Les petits Wallons ne parlent pas assez de langues étrangères, c’est un fait. Et si, pour les y inciter, on commençait par leur apprendre… le wallon? C’est le pari du bourgmestre de Blegny, Marc Boland (PS).
D’ici quelques jours, dans le cadre de la promotion sociale de la Communauté française, la commune de Blegny va proposer des cours de wallon. La professeur a été engagée et tout est en place pour démarrer. Ces cours sont destinés aux adultes, mais le projet du bourgmestre Boland se situe à plus long terme.
Nous avons une école qui propose de l’immersion, à Blegny. Elle a beaucoup de succès mais il n’y a pas de place pour tout le monde. Nous recevons pas mal de demandes de parents pour organiser une initiation aux langues étrangères. Dès lors, à partir de la rentrée prochaine, en 3e maternelle et en première primaire, nous ferons de l’éveil linguistique, à raison de 2 heures par semaine, en faisant une tournante de quatre langues, six mois chacune.
Quatre langues? “ Oui, il y aura l’allemand, l’anglais ou le néerlandais (mais nous avons déjà l’immersion pour celle-ci), une langue issue de l’immigration (dans ma commune, ce sont surtout l’italien et le turc), et le wallon. Nous aurons besoin de personnes ressources, d’où les cours donnés en promotion sociale, qui nous fourniront ces personnes. ”
L’ouverture par le repli sur soi?
L’anglais, le néerlandais, l’allemand, voire l’italien ou le turc, on comprend, mais le wallon? “ Je vous explique le raisonnement ”, reprend Marc Boland. “ Le Wallon va devoir compter de plus en plus sur lui-même. Nous sommes au carrefour de plusieurs cultures et de plusieurs langues. Il est cardinal pour les jeunes Wallons de s’ouvrir au multilinguisme. Pour ça, tous les moyens sont bons. Il faut faire exploser le blocage par rapport aux langues. Pourquoi ne pas utiliser le bilinguisme naturel qui existe déjà dans de nombreuses familles, que ce soit dans les familles immigrées, ou les wallonnes, où l’on parle le français et le wallon? On a cette richesse sous la main, utilisons-la! ”
Enseigné aux instits
Ce serait donc le grand retour du wallon à l’école? “ Il est encore très présent ”, répond M. Boland. “ les pièces de théâtre en wallon, il n’y a pas que des vieux pour s’y intéresser. […] À l’école normale Jonfosse, à Liège, les futurs instituteurs reçoivent des cours de wallon (en 2e année, NdlR). Et ce n’est pas dans un cadre de conflit entre Wallons et Flamands. ”
Quant à savoir si l’enseignement du wallon est autorisé, la question ne se pose pas vraiment en promotion sociale, selon M. Boland. On peut y organiser les formations que l’on désire. Le wallon enseigné sera bien entendu du liégeois. Pour la 3e maternelle et la 1re primaire, il s’agit d’éveil linguistique. Et selon le bourgmestre, le wallon n’est pas interdit.
En tout cas, utiliser le wallon pour s’ouvrir sur le reste du monde, il fallait y penser!1
- Sudpresse – 11.10.10 [↩]
Le wallon c’est notre culture, il est donc essentiel que les jeunes s’y intéressent (à nouveau). En plus c’èst todi ‘ne saqwè d’drole !
C’est évident, nous devons tous parler wallon (cfr M. Van Cau) comme tous les dialectes, patois, etc..
Il faut même étudier les différents wallons et le gaumais, le picard, … pour parler avec nos voisins, normal non ?
J’espère que les autres pays vont suivre avec le breton, … c’est tellement amusant.
Puis-je me permettre (et oui lol) de rappeler qu’une langue n’est jamais qu’une convention avec un but évident de communiquer ? Alors celui qui veut s’amuser avec les langues, pas de problème; mais qu’il laisse aux autres le choix d’avoir d’autres loisirs ou même d’autres choix d’études.
Au lieu de séparer les gens, je prône une langue unique. Je sais ça ne fera pas l’affaire du monde politique et de bien d’autres. Moralité ce n’est pas pour demain.
Il y a beaucoup à dire sur ce sujet.
P.-s. : 1) M.Boland devrait plutôt imposer (lol) l’anglais à certains de ces amis politiques. Il n’est pas besoin de rappeler la superbe signature de M.Happart sur un document incompris.
2) S’ il veut revenir aux racines, bon appétit !
Ce n’est pas le plus important à faire dans les écoles…
Le wallon est la culture des Wallons, mais nombre de Wallons ne sont pas wallons. Que ceux qui le veulent apprennent leur wallon, en cours parallèle et sur base volontaire ! Mais de quel parler wallon parle-t-on ? Il n’y a pas de wallon standard. Habiter Tubize ou Gemboux ou Namur ou Tournai ou Charleroi ou Liège et vous ne parlerez pas le même wallon. Personnellement, je pense que les enfants ont assez de cours « intellectuels » sans qu’on en rajoute, ils devraient avoir plus de cours où ils pourraient s’épanouir « physiquement » (ils doivent grandir, c’est physique): danse, musique, théâtre, diction, sketch et des activités ludosportives tous les jours…
Je suis (encore) d’accord
Le Wallon comme activité en dehors de l’école comme les activités sportives ou musicales : d’accord ! Mais à l’école il y a bien d’autres choses à faire !
Très bonne chose, mais ici à Jemeppe, des cours de wallon se sont pratiqués dans trois écoles en ateliers par un bénévole. Cela a duré 5 ou 6 ans; malheureusement la personne est décédée.