Homeschooling, instruction en famille, etc. : des appellations différentes qui recouvrent toutes une même réalité, en pleine expansion, celle de l’enseignement à domicile. Et si le phénomène reste encore marginal chez nous, avec à peine quelque 520 enfants concernés selon les chiffres de la Communauté française, soit moins de 0,1 % des élèves en âge d’être scolarisés, dans les pays anglo-saxons, et notamment aux USA, le nombre de parents instruisant eux-mêmes leurs enfants est estimé à deux millions.
Mais qui sont-ils, ces parents qui choisissent « l’école à la maison » ? Entre ceux qui en ont marre du « système », ceux qui veulent passer davantage de temps avec leur progéniture, ceux qui estiment que les valeurs de l’école ne correspondent pas, ou plus, aux leurs et ceux dont les enfants connaissent des difficultés d’intégration ou d’apprentissage, le panel semble vaste et contrasté.
Privilégier la famille à l’école
« Il existe autant de raisons différentes que de familles », confirme Jean-Claude Verduyckt, à la tête de la future ASBL « Apprendre en famille », lui-même père de cinq enfants non-sco. Il explique : « A la base, nous voulions simplement nous investir davantage dans l’éducation de nos enfants, ne pas nous borner à sortir le portefeuille pour la fancy-fair de l’école. Nous voulions aussi profiter davantage les uns des autres. Avant, chaque matin, c’était la guerre, un rythme infernal. Aujourd’hui, on discute beaucoup, les enfants ont du temps pour leurs projets personnels, le scolaire n’empiète plus sur la vie familiale. »
Sur son blog, Véronique raconte : « Au moment d’inscrire notre troisième fille, Anne, à l’école, nous avons réalisé que la vie de nos deux enfants déjà scolarisées n’était pas celle que nous avions imaginée pour elles. Journées trop longues, enfants de plus en plus mal dans leur peau, intense fatigue dès le mois de novembre, et puis, vomissements avant de partir à l’école, crises d’angoisse, cauchemars »
Aujourd’hui, le quotidien de ces familles s’est fortement amélioré grâce à l’enseignement à domicile. Un choix qu’elles n’ont jamais regretté, malgré les questions suspicieuses, les remarques étonnées et les critiques ouvertes. « On nous prend souvent pour des marginaux, des irresponsables », confie une maman.
Et la socialisation?
On me pose souvent la question de la socialisation, poursuit une autre. Mais mes enfants pratiquent des activités sportives et musicales tous les jours, voyagent, vont au théâtre, au musée, voient leurs amis. Ils n’ont pas peur d’adresser la parole aux adultes, ils sont curieux. Bref, ils ont une vie sociale plus remplie que la plupart des jeunes de leur âge.
« C’est aux parents de créer des contacts à l’extérieur », insiste néanmoins un père de famille. En pratique, la plupart des non-sco ne passent qu’une à deux heures par jour sur leurs cours, « une durée équivalente au temps que les enfants scolarisés passent réellement à étudier, une fois les récrés, la discipline et les congés mis de côté », selon Jean-Claude Verduyckt.
Pour les bases, la plupart s’aident des ressources pédagogiques que l’outil informatique met à leur disposition (notamment www.ead.cfwb.be). Pour le reste, chaque famille à ses propres méthodes. « Nos débuts dans l’instruction en famille ont été très scolaires, se souvient Véronique. Nous utilisions des manuels et n’osions pas nous éloigner des programmes en vigueur dans les établissements. J’avais même établi un emploi du temps [ ] Puis, j’ai réalisé que, pour moi, ce n’était pas plaisant : cette rigidité me pesait. Il me manquait la dose de fantaisie. » « Au début, il faut permettre à l’enfant de se sevrer du système scolaire pour mettre au point son propre système« , conseille Jean-Claude Verduyckt.1
- Source: La Libre du 27/09/2010 [↩]
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vrai, moi aussi ma fille est a la maison. Mais, elle fait plus de choses que les autres enfants de son age.
Je suis à ce jour en plein questionnement. Ma fille est en 2e année de maternelle et je pense lui faire l’école à la maison, mais j’ai besoin de conseils.
Merci Léa.
J’aimerais faire la même chose avec mon fils de 3 ans. Il vient de rentrer en 1e maternelle mais n’aime pas du tout l’école et en plus, beaucoup de profs ont leurs petits préférés et le mien se fait de plus en plus isolé. J’aimerais lui donner cours à domicile et lui apprendre 2 langues (je suis bilingue) ce qui n’est possible qu’à partir de la 3e primaire dans les écoles des environs. Est-ce que quelqu’un a des conseils à me donner car je ne sais pas du tout commennt m’y prendre ? Merci d’avance