La négociation sectorielle de l’accord social 2011-2012 doit démarrer dans trois jours, mercredi exactement. Nous vous avons dévoilé sur Enseignons.be un aperçu des principales demandes syndicales. Sans surprise, les débats porteront essentiellement sur l’avenir des DPPR (disponibilité précédant la pension de retraite), ces prépensions que tous les enseignants peuvent s’offrir à partir de 55 ans, à temps plein ou à temps partiel.
Du côté du gouvernement, on est bien décidé à reculer l’âge de la fin de carrière à 58 ans comme en Flandre et chez les Germanophones. Car le prépensionné reste, jusqu’à ses 60 ans, à charge du budget de la Communauté française… sans compter qu’il faut encore payer son remplaçant.
Le front commun syndical défendra le maintien du système… et propose même de l’anticiper. Comment? En s’inspirant des formules imaginées pour le personnel de la santé, offrant des possibilités de lever le pied à partir de 45 ans. Concrètement, l’idée (qui vient de la CSC) sera de permettre aux profs de ralentir le rythme, à partir de 50 ans, à hauteur de 1/5e temps (et pas plus!). L’agent perdrait alors, selon les estimation du syndicat chrétien, entre 9 et 10% de son salaire net.
Une piste pour le tutorat?
Folie furieuse? Pas si sûr. L’enseignant qui entrerait dans ce système de DPPR à temps partiel ne pourrait solliciter une DPPR complète (le décrochage total) qu’à 57 ans, soit deux ans de plus qu’aujourd’hui. Par ailleurs, il lui serait demandé de passer 1 heure par semaine à épauler un jeune collègue. Un rapport d’activité entre le jeune prof et son tuteur serait alors la seule exigence administrative. Enfin, le prof qui choisirait un 4/5 temps ne pourrait plus faire machine arrière et revenir à un temps plein. Une fois passé à « la semaine de 4 jours », il y resterait.
Histoire d’amadouer le gouvernement (qui veut reculer les DPPR alors que les syndicats proposent de les l’avancer), le nouveau patron de la CSC, Eugène Ernst, assure que la formule ne coûtera pas plus cher que le régime actuel… et qu’elle pourrait même à terme produire des économies.
Une économie sur le long terme
Comment cela? Imaginons deux profs souhaitant profiter des DPPR. L’un part en DPPR totale durant cinq années (entre 55 et 60 ans, année où il passe d’office au régime pension et donc à charge du fédéral). L’autre prof passe à 4/5 temps à 50 ans… et doit attendre ses 57 ans avant de profiter d’une prépension complète. En terme d’années « perdues », c’est kif-kif pour la Communauté française. De plus l’allègement de sa carrière devrait maintenir le vétéran en bonne forme, supposent les syndicats.
Grâce à ça, ils seraient moins malades – d’où une économie pour la Communauté. Et seraient moins tentés, une fois plus âgés, de solliciter une DPPR à temps complet. En somme, alléger l’horaire à partir de 50 ans devrait contribuer à maintenir davantage d’enseignants âgés à l’école.1
- Le Soir – 17.11.10 [↩]
Je vais avoir 49 ans et suis donc concerné. Quoique !
Perso, cela ne m’intéresse pas mais je peux comprendre que certains soient désireux de profiter de cette mesure.
Peut-être faudrait-il aussi penser collectif de temps en temps. Une dizaine de profs en DPPR (avec un horaire sur 4 jours) cela donne des horaires de m**** pour les collègues. Mais pas grave, nous on lève le pied ! On l’a bien mérité !
C’est n’importe quoi, dans des tas d’écoles, une majorité de profs ont leur horaire sur 4 jours!
Et bien, je ne suis pas d’accord avec ces tas d’écoles: cela ne fait renforcer l’idée dans le public que les enseignants ne foutent rien.
A mon avis, il n’est guère possible de donner correctement plus de 5 heures par jour.
Et chez nous, cela donne des horaires de m*** aux autres. Je peux en témoigner !
Moins d’heures, ok. Mais pourquoi pas 5 demi journées ? Pourquoi obligatoirement sur 4 jours ?
