Doit-on en finir avec les examens de passage en humanités? Le rapport 2009-2010 du Service général de l’inspection scolaire a relancé le débat. Inutiles, inéquitables, coûteux, stressants, ils comptent aujourd’hui davantage de détracteurs que de partisans. Le journal Le Soir a donné la parole à deux chefs d’établissement bien connus : Eric Deguide, Préfet du Lycée Emile Jacqmain de Bruxelles et André Cobbaert, directeur du Collège Saint-Hubert de Watermael-Boitsfort et président des directeurs du secondaire catholique. Pour les deux hommes, c’est clair, les examens de seconde sessions doivent être repensés car ils n’offrent pas assez d’avantages au regard de leurs inconvénients.
C’est Eric Deguide qui cogne le plus fort. Pour lui, nous gardons ces examens uniquement pour faire plaisir (et donner un peu d’espoir) aux parents.
Les écoles de la Ville de Bruxelles ont toujours le système des examens de passage. Mais il faut se rendre compte que j’ai des gosses qui ont 48 % de moyenne générale à la fin de l’année et huit échecs. On se dit que l’on va simplifier la vie à l’élève, qu’on ne va pas lui gâcher son été, qu’on va faire faire des économies aux parents… bref, qu’on va le faire redoubler d’office. Eh bien non : « Il a le droit de présenter », « Il va s’y mettre », « C’est pas parce que c’est mon fils, mais qu’est-ce qu’il est “ fut’-fut’ »… Je suggère alors que, à supposer qu’il arrive à passer, on le change d’école. Mais non : « Maintenant, il a compris »… Et l’année d’après, il est toujours busé partout. L’ennui c’est qu’en attendant, c’est ce genre d’élève qui chahute et qui fait le guignol !
J’en profite pour couper les pattes à un canard : il ne faut pas prendre l’exemple finlandais, où l’échec n’existe pas. Parce qu’en Finlande, quand un chef d’établissement donne une orientation, les parents la suivent. Ici, quand je donne une orientation, bien souvent, on me répond : « On vous a bien compris : il n’est pas doué en maths. Mais il va quand même faire latin-maths »…
Pourquoi les maintenir, alors ?
Si nous ne faisons pas cela, nous devons bien souvent faire redoubler d’office. Et quand je fais redoubler d’office, les parents introduisent des recours.
M. Deguide tient tout de même à spécifier qu’il faut faire la différence entre les deuxièmes « sess » accidentelles – causée par un décès, un chagrin d’amour, un accident, des choses pareilles – et les autres. Dans le premier cas, les examens sont généralement peu nombreux, ils sont réussis et ensuite, effectivement, cela sert de leçon. Mais le gosse qui a une seconde « sess » avec six examens de passage, même s’il arrive à sauter de classe, cela ne fait en général que reculer l’échéance d’une année.1
Ne pas reporter les choses difficiles
Même son de cloche chez son collègue de l’enseignement libre. André Cobbaert ne pense pas « pédagogique » ces secondes chances qu’on accorde aux élèves. Au contraire, elles leur laissent penser que dans la vie, on a toujours une deuxième chance, ce qui n’est pas vrai.
On ne fait pas d’éducation en reculant les limites. Le fait de dire à un élève : « Tu as dix mois pour réussir ton année » est important. Sinon, on a affaire à des calculs, on laisse traîner une branche en se disant qu’on la fera en seconde session, etc. On ne peut pas toujours reporter les choses difficiles. Leur dire : « Non, tu ne peux pas reporter, tu dois travailler et on est là pour t’aider », c’est une manière, je trouve, particulièrement « éducative » de donner des limites, des délais, des échéances.
Mais quid d’un élève qui aurait travaillé mais aurait trébuché à cause d’un accident de parcours?
Si un élève est en échec à la fin de l’année et que cet échec est dû à une raison bien précise et avérée – une maladie ou un décès, par exemple – rien n’empêche le conseil de classe, qui a l’autorité pour le faire, de décider de ne pas l’arrêter et même de ne pas lui donner une deuxième session, compte tenu de ses travaux jusque-là.
La question, en conseil de classe, c’est alors : « Est-ce que cet élève est capable, ou non, de suivre l’année suivante ? » Si l’on estime qu’en faisant un effort, il serait capable de le faire, nous décidons de la réussite, en assortissant cela d’un travail de vacances qui sera supervisé par le professeur et qui constituera la première cote pour l’année suivante. L’élève sait alors qu’on y croit, qu’on fait un pari sur l’avenir. Mais on lui précise qu’il ne peut pas, deux années de suite, avoir un échec dans la même branche, car on finira par lui dire : « Non ».
