bidons, parce qu’il faut bien étoffer l’offre…

    Si ce site montre qu’une entraide est possible, les déclarations de notre ministre prouvent que la solution ne viendra pas du politique. Au moins, que nos ministres cessent de lancer des réformes dont ils ne maîtrisent pas les effets et qu’ils surveillent l’application des décrets… ce qu’ils font trop peu.

  3. Racquet Chantal dit :

    Et bien moi, franchement, je ne me vois pas du tout devant des enfants après 60 ans alors, encore moins après 65!

  4. jacqueline D. dit :

    Ca me fait bien rire (jaune, je précise !) . Enseignante dans une école D+, en professionnelles et TQ, j’ai décidé de prendre une DPPR de 55 à 60 ans, tout simplement parce que je ne me sentais plus capable de soutenir le rythme. C’était mieux, tant pour mes élèves que pour moi. Le hic, c’est que ce « mi-temps » me convenait parfaitement et que j’aurais bien continué jusqu’à 65 ans, mais là : niet ! Obligée de partir à 60 ans pile. J’aurais beaucoup aimésoit continuer à mi-temps, soit tout simplement prester des intérims à la demande : NIET catégorique !
    Maintenant, « on » y pense ! Ca me fait bien rire …
    Cela dit : je répète qu’il est malhonnête de parler de pénurie de professeurs ! Vous en connaissez beaucoup, vous , des « postes vacants « ??? (sauf sans doute pour les langues germaniques). Il faudrait avoir l’honnêteté de parler de pénurie d’INTERIMAIRES ! Mais dans ce cas, la moindre des choses serait que la CF se conduise comme n’importe quelle boîte d’intérim : qu’elle paye ses intérimaires en temps et heure !

  5. Marie dit :

    Et les élèves, … et nos « vieux profs », ce sont ceux qui ont la chance de donner cours dans les écoles de luxe qui ne sont pas encore usés qui pourront poursuivre.

  6. elia dit :

    Je ne vois pas pourquoi on ne laisserait pas le choix à chacun. L’an dernier, j’ai vu un collègue partir en pleurant à 65 ans. Il avait encore le feu sacré, la santé et l’envie de poursuivre et ne pouvait plus.
    Et quand j’en vois d’autres qui se trainent depuis des années et n’ont pas encore 55 ans, je me dis que la liverté de choix serait une bonne chose !

  7. jacques dit :

    Moi, je veux bien travailler jusque 65 ans mais pas comme je le fais maintenant ! Non…
    Il est temps de prévoir autre chose que d’être en classe pour les fins de carrières (pour ceux qui le désirent, évidemment).

  8. elia dit :

    Marie, je ne suis pas d’accord. J’ai deux collègues de 62 ans plus dynamiques et plus jeunes d’esprit que des jeunes de 25 ans ! Et ils enseignent en technique et professionnel !

  9. Marie dit :

    Sacré Elia ;-)
    Tu as 2 collègues sur ???
    Au siècle passé lol, j’ai donné cours dans l’enseignement spécial et devine … PAS UN a continué après 55 ans à temps complet (quasi tous arrêt total).
    Tous les cours confondus.

    • pascal dit :

      Je suis bien d’accord mais pourquoi vouloir absolument réglementer tout pour tous ? Et si on laissait le choix ? Serait-ce si aberrant ???

  10. paul dit :

    Dans le titre je lis « pourront-ils » pas « devront-ils ».
    Je pense qu’il faut laisser le choix à chacun.
    Même si votre métier n’est pas facile, il faut veiller à ne pas en faire trop avec la « pénibilité du travail ». Franchement, partir à 55 ans, beaucoup d’autres métiers difficiles aimeraient pouvoir en faire autant !
    Maintenant, puisque cela est possible, ceux qui le veulent ont raison d’en profiter. Mais pourquoi imposer ça à tous ?
    On devrait être plus libre de ses choix !

  11. Marie dit :

    Le choix n’est pas possible pour tous …