Les profs en arrêt de travail le 30 novembre

C’était dans l’air depuis quelques jours et cela se confirme aujourd’hui. Le front commun syndical a appelé à un arrêt de travail dans toutes les écoles le mardi 30 novembre prochain. Il souhaite ainsi protester contre le mécanisme d’aide des écoles « riches » vers les écoles en difficulté. Ce système (dit « Robin des Bois ») fâche les syndicats. Et, ce jeudi, le gouvernement a refusé de revoir sa copie. Le bras de fer a donc commencé.

Non à « Robin des Bois » !

Le nouveau projet est certes raboté (8 millions d’euros au lieu des 25 millions initialement prévu), mais les syndicats s’opposent sur le principe même. « L’effort concerne des moyens de fonctionnement, et aucune école n’en possède trop« , soulignent les syndicats. Ils font valoir aussi le fait qu’à l’origine, le décret prévoyait qu’aucune école ne serait perdante.

Dans un communiqué diffusé en milieu d’après-midi, les syndicats expliquent qu’ils s’opposent également au projet du gouvernement d’élargir les négociations sociales aux pouvoirs organisateurs, projet également inséré dans le décret fourre-tout. Le projet d’une tripartite figure dans la déclaration de politique communautaire mais n’a pas encore été traduit dans un décret. Il doit l’être, espère le gouvernement, avant la fin de l’année dans le cadre du décret-programme.

Les P.O. ont aussi claqué la porte

En attendant, la ministre de l’Enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet, a formulé ce jeudi aux syndicats et aux P.O. une proposition de compromis, passant par des négociations séparées avant que chacun se prononce sur ses compétences respectives. Mais cette proposition n’a été du goût ni des pouvoirs organisateurs – le SeGEC aurait « claqué la porte » le premier – ni des syndicats. Ambiance.

Le blocage semble total. Au cabinet Simonet, on n’est guère optimiste.

Les positions sont diamétralement opposées. Le compromis a été rejeté avec la même intensité de chaque côté, ce qui signifie que le chemin proposé n’était pas si éloigné d’une solution satisfaisante pour tous.

Quoi qu’il en soit, les négociations sectorielles débuteront mercredi prochain, sous leur forme bipartite (gouvernement-syndicats) actuellement prévue par décret.1

  1. Belga – 18.11.10 []

Commentaires

  1. pcayphas dit :

    Il faudrait que les syndicats de l’enseignement catholique ouvrent les yeux … sans les PO et leur bénévolats et prises de responsabilité, le travail des enseignants serait bien différent ! Il ne faut pas cracher dans la soupe. Mais je comprends qu’ils ne voient pas d’un bon œil qu’on dénonce publiquement qu’ils font passer leur bien être avant la qualité, qui elle, profiterait plutôt aux élèves ! Que feront-ils, si les PO « font une grève du zèle administrative » ou pire, démissionnent de leur ASBL …..

  2. wachtelaer dit :

    Si les PO retiraient leur épingle du jeu, le système imploserait. il faut rappeler que les PO subventionnés sont les employeurs de 70% des enseignants; leur présence aux négociation est donc légitime.

  3. Gapman dit :

    Ben voyons… qu’ils fassent un stage dans le privé pendant l’un de leurs 4 mois de congés annuels, ils comprendront.

  4. Xavier dit :

    Pas mal, la manipulation intellectuelle des syndicats: on annonce surtout le refus du décret « Robin des Bois » et quand on sortira les chiffres des arrêts de travail, on les comptabilisera aussi contre la participation des PO aux négociations.

    Je me demande pourquoi les syndicats paniquent tellement de voir les PO assis à la même table qu’eux pour ces négociations….

  5. pascal dit :

    Le décret Robon des Bois, j’applaudis ! Faisant partie d’une école jadis en D+, supprimé car trop couteux, nous aurions bien besoin d’un meilleur encadrement !
    Mais est-ce aux écoles de pourvoir à cela ? Ou à la société toute entière de prendre ses responsablitiés face aux jeunes en difficultés multiples que nous recevons ? Si on ne veut pas voir exploser notre démocratie bancale, il serait temps de prendre en compte les plus démunis.

    1. JacquesDB dit :

      C’est évident qu’il faut aider les écoles qui ont un public difficile mais de là à aller prendre dans la poche des écoles qui ont bien gérer leurs deniers, c’est inique !!!!

  6. Julien dit :

    Gapman : ben voyons, que les gens viennent prendre en mains 20 élèves un mois entier…on en discute après.Mis à part les 2 mois de vacances, le privé à autant de congés que les instit..Une remarque ridicule sans fondement et pas à ça place.

  7. Marie dit :

    A Gapman, l’inverse est vrai aussi Enfin dans le professionnel et le spécial, 1 jour pas plus mdr.