J’ai 54 ans et je donne cours sur 4 jours mais avec 22 périodes et 11 classes.
Des journées surchargées.
Plus de 5 périodes par jour: c’est la mort.
Et bien, je suis moribond.
Encore un sujet pour travailler moins !
Je suis outré par votre histoire Jacky, on vous oblige à travailler 22périodes de 50 minutes par semaine !!! 18heures et 20 minutes, vous devez vraiment être surchargé !
Jacky, c’est moi ? A bon…
Gapman, encore un qui connaît bien l’enseignement…
La réduction d’horaire à 4/5 temps existe déjà mais – évidemment – avec la réduction de salaire correspondante (comme dans le reste de la fonction publique). dans le secondaire c’est gérable. dans le fondamental c’est beaucoup plus compliqué. pas question que toutes les réductions d’horaire s’effectuent les lundis ou les vendredis.
Hé, hé, hé: effectivement
je crois qu’on ne s’imagine pas toujours le boulot des enseignants. Mes élèves futurs enseignants dans l’enseignement professionnel et spécialisé vivnet des situations difficiles et quant à moi, j’ai dû prendre un mi-temps pause carrière en raison de la fibromyalgie, j’adorre mon métier et mes élèves mais quand j’ai une petite rechute et que je m’absente, j’ai 70% d’un mi-temps et je serais vraiment contente qu’on garde le DPPR à 55 ans pour que je puisse continuer avec amour mon métier si intéressant et si humain
Le monde extérieur passe son temps à analyser notre fonction, en nous traitant de fainéants… C’est parce qu’effectivement il y a des « profs » qui ne prestent que 20 heures de cours par semaine. On oublie de dire que dans l’enseignement, il y a plusieurs grades de fonction, les échelles de barème sont apparemment bien respectées (pas assez d’augmentation, ça je l’admets )… Quant au nombre heures prestées par semaines, le récit de certains me choque par rapport aux réalités sur le terrain. Si je prends mon cas, je suis prof de pratique professionnelle, je preste 28 heures par semaine (plage horaire ens. spécialisé 24-28) Avant, j’ai fonctionné 10 années dans de l’enseignement technique et professionnel et la plage horaire était de 30 à 33 heures semaines… Les collègues de pratique professionnelle de l’enseignement ordinaire que je rencontre, prestent à ce jour entre 30 et 32 heures semaines. Alors si vous voulez tous parler de prestations, de barème, du nombre d’attributions, d’élèves par classe… Je peux vous en raconter à l’infini. Des situations où on en a vraiment ras le bol. On n’a pas encore parlé du vrai problème, la discipline, le décrochage, la violence, le respect dans l’enseignement professionnel et l’enseignement spécialisé…. Alors ceux qui se plaignent de leurs 20 heures devraient tout honnêtement réfléchir. A 54 ans, je donne cours de pratique à des élèves de niveaux différents et en même temps… Je vous garanti que le soir même je suis usé, dépassé, je me force à préparer mes cours et mon journalier… J’ai souvent pensé à la DPPR, mais financièrement y avez-vous pensez? En réalité vous perdez 1/3 de votre salaire, (mon épouse est en DPPR), sans oublier qu’à votre pension, votre salaire sera calculé sur votre dernier traitement en fonction. Donc sur le dernier mois avant les 55 ans. Je trouve logique que l’on reporte à 58 ans, mais alors il faudrait que nos salaire soit les même que nos compatriotes flamands beaucoup mieux rémunérés. Saviez-vous qu’au point de vue jours de maladie, les amis flamands sont toujours sous l’ancien régime de maladie, 30 jours/an cumulables de 55 à 58 ans ?
Je dois bien avouer que présenté comme ça, ça l’air alléchant mais faut voir ! Bientôt 56 balais, et très franchement, je préfère avoir moins de périodes par jour du lundi au vendredi qu’un seul jour 8 ou 9 périodes où je suis à ramasser à la petite cuiller.
Autre exemple qui me tue , je suis lundi à l’école pour 4 périodes mais présent de la première heure à la dernière et j’en (tré)passe et des meilleurs.
