Les syndicats s’impatientent. La négociation devant mener à la conclusion d’un accord sectoriel n’a pas encore débuté, malgré leur ultimatum de la semaine dernière. La Communauté n’a pas encore fixé de rendez-vous et les esprits se tendent. Faute de pouvoir les avancer autour d’une table, le front commun syndical a finalement décidé de dévoiler à la presse quelques extraits de son cahier de revendications. La ministre saura, au moins, ce qui l’attend.
Sans surprise, les représentants des enseignants réclament une « augmentation salariale généralisée dans le cadre d’un plan pluriannuel ». Ils n’attendent évidemment pas un gain pour tous les profs de 100 euros nets mensuels mais un signe d’une certaine bonne volonté serait déjà vivement apprécié. Dans la même veine, les syndicats réclament que, doucement, on commence déjà à aligner, progressivement, les salaires de profs sur le barème 502, qui est celui des enseignants en haute école. Qu’ils soient instituteurs, régents ou licenciés, tous les enseignants verraient leur traitement revalorisé… et cela en prévision de l’augmentation de la durée de formation, qui devrait passer de 3 à 5 ans.
Temporaires et début de carrière
Afin de lutter contre la pénurie d’enseignants (surtout les jeunes), il est demandé que l’on mette fin au système de paiement « à terme doublement échu ». Chaque temporaire devrait être en droit d’être payé à la fin du mois, quelle que soit la durée de son engagement. Afin d’encourager ces mêmes jeunes à embrasser le métier, les syndicats estiment qu’il faut accélérer la progression barémique en début de carrière… et ne pas oublier de développer des formules de tutorat.
A l’autre bout du parcours, on encouragerait les vétérans à rester à leur poste en leur offrant des compléments de pension… pour ceux qui ont atteint le maximum barémique et qui donc ne gagnent plus rien à rester en service.
Signera-t-on la mort des DPPR?
On peut l’écrire sans risque d’erreur, la question des prépensions des enseignants sera LE dossier sur lequel les Romains vont s’empoigner. Avec d’un côté un exécutif désargenté (et qui l’a crié sur tous les toits) qui constate que le système coûte plus de 120 millions d’euros par an et démobilise près de 7.000 profs et qui souhaite, sinon le supprimer – suicidaire? -, du moins le reporter à 58 ans et de l’autre, des enseignants qui voient en ces DPPR un acquis qu’ils jugent définitif et qui aimeraient même l’étendre au personnel administratif. Les syndicats souhaitent aussi qu’un prof qui est mis en « disponibilité précédant la pension de retraite » partielle (1/2 ou 3/4 temps) puisse prolonger ce temps partiel au-delà de 60 ans (actuellement, le prof en DPPR est pensionné d’office à 60). Autant le dire tout de suite, c’est impayable ! Mais ne faut-il pas exiger beaucoup pour finalement obtenir quand même un petit peu?
Expérience utile et horaires
Les syndicats demandent que l’on valorise les expériences utiles acquises hors école. Il pourrait ainsi être créé une « commission de reconnaissance de l’expérience utile », avec instance paritaire de recours. Les enseignants pourraient également voir leur plage horaire « temps plein » réduite au minimum de la fourchette (22h au lieu de 24 pour un régent et 20 à la place de 22 pour un licencié). Qui a dit « une réponse du berger à la bergère? »
Mais encore…
Notons également que les syndicats souhaitent la diminution du nombre de jours avant que l’on remplace un enseignant malade (encore faut-il le trouver…), le remboursement des déplacements domicile-école(s) – certains temporaires devant parfois assurer deux ou trois établissements -, la prise en charge par la Communauté d’une assurance omnium pour son personnel, la prise en compte, dans les prestations, du temps nécessaire aux déplacements pour le prof travaillant dans deux écoles distantes de plus de 10km (en pratique, on demande l’abattement de 2 périodes), l’accès gratuit aux manifestations culturelles en lien avec la fonction et… la prise en charge par le pouvoir organisateur du matériel utile au métier comme l’ordinateur, la connexion Internet, les manuels, même ceux qui ne sont pas agréés.