    1. Gapman dit :

      Je suis enseignant… Dites tout de suite que les élèves du professionnel sont des singes tant que vous y êtes!
      Deux semaines à Noël, deux à Pâques, une à la Toussaint, une à carnaval et deux mois en été, 3 mois et demi.
      Vous devriez peut-être vous rendre compte de la chance que vous avez.

  8. lilig dit :

    Je rappelle qu’on manque d’enseignants dans de très nombreux secteurs. Amateurs de vacances, présentez-vous !

  9. franufle dit :

    « Mis à part les 2 mois de vacances »
    Je rappelle aussi que ces deux mois ne sont pas payés en plus !

  10. Merci à Gapman qui comme toujours très « judicieux » scande sa même petite phrase sur chaque sujet… Gapman! On est en pénurie, rejoins-nous, qu’attends-tu?! Je t’invite à venir voir les acteurs de terrain, on en reparle après. Ha oui si tu voulais bien éviter de polluer les posts de ce site, tes remarques sont bêtes presque insultantes et surtout elles ne servent à rien. En te remerciant !
    Sinon, pour résumer le décret : «Prendre aux pauvres pour donner aux plus pauvres », joli, vraiment très joli Mme Simonet !

  11. JacquesDB dit :

    Gapman: facile et ridicule, non ? L’herbe est toujours plus verte dans le pré d’à côté. Moi, je suis content de mes 183 jours de congé sur l’année. Et puis, je n’ai rien demandé, moi ! On me les impose ces congés: j’aimerais tant rester en classe 11 mois sur 12, 8 h par jours (humour cynique).

    1. Gapman dit :

      Veuillez garder vos familiarités pour vous Thom!
      Moi aussi on me contraint à prendre 4 mois de congés payés par an, je me demande si je ne vais pas déposer plainte à ce sujet d’ailleurs afin d’obtenir des dommages et intérêts.

  12. Il s’agit d’un ARRÊT de travail, rien de plus, rien de moins, décidé par un front commun syndical. Une pause en vue d’expliquer aux collègues ce qui se passe. Il y a bien évidemment le retour du décret dit Robin des bois », mais encore la tripartite qui vient changer la donne dans les négociations entre les organisations syndicales qui représentent les enseignants et le Gouvernement(ceux qui ont des doutes n’ont qu’à s’informer en (re)lisant la législation sociale). On négocie sur deux bancs: le banc patronal et le banc syndical, à égalité (si je puis dire). C’est tout de même pas difficile à comprendre, même quand on est ministre.

  13. Xavier dit :

    @Patrick
    Les organisations syndicales représentent combien d’enseignants?
    Le but des PO n’est pas d’améliorer la qualité de ‘enseignement?

    Je ne suis pas sûr de tout comprendre, là.

  14. domi dit :

    Les écoles avec élèves difficiles ne sont pas automatiquement des mauvaises gestionnaires…. aucun rapport.
    Le rôle des syndicats est différent de celui des PO.

  15. Marie dit :

    A Gapman ;-)
    Je suis heureux de trouver un enseignant qui propose de travailler dans les écoles pendant au moins 2 mois (peinture, …)
    Quant aux élèves du professionnel, il ne faut pas tous les mettre dans le même sac, mais on y retrouve des élèves sans repère, éducation, … qui ne sont pas prêts à recevoir un enseignement et la société les laisse face à un adulte bien démuni. La majorité de ceux-ci subisse sans rien dire.

  16. jacqueline D. dit :