Voilà qui devrait donner matière à penser. On connait le taux de redoublement de nos élèves en Communauté française. On sait qu’il est élevé et que ce redoublement coûte très cher. Mais sait-on combien d’élèves ont fini par échouer malgré une seconde session? Dans les établissements ayant choisi de ne garder que les sessions de Noël et de juin, on constate un taux de réussite légèrement supérieur à la moyenne en fin d’année. En revanche, dans d’autres écoles, qui pratiquent des examens en décembre, en juin, en septembre… et parfois même en mars ou en avril (la session de Pâques!), les résultats sont peu encourageants. On en déduira ce qu’on voudra…
- Le Soir – 10.11.10 [↩]
Finis alors les cours « Échec à l’échec », les remises sérieuses à niveau ? Le prof s’en occupe avec un travail…et une première cote qui sera tempérée en bien ou en mal par les premières interros du bulletin….!!!!Je suis dubitatif
N’a-t-on pas déjà eu cette conversation des dizaines de fois ici ?
M. Deguide avait été suspendu trois mois pour violation du décret « Inscriptions »: est-ce ce fait de guerre qui lui vaut son brevet d’expertise ?
http://www.rtbf.be/info/belgique/enseignement/trois-mois-de-suspension-pour-le-prefet-du-lycee-jacqmain
Personnellement, je suis assez mitigé: certaines années, les deuxièmes sessions sont de véritables bouées de sauvetage pour certains jeunes et cela leur permet de se mettre à jour dans les CONNAISSANCES mais avec d’autres, cela ne sert à rien et ils passent quand même dans l’année suivante où ils sont priés d’aller se faire pendre.
Notez bien que si nous rétrospections correctement le décret-mission, nous évaluerions des COMPÉTENCES or peut-on acquérir ces compétences en deux mois ? Ce n’est qu’une question.
Il faudrait revoir certainement les deuxièmes sessions en sixième, en rhéto, comme on dit en Belgique. Elles ne servent que de bâtons et de carottes pour les futurs adultes qu’on laissera sortir quand même.
Et des deuxièmes sessions en quoi ? Le conseil de classe met des repêchages en religion, histoire, géo: ce sont des branches comme les autres mais… va-t-on arrêter un élève pour un cours à deux heures ?
Dans mon école secondaire (assez bourge, j’avoue) il n’y avait pas de seconde session. Tous les élèves savaient que c’était juin ou c’était tant pis. Du coup, c’est à Pâques que tout le monde se réveillait, et non pas fin juin.
Je suis complètement pour l’abolition des secondes session, je n’en vois pas l’intérêt. Parce qu’honnêtement, les élèves travaillent différemment quand ils savent qu’ils n’ont que juin.
Et en conseil de classe, les profs connaissent leurs élèves, et savent s’ils sont capables de passer dans l’année supérieure, malgré des échecs.
Je pense que les 2e sessions sont à conserver. Elles ne font de mal à personne, ou alors il faut revoir la manière de les utiliser, et donne une chance à d’autres.
Quant à l’orientation, il est bien de donner un avis mais je trouve logique de laisser l’élève et les parents libres pour le choix des études. Les enseignants n’ont pas tous les paramètres pour imposer un choix.
J’étais sceptique quand on a supprimé les secondes sessions dans mon école, même si j’approuvais l’esprit de justice qui dictait cette décision, à savoir : tous les élèves ne peuvent pas se payer des cours particuliers. Après trois ans, force m’est de constater que les élèves prennent davantage leur destin en mains plus tôt dans l’année scolaire. Cela suppose aussi un engagement des professeurs aux côtés des élèves qui ont décidé de se battre pour leur réussite. Je rejoins donc totalement l’avis de morganefol.
Ahhh nous y voilà ! Quelle belle mentalité pour un précepteur, vous ne travaillez réellement que deux mois par an !
Dans mon école c’est… « Je ne fous rien 10 mois et je bosse 2! ». Donc je suis pour une suppression de ces secondes sessions.
Je dois bien avouer que les élèves qui ont des examens de seconde session en géo ou chimie ou physique 1h, me laissent perplexe en 6e.
