Le pou de tête est loin de baisser la garde. Et, malgré tous les efforts entrepris ces dernières années (actions de prévention et de sensibilisation, découverte de nouveaux traitements…), la pédiculose demeure un véritable problème de santé publique en milieu scolaire.
« Il s’agit d’une contamination à caractère bénin, rappelle-t-on à la Communauté française, mais ça reste un problème très préoccupant. » De quelle ampleur? On l’ignore. Il n’existe aucune étude épidémiologique et les chiffres sur la prévalence de la pédiculose en Belgique sont assez graves. Les centres PSE estiment entre 5 et 10% le nombre d’enfants présentant une contamination plus ou moins grande.
Générateur de tension entre parents et enseignants
Infestation, mise à l’écart des enfants contaminés, tensions entre parents et enseignants… L’air de rien, le pou de tête perturbe la vie de bon nombre d’établissements. Un pou qui ne s’invite plus aux seules rentrées scolaires: « ça ne s’arrête jamais, constate Christine Rigot, responsable d’un centre PSE du Hainaut. Autrefois, la pédiculose sévissait après les vacances dans la foulée des camps, des plaines, etc. Aujourd’hui, c’est toute l’année. »
Avec de plus en plus de conflits internes: « On doit faire face à des parents tantôt agressifs voire violents qui se sentent mis en cause dans leurs rôle de parents parce qu’un jour on détecte des poux chez leurs enfants, note une infirmières scolaires. Ou alors, c’est tout l’inverse: des parents complètements désinvoltes, qui nous prennent de haut et ne voient pas ‘où est le problème’. »
Malgré toutes les actions d’information et de sensibilisation, la pédiculose continue à faire des dégâts « collatéraux » (stigmatisation des élèves infestés, exclusions parfois abusives, conflits réguliers…), comme le souligne encore une fiche « Droits de l’enfant » de l’Asbl Bice.
Un arrêté du gouvernement de la communauté française pour éviter les dégâts collatéraux
Un arrêté du gouvernement de la Communauté française de 2002 fixe les règles en matière de « prophylaxie des maladies transmissibles dans le milieu scolaire ». Dans le cas de la pédiculose, il est prévu qu’une direction d’école peut écarter un élève « pour une durée maximale de 8 jours » si celui-ci est porteur de poux ou de lentes situés « à moins d’un travers de doigt du cuir chevelu ». Au préalable, un contact doit être pris avec les parents. Et un suivi doit être assuré. Certains établissements appliquent ce règlement à la lettre, d’autres pas. « C’est une approche à géométrie variable avec d’indéniables abus, déplore un médecin scolaire. Des enfants sont écartés pendant une semaine, quinze jours parfois. Certaines familles n’ont pas les moyens de payer un traitement. D’autres ont honte et ne font rien. Et puis ça génère beaucoup de tensions internes. »
Une réforme de l’arrêté relatif aux maladies transmissibles est actuellement est actuellement sur la table du ministère de la santé. « Il s’agit notamment d’éviter les exclusions trop longues et injustifiées d’enfants porteurs chroniques », explique-t-on à la Communauté française.
Pendant ce temps, les poux, eux, font de la résistance. Le secteur pharmaceutique ne cesse d’injecter sur le marché de nouvelles préparations. Des produits coûteux dont l’efficacité n’est pas toujours démontrés et qui font exploser les budgets des familles concernées. Bref, le pou reste un tabou. Il agace et irrite. Et, malgré tous les efforts entrepris, continue inlassablement à pourrir la vie des écoles.1
- Source: Le Soir, 23/10/2010 [↩]
Et bien, moi ma fille en a attrapé via une fille de sa classe en 1ère primaire qui ne se soigne pas!! Alors non seulement les shampooing anti-poux ne sont pas bon pour la santé, de plus ils sont très chers et si on a le malheur de râler quelques fois chez l’institutrice ou le directeur, vlà l’infirmière qui débarque!! Que la direction décide avec l’infirmière de retirer l’enfant le temps d’une semaine pour la soigner et non le contraire!! A force de râler, on se fait remarquer et pas toujours dans le bon sens!!