La liste est ambitieuse et ressemble plutôt à une lettre à St-Nicolas qu’à un cahier de revendications. Mais au rythme où vont les choses, on sera le 6 décembre que les enseignants n’auront toujours pas réussi à rencontrer la ministre.
Quant à savoir ce qu’il restera de ce beau catalogue dans quelques semaines, notons que la Communauté française n’a dégagé qu’une dizaine de millions d’euros pour financer le futur accord intersectoriel. Autant dire que c’est mince… très mince.1
- Le Soir – 12.11.10 [↩]
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Bien que syndiqué, je me fiche de la moitié des revendications indiquées ci-dessus.
Ce que je souhaite moi ?
Un centre cybermédia promis depuis 4 ans et toujours pas arrivé !
La fin des compétences et un retour à des programmes dignes de ce nom !
Plus de confiance faite aux profs par les ministres, les inspecteurs, les directions.
Moins de contraintes administratives et plus de liberté pédagogique.
Et mes revendications coûtent moins cher que les leurs !
D’accord avec Pascal… Je suis prof depuis 6 ans et en désaccord avec les syndicats:
(1) Les Départs anticipés à la pension sont un privilège qui bénéficient à une minorité de gâtés loin d’être gâteux. Notre métier n’est pas plus difficile à 55 ans que d’autres métiers.
(2) Après 6 ans de carrière, je considère mon salaire plus que satisfaisant.
(3) il n’y a pénurie d’enseignants que dans des branches bien spécifiques comme les maths ou les langues. La pénurie est loin d’être généralisée comme ils le prétendent
Entièrement d’accord avec Pascal!!!
Bien d’accord avec Pascal !
Comme le dit l’article : « Mais ne faut-il pas exiger beaucoup pour finalement obtenir quand même un petit peu ? ».
A part la prise en compte des déplacements, qui me semble judicieuse, le reste me laisse pantois et perplexe… Je préfère également les propositions de Pascal
Oups, Pascal fait l’unanimité. C’est vrai qu’il est grand temps que l’on reconsidère nos conditions de travail et l’exemple des CCM est un bon exemple. Il est seulement la face visible de l’iceberg.
Mais, il est grand temps de revoir les fins de carrières aussi ! J’enseigne depuis 33 ans et j’aimerais continuer à l’école mais faire autre chose. Il faut bien reconnaître que nous avons une carrière plane comme notre plat pays.
Pascal ministre lol ! Tes propositions sont dangereuses, ils vont encore nous pondre une autre réforme mais pas dans ton sens
.
Pour le DPPR, il faudrait reprendre l’historique. Si, aujourd’hui, c’est pour laisser souffler les enseignants, je ne vois pas pourquoi le personnel administratif d’une école aurait plus de difficultés que dans les autres secteurs.
D’accord avec Pascal, c’est notre pratique qui est difficile, le fait qu’on nous entraîne dans des pratiques pédagogiques auxquelles nous ne croyons pas ET SURTOUT CETTE PENIBLE REPUTATION D’INCOMPETENTS FAINEANTS.
Mais que peuvent les syndicats dans ces domaines qui ne sont pas les leurs.
Enfin, j’ose à peine le dire, mais les DPPR à 58 ans me semble raisonnable.
La revalorisation doit passer par une meilleure considération des enseignants en arrêtant de les stigmatiser sans arrêt et en les ECOUTANT réellement.
D’accord Lilig pour les DPPR à 58 ans, mais tout dépend de l’état du prof. et du type d’élèves où il enseigne.
Nous ne faisons pas vraiment tous le même boulot.
Ok, les syndicats demandent de trop. Mais les syndicats représentent l’ensemble des enseignant et essayent d’avoir des mesures qui conviennent AU PLUS GRAND NOMBRE. Si vous n’êtes pas d’accord, faîtes valoir votre opinion auprès de vos délégués ou directement au syndicat. Au moins, vous pourrez critiquer quelque chose dont vous avez parlé. Mais je suis d’accord avec vous, toutes les propositions ne sont peut-être pas nécessaires.
« Faites valoir votre opinion auprès du syndicat »
Pour avoir été déléguée un temps, je peux vous dire que ce n’est pas un monde plus démocratique qu’ailleurs !