    La première chose à faire serait sans doute de demander à chacun des enseignants des écoles D+ (et pas aux directions, P.O., conseillers pédagogiques, chercheurs et autres qui ne sont pas SUR LE TERRAIN, par pitié !) de quoi ils ont réellement besoin ! Les réponses risquent d’être surprenantes …
    Moi, par ex. j’aurais demandé :
    • Des craies, un frotteur, un lavabo, une armoire qui ferme à clé, des tables et des chaises en nombre suffisant dans chaque classe.
    • Des dictionnaires et des atlas ( les élèves n’en ont pas)
    • Des éducateurs formés (pas seulement titulaires d’un diplôme de 6TQ Nursing ou 7P Menuiserie ou des PTP)
    • 20 PC +un responsable technique, c’est drôlement plus utile que 50 PC sans responsable technique (donc inutilisables très rapidement)
    • Une salle d’études surveillée pour les élèves « en fourche »
    • Une bibliothèque + BIBLIOTHECAIRE qualifié (pas de bibliothécaire = bibliothèque inutilisée ou sinistrée, bibliothécaire non-qualifié = gaspillage des moyens)
    • Un suivi réel de l’absentéisme
    • La mise sur pied systématique, dans l’école, d’une étude surveillée gratuite (avec des professionnels de l’enseignement, pas des animateurs sous-qualifiés !) dans toutes les écoles D+. Il y a des écoles de devoirs, sans doute, mais dans la pratique, seuls les élèves de primaire les fréquentent.
    • La présence systématique d’un logopède (au moins) DANS l’école, pendants toutes les heures d’ouverture. Idem pour un assistant social.
    • Une visite médicale sérieuse chaque année avec convocation des parents et suivi obligatoire en cas de problème (j’ai vu des dizaines d’élèves jeter l’enveloppe « à remettre aux parents » parce que « j’veux pas des lunettes, c’est moche », « j’veux pas aller chez le docteur », « mes parents comprennent pas le français », etc.) J’ai connu des élèves tuberculeux qui avaient arrêté tout traitement par manque de suivi, des élèves à moitié sourds qui n’avaient jamais été diagnostiqués, des élèves quasi-illettrés qui, à 17 ans, n’avaient jamais été envoyés au PMS pour détecter si, par hasard, ils ne seraient pas dyslexiques ou tout simplement débiles légers ayant besoin d’un encadrement spécifique. Tout cela se paie très cher plus tard…
    Et je suppose que chaque école a ses besoins spécifiques, en fonction de son public…
    Par contre, dans les écoles fréquentées par mes enfants (dans une région plutôt privilégiée), tout cela était acquis ! D’abord, parce que ces écoles disposent de beaucoup d’heures NTPP (quand on a 6 classes de 1A de 24 élèves, on arrive à organiser des heures de remédiation, par ex.). Ensuite, parce que les « contributions volontaires » des parents, les fêtes, les marches parrainées, les tombolas, etc. permettent d’acheter du matériel, dans ces écoles-là. Essayez de faire du bénéfice avec une fête dans une école D+, vous m’en direz des nouvelles ! Et puis, les parents sont suffisamment formés (et /ou payés) pour (faire) suivre leurs enfants dans leur scolarité en cas de problème.
    Donc : plus de moyens pour les écoles qui en ont besoin (qu’elles soient en D+ ou pas), mais judicieusement choisis, sinon ça ne sert pas à grand-chose.

  17. elia dit :

    Mon école n’est pas un mauvais gestionnaire. Pourtant, nous avons des élèves en grandes difficultés.
    Ce qu’il nous faudrait absolument, c’est un meilleur encadrement en terme d’éducateurs, du matériel informatique (nous n’avons que 5 PC) un TMS à temps plein… Ca, ça nous aiderait vraiment !

    1. yon dit :

      A Gapman. Je partage votre opinion. Nous sommes malheureusement une minorité. L’argument de la pénurie m’a tjs fait sourire. Oui il y a pénurie… Mais dans une minorité de branche (agrégé en math, physique, construction). Par contre pour une plus grosse majorité de cours, les directeurs reçoivent des centaines de cv chaque année dont ils ne savent que faire…

      1. lilig dit :

        Sciences, langues, français…si je vois ce qu’il se passe dans mon école, mais c’est sans doute une exception

  18. isaline dit :

    Ecole professionnelle de 700 élèves, nous avons appris hier que nous devrions « payer » pour les écoles en D+ !!!!
    Nous étions D+ au départ puis plus. Sans trop savoir pourquoi. Les difficultés n’ont pas diminué, le niveau social et scolaire des élèves pas monté.
    De quoi devra-t-on se priver pour aider les autres ? Du superflu que nous n’avons pas ???

    1. jacqueline D. dit :

      Vous avez toute ma sympathie, Isaline ! On va vous enlever le peu de moyens que vous avez pour le saupoudrer dans les écoles D+ qui auront pondu les « projets » les plus ronflants ! Du style : « création d’une radio gérée par les élèves », « fête de Saint-Nicolas pour les enfants du quartier », « club de cuisine d’ailleurs », etc.
      Tout ça dans des écoles D+ où les professeurs pleurent pour avoir un dictionnaire par classe, un balayage journalier, du papier ou de l’eau dans les toilettes, quelques atlas, UNE salle d’étude pour les élèves en fourche, etc.
      Ne serait-il pas temps de faire un état des lieux des moyens réels dont disposent les écoles, tous réseaux confondus (en étudiant leur comptabilité, par ex.) et de distribuer les moyens dont on dispose pour assurer le minimum vital à toutes les écoles ? On pourrait par ex. décider de doter toutes les écoles d’une salle d’étude. Une fois que c’est fait, on passe aux toilettes (!), puis aux bibliothèques, etc.
      Offrir des PC dernier cri ou une « radio locale » à des écoles qui n’ont pas ce strict minimum, c’est aussi ridicule que d’installer une robinetterie en or massif dans une maison qui n’est pas raccordée à l’eau courante ! Et je ne jette pas la pierre à ces écoles : on n’obtient des sous que pour des projets bling-bling (décidés par la hiérarchie), pas pour le minimum vital (réclamé par les professeurs sur le terrain)

  19. marie dit :

    A Jacqueline,

    Sans travailler dans une école professionnelle, en tant que prof du premier degré, je me retrouve assez largement dans ce que vous dites…