) avec les élèves pour les « garder », les « intéresser » autrement tout en gardant l’oeil sur les nouveaux programmes (imposés également). Les évaluations se font à chaque hjeure, en fin de grand chapitre thématique… C ela a aussi du sens d’évaluer/d’évoluer ainsi.
Est-ce bien utile d’arrêter tel élève pour si peu… quand on connait les problèmes d’inscription dans les Hautes Ecoles ou à l’Université ?
Qu’on supprime des examens de passage ? Oui et non. Ca en aide certains, mais d’autres , nous le savons bien, planifient leurs examens sur ces deux sessions. Quelques-uns jouent donc avec le système et qui peut leur donner tort, au fond ? Convenons-en, le système actuel est à revoir… d’autant qu’on apprend tout au long de l’existence, alors pourquoi ne pas évaluer tout au long de l’année ? … mais, c’est ce que nous faisons déjà tous. Pourquoi maintenir en l’état puisqu’il s’agit aussi d’une « loterie » pour certains ?
Et puis il y a ceux qui réussissent quel que soit le système mis en place car ils s’adaptent à tout, et inversement ceux qui ratent quel que soit le système. Entre les deux, toute une kyrielle de jeunes « moyens » qui passent la ligne en deux fois, parfois en trois fois. Pour ces derniers, ces examens sont utiles mais sans doute pas toujours nécessaires avec un peu de bonne volonté.
Ce que j’en dis personnellement : dans mes deux écoles, on a supprimé les examlens dans les années ’90. Nous voulions les maintenir mais les chefs ont décidé sans tenir compte de nos avis ! Du coup, nous nous sommes adaptés et avons dû ruser (
In my opinion, of course…
PS. J’ai oublié de préciser que je parlais des cours philosophiques.
L’interview des deux chefs d’établissement au sujet de la décision de maintenir une deuxième session qui laisserait aux élèves la possibilité de passer les examens de passage et réussir leur année est sidérante car nous oblige, à nous, parents et élèves, à nous rendre compte que tant dans l’enseignement officiel que dans l’enseignement libre, les nombreuses études qui font état de l’INUTILITE du redoublement au niveau pédagogique et de l’effet extrêmement délétère de cette pratique sur nos enfants sont inconnues, voire volontairement ignorée par les chefs d’établissement des écoles à qui nous confions nos enfants durant le scolarité obligatoire. A lire les réflexions de ces deux directeurs, le redoublement et la relégation seraient même inéluctables !!
Mr Deguise en parlant de deuxième session, qui ne ferait que « retarder l’échéance », montre qu’il partage toujours une conception rétrograde qui n’est plus d’actualité et qui consiste à penser que l’élève en redoublant, rattraperait son retard, ce qui est inexact. Tout le monde sait que « qui a doublé, redoublera encore». Cette même conception est partagée par Mr Cobbaert qui prétend « qu’on ne peut pas toujours reculer les limites » et qu’on serait donc lors d’un deuxième échec dans une même branche, en quelque sorte, bien obligé de faire redoubler l’élève.
Nous apprenons qu’au lycée Jacqmain les élèves qui ont 48 % de moyennes sont stigmatisés au lieu d’être aidés, qu’il n’y est pas rare d’y avoir huit échecs, qu’en cas de réussite après une deuxième session, le directeur suggère aux parents de changer l’enfant d’école (sans s’inquiéter du désarroi de l’enfant qui se retrouvera sans ses copains, pourvu qu’il quitte le lycée Jacqmain, la réputation de celui-ci est sauf). Pour Mr Deguise, si la seconde sess est légère, elle « sert de leçon », si elle est importante mais réussie, elle ne fait que « reculer l’échéance d’une année ». Nous comprenons que l’élève catalogué de médiocre ne parviendra pas à donner de lui une image plus positive et échouera encore l’année suivante. Ce préfet ne s’inquiète pas davantage de l’impact (pourtant décrit abondamment dans la littérature) de l’échec sur l’élève qui ayant réussi mais encore et toujours en échec l’année suivante « chahute et fait le guignol ». De toute évidence, Mr Deguise est un préfet qui non seulement ne s’intéresse pas aux études de pédagogie qui sont pourtant bien décrites dans les manuels de pédagogie, ne s’intéresse pas au bien-être de ses élèves mais, pire, et c’est très grave, répand des rumeurs et des contrevérités totalement erronées, à savoir que les enseignants finlandais « donneraient des orientations aux élèves que les parents suivraient !! », ce qui est bien entendu totalement inexact. Le rôle des enseignants finlandais est de FORMER les élèves et les AIDER dans leurs difficultés, les décisions concernant l’avenir du jeune ne sont jamais décidées de manière autoritaire. L’enseignant, le parent et l’élève sont en Finlande sur un pied d’égalité dans toute discussion. L’orientation relève uniquement du choix personnel de l’élève, le seul moment (extrêmement rare, faut-il le rappeler) ou dans la carrière de l’élève il est possible de redoubler, c’est au terme du collège, si l’élève veut augmenter son niveau, (par exemple, pour être admis à l’école professionnelle) et c’est à lui seul que revient cette décision. Personne ne peut lui imposer pareille décision !!!