En soi, ce qui est pas mal dès 50 ans, c’est de lever légèrement le pied , mais pas plus.
J’ai une collègue qui est à 4/5 temps, mais vu son horaire, elle préfère encore rempiler à temps-plein car il y a horaire et horreur !
à Gapman, la remarque concernant « Jacky » m’interpelle … donnez-vous cours ?
Merci, je me le demande aussi. Je me prénomme Jacques mais pas Jacky…
J’enseigne les sciences économiques.
On m’oblige à travailler 22 h pardon 22 périodes sur 4 jours et, moi, je pense que c’est trop. Je vous donne pas le droit de m’insulter parce que j’émets un avis.
Allez dire ça aux éboueurs qui passent l’hiver accrochés à un camion sur leur petit marche-pied…
Mais bon, ils n’ont peut-être pas fait de grandes études comme vous (enfin, à mon avis ils sont capables reconnaître des insultes eux).
(Jusqu’à 65 ans et bientôt 67 parce que leur métier n’est pas « pénible »)
Un bel horaire c’est purement subjectif. Moi je préfère avoir des fourches pour corriger, souffler, encadrer des élèves… Mon collègue préfère des heures groupées en début de journée, un autre groupée en fin de journée.
Quel casse tête de faire les horaires dans une école !
Et toutes ces mesures en ajoutent encore !
Gapman. Dans le secondaire ?
Déjà avec tous les mi-temps et ceux qui font 2-3 écoles ceux qui restent à temps plein ont des horaires des m… (les pauvres à plusieurs écoles aussi)… Après, pour l’idée, je pense que c’est à creuser sauf le tutorat avec les plus jeunes..j’ai de gros doutes sur l’efficacité (sauf si c’est une demande du jeune prof) car déjà les stagiaires à l’école normale n’écoutent pas les conseils et avis des profs qui les acceptent en stage… alors là….
Entièrement d’accord avec vous !
Si les stagiaires n’acceptent pas les remarques de leurs maîtres de stage, c’est souvent parce que leurs profs de péda leur disent que ces remarques sont infondées. Il n’y a évidemment que les profs du supérieur qui sont capables d’émettre un avis selon eux…
Pour ma part, j’ai renoncé à prendre des élèves en stage mais j’aide les jeunes profs qui arrivent et sont perdus tant leur formation est incomplète. Toutefois, à 55 ans, en plus de mes 22 heures de cours, de mes préparations et de l’aide que j’apporte aux élèves plus faibles, mes journées sont vraiment trop remplies et je pense décrocher.
Gapman, je pense comme lilig … dans le secondaire ???? Vous avez une formation de prof. ?
Juste pour info
Pour des raisons personnelles, j’ai dû venir vivre avec mon frère aîné, ancien modeste agriculteur. Nous avons 52 ans. Il m’a dit ne pas s’imaginer jusque là qu’un prof devait tant travailler… Il m’a même accusée d’en faire trop (pourtant des heures et des nuits de travail, il connaît vu son métier). J’ai la chance d’exercer dans une école où les « horairistes » font tout leur possible pour nous donner un jour, non pas de congé, mais de travail à domicile. Alors, Gapman, merci de vous montrer plus nuancé : nous ne sommes pas tous des planqués…
d’accord avec Marie….
De toute manière, peu importe la profession, quand on écoute ceux qui la pratiquent, c’est toujours la leur qui est la plus difficile.
Je n’ai jamais dit que nous étions des fainéants, juste qu’il faut parfois arrêter de se plaindre.
Gapman, je ne comprends pas votre agressivité.
On peut ne pas être d’accord et le dire courtoisement, non ?
Quoi que vous écriviez, c’est en contradiction et agressif. Que cherchez-vous ?
Je travaille en maternelle, 28 périodes et j’ai 57 ans. En classe je n’ai pas de problème. Mais les discours des autorités …. pffff … les concertations !!! Les fêtes scolaires !!! Là c’est le ras-le bol!!! Les surveillances en plus !!! Les élèves en plus parce qu’un prof est absent !!!