Ou vous partagez les idées de la masse, ou vous partez. Ce que j’ai fait !
la prise en compte, dans les prestations, du temps nécessaire aux déplacements pour le prof travaillant dans deux écoles distantes de plus de 10km (en pratique, on demande l’abattement de 2 périodes),
……………..
C’est pour rire, je suppose!!!!
Des personnes de mon entourage qui ne sont pas enseignants et qui habitent en campagne, travaillent à Bruxelles et mettent plus d’1h30 (donc la distance est bien supérieure à 10km!)de trajet le matin ET le soir!!!!! Je n’ai jamais entendu parler que leur patron leur faisait un cadeau de quelques heures en moins à prester! Une fois encore, les enseignants vont encore bien faire parler d’eux!!
@ Viviane
Il s’agirait d’un abattement pour compenser le déplacement entre deux écoles : seule solution, pour un certain nombre de profs d’avoir un horaire complet (profs de cours artistiques, géographes au DS, etc.). Personne n’a jamais parlé de mesure pour les déplacements entre le domicile et le boulot. Donc, je ne vois pas en quoi cette mesure est risible. J’avoue que j’aurais apprécié quand j’étais temporaire et que je me tapais de somptueux voyages en train pour filer d’une école à l’autre…
@Viviane :
Il n’est en effet nullement question des déplacements domicile – lieu de travail ! Lorsque mon compagnon, qui travaille dans le privé, se déplace entre les différentes implantations de son entreprise (environ 30 km), le déplacement n’est nullement déduit de ses heures prestées mais est considéré comme du temps de travail, ce qui n’est pas le cas dans l’enseignement !
Moi je suis d’accord avec TOUTES les revendications!!!
N’importe quoi…
Vous devriez aller faire un stage dans le privé pendant un de vos 4 mois de congés annuels.
Surtout pas de grèves pour obtenir, comme par le passé, des réductions d’emploi, une déconsidération du métier, j’en passe et des meilleures…
Gapman, vous qui êtes amateur de congés, on recrute dans l’enseignement; il faut venir;si si, je vous assure. En plus vous ne travaillerez plus que 20 h semaine; de quoi ils se plaignent ces profs !!!!
@Stéphane
Tu as déjà essayé de discuter avec un délégué syndical? Je veux dire quand tu n’es pas d’accord?
Quelle est la proportion de profs syndiqués? Et dans ces profs, combien sont d’accord avec les propositions du syndicat?
viviane
Je note votre proposition: je vais proposer aux entreprises qui emploient des vendeurs, des techniciens, etc. de déduire les temps de déplacements entre les différents clients!
@Xavier,
Chez nous, depuis les grèves de 90, la proportion de syndiqués est de 36 %, essentiellement des jeunes (moins de 30 ans)
Je suis désolée de le dire mais depuis longtemps le syndicat ne représente plus que lui-même. A la CSC, la nomination de Ernst n’est pas une avancée positive. je ne connais pas plus borné que cet homme-là. Qui n’est pas d’accord avec lui est forcément contre lui et il devient odieux.
Et c’est ça qui est censé représenter TOUS les profs ???
Bien d’accord avec vous !
tout à fait d’accord avec Stéphane : »Ok, les syndicats demandent de trop. Mais les syndicats représentent l’ensemble des enseignant et essayent d’avoir des mesures qui conviennent AU PLUS GRAND NOMBRE. Si vous n’êtes pas d’accord, faîtes valoir votre opinion auprès de vos délégués ou directement au syndicat. Au moins, vous pourrez critiquer quelque chose dont vous avez parlé. Mais je suis d’accord avec vous, toutes les propositions ne sont peut-être pas nécessaires. »
à Gapman : prod d’économie avez-vous dit. En fonction accessoirepeut-être de quoi avoir du temps libre pour de multiples activités commerciales pendant que d’autres préparent leurs cours, corrigent, s’informent… pour ne pas confondre législation dans l’enseignement et le si cher à votre coeur : « privé »…..
On aurait pu attendre mieux du site que de permettre de toujours « baver » sur les enseignants.