On est frappé par les conceptions très particulières de ces deux directeurs à propos de l’éducation de nos enfants particulièrement pour Mr Deguise qui dit volontiers « cela sert de leçon » et donc de la vertu de la nécessaire punition.
On est frappé par la notion de Mr Cobbaert qui lui n’organise pas de deuxième session, alors que les enseignants de son école sont normalement payés pour l’organiser, en parlant également d’éducation, en terme de « mesure éducative qui donne des limites, des échéances !! ». Il s’agit donc bien pour Mr Cobbaert, d’être dans le moule, dans la norme : « tous les élèves doivent réussir leur année en dix mois » Comment ? Mais, « en faisant des efforts ». Bien entendu, ici aussi, c’est sur les élèves que repose l’entière responsabilité des apprentissages.
C’est plein de sollicitude, que « dans un souci d’égalité de traitement » en pensant « aux élèves livrés à eux-mêmes » et … à nos finances ( !) qu’il parle de discrimination dans les cours de soutien scolaire externe et qu’il n’envisage donc pas de donner une deuxième sess….. pour les vacances !!!. Mr Cobbaert feint de ne pas savoir que quantité de parents d’élèves de son collège de Watermael Boitsfort , paient, pour que leurs enfants réussissent des cours particuliers durant toute l’année scolaire. Mr Cobbaert ne voit pas que dans son école, ce sont quantités d’élèves qui sont, durant toute l’année scolaire, « livrés à eux-mêmes », le soutien donné par les enseignants de son établissement étant, au vu de la quantité impressionnante d’élèves en échec de son établissement, totalement insuffisants!!! Ces élèves sont livrés à eux-mêmes toute l’année, car quand on est en échec, on se sent « nul », perdu, abandonné par le système scolaire, que ce soit durant l’année ou durant les vacances. Cet argument est clairement de la manipulation, car c’est oublier que c’est une chance que l’on enlève à l’élève. Il conviendrait d’interroger un parent qui doit payer une année supplémentaire et/ou un élève à qui on a refusé une deuxième session et donc une chance de promotion.
La Convention des droits de l’Enfant que notre communauté a ratifiée plaide pour que la voix du jeune soit entendue dans toutes les procédures qui le concernent. L’Unicef vient encore d’épingler la Belgique à ce sujet.
Si l’inspection scolaire se pose la question de l’utilité de la deuxième session, « fut-ce parce que tous les élèves ne bénéficient pas du même encadrement pédagogique pour réussir ces examens de passage », elle devrait, dans un soucis d’égalité, s’interroger sur l’utilité de faire redoubler et d’orienter négativement les élèves sur base d’échecs scolaires et ici aussi faire preuve de professionnalisme en se basant sur les études sur le redoublement (dont on est en droit de penser légitimement qu’elle les connait) et en osant parler de nécessaire réforme de conseil de classe, évoquer la nécessité de supprimer les certificats B (orientation imposée) et C (redoublement) pour que les conseils de classe ne soient plus que des endroits où l’on décide de se qu’on met en place pour aider l’apprenant, sans le stigmatiser !!
Cette « polémique » est intéressante car nous montre le manque de professionnalisme manifeste de notre corps enseignant, que ce soit de la part des deux directeurs de réseaux différents ou de l’inspection, le lecteur averti est frappé par l’incompétence manifeste des personnes à qui nous confions nos enfants pour qu’ils apprennent et soient diplômés. Nous poserons ici une question bien simple. Iriez-vous vous faire soigner chez un médecin qui refuserait de se recycler ? Il y a fort à parier que, si vous le saviez, la réponse serait bien évidemment NON. Vous voulez bien légitimement, pour votre santé, bénéficier des meilleurs soins. C’est normal. Ne pourrait-il en être autrement avec l’éducation et l’instruction prodiguée à vos enfants, sachant qu’il y va de leur avenir ?
Excellente analyse.
Eh bien supprimons les redoublements puisque c’est la solution à tous les problèmes ! Il est clair que les enseignants ont tout à y gagner : plus de conflits avec les parents et les élèves, plus de pression des directions, moins d’inquiétude pour le niveau des élèves; fini les récréations et les temps de midi passés à essayer de remédier, les contrôles refaits jusqu’à ce que les élèvent réussissent, les we passés à corriger .Que du bonheur !
e ne comprends d’ailleurs pas que ce ne soit pas dans les revendications des syndicats.
Signé : un professeur incompétent, et fatigué
Et oui, nous qui, en CF, croyons dur comme fer que pour obtenir des élèves qu’ils travaillent, il faut les punir en les mettant en échec scolaire, nous avons difficile à imaginer que nous puissions être compétents en nous nous (in)formant sur d’autres scolaires qui aident, encouragent et essaie de trouver chez chaque élève une qualité !!!!! Drôlement plus productif au vu des résultats !!!
Il faudra dans cette perspective encore davantage remédier car ce seront les écoles qui seront évaluées selon leurs performances avec les élèves.
Belle analyse que celle de Leleve Ducobu !
lilig : et bien oui, supprimons le redoublement : il n’apporte rien et coûte une fortune à la communauté et aux parents.
Ces directeurs manquent de respect et aux étudiants et à leurs parents ( cf.les propos de M.Deguide). Où est la fierté des enseignants, celle de se dire qu’en sortant du cours les étudiants ont compris et peuvent restituer au moins 50% de ce qui a été « expliqué » ? A vous lire il n’y aurait en communauté française que des étudiants au Q.I. inférieur à 90.On a déjà le taux d’échecs le plus élevé et ce n’est pas suffisant : on va jusqu’à lire que les évaluations sont d’un niveau trop bas, nivellement par le bas…..Mince, faut qu’on m’explique comment avec un nivellement par le bas on arrive encore à un taux d’échecs si élevé ???
A mon époque, avoir une 2e session c’était la honte. Nous étions fiers de nos résultats.
Aujourdh’ui, c’est une gloire et les bons élèves se font traiter d’intello !
Plutôt que de discuter sans fin sur le pour et le contre du redoublement et des 2e sessions, peut-être faudrait-il plancher sur « comment redonner à chacun le goût de l’effort et du travail bien fait? ».
Ne tirez pas sur le pianiste, je ne suis pas enseignante !
Je vois que nous sommes d’accord ! Supprimons le redoublement; ce sera un soulagement pour tout le monde ! Personnellement je n’y vois, comme je l’ai dit, que des avantages pour les professeurs !
Pour connaître plusieurs cas, je peux affirmer que le redoublement d’une 1ère secondaire peut être super bénéfique pour certains élèves. J’en connais qui n’ont jamais redoubler et ont réussi à l’université brillamment. Evidemment, la situation évolue … et je parle d’une époque où l’élève qui doublait, possédait souvent un potentiel. Aujourd’hui, certains devraient retourner en 3e primaire ou suivre des cours spécifiques au français.
Il n’existe malheureusement pas une recette magique qui peut s’appliquer à tous.
Ahhh la Finlande … si on veut en parler, il faut peut être se pencher sur la société finlandaise. Je ne pense pas qu’elle soit comparable à ,la nôtre. Sinon, je les invite à cultiver les olives
Belle intervention. Plus on maltraite les élèves en faisant Pygmalion à l’envers, moins on obtient d’eux. C’est comme si l’évidence n’existait plus dans ce pays du surréalisme.
N’oublions pas non plus qu’en Finlande la sélection existe toujours, elle se fait quand l’élève a 16 ans.
Supprimons le redoublement et par la même occasion rappelons à certains parents que c’est à EUX de veiller sur les résultats et la bonne progression de leurs enfants. Bon nombre d’entre eux semble l’oublier.
Quand je constate que certains parents d’élèves qui sont dans le rouge depuis six mois ne répondent à aucune convocation du titulaire ou du chef d’établissement et qu’aux réunions de parents je ne vois que les parents de bons élèves ou presque, ça me laisse tout de même perplexe. S’il n’y a plus ni redoublement ni pression des parents, qu’est-ce qui motivera les ados ? Si quelqu’un a la solution miracle, qu’il me la donne, je suis preneuse.
Et au passage, en Finlande les profs n’ont pas de classes de 34 élèves en 5e secondaire comme c’est le cas dans mon établissement (et dans d’autres). On oublie de le mentionner … mais ça change tout au travail de l’enseignant !
Je suis d’avis que les profs devraient au moins s’assurer que les élèves ont compris la matière avant de les « buser ». Est-il normal que les trois-quart d’une classe en physique soit en dessous de la moitié? Où est le souci de FORMATION, l’envie de transmettre le savoir? Si la méthode d’enseigner n’est pas la bonne, pourquoi ne pas l’adapter? Quand un médicament est inefficace, un bon médecin modifie le remède! Pour moi, chaque ado a un potentiel, j’ai pu le constater en aidant des jeunes en difficulté en langues. Il faut leur redonner confiance en eux-mêmes, les convaincre de s’accrocher et reprendre la formule d’Obama ‘Yes, WE can », élèves comme enseignants, J’en ai marre en tant que, parent responsable, de faire le boulot des profs (formation et motivation)
A lilig
Vous avez raison de rappeler ce fait quant à la Finlande. On ne l’entend jamais dans la bouche des décideurs de tous poils. Ils font croire que le redoublement est inefficace – ce qui est vrai dans certains cas-, mais en trente ans de carrière, j’ai vu plus de redoublements efficaces que le contraire… Ce qu’ils veulent, c’est réduire la facture au détriments de nos ados… Je crains qu’après avoir bien endoctriné un public séduit par cette idée démagogique, on en arrive à ce couperet de la sélection à 16 ans. Il sera bien inutile alors de regretter l’époque où on pouvait redoubler !
J’entends déjà les ricanements quant à mon intervention. Je tiens à préciser que j’ai très peu d’échecs en fin d’année, car, comme nombre de mes collègues, je m’investis beaucoup auprès de mes étudiants pour les aider à redresser la barre. Malheureusement, tous ne sont pas « sauvables », tous ne sont pas acteurs de leur réussite. Si vous saviez comme cela me peine quand un élève refuse tous les conseils ou toutes les remédiations que je lui propose… Malheureusement, « aide-toi, le ciel t’aidera » n’est pas toujours présent dans l’esprit d’un ado quand il s’agit d’effort scolaire…
Je propose un suicide collectif des profs, cela me semble la meilleure solution face à tant de mépris
Tant que nous râlons sur les forums mais ne prenons pas d’initiative, rien ne changera. Ecrivons aux médias, au ministère, aux partis, aux syndicats. Mouillons-nous !
Je suis un emmerdeur, je le fais. J’ai rarement de réponse. Forcément, je dois passer pour un farfelu. Mails cent ou mille farfelus, cela commence à être pris au sérieux.
Qu’attendons-nous ?
Dure question. Je pense que ces examens permettent de donner une 2e chance à certains élèves qui ont raté quelques cours bien mineurs et qu’il serait injuste de les faire doubler ou les orienter en Tq, ce qui arriverait si on leur supprime la seconde sess’ … Dès lors, on devrait poursuivre les secondes sessions mais limitées à un certain nombre d’examens (genre un seul examen pour les « gros cours » ou les cours d’options) et 2 ou 3 pour les cours de « moindre importance ».
Ceux qui ne répondent pas à ces critères (sauf exception comme un élève en décrochage suite à une maladie, un décès etc.) se verrait faire doubler d’office.
On peut aussi remplacer l’examen de repassage par un travail de vacances à rendre pour la rentrée …
A noter que beaucoup de professeurs en conseil de classe épongent certains échecs pour éviter les secondes sess à leurs élèves quand ils n’ont qu’un examen raté.
Je voudrais revenir aussi sur « ceux qui planifient leurs examens sur 2 sessions ainsi »
C’est sans doute vrai mais si c’est la technique qu’ils emploient pour réussir pourquoi les en empêcher ? Dans certaines écoles, les élèves ont de gros examens (parfois 2/jours) plusieurs jours d’affilées, les empêchant même de relire/étudier leur cours la veille (on a beau devoir étudier tout au long de l’année, admettez qu’il faut bûcher malgré tout avant un examen, à fortiori avant plusieurs examens coups sur coups.)
Pour certains qui ont des difficultés avec l’étude (mais n’étant pas forcément des idiots), c’est plus facile de procéder de la sorte. D’ailleurs, c’est largement le cas à l’université croyez-moi !!!